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Statue de Notre-Dame-de-Bulat

Dossier IM22005053 réalisé en 1971

Fiche

La chapelle Notre Dame de Bulat, dans la paroisse de Pestivien, est le lieu d´un important pèlerinage marial depuis le Moyen Age. L´édifice d´imposantes proportions, célèbre pour sa secrétairerie à étage renaissance, reçoit tout au long des XVIe et XVIIe siècles d´importants dons réitérés par les nombreux fidèles qui fréquentent le pardon les 14, 15 et 16 septembre de chaque année. Cette statue de procession exécutée à Rennes par l'orfèvre Jean-Baptiste I. Buchet fut commandée par le recteur d´alors, Yves-René Le Guyader ; payée la somme très importante de 591 livres par les fabriciens François le Bastard et Vincent le Bricon et bénite en septembre 1747 à l'occasion du pardon de Bulat-Pestivien. Jean-Baptiste Buchet est alors à Rennes parmi les douze maîtres orfèvres de la ville le plus productif et sans doute aussi le plus connu. Ce choix du recteur et des fabriciens de Bulat mérite d´être relevé, surtout si l´on sait que peu de temps auparavant la fabrication de la lampe de sanctuaire de Bulat est commandée à Robert-Louis Le Restif de Saint Brieuc, qui répare en 1745 l´orfèvrerie de la chapelle. Ainsi voit on une fabrique paroissiale bretonne, faire ses achats de pièces courantes auprès d´un orfèvre « de proximité » et passer une commande exceptionnelle auprès d´un maître rennais dont la réputation est établie. Enterrée au pied d´une grange pendant de la Révolution, la statue fut reportée à l'église en 1802 par le recteur Jean Touboulic à son retour d ‘émigration.

Les dimensions hors du commun de cette statue- près de 55 cm sans le socle- en font sans doute la plus importante du genre en métal précieux dans la Bretagne d´Ancien Régime. Elles s´expliquent par le contexte de la commande et le double usage prévu, à la fois d´une statue de dévotion permanente dans l´église, destinée aussi à être portée en procession lors du pardon. Les pattes présentes sous le socle en bois, permettent de l´arrimer solidement sur un brancard. Malgré ce dispositif de fixation, la statue, à la suite de chutes a du être restaurée et les deux bras de l´enfant fort maladroitement refaits, ne sont pas dignes de l´ensemble.

Ici, la Vierge, couronnée, est une belle et altière jeune mère qui porte son enfant avec fierté. Son vêtement sans recherche d´effet particulier est d´une grande simplicité. Son manteau se résume à une grande pièce d´étoffe carrée posée à l´oblique comme le montre bien à l´arrière, et la pointe supérieure, rabattue comme un fichu, et la pointe inférieure sur laquelle sont gravées les noms des deux trésoriers de la fabrique ainsi que la date de 1747. Il est possible qu´une statue de la Vierge du couvent de Notre dame de Bonne Nouvelle à Rennes, réalisée suite à l´incendie de cette ville en 1720 ait servi de modèle à l´orfèvre. Les bras de l´enfant ayant été mal refaits à une date indéterminée, son geste n´est plus compréhensible et l´orientation de sa tête peut-être aussi replacée pose problème : elle ne regarde ni le fidèle ni la Vierge mais sur le côté. Les couronnes amovibles, correspondent à un usage qui tend à se répandre à partir de la fin du XVIIe siècle. Ici le modèle reprend de façon simplifiée celui de la couronne fleurdelisée fermée du sacre de Louis XV.

L´examen à la loupe du métal met en évidence, pour les visages et les parties découvertes des corps, un travail de mati très particulier qui lui confère une sorte de traitement anti-reflet : leur surface est gravée de faon quasi imperceptible, par d´infimes stries recroisées, en partie effacées par les nettoyages anciens qui employaient des produits abrasifs.

Dénominationsstatue de procession
Aire d'étude et cantonHaute-Bretagne - Callac
AdresseCommune : Bulat-Pestivien
Emplacement dans l'édificepresbytère

Statue de procession exécutée à Rennes par l'orfèvre Jean-Baptiste I Buchet ; elle fut commanditée et payée 591 livres par les fabriciens François le Bastard et Vincent le Bricon. Bénite en septembre 1747 à l'occasion du pardon de Bulat-Pestivien, soustraite aux réquisitions de la Révolution, elle fut reportée à l'église en 1802 par le recteur Jean Touboulic qui l'avait enterrée avant d'émigrer en 1792. Le genou droit de l'enfant ainsi que ses deux bras ont été grossièrment refaits à une date indéterminée.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Dates1747
Lieu d'exécutionÉdifice ou site : Bretagne, 35, Rennes
Auteur(s)Auteur : Buchet Jean-Baptiste I orfèvre

Statue en argent sur socle en bois peint en bleu. Pattes de fixation sous le socle pour installer la statue sur un bracard de procession.

Catégoriesorfèvrerie
Matériauxargent, repoussé, découpé, ciselé
bois, peint
Précision dimensions

h = 70 ; la = 27. Socle : h = 16.

Iconographiescouronne: effet de mouvement, de trois-quarts, nudité, couronne: fleur de lys
Inscriptions & marquespoinçon de maître
poinçon de communauté
poinçon de charge
inscription concernant le commanditaire
date
Précision inscriptions

Poinçons (sur le manteau à l'arrière) : initiales I et B séparées par une hermine, une fleur de lys et deux points couronne au dessus, un fleuron en pointe, maître Jean-Baptiste Buchet ; poinçon de communauté de Rennes, 1746 : lettre C chargée d'une hermine et couronnée ; charge de Rennes : 9 fleuronné, une hermine dans la boucle ; inscription et date au revers de la statue, en trois lignes concentriques : FRANÇOIS LE BASTARD VINCENT LE BRICON MDCCXLVII.

États conservationsoeuvre restaurée
Précision état de conservation

Restaurations à l'enfant : genou droit refait ainsi que les deux bras.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé au titre objet, 1955/06/14