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Usine métallurgique dite forges du Vaublanc, puis usine de préparation de produit minéral de la Société des kaolins de Bretagne, le Vaublanc (Plémet fusionnée en Les Moulins en 2016)

Dossier IA22002211 réalisé en 2003

Fiche

Appellations usine métallurgique dite forges du Vaublanc, puis usine de préparation de produit minéral de la Société des kaolins de Bretagne
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bief de dérivation, digue, bassin de retenue, logement patronal, chapelle, centrale hydroélectrique, logement d'ouvriers
Dénominations usine métallurgique, usine de préparation de produit minéral
Aire d'étude et canton Arrondissement de Saint-Brieuc - Chèze (La)
Hydrographies Lié le
Adresse Commune : Moulins (Les)
Lieu-dit : le Vaublanc
Cadastre : 1829 H1 182 à 196, 377 à 396, 414 à 428 ; 1985 H1 11, 26, 27, 433 à 441
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Plémet

L'usine métallurgique du Vaublanc est édifiée en 1671 et 1672 par François de Farcy à la lisière de la forêt de Loudéac, source de combustible. Au début, les forges du Vaublanc ne réalisent que l'affinage de la fonte coulée dans un haut fourneau situé à une demi-lieue, au coeur de la forêt de Loudéac sur le site de Querrien, à la Prénessaye (22). En 1673, le site du Vaublanc se compose de la halle de la forge qui abrite un foyer animé par un soufflet en cuir et deux gros marteaux, de deux affineries, d'une fenderie et de quelques halles et magasins destinés à entreposer la fonte provenant de Querrien. Le 16 novembre 1675, Siméon Hay, comte de Couëllan, devient proriétaire des lieux. Cette année correspond à l'édification du logement patronal, remanié et agrandi en 1751, comme l'atteste la date portée. En raison de ressources hydrauliques insuffisantes sur le site de Querrien, un haut fourneau est édifié au 18e siècle au Vaublanc, non pas en contrebas de la chaussée de l'étang comme à l'ordinaire, mais légèrement en amont, sur la rive gauche, sur le bief d'un ancien moulin à papier. C'est à cette époque que les forges du Vaublanc connaissent leur extension maximale. En 1767, le haut fourneau de la Hardouinais, à Saint-Launeuc (22), produit de la fonte pour l'usine et en sera une annexe jusqu'en 1836. Après être passé aux mains de la famille de Saint-Pern, et en vertu de trois actes datés des 5 août 1808, 30 juin 1809 et 13 mars 1811, le site devient la propriété de Louis-Aimé Carré-Kerisouët ; sous sa direction, plusieurs campagnes de construction verront le jour. En 1809 (date portée), une première chapelle est édifiée sur le site ; en 1821 (date portée), une cantine est construite pour les ouvriers. En 1847, les forges de Vaublanc connaissent une révolution technique ; elles remplacent en effet l'affinage wallon par le puddlage à la houille et la fenderie cède la place à plusieurs trains de laminoirs dégrossisseurs et finisseurs. En 1862, un logement pour le commis du haut fourneau est construit et porte l'inscription CK pour Carré Kérisouet. A cette époque, le haut fourneau fonctionne avec du coke, du charbon de bois, des minerais du pays et en provenance d'Espagne, et quelques scories de forges ; l'usine du Vaublanc étant la seule du département à fabriquer du fer à la houille. En 1866, une seconde chapelle est construite à l'entrée du site. La production concerne tant le matériel agricole tels que des socs de charrues, des houes, que du matériel domestique comme des marmites, mais aussi des équipements militaires avec une fabrication de canons destinés à la marine royale. Cette production souffre des affres de la Révolution et, à partir de 1866, l'usine a du mal à faire face à la concurrence anglaise et à celle de l'est de la France. En 1868, il ne subsiste plus que deux fours à puddler en activité. Les années qui suivirent la guerre de 1870 sonnent le glas des forges du Vaublanc, tout comme celles des Salles, à Perret (22). Le site du Vaublanc est ensuite reconverti en laverie et séchage de kaolins ; deux hangars sont édifiés en 1906. En 1914, cette usine de préparation de produit minéral devient la propriété de la Société des kaolins de Bretagne. Le kaolin est extrait au lieu-dit Les Landelles, à 4 km environ de l'usine où il est acheminé par une canalisation souterraine et versé à l'état semi-liquide dans de grands bacs afin d'être traité à l'acide sulfurique à raison de 30 l par opération. Une petite centrale hydroélectrique est installée en 1924, juste en aval de la chaussée. L'étuve, le four à sécher, les hangars et les séchoirs sont démolis en 1926. Quatre ans plus tard, deux séchoirs sont reconstruits, ainsi qu'un moulin à concasser, un atelier et un transformateur électrique. En 1937 (date portée), une école est édifiée sur les plans de l'architecte E. Le Goaster. L'usine de traitement du kaolin cesse son activité vers 1950, les bassins de décantation et un hangar de séchage du kaolin sont toujours en place. Le haut-fourneau et la forge ont malheureusement disparu à la fin du 19e siècle. Actuellement, la petite centrale produit encore de l'électricité. Les logements, restaurés, sont des propriétés privées. A la fin du 18e siècle, l'usine métallurgique emploie quatre cent cinquante ouvriers.

Période(s) Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 18e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Dates 1671, daté par source, daté par travaux historiques, porte la date
1675, daté par travaux historiques
1751, daté par travaux historiques
1809, daté par travaux historiques
1821, daté par travaux historiques
1847, daté par travaux historiques
1862, daté par travaux historiques
1866, daté par travaux historiques
1906, daté par travaux historiques
1924, daté par travaux historiques
1930, daté par travaux historiques
1937, daté par travaux historiques

Même si certaines structures ont malheureusement disparu tel que le haut fourneau, le site des forges de Vaublanc est relativement bien conservé. En aval de l'étang, en contrebas de la chaussée se situe le bâtiment du laminoir édifié vers 1850 : vaste halle en rez-de-chaussée largement ouverte sur l'extérieur et dont l'imposante toiture à croupes est en partie supportée par des poteaux. Il est flanqué de la petite centrale hydroélectrique, de plan carré, percée de baies en plein cintre et couverte d'une terrasse. Perpendiculairement se situe le logement patronal entièrement édifié en moellons de schiste et de granite et composé de plusieurs corps de bâtiment situés dans le même alignement. Le corps principal compte un étage carré et un étage de comble couvert d'un toit brisé à croupes en ardoises. Sa façade principale est rythmée par cinq travées de baies rectangulaires encadrées de pierres de taille en granite. Les logements d'ouvriers, de facture plus modeste, sont édifiés dans les mêmes matériaux et sont, soit en rez-de-chaussée avec étage de comble, soit comptent un étage carré supplémentaire ; certains d'entre-eux sont desservis par un petit escalier en pierres de taille flanqué contre la façade antérieure. Ils se situent à proximité de la chapelle construite en 1809 en petites pierres de taille en granite et de l'ancienne halle à charbon, bâtiment en rez-de-chaussée presqu'entièrement aveugle bâti en moellons de granite.

Murs granite
schiste
moellon
pierre de taille
petit appareil
moyen appareil
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures terrasse
toit à longs pans
croupe
croupe brisée
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
produite sur place
produite sur place
produite sur place
États conservations établissement industriel désaffecté, restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de lettre de M. Carré-Kerisouët, ses fils et gendres (propriétaires des forges du Vuablanc), adressée le 20 mars 1866 au Préfet.

    Cette lettre est une critique des statistiques réalisées par l'administration et illustre les difficultés auxquelles doivent faire face les forges bretonnes au cours de la période du Second Empire.

    " (...) Aujourd'hui, si une enquête était faite sérieusement par des hommes compétents, dans toutes les forges montées par actions, le Creusot en tête, on obtiendrait la preuve que les dividendes annuels ne se composent pas uniquement des bénéfices réalisés et que c'est dans les fonds de réserves, d'amortissements et dans le capital qu'on prend l'appoint, trop souvent.

    La pratique des acquits-à-caution, en faussant leur application, a réduit les droits qui devaient nous protéger à la valeur de ces acquis, c'est-à-dire qu'au lieu de pouvoir compter sur 6 francs, il ne nous reste que 2, 50 francs de droits à l'importation anglaise et belge.

    Ce qui pèse le plus sur nous, personnellement, c'est le prix élevé : des transports par suite du mauvais état du canal de Brest et ses embranchements ; des droits de navigation ; de l'éloignement des chemins de fer ; ainsi, le canal du Blavet par où nous recevons houille et minerai d'Espagne n'a pas été navigable plus d'un mois depuis octobre et nous sommes forcés de faire en quatre mois l'approvisionnement de toute l'année, ce qui engage un capital plus considérable que si nous pouvions recevoir chaque mois.

    La gare de l'ouest la plus rapprochée de nous c'est Langouèdre (Plénée-Jugon) et une route faite depuis cinq ans, de Loudéac à Collinée nous y conduit ; malheureusement, elle n'est pas entretenue et une charrette chargée s'y embourbe ce qui nous oblige d'aller jusqu'en gare d'Yffigniac ou de Rennes, suivant destination des fers ; tandis que nous n'avons que 8, 5 lieues pour Langouèdre ou Plénée-Jugon.

    La ligne de Napoléonville à Saint-Brieuc se rapprochera-telle de nous ? Nous ne l'espérons plus.

    Depuis 1860, nous avons cependant fait actes de bon vouloir et dépensé 100 000 francs à renouveler et augmenter notre outillage. Pour un bail assez long, nous avons affermé un minerai important sur les bords de la Vilaine et les premiers en Bretagne, nous avons livré aux anglais du minerai en échange du charbon qu'ils nous fournissent et cela tonne pour tonne, afin de donner du retour aux navires et d'obtenir réduction sur les frets.

    La houille anglaise, sous vergue à Cardiff, ne coûte donc pas plus cher que notre minerai de la Vilaine, sous vergue à Hennebont ? Ce que les forges anglaises paient 11 francs la tonne, nous revient vendu au Vaublanc à 33 francs. Fournisseurs aux ports maritimes, à l'artillerie, aux ateliers de la Cie de l'Ouest, il nous faut beaucoup de minerai de Bilbao pour obtenir des quantités supérieures ; mais depuis un an, le grand cabotage étant ruiné, nous ne trouvons pas de navires en France et très peu en Angleterre par suite des importations considérables de Bilbao à Cardiff, ce qui nous fait payer aux anglais 15 francs de fret au lieu de 7 à 8 francs qui était le cours habituel sur nos côtes, plus la commission de nos intermédiaires.

    Le fisc nous voyant fabriquer activement, afin de diminuer nos frais généraux, s'est empressé d'élever nos patentes pour le Vaublanc et les Salles ; de nous en faire payer une seconde pour le minerai que nous exploitons, puis une troisième pour le minerai que nous échangeons en Angleterre contre de la houille. Demain, probablement on nous fera payer pour les bois que nous carbonisons, pour les bateaux qui font nos transports sur le canal, pour nos dépôts de Bordeaux, Nantes, etc. en un mot pour tous les détails de notre métier de maîtres des forges ? Et alors nous paierons plusieurs fois la patente.

    De quelque côté que nous regardions, nous n'apercevons que charges croissantes, obstacles nouveaux et concurrence étrangère, qui nous trouve désarmés.

    Longtemps nous avons lutté sans nous plaindre mais la patience a des limites et on se lasse de fournir sans cesse des documents de statistiques prouvant toutes les misères qui nous ruinent et qui néanmoins finissent toujours par se transformer en situations les plus prospères.

    Nous vous devions cette franche explication, monsieur le Préfet, parce que vous désirez connaître ce qui paralyse l'industrie de notre département et les motifs qui nous ont fait refuser tout renseignement à M. l'Ingénieur des mines de Rennes, pour lequel nous avons la plus grande estime (...)".

  • 20032207156NUCB : Mairie de Plémet, Non coté.

    19952200496X : Mairie de Plémet, Non coté.

    19952200497X : Mairie de Plémet, Non coté.

    20032207174NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 84 S 16.

    20032207249NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 16 S 5 (14).

    20032207190NUCB : Mairie de Plémet, Non coté.

    19952200487X : Collection particulière

    19952200488X : Collection particulière

    19952200486X : Collection particulière

    19952200491XB : Collection particulière

    19952200490XB : Collection particulière

    19952200492XB : Collection particulière

    19952200493XB : Collection particulière

    19952200494XB : Collection particulière

    19952200479X : Collection particulière

    19952200480X : Collection particulière

    19952200485X : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série HP 21. Annuaire des Côtes-du-Nord par MM. Habasque, Marée, De Garaby. Saint-Brieuc, Guyon et soeur libraires, 1836.

    p. 37-38.
  • AD Côtes d'Armor. Série HP 22. Tablettes statistiques, administratives et commerciales des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc, Guyon Francisque imprimeur-libraire, 13e année, 1865.

    p. 193
  • AD Côtes d'Armor. Série J ; sous-série 50 J. Archives entrées par voie extraordinaire. Fonds Daën de Kermenenan, 15e-19e siècle.

  • AD Côtes d'Armor. Série M ; sous-série 6 M 936. Administration générale et économie (an VIII-1940). Commerce et industrie : statistique industrielle : instructions et correspondance ; liste des fabricants et manufacturiers ; tableau des industries ; états trimestriels ou annuels de la situation industrielle du département, etc., 1806-1913.

  • AD Côtes d'Armor. Série M ; sous-série 6 M 937. Administration générale et économie (an VIII-1940). Commerce et industrie : état de divers établissements industriels (forges et hauts fourneaux, fours à chaux, salines, minières, distilleries, ganteries, sucreries, etc.), 1811-1857.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 16 S : 16 S 5. Service hydraulique. Versant de l'Atlantique. Bassin de la Vilaine, rive droite : le Lié, an VII-1935.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 1 (4). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Généralités : statistique, production des usines, 1851-1873.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 1 (7). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Généralités : rapports de l'ingénieur en chef, industrie minérale et métallurgique (carrières, mines, usines), an X-1878.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (72). Mines. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique, gisements : découvertes, prospections, relevés de plans, concessions, déclarations et autorisations d'exploitation, enquêtes, rapports, accidents, etc. Dossiers classés par communes, an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 3 (2). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Dossiers d'usines métallurgiques, an IX-1866.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 84 S : 84 S 16. Service hydraulique. Versant de l'Atlantique, bassin de la Vilaine (rive droite). Le Lié, an VII-1935.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 81 S 3 (7). Service des Mines. Appareils à vapeur : contrôle des appareils placés sur la terre ferme. Déclarations de machines à vapeur, 1894-1908.

Bibliographie
  • ANDRIEUX, Jean-Yves. Forges et hauts fourneaux en Bretagne du XVIIe au XIXe siècle. Nantes : Cid éditions, 1987. 325 p.

  • ANDRIEUX, Jean-Yves. L'architecture préindustrielle, une image de la permanence au règne de l'éphémère : les forges des Salles et du Vaublanc. Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 1988, n°65, p. 147-175.

  • ANDRIEUX, Jean-Yves, BRULE, Anne. Une histoire métallurgique et minière inscrite sur le terrain. Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 1989, n°96-2, p. 115-122.

  • CHAURIS, Louis. Données complémentaires sur les anciennes exploitations ferrifères du district de Belle-Isle-en-Terre. Place des gîtes du nord-ouest de la France dans les extractions nationales vers 1840. Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 1992, n°99-2, p. 165-168.

  • Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor. Charenton-le-Pont : éditions Flohic, 1998, n°1, 639 p. (le Patrimoine des Communes de France).

    p. 174
(c) Inventaire général (c) Inventaire général - Gasnier Marina - Ducouret Jean-Pierre - Tanguy-Schröer Judith
Judith Tanguy-Schröer , né(e) Tanguy
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