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Usine métallurgique, puis fonderie du Pas (Lanfains)

Dossier IA22002234 réalisé en 2003

Fiche

Appellations usine métallurgique, puis fonderie du Pas
Parties constituantes non étudiées bief de dérivation, bassin de retenue, digue, chapelle, logement d'ouvriers, logement patronal
Dénominations usine métallurgique, fonderie
Aire d'étude et canton Arrondissement de Saint-Brieuc - Ploeuc-sur-Lié
Hydrographies Oust dérivation de l'
Adresse Commune : Lanfains
Lieu-dit : le Pas
Cadastre : 1840 B3 1165 à 1175 ; 1840 C2 639 ; 1960 C1 1310 à 1315 ; 1960 B2 1228 ; L'Hermitage-Lorge : 1982 A7 384 (chapelle)
Précisions oeuvre située en partie sur la commune Hermitage-Lorge (L')

Le 6 août 1828, César René de Choiseul est autorisé à édifier un haut fourneau pour le traitement du minerai de fer à l'emplacement de l'un des moulins à farine qu'il possède sur l'étang du Pas, à la lisière de la forêt de Lorge. Le minerai utilisé pour son alimentation provient des minières situées au Bas-Vallon, le combustible de la forêt de Lorge et la castine de Cartravers, à la Harmoye (22) où le comte y exploite une carrière de marbre et un four à chaux. Au début de son exploitation, l'usine métallurgique du Pas, orientée exclusivement vers la production de fonte, comprend un vaste étang d'une surface d'1, 5 ha servant à son alimentation énergétique, un haut fourneau de 12, 50 m de hauteur situé en contrebas de la chaussée de l'étang, les logements du directeur et du maître-fondeur, un bâtiment abritant écurie et étable, et la halle du fourneau composée de trois corps de bâtiment abritant respectivement la moulerie, la machine soufflante et la forge. A proximité du haut fourneau se situent un four destiné au grillage du minerai local et un four à coke pour carboniser la houille. En 1835, 25 000 à 30 000 barriques à charbon servent à la fabrication de 800 000 kg de fonte. En 1837, l'établissement est racheté par J.-M. Allenou qui acquiert parallèlement la forêt de Lorge, le château de l'Hermitage, la mine du Bas-Vallon, la carrière et le four à chaux de Cartravers. Trois années plus tard, la production s'élève à 1000 t de fonte, puis 3 000 t en 1870 ; l'usine fabrique à la fois de la fonte brute et de la fonte moulée de première fusion avec du minerai du pays et en provenance de Bilbao, le coke étant acheté à Newcastle. L'entreprise profite alors pleinement de la création de la ligne de chemin de fer Saint-Brieuc-Pontivy, laquelle constitue une véritable aubaine pour la commercialisation des produits. Un raccordement facilite la réception des matières premières et l'expédition des produits finis. La chapelle, toujours en place, est édifiée en 1852. A partir de 1880, l'établissement subit la concurrence des Forges et laminoirs des Côtes-du-Nord établis à la fin du Second Empire à Saint-Brieuc (22), et se convertit alors en fonderie de seconde fusion ; l'extraction du minerai devenant de moins en moins rentable, l'usine se dote d'un cubilot destiné à la fonte de fer de récupération et d'acier. En 1906, l'entreprise est rachetée par Adolphe-Henry de Villeneuve qui la transforme en société en nom collectif au cours de la Seconde Guerre mondiale. Durant les premières décennies de ce 20e siècle, même si l'usine fournit la Marine et les Chemins de fer de l'Etat, sa production répond surtout aux besoins de l'économie locale et concerne essentiellement la fabrication de machines agricoles et diverses pièces mécaniques, mais aussi quelques éléments de voiries comme les plaques d'égout. Pendant la Première Guerre mondiale, elle fabrique des corps de grenade à main. Le logement patronal date d'après Guerre. La superficie totale de l'usine représente plus d'un hectare sur lequel se répartissent notamment les ateliers de mécanique, de triage des pièces, d'entretien, de modelage ou de menuiserie, d'usinage ou de finition et la fonderie. En 1923, l'entreprise fait installer une succursale au port du Légué, à Saint-Brieuc (22). Vers 1950, la société se transforme en SARL après avoir absorbé la fonderie du Légué, à Saint-Brieuc (22). C'est aussi en 1950 que l'usine est rattachée au réseau électrique. En 1957, elle absorbe les fonderies de Servon (35) et de Tanvez, à Guingamp (22), pour donner naissance aux Fonderies du Pas et Brisou réunies. L'usine fonctionne alors avec deux cubilots. L'entreprise dépose son bilan le 7 avril 1977 et cesse définitivement son activité le 30 novembre 1978. Les bâtiments d'exploitation (fonderie, halle, haut fourneau, ateliers mécanique, d'usinage, de triage des pièces, de modelage, etc.), situés juste en aval de l'étang, ont été entièrement détruits en 1981, seuls subsistent de part et d'autre de cet espace, les logements d'ouvriers à l'ouest, et à l'est le logement patronal, ainsi que la chapelle. En 1830, la soufflerie à pistons est actionnée par une roue à augets, laquelle sera conjugugée, en 1870, à une machine à vapeur développant 10 ch ; deux autres machines à vapeur sont destinées au concassage du minerai. En 1919, H. de Villeneuve déclare une chaudière à vapeur de forme tubulaire Compound, provenant du constructeur Massivet et Cie, à Nantes (44). La force motrice hydraulique est fournie par un étang de 6 ha environ, qui alimente, en 1926, deux turbines développant un total de 62 ch ; en cas de sécheresse, une force motrice de 50 ch supplée à l'insuffisance de force. En 1840, l'usine emploie trois cent ouvriers contre quatre cent en 1870. Lors de son dépôt de bilan, l'entreprise comptait cent salariés au Pas, cent-vingt à Servon (35) et cent à Guingamp (22).

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1828, daté par travaux historiques
1852, daté par travaux historiques

Même si le site de la fonderie du Pas a conservé sa structure topographique originale avec l'étang de retenue, la chaussée et l'espace de production situé juste en aval et en contrebas, au plan architectural seuls les édifices sociaux et religieux ont été préservés. Le logement patronal est bâti à l'est du site de production qu'il surplombe ; édifié en moellons de schiste, partiellement recouvert d'enduit, il compte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble couvert d'une toiture à longs pans. Il présente un plan en L atour duquel se sont greffés plusieurs corps de bâtiments, à l'ouest et au sud. La chapelle, située à proximité, est dans un état de délabrement avancé ; elle présente un plan rectangulaire avec abside à trois pans et est percée, sur son pignon ouest, d'un triplet de baies en plein cintre. Les logements d'ouvriers quant à eux, se situent à l'ouest de l'espace de production et consistent en une série de corps de bâtiment allongés édifiés en moellons de schiste, parfois recouverts d'enduit. De facture simple, ils se déclinent en plusieurs modules : soit en en rez-de-chaussée, soit à un étage de comble, à surcroît ou non.

Murs schiste
enduit partiel
moellon
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
produite sur place
produite sur place
achetée
États conservations établissement industriel désaffecté, vestiges
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Un rapport de l'ingénieur en chef chargé du contrôle de l'industrie minérale et métallurgique précise qu'en 1864, l'industrie métallurgique des Côtes du Nord essuie de grandes difficultés, à l'instar des autres départements bretons ; l'augmentation croissante du prix des bois et la concurrence étrangère plongent les usines dans une situation fort difficile.

    Les trois hauts fourneaux produisant de la fonte dans le département sont ceux des Salles (Perret), du Vaublanc (Saint-Launeuc) et du Pas (Lanfains) ; ce dernier produit seul de la fonte moulée, le fer est produit par les forges du Vaublanc (Plémet). Le haut fourneau du Pas consomme des minerais du pays, celui du Vaublanc des minerais des bords de la Vilaine, et celui des Salles du minerai d'Espagne.

    Les fontes brutes de Bretagne ont du mal à lutter contre les fontes anglaises qui sont beaucoup moins chères. Les propriétaires des hauts fourneaux bretons cherchent ainsi leur salut soit dans la fabrication des fontes moulées revenant à relativement à bon marché, grâce au prix peu élevé de la main d'oeuvre, soit dans la fabrication de fonte exceptionnelle obtenue avec le charbon de bois et les minerais d'Espagne. Quant à la fabrication du fer et surtout du fer à la houille, les usines bretonnes ne peuvent résister longtemps à la concurrence anglaise.

  • 20032207437NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 80 S 3 (6).

    20032207389NUCB : Mairie de Lanfains, Non coté.

    20032207396NUCB : Mairie de Lanfains, Non coté.

    20032207404NUCB : Mairie de Lanfains, Non coté.

    20032207394NUCB : Mairie de Lanfains, Non coté.

    20032207393NUCB : Mairie de Lanfains, Non coté.

    20042203030NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 80 S 2 (79).

    20032207391NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 5 Bi 511.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série HP 21. Annuaire des Côtes-du-Nord par MM. Habasque, Marée, De Garaby. Saint-Brieuc, Guyon et soeur libraires, 1836.

  • AD Côtes d'Armor. Série HP 22. Tablettes statistiques, administratives et commerciales des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc, Guyon frères imprimeurs-libraires, 1845.

  • AD Côtes d'Armor. Série HP 22. Tablettes statistiques, administratives et commerciales des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc, Guyon Francisque imprimeur-libraire, 13e année, 1865.

  • AD Côtes d'Armor. Sous-série HP 22 B. Annuaire Guyon - département des Côtes-du-Nord, 85e année, 1927.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 1 (4). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Généralités : statistique, production des usines, 1851-1873.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 1 (7). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Généralités : rapports de l'ingénieur en chef, industrie minérale et métallurgique (carrières, mines, usines), an X-1878.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (79). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Gisements (dossiers classés par commune), an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (98). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Gisements (dossiers classés par commune), an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 81 S 3 (7). Service des Mines. Appareils à vapeur : contrôle des appareils placés sur la terre ferme. Déclarations de machines à vapeur, 1894-1908.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 3 (6). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Dossiers d'usines métallurgiques, an IX-1866.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 84 S : 84 S 60 (2). Service hydraulique. Versant de la Manche. Bassins côtiers entre le Gouessant et le Gouët. Affluents de la rive droite du Gouët en amont du Gouédic, 1832-1888.

Bibliographie
  • AD Côtes d'Armor. Série 5 Bi 511. Les industries de Saint-Brieuc. L'illustration économique et financière. Numéro spécial Les Côtes-du-Nord, 1926, n°8, p. 60, 68.

  • ANDRIEUX, Jean-Yves. Forges et hauts fourneaux en Bretagne du XVIIe au XIXe siècle. Nantes : Cid éditions, 1987. 325 p.

  • HERBAULT, Claudie. Exploitation et législation minière en forêt de Quintin aux XVe et XVIe siècles.. Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 1988, n°65, p. 94-104.

  • MORIN, Claude. Un patrimoine industriel disparu. Heurs et malheurs de la Fonderie du Pas. Le Quintinais, 1997, p. 5-13.

  • Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor. Charenton-le-Pont : éditions Flohic, 1998, n°2 (le Patrimoine des Communes de France).

    p. 943
  • LE RETIF, Jean. Lanfains entre Landes et Rivières. Rue des Scribes Editions, 1992, p. 135-145.