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Village de Léhon (Léhon fusionnée en Dinan en 2018)

Dossier IA22018104 réalisé en 2013

La fondation

« Remontons le cours des siècles jusqu’à l’époque lointaine où Lehon était un nœud de voies antiques : voie de Corseul à le Mans et à Rennes ; voie d’Aleth à la Roche-Bernard. Pendant la durée de la paix romaine la vallée fut le théâtre, à n’en pas douter, d’une importante circulation d’hommes et de marchandises. Puis vint une longue période, demeurée obscure (…). Certains endroits semblent avoir été préparés et comme offerts pour y bâtir un sanctuaire, un asile de l’âme, un poste d’envol pour la prière, tandis que d’autres sites paraissent avoir été conçus pour recevoir une place forte, un abri pour gens de guerre. Léhon rassemble ces deux cadeaux de la nature. »

Ainsi s’exprime Mathurin Monnier dans sa première promenade autour de Dinan qu’il intitule : Où nous trouverons des moines astucieux et audacieux ; une vallée fraîche et riante ; des ruines féodales intéressantes. De fait, l’'abbaye de Léhon passe pour avoir été fondée dès le 9e siècle, autour de reliques de saint Magloire, évêque de Dol, dérobées à sa sépulture sur l’île anglo-normande de Serk. Après un rayonnement précoce, favorisé par l’existence d’un gué sur la voie romaine de Rennes à Corseul, les moines fuyant les Normands fondent Saint-Magloire de Paris. Ils reviennent au 11e siècle. Les premiers seigneurs de Dinan favorisent alors l’installation d’une foire et d’une petite agglomération que protège un château aménagé sur une roche dominant la Rance.

Le bourg à l’époque médiévale

Entre les 11e et 12e siècles, un petit bourg rural contraint dans un méandre de la Rance, au nord-est de la commune, s’est créé et une église paroissiale est attestée peu avant 1156. Celle-ci détruite en 1898, de dimensions modestes, était située légèrement en retrait de l’église abbatiale. On sait également par des sources publiées que la forteresse et le bourg sont assiégés en 1168 et 1169 par les troupes d’Henry II d’Angleterre. Lehon rétabli dès la fin du 12e siècle, les moines vendent en 1187, un droit de marché aux seigneurs de Dinan-Béchérel. Au 13e siècle, ils deviennent propriétaires des moulins et pêcheries de Brachessac, situées sur la rive droite de la Rance, en Lanvallay. Ils étendront leur domaine grâce à des donations. En 1223, Gervaise de Dinan fait don d’une très large partie de la forêt de la Haie. Les bâtiments monastiques dont la reconstruction est amorcée vers 1170 se terminent dans la première moitié du 13e siècle. L’église abbatiale à cette période était fortifiée comme semble l’indiquer les dessins de Lorette du milieu du 19e siècle réalisés avant la restauration de l’église (1885-1897) : deux arcs mâchicoulis se détachaient du mur sud, d’autres devaient enjamber la façade ouest.

Au 13e siècle, la forteresse est également reconstruite selon les principes des fortifications philipiennes : tracé de l’enceinte avec hautes murailles défendues par des tours demi-circulaires, et archères adaptées au tir à l’arbalète. Pendant la guerre

de Cent ans, le château est renforcé puis il est délaissé dès le 15e siècle au profit du château de Dinan. Le recensement des feux effectué en Bretagne entre 1427 et 1429 indique une baisse notable de la population qui passe de 70 feux, soit environ 350 personnes à 50 feux, soit 250 personnes réparties dans la commune.

La reconstruction du monastère et le développement du commerce

Quelques religieux de Marmoutiers indignés du relâchement dans leur monastère obtiennent de venir s’établir à Léhon pour y faire revivre la règle bénédictine qui sera unie dès 1628 à celle des mauristes. Les mauristes ardents constructeurs réaménagent le monastère et reconstruisent dans la deuxième moitié du 17e siècle, les bâtiments monastiques et le cloître.

La plupart des maisons du bourg sont également reconstruites pendant cette période prospère qui se maintient au 18e siècle comme l’atteste quelques dates portées sur les maisons du bourg : 1705, 1749, 1766. Les maisons à boutique, reconnaissables à l’appui saillant de leur fenêtre extérieure, de manière à former une tablette propre au commerce, se regroupent dans la grande rue, unique artère commerçante. Plusieurs marchands tisserands habitent le bourg à la fin du 18e siècle, c’est le cas de la famille Amelot, François Aubry, Noël Bellay, Jean Flageul, Alain Robert, Louis Rouxel, Nicolas Ruquay… La plupart des tisserands de la commune se regroupent en corporation autour d’un entrepreneur fabricant. Macé Charmel, Jean Charmel, Yves et Guillaume Tombrel, se disent tisserands pour Aubry..

Au milieu du 19e siècle, le tissage se mécanise et trois manufactures de toile à voile, de rayés, de flanelle sont en activité. Entre 1854 et 1866 Telcide Duchemin et le docteur Pringué créent à l’abbaye de Léhon une filature industrielle pour le tissage du lin. Puis, la famille Chupin, ouvre une fabrique textile sur les rives de la Rance et achète une tannerie à l’extrémité de leur propriété.

La restauration de l’abbaye et du château

Dans ses notes de voyage écrites en 1836 Prosper Mérimée mentionne les ruines de l’abbaye de Léhon : « A un quart de lieue de Dinant, au village de léhon, on trouve les ruines d’une abbaye célèbre. ( …). L’église n’a point d’abside, et je ne pense pas que sa suppression tienne à quelques réparations modernes. Elle n’a qu’une nef bordée de chaque côté par des niches qui renfermaient des tombeaux. Dans la Révolution ils ont été ouverts, leurs statues brisées ; on en trouve des fragmen(t)s dispersés dans les ronces et les mauvaises herbes qui couvrent le sol (…). Au sud de l’église est une chapelle célèbre dans le pays, comme renfermant les tombeaux des seigneurs de Beaumanoir (…). On n’y trouve aujourd’hui que cinq pierres sépulcrales fort mutilées ». « A une porte de fusil de l’église, s’élève le château de Léhon (…). Le couronnement des murs est détruit, et dans l’enceinte on cultive aujourd’hui du sarrasin ».

L’église est restée à l’abandon jusqu’en 1881 où la commune l’achète et décide de sa restauration, sous l’impulsion du maire Louis Chupin, de recteur de Léhon, l’abbé Fouéré-Macé et du frère Vincent de Paul de l’ordre de Saint-Jean de Dieu. L’église est de nouveau consacrée en 1897 et rendue au culte sous sa forme actuelle. Les travaux de restauration des bâtiments conventuels ont débutés quelques décennies plus tard, suite au classement en 1931 au titre des Monuments Historiques. A partir de 1956, la réhabilitation commence, mais ce sont les travaux entrepris entre 1987 et 1991 qui vont redonner ses heures de gloire au monument. Une partie du volume du réfectoire est restitué, son décor est également conservé et des vitraux contemporains sont réalisés par Gérard Lardeur. Actuellement la restauration n’est pas encore finie et des projets d’aménagements de l’hôtellerie sont en cours.

En ce qui concerne la forteresse, des travaux de consolidation sont effectués entre 1997 et 2004 avec la mise en place de panneaux d’interprétation. Le château déclassé par un arrêté de 1931 est réinscrit en 2004 à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

"Petite cité de caractère"

Labélisé parmi les « Petites cités de caractère de Bretagne », le village de Léhon est reconnu pour la qualité architecturale de son patrimoine et la beauté attractive de son site en bordure de la Rance.

Dénominationsvillage
Aire d'étude et cantonProjet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
AdresseCommune : Dinan
Lieu-dit : Léhon
Précisionscommune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Léhon
Période(s)Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Annexes

  • Léhon, église paroissiale Notre Dame

    Description par l’abbé Fouéré Macé. Retranscription des sources par Françoise Picarda.

    « Le portail d’entrée et la fenêtre géminée qui le surmonte datent de la fin du XIIe siècle. La nef romane est percée au nord par des fenêtres en entonnoir, tandis que le collatéral sud est éclairé de hautes fenêtres à lancettes. La maitresse vitre du chœur à meneaux rayonnants conserve encore quelques panneaux de vitraux de couleur des XIIe et XIVe siècles dont plusieurs ont du être restaurés au XVIIe. Ils représentent un écusson de Charles Bruslart de Sillery, prieur commendataire de Léhon, et de la maison Derval datant du XVIIe siècle. (…)Plus bas Saint Magloire bénissant le seigneur de l’Echapt agenouillé près de sa dame(…).

    Le bénitier est une ancienne cuve baptismale du XIIIe siècle, placé à la porte latérale sud. Au bas de la nef, les fonts baptismaux sont encadrés d’élégantes sculptures : ce sont les restes des huit stalles des religieux du monastère (…).