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Routes ; voies ferrées (Pléboulle)

Dossier IA22009248 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations route, voie ferrée
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Pléboulle

Dès le 1er quart du 19ème siècle, la commune de Pléboulle comptait quatre chemins vicinaux. La voirie communale de Pléboulle compte aujourd'hui 38,5 km pour relier un habitat toujours très dispersé, qui comptait encore 65 lieux dits à la fin du 19ème siècle. Ces hameaux ont conservé leur caractère architectural traditionnel. A la fin du 19ème siècle, de nouveaux chemins vont compléter le réseau communal : le chemin du bourg aux Touches par le Temple, le Clos Dam et les Touèches, celui du pont du Vaurouault à la Reignerais par le Plessis, celui du bourg à la Chapelle sur 200 m, celui de Fort-à-Faire à la Mare aux Loups par Cuplé et le chemin des Liens. Les années 1930 marquent un très net progrès : tous les chemins déjà faits vont être de nouveau élargis ; la terre jaune des talus entrera dans la confection du macadam. Entre 1933 et 1938, d'autres chemins sont construits dans les nouvelles normes : les Mauffries, Crissouët, la Vallée, Gienson, Montbran, le bourg (par exemple, la rue du presbytère qui était un chemin "berholu" (cabossé), plus profond qu'aujourd'hui, et où coulaient les eaux d'égout, en avait bien besoin). Et aussi Heuprie, les Marres, la Ville Oualan, Hauteville, Quesnoy, la Ville-Vra, Calan, les Gués (ancien), la Couarde et Merdrel. Dernière étape du progrès : le goudronnage : Le premier chemin est goudronné en 1952. Certaines reprises sont à faire avant goudronnage. En 1959, à la demande de la commune, les Ponts et Chaussées gèrent tout le réseau communal. En, 1960, la commune adhère au syndicat de voirie du canton de Matignon. En 1962, après les chemins, les entrées de fermes sont goudronnées. En 1962-1971, on goudronne les sorties des maisons du bourg, de la Motte, de Beaucorps, du Temple, de Corbusson, de la Ville Vra. La route départementale N°14, de Saint Brieuc à Matignon, par Montbran, est à signaler ; c'est une voie d'origine antique, la plus ancienne de celles qui traverse Pléboulle.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Statut de la propriété propriété du département
propriété de la commune

Annexes

  • Les voies de communication

    Archives et témoignage recueillis par Jean-Louis Duménil.

    "Pléboulle est située dans une région aux terres généreuses et bien cultivées.

    Cette région dégageait donc des productions négociables et pouvait, de ce fait, aspirer à se procurer les marchandises qui lui manquaient. On produisait du blé, du cidre, du bois à feu, des bovins, et on avait besoin d'ardoises, de résine, de fer, de houille.

    Pléboulle pratiquait des échanges commerciaux en particulier, grâce à la fenêtre sur l'extérieur que constituait la mer, à partir de son port, le Port-à-la-Duc et son port secondaire Port Nieux.

    Par rapport aux gens de l'intérieur des terres, ceux d'ici étaient favorisés, puisqu'ils pouvaient faire partir par bateau du cidre vers Paimpol et Tréguier, du froment vers les ports français, des bovins vers l'Angleterre, du bois à feu vers St-Malo.

    Cependant, les voies de communication terrestres réclamaient d'être améliorées. Ainsi, lorsque la Restauration, après 1815, eut le mérite de vouloir organiser en France un vrai réseau vicinal, Pléboulle reconnaissait quatre chemins vicinaux dès le début de 1817.

    De même pour le chemin de fer, quinze ans seulement après l'inauguration des deux premières lignes françaises, joignant Paris au Pecq en 1837 et à Versailles en 1840, on réclamait ici que le chemin de fer projeté vers l'Ouest ait un embranchement pour Dinan, et passe par St-Brieuc.

    Quand il s'agira des chemins de fer départementaux, l'ardeur ne faiblira pas, même s'il aura fallu 22 ans d'efforts pour un petit train qui n'est passé à Pléboulle que pendant 22 ans.

    Les sentiers traversaient les champs. Pour faciliter le passage entre deux clos, il y avait des écheliers. Cela n'empêchait pas les gens de travailler la terre, mais sitôt le labour terminé, le sentier était de nouveau tracé. C'était parfois mouillé, mais les sentiers étaient tellement battus et piétinés que l'on ne salissait pas trop sabots et galoches. On se serait bien plus sali par les chemins qui étaient trop vilains, pleins d'ornières et mortilloux (boue). C'est tellement vrai que les chemins étaient le plus souvent doublés de sentiers qui les longeaient.

    François Durand nous rappelait qu'avant 1930, pour aller de la Vallée au Fournel, il n'y avait qu'un charroi le long du lit du "Rat", au-dessous du niveau des prés.

    Les arbres qui bordaient les chemins des deux côtés évitaient les éboulements de terre. Ainsi en mars 1811, les chemins communaux sont devenus impraticables à cause des grands coups d'eau de l'hiver. Cependant les branches elles-mêmes peuvent gêner. C'est pourquoi un arrêté du 30 septembre 1900 prescrit aux riverains l'élagage et l'"écerbage" des ronces et épines des chemins ruraux. Passé un délai de 15 jours, les riverains seront responsables du paiement des ouvriers délégués d'office.

    Le 24 avril 1817, le conseil municipal propose au Conseil général quatre nouveaux chemins vicinaux :

    - celui du Pont Ruellan au Port-à-la-Duc par Montbran. Reconnu, il deviendra plus tard une route départementale.

    - celui de Montbran à Matignon par le Temple, antique voie gallo-romaine. Reconnu, il deviendra aussi route départementale.

    - celui du bourg de Pléboulle à Matignon par les Mottais. Reconnu, il est encore de nos jours chemin vicinal.

    - celui du Port-à-la-Duc à la grève par Crissouët. Reconnu, il fut remplacé par une route départementale.

    Par la suite, la commune fera d'autres demandes de classement avec plus ou moins de bonheur. Son combat le plus difficile concernera le chemin du bourg au Temple et, au-delà, au Clos Dam, aux Touches et à Ruca (ancien itinéraire).

    En 1897, on extrait pour les chemins 92 m3 de pierre, ce qui est peu pour les 7.070 m de chemins de petite vicinalité. Pourtant, le premier stade d'amélioration est terminé".

  • Extraits des témoignages recueillis par Jean-Louis Duménil sur les chemins de la commune de Pléboulle, au 1er quart du 20ème siècle

    "Jusqu'à la Chapelle, çà pouvait aller, mais à partir de là, çà devenait impraticable jusqu'à la Vallée. En bas, la rivière était bien plus grande. Le passage vers le Fournel, le long de la rivière, était bien plus bas, au-dessous du niveau des prés.

    Vers Crissouët, c'était encore pire (Simone Jan)".

    "La route d'Heuprie était plus profonde et moins large, juste où passer une charrette. Le chemin était trop vilain, on passait donc par les champs (Geneviève Richeux)"

    "Quand j'étais écolière, lorsqu'il y avait des inondations entre Corbusson et la Vallée, le chemin qui descendait dans le marais était couvert par l'eau. Si mon beau-père ne venait pas me chercher à la Vallée avec le cheval attelé à la charrette, et que tous les prés du Fournel étaient inondés, il fallait que je fasse le tour par la digue, les Sablons, et que je revienne à Corbusson par derrière (Julie Rabardel)".

    "Du Temple au bourg, on passait à pied, un peu dans le chemin, un peu dans les champs. Le chemin était un peu empierré avec des gros cailloux, mais le passage des charrettes y faisait des trous. Depuis, il a été beaucoup relevé. Celui qui prend après le Pont-Hubert vers les Touèches avait des cailloux, mais était moins entretenu. Du Pont-Blohin à Montbran, il y avait un chemin très profond. Comme lui, beaucoup ont été supprimés au remembrement (Pierre Guillaume)".

    "

    Le chemin de la Ville Vra : dans ces moments-là (1925), l'hiver, il y avait de la neige, et il gelait. Il y avait une grande mare devant l'entrée d'un clos des Rochettes. Tous les gars du bourg, on allait glisser dessus. On étanchait ensuite l'eau des sabots avec de la sciure de bois.

    C´est dire comme la route était défoncée malgré la pierre qu'elle avait reçue. Toutes les routes étaient comme ça, sauf les départementales (Roger Vimont)".

    "Le chemin du Pont-Barré à Rochaulan était plus profond qu'aujourd'hui, avec des terriers à renard et à blaireaux. On n'y passait plus qu'à pied, juste où passer une personne (Madeleine Legoff)".

  • 20062212141NUC : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • DUMENIL, Jean-Louis. Chemins et routes de Pléboulle. Association culturelle de Pléboulle, Pléboulle, non daté.