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Statue de l'Ankou

Dossier IM22004017 réalisé en 2004

Fiche

Dénominations statue
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Ploumilliau
Adresse : Eglise de Ploumilliau, place de l'église

Cette statue de l'Ankou de Ploumilliau daterait du 15ème siècle, et d'après René Couffon, aurait été réalisée par un certain Bourdoulous de Morlaix. Il semble qu'il y ait eu à une certaine époque à Ploumilliau deux statues de l'Ankou que l'on plaçait de chaque côté du cercueil lors des enterrements. Le 18 avril 1845, lors de sa visite, un représentant du diocèse ordonna d'enlever immédiatement de l'église les deux petites statues qui se trouvaient près de l'emplacement du mort. Cette pratique fut définitivement abandonnée suite au malaise d'un enfant effrayé par la vue de l'Ankou. Une des statues aurait alors été vendue à un certain Miton, collectionneur qui habitait Saint-Efflam. L'emplacement de ces (ou de cette statue) semble avoir beaucoup varié au cours du temps : - A l'entrée de la tour, avant la révolution, d'après l'abbé Le Goff, curé de Ploumilliau avant la guerre, citant lui-même une vieille paroissienne - Sous le porche de l'église où il fut peint en rouge par un solliciteur, déçu par le peu d'empressement mis par Erwannig à le venger d'un ennemi. Il fut alors abandonné dans un grenier de la tour appelé "chambre à lin" d'où il redescendit avec un bras cassé (celui qui porte la bêche), restauré depuis. - Pour Luzel (1865) "au sommet du retable de l'autel qui se trouve dans le transept sud". Il sera ensuite relégué pendant longtemps dans la sacristie pour peut-être tenter de metre fin à l'usage qui consistait à "vouer son ennemi". Il arrive à "Erwanig" de se déplacer et de faire ainsi connaître Ploumilliau. Il fut exposé à Scallaburg en Autriche en 1990, au château de la Roche-Jagu en 1991. Dans l'église de Ploumilliau, après la Révolution, il subsiste 17 statues. Du 13ème siècle à nos jours, elles illustrent l'histoire de la sculpture bretonne depuis le Moyen Age : 1° Jeanne d'Arc 2° Sacré-Coeur 3° Crucifix dit "du Kerdu" 4° Ste-Anne et la Vierge 5° St-Paul 6° St-Isodore 7° Le grand crucifix 8° St-Milliau 9° St-Yves 10° La Vierge 11° St-Joseph 12° St-Jérome 13° L'Ankoi 14 Notre-Dame-de-Grâce 15° Ste-Marthe 16° Piéta 17° St-Eloi. Milliau est (Milio) est le fils de Budic, selon J. Hélias, roi de la Domnonée, en Basse-Bretagne, il avait un frère nommé Rivod, homme sans foi et sans honneur. Milliau règna pendant sept années avant d'être assassiné par son frère. Enterré à l'église de Koz-Yeodet (Lexobie), il suscita des miracles. Il patronne Plou-Milliau dans le Trégor, Gui-Milliau dans le Léon, Plounevez-Porzay en Cornouaille et Plu-meliau dans le Morbihan.

Période(s) Principale : 15e siècle

La statue de l'Ankou est en bois et ses outils (pelle et faux) sont en bois peint de couleur gris (pelle en matière plastique). La statue mesure 99 cm de hauteur. Elle est située dans l'église de Ploumilliau.

Catégories sculpture
Matériaux bois
Précision dimensions

h = 99 ; la = 33

États conservations oeuvre complétée
partie remplacée
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1972/10/23

Annexes

  • L'Ankou :

    Les conteuses par les sentiers, dans les nuits noires :

    J'ai refait avec vous vos longues traversées

    Et vu se coucher, pâle, au fond de mes pensées

    L'astre apaisant et pur des pays de la mort

    (Anatole Le Braz - préface à "La légende de la mort").

    Dans le dictionnaire breton-français de Francis Favereau, on note au mot "Ankou" : "figure légendaire de la mort, par extension, squelette". En Trégor : le premier mort de l'année. En Cornique (Cornouailles anglaises), se dite "Angau", en irlandais "Angeu". Dans ce même dictionnaire, on trouve à la ligne suivante "Ankoua" (l'oubli), Ankouaad (oublier).

    Ce mot qui n'a pas d'équivalent en français et que l'on ne peut traduire que par une périphrase, se retrouve donc dans les autres dialectes celtiques. C'est que chez les Celtes, la mort n'était pas une fin en soi, mais le début d'une autre vie qui devait être plus heureuse. Aussi, le rapport avec la mort chez les Bretons christianisés est-il resté familier.

    A Ploumilliau, l'Ankou est symbolisé par une statue de bois longtemps vénéré comme un saint d'une nature spéciale, puisque par des prières adressées à Erwannig Plouillio (le petit Yves de Ploumilliau), on pouvait obtenir la mort d'un ennemi : on "vouait" à Erwannig celui dont on voulait la mort.

Références documentaires

Bibliographie
  • GIRAUDON, Daniel. Les chemins de la mort. In Armen, 2003, n° 132, p. 2-11. Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée-Armen.

    p. 2-11
  • LE BRAZ, Anatole. La légende de la mort en Basse-Bretagne, croyances, traditions et usages des Bretons armoricains.Marseille : J. Lafitte, 1982. 1ère édition, Paris : Champion, 1893.