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Usine de chaux de la Société des fours à chaux de Cartravers (La Harmoye)

Dossier IA22002231 réalisé en 2003

Fiche

Appellations usine de chaux de la Société des fours à chaux de Cartravers
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, four industriel, excavation, cantine, logement patronal, entrepôt industriel
Dénominations usine de chaux
Aire d'étude et canton Arrondissement de Saint-Brieuc - Ploeuc-sur-Lié
Adresse Commune : Harmoye (La)
Lieu-dit : Cartravers
Cadastre : 1840 B5 1008 à 1023 ; 1840 C6 1185, 1188 ; 1982 ZM 72, 73, 97 à 99, 135, 152 ; 1982 C6 693, 695, 983, 1073, 1074

Le calcaire de Cartravers est exploité en carrière à ciel ouvert dès le 17e siècle et est utilisé comme adjuvant pour la fusion du minerai dans les hauts fourneaux des Salles à Perret (56), du Pas à Plémet (22) et du Vaublanc à Saint-Launeuc (22). Plusieurs fours à chaux se succéderont sur ce site de Cartravers dont les deux premiers sont attestés au tout début du 19e siècle, puis reconstruits vers 1827 avant de laisser la place à de nouveaux massifs. Au milieu du 19e siècle, le propriétaire foncier Jean-Marie Allenou possède deux fours à chaux dont l'édification de l'un d'entre eux s'achève en 1861, le second étant restauré et agrandi en 1871 ; tous deux seront démolis en 1883. Le 7 septembre 1868, le maire de la commune déclare que ces fours procurent du travail à un grand nombre d'ouvriers et de voituriers et constituent un véritable bienfait pour l'agriculture de la contrée. En plus de la castine destinée à être employée comme adjuvant, l'usine produit en effet de la chaux grasse pour le chaulage des terres agricoles, mais aussi de la chaux hydraulique utilisée dans la construction. En 1874, un rapport de l'ingénieur des mines précise que la carrière de calcaire est divisée en deux parties, l'une étant exploitée par J.-M. Allenou pour son usine du Pas, et l'autre par Victor Méheut, locataire et exploitant de l'usine de chaux de Cartravers. L'année 1880 correspond à une importante campagne de construction avec la mise en place d'un nouveau four à proximité duquel sont bâtis un magasin, un bureau et un magasin à chaux. V. Méheut fait édifier un logement patronal en 1877 et encore un nouveau four en 1882. Il s'agit, comme le précédent, d'un four à chaux permanent, chauffé à l'anthracite. Une lettre adressée au préfet précise que ce nouveau four est destiné à fonctionner six à huit mois de l'année, en alternance avec le premier, durant les périodes de réparation. L'établissement de ces fours (toujours en place), dont la hauteur atteint 13 m, est lié à l'accroissement de la consommation en chaux grasse par les cultivateurs locaux, pour l'amendement de leurs terres, "consommation qui augmente un peu tous les ans, mais qui, à cause du mauvais état des chemins est bien loin d'approcher celle des autres pays". En 1885, le propriétaire foncier devient Louis-Henri de Janzé, à qui succède son fils Albert-Henri en 1902. En 1906, un bâtiment destiné à abriter la machine à vapeur est édifié sur le site, ainsi qu'un monte charge Decauville. En 1914, une société en commandite par actions est formée et porte la dénomination Société des fours à chaux de Cartravers, et la raison sociale Méheut et Cie. Le bureau et la salle des machines sont supprimés en 1920, tandis que le magasin à chaux est démoli neuf ans plus tard. Après avoir été détruit à son tour en 1936, le logement patronal est reconstruit. La carrière de calcaire, vaste excavation mesurant 500 m de longueur, se situe juste au nord des fours. Avant la généralisation de la motorisation, les wagonnets de pierres brutes étaient hissés par des chevaux du fond de la carrière jusqu'au sommet des fours sur une voie ferrée en forte de pente. Ces chevaux étaient également chargés d'acheminer le charbon pris en gare de Cartravers (ligne Saint-Brieuc-Rostrenen-Carhaix), de même que d'y livrer les pierres cuites destinées au commerce. La chaux, utilisée dans un rayon de 30 à 40 km, était enlevée directement par les agriculteurs avec leurs propres attelages ou transportée par camion. Pour assurer cette force de traction, l'entreprise possédait ses propres écuries avec sept à huit chevaux, ainsi que le harnachement adapté. Malgré une modernisation importante survenue en 1964, l'usine de chaux cesse de fonctionner en 1978. L'excavation de la carrière, emplie d'eau, a ensuite été utilisée comme pisciculture. Le 12 février 1903, le chaufournier déclare une chaudière à vapeur de forme cylindrique à deux bouilleurs, timbrée à 5 kg ; elle provient de Saint-Pierre-la-Cour (53). En 1909, une seconde chaudière à vapeur, timbrée à 7 kg, est destinée à actionner une perforatrice. En 1874, la carrière de calcaire emploie quinze ouvriers.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1861, daté par source, daté par travaux historiques, daté par tradition orale
1871, daté par travaux historiques
1877, daté par travaux historiques
1880, daté par travaux historiques
1882, daté par travaux historiques
1906, daté par travaux historiques
1964, daté par travaux historiques

Les deux fours à chaux subsistant sur le site datent de l'importante campagne de construction des années 1880. Ils sont compris dans un massif rectangulaire édifié en moellons de granite ; les deux voûtes de service donnent sur le quai de chargement. A proximité, subsiste l'ancienne cantine bâtie dans les mêmes matériaux, avec un étage carré. De l'autre côté de la route, se situent l'ancien café, restauré en maison, et le logement patronal reconstruit dans la première moitié du 20e siècle. Recouvert d'enduit, il s'organise en deux corps de bâtiment situés dans le même prolongement, l'un compte un étage de comble à surcroît, et l'autre un étage carré supplémentaire ; ils sont couverts d'une toiture à longs pans en ardoises. Les lucarnes à demi-croupes débordantes sont délicatement ornées d'éléments décoratifs en bois empruntés au répertoire de l'architecture balnéaire.

Murs schiste
granite
enduit
moellon
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
croupe
Énergies énergie thermique
énergie électrique
produite sur place
achetée
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20042203028NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, AD223P_Q3_C_0021.

    20042203029NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, AD223P_Q3_C_0021.

    20032207082NUCB : Mairie de La Harmoye, Non coté.

    20032207264NUCB : Mairie de La Harmoye, Non coté.

    20032207066NUCB : Collection particulière

    20032207073NUCB : Collection particulière

    20032207072NUCB : Collection particulière

    20032207074NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série M ; sous-série 5 M 40. Administration générale et économie (an VIII-1940). Santé publique et hygiène. Etablissements dangereux, insalubres et incommodes, de Le Gouray à Paimpol, 1808-1926.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 78 (4). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. La Harmoye, matrice des propriétés foncières, 1860-1882.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 78 (5). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. La Harmoye, matrice des propriétés foncières, 1860-1882.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 78 (6). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. La Harmoye, matrice des propriétés foncières, 1860-1882.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 78 (7). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. La Harmoye, matrice des propriétés bâties, 1882-1911.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 78 (8). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. La Harmoye, matrice des propriétés bâties, 1911-1940.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 78 (9). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. La Harmoye, matrice des propriétés bâties, 1911-1940.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 58 S : 58 S 3 (2). Transport public, chemin de fer d'intérêt local. Ligne de Quintin à Rostrenen -fourniture de bâches pour la chaux de Cartravers, 1919.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 1 (7). Mine. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Généralités : rapports de l'ingénieur en chef, industrie minérale et métallurgique (carrières, mines, usines), an X-1878.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (72). Mines. Contrôle de l'industrie minérale et métallurgique, gisements : découvertes, prospections, relevés de plans, concessions, déclarations et autorisations d'exploitation, enquêtes, rapports, accidents, etc. Dossiers classés par communes, an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 81 S 3 (7). Service des Mines. Appareils à vapeur : contrôle des appareils placés sur la terre ferme. Déclarations de machines à vapeur, 1894-1908.

  • AD Côtes d'Armor. Série U ; sous-série 4 U : 4 U 34 (78). Justice de paix de Ploeuc, minute : Société des Fours à chaux de Cartravers Méheu et Cie, 1914.

Bibliographie
  • CHARLES, Arthur. Le cheval à l'usine des fours à chaux de Cartravers. Le Quintinais, 1998, p. 35-36.

  • Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor. Charenton-le-Pont : éditions Flohic, 1998, n°2 (le Patrimoine des Communes de France).

    p. 937