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Site archéologique : mur de la pêcherie de l'anse de la Vierge, le Yaudet (Ploulec'h)

Dossier IA22002461 inclus dans Ecart le Yaudet (Ploulec'h) réalisé en 2004

Fiche

Dénominationssite archéologique
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Lannion
AdresseCommune : Ploulec'h
Lieu-dit : le Yaudet
Cadastre : non cadastré ; domaine public maritime

Cette pêcherie est mentionnée dans un texte du 12e siècle, au sujet de Saint-Efflam. Le mur pourrait dater de l'époque gauloise ou peu avant. Des fouilles effectuées en 1972 autour de l'une des portes, ont montré, à un mètre sous le sable, un seuil de pierre portant deux ornières creusées par des véhicules. La fonction primitive de ce mur est sujet à interrogation. Le professeur de géographie Jean-Pierre Pinot a émis l'hypothèse que ce mur pouvait représenter un fragment d'enceinte d'une agglomération de l'âge du Fer, où le niveau de la mer était au moins 6 mètres plus bas que maintenant. Il pourrait marquer une limite d'une aire d'entrepôts, un port d'échouage de facture phénicienne. Cependant, quel que soit l'origine de ce mur-barrage, il a été utilisé durant les siècles suivants, comme mur de pêcherie avec la montée des eaux - ce qui était fréquent pour barrer les anses et les estuaires au Moyen-Age et jusqu'au milieu du 19ème siècle - il fut même la cause d'une pêche miraculeuse le 30 mars 1938, où un banc de sardines s'est retrouvé prisonnier de cette anse et a fait le bonheur des pêcheurs du Yaudet. Une autre hypothèse serait que ce mur aurait pu servir de barrage pour une retenue d'eau alimentant un moulin à marée. L'usage polyvalent de ce site n'exlue pas cette 2ème version.

Période(s)Principale : 12e siècle

Le mur de retenue mesure 200 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur et 1 mètre de hauteur en surface. Le mur est orienté nord-sud. Le mur serait enfoncé de 2 mètres dans le sol sablo-vaseux, selon un témoignage oral (suite à des travaux de génie civil pendant la marée noire). Les rochers sont disposés en arc de cercle convexe vers le fond de l'anse. Ils forment un barrage d'un bout à l'autre de l'anse, avec trois ouvertures principales (portes à marée ?). Les pierres sont non jointoillées et disposées actuellement sans ménagement. Elles ont dû à l'origine être mieux assemblées. Aujourd'hui le mur de la pêcherie a perdu de sa hauteur et de son encombrement. Il est en partie éboulé. Sur le dessin de Jean-Pierre Pinot, on peut remarquer la porte ouverte à l'est pour le passage plus tardif des charrettes.

Mursgranite

Ce mur de retenue d'eau et de barrage contre la mer représente un témoignage unique d'une forme d'archéologie littorale et d'archéologie des pêches, cité dans un manuscrit du Moyen-Âge. Il mérite d'être étudié et signalé.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Pêche miraculeuse dans l'anse de la Vierge :

    L´abbé Le Clec´h, recteur de Ploulec´h, fut le témoin des faits suivants le 30 mars 1938 :

    C´était un mercredi de carême, jour maigre au temps d´avant-guerre. Je venais de dire la messe à la chapelle du Yaudet et je m´apprêtais à reprendre le chemin du bourg quand, croisant une femme de pêcheur portant sur l´épaule une longue gaffe, je lui demandai s´il n´y avait pas un moyen d´avoir un peu de poisson pour le repas de midi.

    Du poisson ? me fut-il répondu, tant que vous en voudrez ! Venez à la grève, Voyez-vous cette tache noire dans anse de la Vierge : c´est du poisson, et ce poisson est à pouvoir vous servir vous-même. Etonné, je la suis. Arrivé au sommet du promontoire, j´hésitais à la croire, mais au bout d´une heure d´horloge, je dus avouer qu´elle avait bien prédit. Que s´était-il passé ?

    Les pêcheurs du Yaudet, remarquant le 29 mars dans la journée, ici et là dans la baie de Lannion la présence de marsouins, en conclurent qu´ils poursuivaient quelques bancs importants de poissons. Ils se hâtèrent de placer tous les filets dont ils disposaient sur la ligne du mur « ar-c´Horreg », barrant ainsi toute l´anse de la Vierge.

    Le lendemain, au point du jour, ils constatèrent qu´ils avaient bien fait. Un banc entier de sardines était derrière les filets. Ces derniers allaient-ils résister à la formidable poussée des poissons qui s´étaient retirés dans l´anse ? Auraient-ils travaillé en vain ? A n´en pas douter, tous leurs filets, dont plusieurs très usagés, ne pouvaient tenir le coup. Du moins, si l´on pouvait en capturer une bonne quantité, il fallait agir, et vite, pour cela. Tous les habitants du Yaudet furent alertés ; tous les bateaux furent placés derrière les filets pour les appuyer ; toutes les gaffes furent réquisitionnées pour parer à la poussée. Ces précautions ne devaient pas être inutiles.

    Vers neuf heures du matin, à la mesure que la mer descendait, la poussée du poisson fut si grande que l´on crut un moment qu´il allait s´échapper. Malgré tous les efforts combinés des pêcheurs, en un point le filet avait cédé et les sardines s´échappaient en nombre incalculable. Heureusement la sardine n´a pas reçu du créateur l´intelligence. Elles ne cherchaient de porte de sortie que devant elles et le flot baissant le mur devint barrage.

    Là-bas vers le fond de l´anse, quelques sardines, dont le nombre s´accroissait sans cesse s´étendaient sur le sable. Au bout d´un quart d´heure, les pêcheurs donnaient le dernier assaut et pouvaient chanter victoire. Des tonnes et des tonnes de sardines allaient bientôt leur rester. La capture dépassait toutes les prévisions.

    Pauvres sardines, heureux pêcheurs : le malheur des unes fait le bonheur des autres. Mais comment allait-on écouler cette quantité énorme de poisson ? En tout cas, pas dans la région ; Il fallait faire appel à des mareyeurs professionnels, bien outillés pour les gros transports. On téléphona à Douarnenez, et dans l´après-midi, l´envoi de camion pouvant transporter chacun deux tonnes était assuré. En attendant, il fallait monter les sardines en haut de la grève, puis les trier. On fit alors appel aux cultivateurs voisins pour transporter la capture sur le promontoire où l´on en fit trois tas. Ce fut pour le Yaudet une bonne et inoubliable journée. Tous les habitants s´unirent pour écouler au mieux de leurs intérêts cette pêche conviviale et miraculeuse.

    D'après les recherches historiques effectuées par l'association de sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h.

  • 20042203402NUCB : Collection particulière

    20042203469NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Bi.

    20042203478NUCB : Collection particulière

    20042203547NUCB : Collection particulière

    20042203546NUCB : Collection particulière

    20042203399NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Bi.

Références documentaires

Bibliographie
  • LE CLEC'H. Le Yaudet. Paris : Edition de Montsouris, 1956.

    P. 40
  • PINOT, Jean-Pierre. Histoire d´un estuaire : la rivière de Lannion, in Charpiana, Mélanges offerts par ses amis à J. Charpy. Brest : Fédération des sociétés savantes, 1991.

    p. 297-310