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Usine de construction navale : chantier naval Ernest Durand, constructeur de doris, rue du Lac, Sables-d'Or (Fréhel)

Dossier IA22004428 réalisé en 2005

Fiche

Dénominations usine de construction navale
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Fréhel
Lieu-dit : les Sables-d'Or
Adresse : rue du Lac
Cadastre : 2004 E 0007

Ernest Durand, né en 1915, a suivi l'apprentissage du métier de menuisier en bâtiment, en 1930 à l'âge de 15 ans, avant de s'engager dans la marine nationale pendant 5 ans, pour apprendre le métier de charpentier de marine. Démobilisé en 1940, il a démarré son chantier naval à Pontfilly avec son frère, avant de s'installer rue du Lac, près de la "lagune", au "marais". Au début de sa carrière, charpentier itinérant pour les marins pêcheurs, il réparait leurs navires sur la grève. Ensuite, il a commencé à construire ses premiers doris de pêche côtière dans son chantier. Les marins utilisaient ce type d'embarcation pour pêcher à l'affare (les maquereaux), collecter le goémon ou pêcher les moules sur les rochers. C'était une embarcation "à tout faire", facile d'entretien, un bateau de servitude, utilisé pour transborder le produit de la pêche d'un bateau de plus fort tonnage au quai d'Erquy. Les pêcheurs côtiers des Hôpitaux utilisaient presque exclusivement les doris, à l'abri dans le havre de la Bouche. La clientèle du chantier se retrouvait dans les ports environnants de Dahouët, Erquy, les Hôpitaux, les Sables-d'Or et Saint-Malo, pour les "dorissiers" de Terre-Neuve. Les pêcheurs côtiers pouvaient aller mettre leurs lignes jusqu'au Grand Léjon : 3 heures de nage aux seuls avirons. Les doris traditionnels, longs de 6 m environ, étaient construits en pin, à clins, coque retournée, dans un petit atelier en bois de 10 m sur 6 m. Plus tard, Ernest Durand a également construit des doris en contre-plaqué et en polyester, collés avec de la bakélite. Ces "demi-doris" de 4, 20 mètres de longueur, étaient appelés des "Portugais". Il réalisa ensuite des doris construits uniquement en polyester, de 5 mètres de long, avec un demi-pontage, équipé avec un petit moteur in-bord (moteur Bernard, 4 temps, 4 CV), à l'intention des pêcheurs plaisanciers. Ces doris étaient appelés des "houaris". Les premiers houaris s'appelaient "L'albatros", "Le Petit Léjon". Ernest Durand cessa son chantier dans les années 1980. Son fils reprit et aménagea le chantier pour la plaisance moderne, mais sans l'activité de construction navale. Le dernier doris construit par Ernest Durand fut celui de l'association "La Pauline" de Dahouët, au début des années 1990, alors qu'il était déjà en retraite. D'autres chantiers navals de Saint-Malo fournissaient des doris pour les équipages de Terre-Neuvas au début du 20ème siècle : Mallard et Poirier. A bord du navire, les doris pouvaient être empilés et emboîtés 9 par 9, sans les bancs, à bâbord et à tribord (soit 18 embarcations) ; ce qui explique cette forme de construction.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Durand Ernest, charpentier, attribution par source

Bâtiment de fome rextangualire, construit en planches de bois, aujourd'hui détruit.

États conservations remanié
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • La construction d'un doris traditionnel : témoignage d'Ernest Durand

    Un doris traditionnel mesure 18 pieds de long, soit près de 6 m (5, 94 m) et 2 pieds de haut (0, 66 m). La construction débutait par le débit de la sole, sur une longueur de 4, 85 m, formée de 4 planches en bois du nord (32 cm de largeur totale), en prenant garde de bien respecter un certain cintre (courbure), plus important à l'avant qu'à l'arrière, relevé de 13 cm vers l'avant. C'était cette tonture de la sole, qui faisait la différence de marche des doris, aux avirons. La sole recevait ensuite l'étrave et la contre-étrave (ou fausse étrave) ainsi que l'écusson et sa courbe. On clouait également les 6 membrures constituées d'une varangue et d'un genou assemblés par rivetage sur des plaques en fer galvanisé, pliées dans l'étau. Lisses, goussets et membrures étaient en orme. Les lisses étaient collées.

    Le bordage commençait avec la première des 4 virures. Les trois premières en sapin et la dernière en peuplier, un bois plus fibreux, moins fendant que le sapin. L'avant du bordé devait être plus large que l'arrière.

    C'était la partie difficile à exécuter : pour supprimer l'effet bouchain, il fallait raboter le bordé comme une aile d'avion, pour avoir du "plat", pour ne pas casser le bois quand on clouait.

    Le doris était équipé de trois bancs : 2 bancs de nage et un banc percé à l'avant pour recevoir un gréement.

    Un gousset était prévu à l'écubier d'étrave pour l'aussière.

    Le charpentier fabriquait aussi les avirons en frêne du Canada, qui devaient être flexibles du bout de la pelle jusqu'au tolet.

    Il fallait compter 50 heures pour réaliser un doris, avec sa peinture. Le chantier produisait dans ces conditions un doris par semaine.

  • 20052204435NUCB : Collection particulière

    20052204422NUCB : Collection particulière

    20052204433NUCB : Collection particulière

    20052204436NUCB : Collection particulière

    20052204431NUCB : Collection particulière

    20052204432NUCB : Collection particulière

    20052204434NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • LE BOT, Jean. Les bateaux de la Bretagne Nord aux derniers jours de la voile. Grenoble : Glénat, 1990.

    p. 46-49
Documents audio
  • PRIGENT, Guy. Témoignage d'Ernest Durand, charpentier de marine aux Sables-d'Or. Fréhel, 2005.

    Témoignage d'Ernest Durand