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Tour Vauban : tour et batterie basse semi-circulaire (Camaret-sur-Mer)

Dossier IA29001320 inclus dans Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié réalisé en 2005

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

L´anse de Camaret "vestibule du goulet de Brest"

Emblématique de Camaret, la tour de couleur ocre rouge (du fait de son enduit étanche à base de brique pilée) porte aujourd'hui le nom de Vauban. C'est l´édifice le plus visible (18m de hauteur) et le plus connu du célèbre ingénieur en rade de Brest. La fortification de Camaret est projetée par Vauban lors de sa deuxième visite à Brest en 1685 : "Il existe deux rades hors du goulet de Brest qui sont comme le vestibule de cette entrée, dont l´une, savoir celle de Bertheaume, est parée contre tous les vents du Nord, et celle de Camaret contre tous ceux du Midi, toutes deux de très bonne tenue. [...] Il y a un petit port marchand à un recoin de celle de Camaret où il se retire des bâtiments que des corsaires viennent impunément enlever, ce qui leur arrive fort souvent en temps de guerre : c´est pourquoi il serait nécessaire d´y faire une batterie de 4 ou 5 pièces de canon soutenue d´une tour et d´une petite clôture de maçonnerie pour les écarter de là et tenir cette rade nette qui, de cette façon, deviendra un refuge assuré pour bien des vaisseaux marchands que les mauvais temps contraignent le plus souvent d´y mouiller au risque d´être pris".

Le toisé de la fortification

L´ingénieur Jean-Pierre Traverse est chargé de 1689 à 1700 de l´achèvement des travaux du port, du château de Brest et de la défense de la côte de Cornouaille (rive sud du goulet) comprenant les batteries de Cornouaille, de la pointe des Espagnols, les lignes de Quélern, la tour et la batterie basse de Camaret. La fortification de Camaret est chiffrée en détail en 1690 : l´unité employée pour mesurer les travaux est alors la toise (soit 7,4 m³ de matériaux). Le coût de l´ouvrage est ventilé comme suit : le "remuement des terres et des cailloux" se monte à lui seul à 10% du prix total de l´ouvrage (422 toises, soit plus de 3 120 m³). La "maçonnerie" tant de la batterie que de la tour et de la "communication de derrière" 38% (un volume de 243 toises³ : 1 800 m³). Le pavage en carreaux de pierres de taille 130 de la plate-forme, "la bonne terre pour former les parapets de la batterie" et le "placage du gazon" (sur plus de 110 m²) représentent 29 %. La fabrication et la pose du "pont et la porte, couverture de la tour, charpenterie, planchers, portes et fenêtres comprises" s´élèvent à 3 000 livres soit 23 % du prix total.

La mise en œuvre du projet (1689, 1693-1696)

Les travaux débutent en 1689-1690 par la réalisation d´une chaussée empierrée sur le sillon : un simple banc de galets et de sable (aujourd´hui fortement anthropisé) sur lequel avait été édifiée au début du XVIe siècle la chapelle de Notre-Dame-de-Rocamadour. Les fondations de la batterie et de la tour obligèrent à d´importants travaux d´affouillement afin d´asseoir les maçonneries sur le roc. Le fossé mesure 3,2 m de large à la gorge et 5,8 m de large autour de la batterie. Son creusement à 2,9 m correspond à la norme vaubanienne pour les redoutes (1,9 m pouvant être inondés au maximum à marée haute de fort coefficient).

Les travaux de fortification sont réalisés "à la tâche" après adjudication à l´année à des entrepreneurs locaux qui font appel à des spécialistes (carriers, tailleurs de pierre, maîtres-maçons, couvreurs et charpentiers par exemple), mais la main-d´œuvre commune astreinte "aux transport et remuement des terres" est le plus souvent constituée de soldats-ouvriers ou prisonniers rémunérés pour cette tâche. Dans un courrier en date du 5 octobre 1695, Vauban précise : "Ce sont les Turcs [tirés des galères] qui ont fait les trous de mines à la tour de Camaret. On a donné de petites gratifications aux soldats et fait deux ou trois festins à 200 matelots de Cornouaille qui m´ont coûté 48 à 50 livres chacun. J´ai donné 50 écus de mon argent à six plaqueurs venus de Courtrai [...]. Moyennant quoi la tour de Camaret sera couverte, les planchers faits, la maçonnerie achevée".

À Camaret comme dans toute la rade de Brest, les travaux de fortification semblent s´être interrompus en 1690-1691 avant de reprendre entre 1692 et 1696, période durant laquelle la tour est élevée. Lors de la bataille de Camaret en juin 1694, la batterie, inachevée tout comme les deux corps de garde, n´était armée que de 9 canons de 24 livres de balle (boulets de 12 kg) et 3 mortiers de fer de 12 pouces. En juillet 1695, Vauban écrit au roi : "On travaille à la tour et à la batterie de Camaret, qui sera, Dieu aidant, achevée cette année, bonne, forte, capable de donner le couvert à 100 hommes au besoin et de contenir tous les vivres et munitions nécessaires".

L´édifice est particulièrement bien connu grâce aux plan et profil de la tour et de la batterie établis par l´ingénieur Traverse en 1696 et annotés par Vauban : "Bon pour tout le dessin à l´avenir mais seulement pour la tour quand à présent et le plus pressé de la batterie". Le dessinateur s´est efforcé de représenter le plan de feu de la batterie côté mer et côté port (la "gorge") mais aussi de la tour depuis les créneaux de fusillade. Comme il est d´usage dans les plans de l´époque, la couleur rouge marque les "ouvrages faits" et la couleur jaune ceux qu´il reste à faire, ici ce qui est prévu pour 1696 : le cordon, le parapet et les embrasures de la batterie ainsi que les deux corps de garde et une citerne en sous-sol (qui ne sera jamais réalisée). Un appentis en bois désigné comme "hangar" adossé à la face nord de la tour sert de magasin d´artillerie. En lieu et place du pavage de l´actuelle plate-forme se trouve représenté un plancher en "vieux bordages de vaisseaux". Le plan de la batterie de 1722 montre le pavage en carreaux de pierre de taille. Quelques mesures permettent de rendre compte de la solidité de l´édifice : le radier de la tour mesure 3,2 m d´épaisseur, le mur au niveau du corps de garde 2,6 m d´épaisseur et le mur du quatrième niveau dit "mâchicoulis" moins d´1 m d´épaisseur. Le radier de l´escarpe de la batterie fait 2,6 m d´épaisseur et 1,3 m au niveau du cordon, ce qui correspond à l´épaisseur du radier de la contrescarpe.

Percé dans la courtine de gorge flanquée d´une galerie de fusillade, le pont-levis à flèches et son pont dormant permettent de franchir le fossé (en eau à marée haute) et d´accéder à la batterie circulaire et au corps de garde défensif doté de 6 créneaux. Un deuxième corps de garde similaire au premier se trouvait à la place de l´actuel four à boulets (construit lors de la période révolutionnaire).

La batterie comporte 11 embrasures rayonnantes et une vaste plate-forme permettant la défense de l´anse de Camaret. Deux embrasures sont également tournées vers le "port courbe" de Camaret : "Le port assèche de basse mer ; le fond est sable et il y monte 13 à 14 pieds d´eau dans les marées des nouvelles et pleines lunes ; il n´est propre que pour de petits bâtiments marchands qui y échouent de basse mer et il en peut contenir jusqu´à 200. La petite rade, qui est à la portée du mousquet de la tour, n´est propre que pour deux bâtiments de 30 canons et au-dessous. Le mouillage étant parfaitement bon depuis cinq jusqu´aux huit brasses d´eau, l´on y voit quelque fois jusqu´à 200 vaisseaux marchands".

Sur le dallage de la plate-forme, on décèle les traces en arc de cercle permettant le guidage et la rotation des affûts sur roulettes du XIXe siècle.

Une passerelle en bois permet de pénétrer dans la tour. Trois niveaux plus les combles sont desservis par un escalier en vis : on y trouve le corps de garde et des logements. Le quatrième niveau faisant sous-sol de la tour "voûté à l´épreuve de la bombe" (tout comme le corps de garde) n´est accessible que par une trappe ; il servait de magasins aux vivres et à poudre et pouvait participer, en cas d´attaque, à la défense des abords de l´ouvrage.

Des créneaux de mousqueterie de type archère percés tout autour de la tour carrée à pan coupé (et même à l´intérieur des cheminées pour éviter les angles morts) concourent à la défense rapprochée de l´ouvrage : "La figure qui leur convient le mieux est la carrée mais quand il s´agit d´en bâtir sur quelque embouchure de rivière, petits ports ou échouages, on peut émousser un de leurs angles directement tournés à la mer pour pouvoir loger quelque trois ou quatre pièces dessus". Les angles d´attaque de la tour, respectivement situés au nord-est vers la mer et au sud-ouest vers l´anse de Camaret, sont fuyants afin de dévier boulets et mitrailles (sur le flanc nord, des impacts de boulets témoignent de la bataille de Camaret, le 18 juin 1694). Le plan de la tour de 1722, signé de l´ingénieur Robelin, indique également la "tour dont on a rétabli les couvertures et supprimé quatre grandes lucarnes". Suite à une restauration "à l´identique" (du plan de 1696 !) de la charpente en chêne massif et de la couverture en ardoises, la tour a retrouvé ses quatre lucarnes originelles en 1956.

Les matériaux

Les travaux de restauration de la tour en 2007 ont permis de découvrir la maçonnerie masquée derrière l´enduit. Elle est constituée de moellons en schiste et de pierres grossières, dont des galets cassés, d´origine proximale. Les radiers à paliers, les soubassements, les chaînages d´angle, les quatre bandeaux soulignant chaque niveau de la tour, la corniche, les encadrements des ouvertures et les éléments constituant le parapet de la batterie (piédroits et tablettes) sont en pierres de taille de granite gris provenant des carrières de l´Aber-Ildut, distantes d´une trentaine de kilomètres. La tour se signale par son enduit ocre rouge, qui lui a valu son surnom de "Tour dorée", expression employée par Vauban dans un courrier à Pontchartrain, secrétaire d´État à la Marine en septembre 1694, visible de très loin. Cette teinte si particulière mais caractéristique des ouvrages vaubaniens et notamment des joints des ouvrages maritimes, est obtenue par mélange de chaux et de sable auquel on incorpore de la brique pulvérisée comme liant. On ne peut qu´être étonné par cette fortification si visible dont les ouvertures de tir en archères semblent "provoquer" l´assaillant mais on est ici dans la symbolique : la tour de Camaret reflète la toute puissance du Roi-Soleil et marque l´entrée dans la rade de Brest. La tour Vauban parachève ainsi la défense du port arsenal de Brest en lui donnant une nouvelle batterie et une belle "tour-réduit".

La tour de défense côtière : un plan-type ?

De manière ponctuelle, Vauban fait édifier des tours de défense côtière : construire des tours d´artillerie ou d´observation revient moins cher que de fortifier la totalité de la côte, ainsi ne fortifie-t-on que les sites les plus menacés. Deux grandes familles de tours de ce type sont construites sur les côtes bretonnes.

L´on trouve d´une part la tour avec batterie basse (le plus souvent circulaire ou semi-circulaire) : elle combine l´avantage du tir rasant (tir à couler) et un tir plongeant de mousqueterie en défense rapprochée depuis la tour-réduit. Ainsi celles des îles d´Houat et de Hoëdic (1686-1692), du Mengant (1687) et la tour Vauban à Camaret (1693-1696). Cette première génération de tours côtières à la Vauban, exception faite de la tour de Camaret, plus tardive, est d´inspiration fortement médiévale. On y trouve notamment des mâchicoulis ou créneaux de pied. La tour située au centre ou à l´arrière de la batterie sert à la fois de réduit défensif, de casernement, de magasin et d´observatoire. La tour Vauban à Camaret semble être l´aboutissement ultime de cette série.

D´autre part, la tour avec batterie haute (plate-forme d´artillerie) associe l´avantage du tir de bombardement et un tir plongeant de mousqueterie en défense rapprochée. Les exemples les plus remarquables sont les tours des Hébihens (ou Ébihens) à Saint-Jacut, de Tatihou et La Hougue en Normandie, construites entre 1694 et 1697. Il s´agit de tours tronconiques d´observation et d´artillerie.

De manière plus générale, la tour permet tout d´abord de voir plus loin : à la fois poste de surveillance et corps de garde, elle offre la possibilité d´anticiper l´arrivée de l´ennemi afin d´avoir le temps de mettre en place une contre-attaque. Elle permet ensuite de dominer l´espace maritime à défendre (la zone de mouillage des navires amis) tout en évitant par la "bombarderie" que les ennemis ne "tiennent le mouillage". Enfin, la tour est dotée d´une capacité d´autodéfense, grâce à un plan de feu perfectionné pour les armes à feu portatives, mousquets puis fusils.

À Ouessant ou au cap Fréhel (1699-1700), la tour évolue en fanal (phare doté d´une torchère) mais il reste toujours la possibilité de l´armer en cas de conflit. Elle est avant tout un poste d´observation : guet et signaux. Ces tours appartiennent à la famille des tours côtières de Tatihou, La Hougue et des Hébihens. L´utilisation de la tour dans la fortification côtière est théorisée par Vauban dans son traité sur La fortification de campagne en 1705. Il consacre un chapitre entier à la fortification des côtes, les descentes et les moyens d´y remédier grâce à une "bonne tour carrée à deux étages, dont le bas voûté à plein cintre, l´autre aussi voûté, mais sur poutrelles, surmonté d´un mâchicoulis au-dessus avec une couverture de tuile [...]". Une autre tour fanal était programmée par Garangeau à l´île de Batz en baie de Morlaix. En 1712, l´intendant de la Marine écrivait à son ministre : "Nous n´avons sur la côte que la tour d´Ouessant et le fanal de Saint-Mathieu où il est observé de faire du feu de temps en temps, mais il y a déjà très longtemps qu´on n´y en fait que très rarement, faute de matière pour entretenir le feu".

La tour de Camaret inscrite sur la liste du patrimoine mondial

Le Comité du Patrimoine mondial de l´Unesco a choisi de distinguer le 7 juillet 2008 l´ensemble de l´œuvre de Vauban à travers douze de ses 160 réalisations. Une sélection scientifique très rigoureuse des sites a donc été opérée. La tour Vauban de Camaret, définie comme un "fort à la mer, à batterie basse et tour de gorge", constitue un prototype remarquable de fortification côtière. De plus, ce site a été le théâtre de la bataille de 1694, où une attaque anglo-hollandaise a été repoussée grâce "aux précautions" de Vauban. La tour porte d´ailleurs des traces d´impact de boulets de canon".

(Guillaume Lécuillier, 2009 in Les Fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011).

Appellations Tour Dorée, Tour de Camaret, Tour Vauban
Destinations musée, promenade
Parties constituantes non étudiées réduit, pont, fossé, four
Dénominations batterie, fort
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Hydrographies anse de Camaret
Adresse Commune : Camaret-sur-Mer
Lieu-dit : Anse de Camaret
Adresse : le Sillon
Cadastre : AD 56
Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 4e quart 18e siècle
Dates 1689, daté par source
1690, daté par source
1691, daté par source
1692, daté par source
1693, daté par source
1694, daté par source
1695, daté par source
1696, daté par source
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Traverse, ingénieur militaire, attribution par source
Murs granite
schiste
moellon
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Couvrements charpente en bois apparente
Couvertures toit polygonal
Typologies fort à la mer à batterie basse et tour de gorge. Prototype remarquable de fortification côtière
États conservations bon état, restauré, inégal suivant les parties

La tour Vauban a fait l'objet en 2007 de travaux d'enduit (342 m2) et de rejointoiement (643 m). La corniche a été restaurée à l'identique. Site intégré à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler
Protections classé MH, 1907/09/18
Précisions sur la protection

Tour Vauban : classement par arrêté du 18 septembre 1907. Classement au patrimoine mondial de l'Unesco le lundi 7 juillet 2008.

Annexes

  • Le Prestre de Vauban (alias Prestre, Le Prêtre) d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "Famille bourguignonne originaire du Morvan. Filiation et preuves incertaines au départ : pour certains depuis 1388, pour d'autres seulement à partir de 1535. A cette date, notaires seigneuriaux. Maintenue de noblesse en 1667. Seigneurs de Champignolle et de Vauban. Alliances nombreuses avec des familles de gentilshommes qui donnèrent plusieurs ingénieurs.

    1653, Sébastien Le Prestre, écuyer, seigneur puis marquis de Vauban.

    Né à Saint-Jean-Léger-de-Fourcherets le 15 mai 1633.

    Père : Urbain (alias Albin) (1602 - Saint-Léger, 3 avril 1652), écuyer, fils de Jacques, écuyer, seigneur de Champignolle et de Vauban, et de sa seconde épouse, Françoise de la Perrière.

    Mère : Edmée Cormignolle, fille de Jean, et de Françoise Prévost.

    Oncle : Edmé Cormignolle, dit 'la Montagne", gendarme, puis maréchal des logis de Monsieur le Prince, époux d'Edmée Rousseau.

    Cousin issu de germain : Paul le Prestre, ingénieur, puis major de la citadelle de Lille, fils de Paul, seigneur de Vauban, bailli de Lormes, et d'Urbaine de Romier.

    Neveux à la mode de Bretagne (fils de Paul, ingénieur qui précède, et d'Anne de Guesdin) :

    - Paul, capitaine au régiment de Champagne, ingénieur tué à Aire en 1676.

    - Edmé, capitaine au régiment de Navarre, ingénieur tué à Cambrai en 1677.

    - Antoine, ingénieur qui suit.

    Marié à Epiry le 25 mars 1660 avec Jeanne d'Osnay, morte à Bazoches le 19 juin 1705, fille de Claude, baron d'Epiry, et de défunte Urbaine de Romier.

    Deux filles :

    - Charlotte, épouse (15 novembre 1679) de Jacques-Louis de Mesgrigny, comte de Villebertin et d'Aunay, fils de Nicolas, chevalier, seigneur de Villebertin, d'Aunay et autres lieux, et d'Edmée-Georgette de Régnier ; neveu de Jean de Mesgrigny, ingénieur.

    - Jeanne-Françoise (1678 - 1713), épouse (Paris, le 8 janvier 1691) de Louis Bernin de Valentinay, chevalier, marquis d'Ussé, fils de Louis, chevalier, seigneur d'Ussé, conseiller du roi en ses Conseils, contrôleur général de la maison du roi, et de Catherine du Coudreau.

    Mort à Paris le 30 mars 1707, âgé de 74 ans.

    Cadet au régiment de Condé en 1651 ; campagnes de la Fronde.

    Prisonnier des Royaux en 1653 ; lieutenant au régiment de Bourgogne ; ingénieur ordinaire.

    Campagnes de la guerre de Trente Ans.

    En 1660, capitaine au régiment de la Ferté infanterie à Nancy. Lieutenant-colonel au même régiment en 1662.

    Capitaine au régiment de Picardie le 24 octobre 1663 ; à Marsal.

    En 1664, à Brisach.

    Campagnes de la guerre de Dévolution en 1667-1668.

    Lieutenant au régiment des Gardes et gouverneur de la citadelle de Lille le 3 juin 1668 ; se démit alors de sa lieutenance aux Gardes et en avril 1669 de sa compagnie "en Picardie".

    Voyage au Piémont pour lever des plans pour le compte du duc de Savoie.

    Campagnes de la guerre de Hollande ; y conduisit tous les sièges importants.

    Brigadier d'infanterie le 30 août 1674 ; maréchal de camp le 3 août 1676.

    Commissaire général des fortifications le 4 janvier 1678.

    Gouverneur de Douai du 24 décembre 1680 à février 1683.

    Campagne de Luxembourg en 1684.

    Lieutenant général le 24 août 1688 ; campagnes de la guerre de la Ligue d'Augsbourg en Palatinat (1688), Pays-Bas (1690).

    Grand-croix de l'ordre de Saint-Louis le 8 mai 1693.

    Campagnes de Bretagne en 1694-1695 ; des Pays-Bas en 1697.

    Maréchal de France le 14 janvier 1703 ; commanda l'armée d'Allemagne.

    Chevalier des ordres du roi le 2 février 1705.

    Campagne sur les côtes de Dunkerque en 1706.

    Mort en congé.

    Sièges :

    1652, Sainte-Ménehould.

    1653, Sainte-Ménehould.

    1654, Stenay, Clermont.

    1655, Landrecies, Condé, Saint-Guillain.

    Désormais en chef :

    1656, Valenciennes (blessé).

    1657, Montmédy (blessé), Mardik.

    1658, Gravelines, Oudenarde, Ypres.

    1667, Tournai, Douai (blessé d'un coup de mousquet à la joue), Lille.

    1672, Orsoy, Doesbourg.

    1673, Maestricht.

    1674, Besançon ville et citadelle, Oudenarde.

    1676, Valenciennes, Cambrai ville et citadelle, Saint-Guillain.

    1678, Gand ville et citadelle, Ypres ville et citadelle.

    1683, Courtray ville et citadelle.

    1684, Luxembourg.

    1688, Philipsbourg, Mannheim ville et citadelle, Franckendal.

    1691, Mons.

    1692, Namur ville et citadelle.

    1693, Charleroi.

    [1694, 18 juin ; bataille de Camaret].

    1697, Ath.

    1703, Brisach.

    Construisit 33 nouvelles places de guerre, améliora la plupart des anciennes.

    Donna les plans de plusieurs ports.

    Membre honoraire de l'Académie des Sciences en 1699.

    A laissé de très nombreux manuscrits dont certains furent publiés après sa mort et fit imprimer un :

    "Projet d'une dixme royale. Avec les réflexions sur le même sujet", ss. Lieu, 1707, in-4° et in-12.

    Le plus célèbre des ingénieurs du roi".

  • Traverse d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "1676, Jean-Pierre Traverse.

    Aucun détail biographique.

    Mort vers 1720.

    Ingénieur ordinaire, département de Colbert, en 1676.

    A Ambleteuse en 1681.

    A Saint-Valéry-en-Caux en 1684.

    A Fécamp en 1686.

    Ne figure pas sur les états de 1691.

    Campagnes de Bretagne de 1689 à 1695. Ingénieur en chef à Brest avant 1694.

    En 1698, chargé du château de Brest, des batteries de côte de Cornouailles, de Camaret et de Concarneau.

    En 1703 à la chefferie de Toul.

    Quelques temps à Huningue.

    Retiré avant 1714 avec 1 200 livres de pension.

    Assimilation militaire inconnue.

    Siège :

    1694, défense de Camaret (un bras emporté)".

  • Extraits de lettres de Vauban

    Le 28 juin 1694, soit 10 jours après la bataille, Vauban écrivait au Roi : "Je visitais hier les endroits de la descente de Camaret où les ennemis mirent pied à terre qui ne pouvaient être mieux choisis. Plusieurs coups de canon des canonniers ennemis donnèrent dans la tour et les batterie de Camaret, même tout autour, et dans les embrasures, en n´ayant blessé que deux hommes. Tout ce dommage est réparable pour moins de 10 écus. Ils n´ont rien fait ou fort peu aux retranchements... ".

    Le 22 octobre 1694, Vauban écrivait à Barbezieux : "L´attaque de Camaret a été repoussée mais il est nécessaire de laisser à Brest le régiment d´orléanais ou un autre pour garder les portes de la ville, et l´un des bataillons situés à Lesneven, et Saint-Pol-de-Léon pour garder l´île de Cézon, qui est présentement une petite forteresse dans l´embouchure de l´Aber Wrac´h ; autrement on serait obligé de remettre les portes de la ville à la garde des bourgeois, et l´île de Cézon à la garde des paysans, ce qui n´est point sûr ; la raison est que toutes les troupes sont mobilisées (16 compagnies) sur les points stratégiques. Vous voyez par là monseigneur que l´île de Cézon demeurera sans garde, si on ne laisse pas du monde à Lesneven" (Bibliothèque du Comité technique du Génie, folio 31, tome 8, P. 281).

  • La tour Vauban par Philippe Truttmann

    "Plus connue du grand public, la "tour de Camaret", placée à l´extrémité d´un long cordon littoral fermant, en partie, le petit port breton de Camaret, constituait un point de débarquement dangereux, car donnant accès au plateau de la presqu´île de Crozon et permettant ainsi de commander la rade, d´y bloquer l´escadre et de menacer Brest. Une première descente anglaise avait donné l´alerte en juillet 1691. Contemporaines des précédentes, la tour de Camaret n´était pas entièrement terminée en juin 1694 lors de la grande descente anglo-hollandaise, dont heureusement, le secret avait été éventé, ce qui permis à Louis XIV de nommer Vauban au commandement de la région et de lui confier l´organisation de la défense [...]. La batterie demi-circulaire, à onze embrasures rayonnantes, a la gorge brisée en dedans, avec la tour implantée au rentrant et l´entrée principale à droite, exactement comme au Chapus et au fort Saint-Louis.

    La tour - ou donjon - a le même plan - carré à deux pans coupés flanquant la gorge - que celle du fort Lupin, en plus petit mais plus haut (18 mètres sans la toiture). Elle comporte quatre niveaux, dont les deux premiers voûtés. De bas en haut, on trouve :

    - 1er niveau : deux travées voûtées en berceau, séparées par un refend médian, abritent les magasins, dont ceux à poudre. L´accès se fait par une trappe dans la voûte, solution à la fois mal commode et dangereuse.

    - 2e niveau : également voûté, il constitue, en quelque sorte, le poste d´équipage, avec cheminée. C´est à ce niveau que se trouvent l´entrée, à partir du terre-plein de la batterie, et le départ de l´escalier à vis, desservant les parties hautes et logé dans le saillant arrière, comme au Chapus et à Saint-Louis.

    - 3e niveau : logement ou magasin, couvert par le plancher supérieur ; il dispose également d´une cheminée.

    - 4e niveau : planchéié et ceinturé d´un parapet percé de créneaux de mousqueterie, il est couvert d´une toiture à six pans. Il ne peut pas, évidemment, porter d´artillerie, comme à Lupin, et contrairement au Chapus et à Saint-Louis.

    Tous les niveaux sont largement pourvus de créneaux de mousqueterie, du type "archère". On notera que les deux branches du front de gorge sont creuses et munies d´une galerie de fusillade, et celle de droite porte en crête une embrasure à canon, tirant à revers.

    Un des points les plus originaux de la tour de Camaret est l´enduit qui la recouvre, à base de brique pilée, lui donnant une coloration rouge clair qui lui est propre (d´ou son surnom de "tour Dorée").

    On y trouve en outre un four à rougir les boulets, l´un des quatre ou cinq exemplaires encore sur pied de ce dispositif qui, à la mode à la fin du 18e siècle, fut installé dans un grand nombre de batterie de côte sous la Révolution et l´Empire, avant d´être supprimé par la commission de 1841, en raison des difficultés de service qu´il entraînait pour une efficacité discutable".

  • Iconographie

    20042903682NUCA : , P. 78 à 81.

    20042903683NUCA : , P. 78 à 81.

    19832900733PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    19832900748PE : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    20042901736NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    20042901737NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    20082910440NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001877_P.

    20062904013NUCA : Archives Départementales, Finistère

    20062904012NUCA : Archives Départementales, Finistère

    20042903523NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903524NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903525NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903526NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903527NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903528NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903531NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903529NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    20042903530NUCA : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (CRMH), 1996/096/ Architecture militaire (époque classique).

    19672900586Z : , Bande n° 384.

    19672900587Z : , Bande n° 384.

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    19672900600Z : , Bande n° 384.

    19672900605Z : , Bande n° 387.

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    19672900589Z : , Bande n° 381.

    19672905038Z : , Bande n° 381.

    19672900618Z : , Bande n° 381.

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    19672900615Z : , Bande n° 382.

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    19672900609Z : , Bande n° 383.

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    19672900607Z : , Bande n° 383.

    19672900608Z : , Bande n° 383.

    19672905040Z : , Bande n° 383.

    19672900601Z : , Bande n° 385.

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    19672905041Z : , Bande n° 386.

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    19692900373Z : , Bande n° 227.

    19692900376Z : , Bande n° 228.

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    19692900377Z : , Bande n° 228.

    19692900374Z : , Bande n° 228.

    19712900664P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900544P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900667P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900670P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902400NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900666P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902401NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Collection Nivart. MS144_221. Tour de Camaret. Plan relatif aux projets de 1723. Sign. Robelin. Plan, support papier, 0,491 x 0,376 mètre, 1er quart 18e siècle, 9 décembre 1722.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001877_P
  • Inventaire du patrimoine militaire de la rade de Brest. Site n° 15. Date de l'enquête : 1993-1994 rédigé en oct. 1995 par A. MARINOS, C. GARRETA, B. LE MOEN.

Documents figurés
  • Base Mémoire. Titre série 1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine : 1996/096/ Architecture militaire (époque classique)
Bibliographie
  • CALVEZ (L.) (sous la dir. de), La Presqu´île de Crozon, histoire, art, nature, Paris, Nouvelle librairie de France, 1976, 477 p.

  • TRUTTMANN (P.) (Colonel), "Architecture militaire", in La Presqu´île de Crozon, histoire, art, nature, (sous la dir de L. Calvez), Paris, Nouvelle librairie de France, 1976, p. 345-362.

  • BUREL (M.), Camaret-sur-Mer. Promenade dans le passé, Bannalec, Imprimerie régionale, 1984, 135 p.

  • DION (M.), Batteries, réduits, tours, forts, casemates... de Camaret et de Roscanvel, Brest, Association du Mémorial Montbarey, 1996, 67 p.

  • PESQUEUR (L.), Schéma d´interprétation du patrimoine. Phase 1 : Valorisation du patrimoine militaire. Projet Tour Vauban. Parc Naturel régional d´Armorique, Pays Touristique du Ménez-Hom Atlantique, mai 1999.

  • PETER (J), préface de Jean Meyer, Vauban et Brest. Dossier. Une stratégie modèle de défense portuaire, 1683-1704, Paris, Economica et Institut de Stratégie Comparée, 1998, 320 p.

  • TRUTTMANN (P.) (Colonel), Les derniers châteaux forts, les prolongements de la fortification médiévale en France 1634-1914, Thionville, Klopp, 1993, 253 p. ISBN 2-906535-75-3.

  • Pierres de mer, "Le patrimoine immobilier de la Marine nationale". Collectif sous la dir. de la Commission du patrimoine de la Marine et du Service des Travaux immobiliers maritimes avec le concours du Service historique de la Marine, Paris, Association pour le Développement et la Diffusion de l´Information Militaire, 1996, collection : les Armes et les Hommes.

  • MAMMANI (Ch.). Mémoire en Images, La Presqu'île de Crozon. Joue-les-Tours, éditions Alan Sutton, tome 2, 1996, 128 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume (dir.). BESSELIEVRE, Jean-Yves. BOULAIRE, Alain. CADIOU, Didier. CORVISIER, Christian. JADE, Patrick. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Périodiques
  • CADIOU (D.), "Chemin de ronde en presqu´île de Crozon. Evolution de la fortification", Avel Gornog, n° 2, juin 1994, p. 48-54.

  • LÉCUILLIER, Guillaume. "Quand l'ennemi venait de la mer. Les fortifications littorales en Bretagne de 1683 à 1783". Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 114-4, 2007.

Liens web

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume