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Usine de blanchiment de Carho (Saint-Brandan)

Dossier IA22002290 réalisé en 2003

Fiche

Appellations usine de blanchiment de Carho
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bassin, logement d'ouvriers, écurie, aire de séchage
Dénominations usine de blanchiment
Aire d'étude et canton Arrondissement de Saint-Brieuc - Quintin
Adresse Commune : Saint-Brandan
Lieu-dit : Blanchisserie de Carho
Cadastre : 1830 D2 1079 à 1084 ; 2002 YA 83a

L'origine de l'usine de Carho semble remonter au 18e siècle, époque où le blanchiment des toiles occupe une large place dans l'industrie textile régionale. Celle-ci servait à banchir les toiles fabriquées en très grande quantité à Quintin et dans les communes environnantes. Sous la monarchie de juillet, les bâtiments ne sont plus mentionnés sous le terme de "blancherie", cette appellation ayant été rayée dans les états de section au profit de celle de "maison". En 1838, Charles de Robien vend la propriété à Louis Durestre-Ollitraut qui la quitte à son tour en 1889 ; il la cède deux ans plus tard à L.-M. de Querhoënt. Vers 1890, le bâtiment est transformé en lavoir et en buanderie ; cette période correspond aussi à la destruction d'un second édifice, situé dans l'axe des trois bassins, appelés doués, alimentés par une fontaine. L'eau circulait de bassin en bassin, puis était amenée dans l'atelier de la buanderie, toujours en place, où s'effectuait le lessivage des toiles dans de grandes cuves (une chaudière, entièrement recouverte de planches de bois, est encore présente). Lors du déclin de l'industrie textile dans la région, le site a été utilisé par des lavandières pour des particuliers. Actuellement, l'essentiel des bâtiments est toujours en place : écuries, buanderie, doués, logement et petit édifice de surveillance (?) placé à l'entrée du site, près de l'aire de séchage.

Période(s) Principale : 18e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle

Situé en contrebas, l'atelier de la buanderie consiste en un petit corps de bâtiment rectangulaire, en rez-de-chaussée, édifié en moellons de schiste et de granite recouvert d'un toit à longs pans en tôle ondulée. Il se situe dans l'axe des trois doués entièrement restaurés et maçonnés par l'actuel propriétaire. En position légèrement dominante se situent les anciennes écuries et logements bâtis dans les mêmes matériaux ; en rez-de-chaussée, le bâtiment, de plan allongé, est surmonté d'un toit à longs pans en ardoises. A l'entrée de la propriété se situe un édifice de plan polygonal percé d'une petite ouverture sur chaque pan, couvert d'un toit polygonal en ardoises ; il était pobablement destiné à la surveillance des toiles sur les "étandoués" (aire de séchage) lors de leur séchage.

Murs granite
schiste
moellon
Toit ardoise, métal en couverture, tôle ondulée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages en rez-de-chaussée
Couvertures toit à longs pans
toit polygonal
États conservations établissement industriel désaffecté, restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Le blanchiment des toiles occupe une large place dans la longue chaîne de l'industrie textile régionale qui va de la culture du chanvre et du lin à l'exportation des toiles. Au cours du 18e siècle, cent cinquante six blanchisseries, autrement appelées blandieries, sont recensées dans la région quintinnaise : à Quintin, au Foeil, à Saint-Brandan, à Lanfains, à Saint-Donan, ou encore au Vieux-Bourg. Même si ces structures ne s'éloignaient guère du Gouët ou de ses affluents, les blandieries n'y puisaient pas leurs eaux ; elles avaient recours à des sources.

    Ces unités de production, dont il ne subsiste que quelques rares vestiges, étaient généralement composées de deux bâtiments, l'un à usage domestique, l'autre à usage industriel : la buanderie, ainsi que de bassins entièrement maçonnés, appelés doués. En plus de ces structures, cette activité nécessitait la présence de vastes étendues (prés, champs ou landes) destinées au séchage des toiles, à l'air libre.

    Le principe de fonctionnement de ces blanchisseries est simple et s'organise en cinq grandes étapes. Dans un premier temps, les toiles étaient mises à tremper dans de vastes cuves remplies d'eau mélangée à de la farine de seigle ou d'avoine dont le rôle était d'activer la fermentation pour libérer les toiles de leurs impuretés naturelles. Dans un second temps et après trois à quatre semaines de macération, les toiles étaient immergées dans les doués, dont l'eau était renouvelée, puis battues pièce par pièce. Ce premier lavage était suivi d'une autre opération réalisée dans la buanderie : le lessivage. Il consistait à replacer les toiles dans les grandes cuves, à les couvrir d'un sac rempli de cendres de bois, puis à y verser de l'eau bouillante ; une bonde placée au fond de chaque cuve permettait de récupérer le liquide et de renouveler l'opération. Dans un quatrième temps, les toiles étaient de nouveau lavées dans les doués avant de procéder au séchage au cours duquel elles étaient étendus durant quelques jours dans les prés, dits étandoués. Jean Martin précise que cette opération de lessivage était renouvelée onze fois en hiver et sept fois en été. Au terme de ces différentes opérations au cours desquelles les toiles avaient obtenues la blancheur requise, ces dernières étaient placées dans des bassins en cuivre jaune, appelés "empois", avec un mélange d'amidon et de bleu, avant de subir un ultime séchage sur l'étandoué.

  • 20032207003NUCB : Mairie de Saint-Brandan, Non coté.

    20032207002NUCB : Mairie de Saint-Brandan, Non coté.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 282 (5). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Saint-Brandan, matrice des propriétés bâties, 1831-1914.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 282 (2). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Saint-Brandan, état de section, 1831.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 282 (9). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Saint-Brandan, matrice des propriétés bâties, 1882-1911.

Bibliographie
  • MARTIN, Jean. Au XVIIIe siècle, un aspect méconnu de la manufacture des "toiles-Bretagne", le blanchiment des toiles. Le Quintinais, 1991, p. 30-33.

  • MARTIN, Jean. Un aspect méconnu de la manufacture des toiles " Bretagnes " : le blanchissage. Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 1993, n° 70, p. 35-64.

  • Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor. Charenton-le-Pont : éditions Flohic, 1998, n°2, p. 644-1341 (le Patrimoine des Communes de France).

  • ROSSIGNOL, J.-M. et J.-Y. L'eau au quotidien. Le Quintinais, 1991, p. 14-18.