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Village de Guenroc

Dossier IA22015294 réalisé en 2009

Fiche

Guenroc, roche blanche en breton. Le village s’est implanté sur un promontoire où affleure un gisement de quartz. Cette roche blanche dure et solide constitue une curiosité naturelle qui a donné son nom à la commune : « gwen » en breton signifie blanc et « roc » rocher. Ce dernier qui émerge à plusieurs endroits sert de clôture insolite au cimetière et d’assises robustes aux maisons du bourg. Le quartz difficilement exploitable n’est jamais utilisé seul dans la maçonnerie, il est employé comme matériau d’appoint mis en œuvre de façon éparse. Certains blocs toutefois sont utilisés comme chasse roue ou encore de marche pied, comme ceux de la maison située au n° 6 de la rue du Puits. Enfin, cet affleurement sert aujourd’hui de belvédère pour découvrir l’ensemble du village et des paysages qui l’entoure. Sur son sommet plane une grande croix en bois régulièrement remplacée. La première ayant été dressée lors de la mission de 1861. A l’entrée du bourg, encore, le filon rocheux sert de piédestal à une très grande statue du Christ Roi du sculpteur Georges Serraz . Installée en 1955 par l’abbé Mathurin Jallu, elle a été bénite le 31 août 1958 par Dom Alexis Presse, père- abbé du monastère de Boquen.

La paroisse

Relevant de l’archidiaconé de Dinan et du doyenné de Plumaudan, la paroisse de Guenroc s’est crée au détriment de la paroisse primitive de Plumaudan. Elle est mentionnée en tant que telle en 1371 avec l’appellation « Guenro » et appartient au diocèse de Saint-Malo. Aujourd’hui il ne reste plus de vestiges du premier édifice paroissial, l’église actuelle dédiée à saint Gervais et à saint Protais ayant été entièrement rebâtie en 1465. La qualité de sa construction et l’ambition de son programme à trois vaisseaux dénotent l’influence de riches commanditaires. La chapelle sud est dédiée aux seigneurs de Beaumont qui reconstruisent à la même période leur château sur la commune de Guitté. La chapelle nord anciennement réservée aux seigneurs de la Roche est également appelée la chapelle de la Vierge ou du Rosaire. Les armoiries placées au-dessus du portail ouest, malheureusement illisibles présentent un écu surmonté d’une casque ouvert ou salade avec lambrequins. Ce type de représentation avec écu penché est caractéristique du 15e siècle, le casque ouvert est assez rarement employé.

Le bâti

Un texte daté de 1512 retranscrit en annexe mentionne « au bourg de Guenro » une maison à chambre haute appartenant à un certain Geoffroy Garnier. En dehors de l’église paroissiale le bâti le plus ancien dans le village remonte au début du 18e siècle comme en témoignent plusieurs chronogrammes gravés sur les souches de cheminées et les lucarnes. Les archives de la paroisse décrivent en janvier 1734 une violente tempête qui renversa plusieurs maisons et causa des pertes notables ; le bâti ancien non entretenu a souffert de ce cataclysme.

Les maisons du bourg antérieures au 19e siècle, pour la plupart des maisons de notables et de marchands, se caractérisent par la mixité des matériaux du gros œuvre, majoritairement du granite brun en moellons irréguliers associé à quelques blocs de quartzite, le sommet des murs, une partie des pignons et souvent le mur arrière sont en terre. L’emploi de la pierre calcaire des faluns est réservé aux souches de cheminées et aux lucarnes des plus riches d’entre elles. Cette pierre coquillière facile à tailler a permis de beaux décors issus du répertoire de la renaissance. A partir du 19e siècle le granite mis en œuvre en moellons réguliers est utilisé concurremment avec le calcaire des faluns en pierre de taille. Les chaînages des angles et les encadrements de baies sont toujours en granite d’extraction locale, puis à partir du milieu du 19e siècle du granite gris bleu issu des carrières de Brusvily et du Hinglé. Les gerbières de l’ensemble de ces maisons adoptent la forme des lucarnes en arc segmentaires de l’architecture des ingénieurs du 18e siècle.

Les halles et les bâtiments communaux

Des premières halles sont construites dans le bourg de Guenroc lors de l’érection de la seigneurie du Lattay en châtellenie entre 1648 et 1649 avec droits de foires et de marchés. La fréquence des foires est signalée par Ogée en 1843 : « Il y a foire à Guenroc le dernier mercredi d’avril, le second de juin, le dernier de juillet, le premier de décembre. Marché le mercredi ». Le cadastre de 1833 les mentionne à l’emplacement actuel, elles ont été diminuées lors de la construction de la mairie en 1955. Les équipements publics de la commune ont tous été érigés dans la première moitié du 20e siècle : l’école publique, le monument aux morts qui est inauguré quelques années auparavant en 1948. Le site insolite classé depuis le 4 septembre 1913 et la qualité architecturale de l’église paroissiale du 15e siècle ont permis à Guenroc d’être labellisé parmi les communes du patrimoine rural de Bretagne.

Parties constituantes non étudiées église, maison, ferme
Dénominations village
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Guenroc
Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Statut de la propriété propriété publique
propriété privée

Annexes

  • Une affaire à Guenroc au début du 16e siècle

    D´après une transcription faite par Nicole Dufournaud (EHESS) Archives départementales de Loire Atlantique B 21 Registre de la chancellerie de Bretagne ; 1509

    Loys, etc, A touz presens et advenir, salut, savoir faisons nous avoir receue l'humble supplication et requeste des femme, parens et amys de notre pouvre subgect Robert de La Fretaye, contenant que le dimanche gras l'an mil cinq cens neuff apres la grant messe parroechial de Guenro ledit de La Fretaye et plusieurs autres se trouverent a disner et prendre leur reffection oudit bourg de Guenro en la maison de Geffroy Garnier, en laquelle maison se trouva pareillement Regnault Tetout et ampres avoir beu ensemble ledit Tetou quel resemblat estre échauffé de vin appella ledit de La Fretaye par parolles rumoreuses : Villain filz de faiseur de roncles ! Sur lesquelles parrolles ledit de La Fretaye dist audit Regnault Tetou qu'il auroit menty comme ung villain filz de couvreux de glé. Et sur tant entrerent en celle maison Jehan Tetou dyt Villeaubiez et sa femme quel Jehan Tetou incontinant qu'il fut entré en ladite maison dist audit Regnault son frere que se enfist et s'en allast a donc ledit Regnault Tetou monta en une chambre haulte de ladite maison et ledit de La Fretaye et sa femme qui lors estoint en sa compaignye demeura a table assys au bas de ladite maison et pria ledit Jehan Tetou de boyre o luy quel Jehan Tetou et sa femme se assisdrent a la table ou ledit de La Fretaye et sa femme estoint et beurent les ungs aux autres et mengerent d'un pasté que ledit de La Fretaye donna audit Jehan Tetou empres que eurent beu longtemps ensemble environ nuyct fermante sourvint en ladite maison ung nommé Guillaume Rondel serviteur dudit de La Fretaye quel amena audit de La Fretaye son cheval pour s'en aller dessur ayant ledit Guillaume une espée a son costé avant Guillaume ledit de La Fretaye demanda par maniere de cogne pourtant que avoit ladite espée a son costé : Ne me turas-tu pas que soit a tout le moins une mousche ? Et sur celles parrolles ledit Jehan Tetou demanda et dist audit de La Fretaye : Esse ycy le varlet qui baptit ma femme ? A quoy la femme dudit Tetou respondyt que ce n'estoit pas luy. Et sur ce luy dist ledit Tetou que se n'estoit l' honneur de la compaignye que luy donneroit bien estroit bu. Lesquelles parrolles ledit de La Fretaye fist descendre sondit varlet dessur sondit cheval et yssyt sondit varlet de hors de ladite maison de peur qu'il y eust debat et en l'instant ledit Regnault Tetou descendit de la chambre haulte en laquelle il estoit monté, auquel ledit Jehan Tetou dist par telles ou semblables parrolles : Donne a ses gars qui s'en va. En disant lesquelles parrolles lesdits les Tetouz yssirent hors ladite maison et incontinant ledit de La Fretaye quel estoit en ladite maison tenant son cheval par la bride ouyt come si l'on frappast d'espées ou cousteaulx les ungs sur les autres. Et ouyant ledit de La Fretaye ledit bruyt cuydast yssir hors ladite maison pour empescher ledit debat sur la femme d'un nommé Olivier Legay quelle cuidat impescher ledit de La Fretaye de non yssir hors ladite maison s'aprocha de luy, luy disant qu'il ne yssyst point et qu'il seroit diffamé. A laquelle ledit de La Fretaye dist : Putain ! me cuydes tu empescher ! en la boetant de luy. Quelle femme dist audit de La Fretaye qu'il avoit menty et quelle n'estoit point pustain. Et sur ce ledit de La Fretaye la print au poil et luy donna pluseurs collées. Et comme ainsi s'entretenant, dist a haulte voix par telles ou semblables parolles, s'adresantes a sondit varlet : Frappe ! Donne dedans ! Deffens toy si l'on te assault. Et sur ce, les femmes dudit de La Fretaye et dudit Jehan Tetou enfermerent ledit Rondel hors ladite maison et bien tost apres ledit Jehan Tetou yssyt par ung huys derriere hors ladite maison comme s'il alast gaster de l'eau et ne tarda gueres que la femme dudit Tetou quelle estoit derriere l'huys ne dist alors : Je croy que veille aux boiz est. Et sur ce touz iceulx qui estoint en ladite maison yssirent hors fors ledit de La Fretaye qui demeura o son cheval et disoint les assistans que ledit Jehan Tetou estoit bleczé en la teste et que ledit Rondel l'avoit ainsi bleczé. Et dempuis ledit de La Fretaye s'en alla à sa maison sur son dit cheval sans ce que mesuy. Ce dempuis il ay veu ne recepté ledit Rondel bien est-il que au non veu et sceu dudit de La Fretaye ung nommé Raoullet qui se disoit frere dudit Guillaume le lendemain dudit debat de son avoit prins en la maison de la Jagnaye le cheval dudit de La Fretaye et soy estoit allé o ledit cheval pour sercher et trouver ledit Guillaume son frere que l'on disoit grandement estre bleczé et que il avoit trouvé es parties de Quedillac et l'avoit conduyt sur ledit cheval ainsi que ledit de La Fretaye a ouy dempuis dire et en allant a Ploaesneches ung barbier nommé Collin Rollandau non veu et sceu dudit de La Fretaye avoit passé par ladite maison de la Gegnaye. Mesmes avoit dempuis ouy dire que ung nommé bastard de La Ripviere dudit Quedillac detenoit et avoit ung espée audit de La Fretaye apartenant quelle espée ledit bastard avoit ostée et retirer des gens dudit de La Fretaye passans par ledit bourg dudit Quedillac que eust faict audit bastard luy rendre ladite espée et le mardy ensuyvant quy estoit le mardy gras se rendyt a la maison dudit de La Fretaye, Jehan de Listrese portant gresfier de la court de Becherel qu'il trouva ledit de La Fretaye couscher en une couchecte empres du feu et luy dist que ledit Jehan Tetou estoit mort des playes que luy avoit faict ledit Guillaume Rondel et demanda ou estoit ledit Guillaume Rondel. Lequel de La Fretaye respondyt audit de Listre que ledit Rondel n'estoit pas en la maison et que oncquespuix ledit debat il ne l'avoit veu ne recepté. Et adce que ledit de Listre dist audit de La Fretaye que il le constenoit prinsonyer de ladite court de Becherel en l'endroict de quoy ledit de La Fretaye le pria que ne l'emmenast prinsonnyer partant que il estoit fort malade. Et sur ce ledit de Listre luy fist jurer l'arresté et promist et jura ledit de La Fretaye par un serment comparoir au lundy ensuyvant en la ville de Becherel soubz sondit arrest a la peine d'estre actainct du cas dont il estoit accusé de la mort et obmicide dudit Jehan Tetou. Auquel jour ledit de La Fretaye ne comparut doubtant estre dudit cas prins et arresté et dempuix a deffailly par pluseursfoiz par ladite court de Becherel en ladite demande et a esté la prinse commandée sur sa personne. A l'occasion de quoy doubtant que les officiers dudit Becherel vouleussent proceder a rigueur de justice ver luy a esté dempuis fuitiff et ou moys de novembre derroin eut ung an se rendyt a franchise en notre ville de Saint Mallo ou il est encorre a present en grant misere. Combien qu'il ayt satisfaict a parties offencées. Sy nous remonstrent lesdits femme, parens et amys que jamays ledit de La Fretaye ne avoit esté accusé d'aucun mauveix cas, ains est de bon rest et gouvernement et aussi au temps et alors ny avoit aucunes parrolles rumoreusses ne inimitié entre ledit Jehan Tetou et ledit de La Fretaye aucunement participant dudit homicide fort comme a dyt devant. Nous suppliant qu'il nous plaise sur et dudit cas luy impartir noz grace, remission et pardon. Tres humblement le nous requerant. Pourquoy etc. Pourveu qu'il en personne presentera cestes noz presentes lettres de grace aux prochains ou seconds generaulx plectz de notre court et barre de par devant celuy de noz juges qui les expedira notre procureur dudit lieu et partie complaignantes saucunes sont a ce presente et appellez pour vous faire verificacion de ce que dessur. Donné à Vennes ou moys de janvyer l'an de grace mil cinq cens doze et de notre regne le quinzeme ainsi signé sur le replict visa Par le Roy et Duc a la relacion de son conseil.

  • Archives paroissiales, registre des décès de l'année 1734

    « Le 9 janvier 1734, jour des dimanches, environ cinq heures du soir, il s'éleva une tempête qui dura jusqu'au matin du lendemain, le vent fut si violent qu'il renversa plusieurs maisons et causa des pertes notables aux autres par de grandes réparations qu'il occasionna. Très grandes quantités de pommiers furent abattus et déracinés et ceux qui restèrent furent brisés et cassés par quartiers et cela fort loin. Les chênes qui ont plus de résistance à cause des grosses et profondes racines qu'ils poussent, ne furent pas exempts. Plusieurs vaisseaux et barques furent submergés. La frayeur et la consternation furent grandes et les Anciens avouèrent n'avoir pas entendu parler d'un pareil ouragan qui s'éleva du nord ».

  • 20092210886NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20092210884NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor

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