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Retranchements et batteries, champ de bataille du 18 juin 1694 : "Bataille de Camaret"

Dossier IA29001323 inclus dans Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié réalisé en 2002

Fiche

Appellations Retranchements de Trez Rouz, Parapet de Trez Rouz, Rocher de La Mort aux Anglais
Parties constituantes non étudiées fossé
Dénominations ouvrage fortifié, champ de bataille, batterie
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Hydrographies anse de Camaret
Adresse Commune : Crozon
Lieu-dit : Plage de Trez-Rouz
Adresse : De la pointe Sainte-Barbe aux Lignes de Quélern

Fonction : défense du mouillage de Camaret, défense contre une éventuelle prise à revers de la pointe des Espagnols après débarquement. D'après l'Atlas des places fortes de France de 1784 (tome 69a : ouvrages extérieurs de Brest par De Caux) ; quatre batteries de côte désignée "batteries de l'anse de Camaret" sont mentionnées dans l'actuelle "anse de Camaret" (comprenant aussi une partie de la commune de Crozon avec la plage de Trez Rouz). Elles s'intercalaient entre les batteries du "cap de Tremet" au nord et la "tour et batterie de Camaret". Le site désigné "Mort Anglaise" est mentionné dans l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest). D'après l'état de 1820 et le plan de détail du lieutenant du Génie Boüevec daté de 1818, on distingue un "corps de garde" et une "poudrière". Pointe Sainte-Barbe, le cadastre de 1831 relève au moins trois éléments défensifs (apparaîssant en bleuté) et le toponyme "La Mort Anglaise". L'intégralité de la grève de Trez-Rouz est protégée par des retranchements. En 1841, la commission des côtes recommande le désarmement de la batterie "Mort Anglaise". Par la suite, l'emplacement cesse d'apparaître dans les états de défense des côtes.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1694, daté par source
1831, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Traverse, ingénieur militaire, attribution par source
Murs terre
pierre
bois
schiste
granite
rocaille
maçonnerie
États conservations vestiges
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler
Sites de protection site classé

Annexes

  • Traverse d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "1676, Jean-Pierre Traverse.

    Aucun détail biographique.

    Mort vers 1720.

    Ingénieur ordinaire, département de Colbert, en 1676.

    A Ambleteuse en 1681.

    A Saint-Valéry-en-Caux en 1684.

    A Fécamp en 1686.

    Ne figure pas sur les états de 1691.

    Campagnes de Bretagne de 1689 à 1695. Ingénieur en chef à Brest avant 1694.

    En 1698, chargé du château de Brest, des batteries de côte de Cornouailles, de Camaret et de Concarneau.

    En 1703 à la chefferie de Toul.

    Quelques temps à Huningue.

    Retiré avant 1714 avec 1 200 livres de pension.

    Assimilation militaire inconnue.

    Siège :

    1694, défense de Camaret (un bras emporté)".

  • LA TOUR VAUBAN A CAMARET.

    LA DEFENSE DE LA COTE SUD DU VESTIBULE

    in La route des fortifications en Bretagne et Normandie de Guillaume Lécuillier, coll. les étoiles de Vauban, Paris, éditions du Huitième jour, nov. 2006, 168 p.

    "On travaille à la tour et à la batterie de Camaret, qui sera, Dieu aidant, achevée cette année, bonne, forte, capable de donner le couvert à 100 hommes au besoin et de contenir tous les vivres et munitions nécessaires", Vauban, 1695.

    L'EPREUVE DU FEU : LA BATAILLE DE CAMARET, 18 JUIN 1694.

    "Je m'en remets à vous de placer les troupes où vous jugerez à propos, soit pour empêcher la descente, soit que les ennemis fassent le siège de la place de Brest. L'emploi que je vous donne est un des plus considérables par rapport au bien de mon service et de mon royaume". Louis XIV à Vauban, 1er mai 1694.

    Louis XIV écrivait encore à Vauban le 22 mai 1694 : "Vous pourrez avertir nos amis que les galiotes à bombes et les 12 régiments qui sont campés à Portsmouth, avec les deux régiments de marine qu´ils ont campés par Talmack [général anglais], sont destinés pour s´embarquer et aller tenter de brûler le port de Brest et détruire tous les vaisseaux qui y sont. Je hasarde beaucoup en vous donnant cet avis ; c´est pourquoi je vous demande un très grand secret, comptez qu´il n´y a rien de si sûr que ce que je vous mande, et prenez vos mesures là-dessus". Le lendemain 23 mai, le grand ingénieur, harassé par une longue chevauchée, était à Brest pour mettre la place en état de défense.

    Le 18 juin 1694, alors que la tour Vauban est toujours en travaux, une flotte anglo-hollandaise tente une descente sur Camaret pour s'emparer des batteries de canons de la côte sud du goulet et bombarder l'arsenal. Vauban, lui, est de l'autre côté du goulet à guetter l'ennemi... Laissons Vauban nous raconter l'attaque : "Les ennemis, Monseigneur [cette lettre est adressée au roi], ont aujourd'hui voulu tenter la descente de Camaret avec huit gros vaisseaux de guerre et plus de soixante-dix autres petits bâtiments de toutes autres espèces. Après deux heures de grosse canonnade [en témoignent les traces de boulets visibles sur la tour] de la part des vaisseaux, fort bien répondue par la tour de Camaret, ils ont mis à terre à demi-portée de mousquet des retranchements [sur la plage de Trez-Rouz] auxquels ils se sont présentés très fièrement ; ils ont été reçus de même, et malgré les altercations, ils y ont eu 700 à 800 hommes tués, pris ou noyés ; le surplus s'est sauvé ou n'a pas mis à terre. Beaucoup de vaisseaux ont été endommagés, car l'affaire a duré longtemps. De notre part, il n'y a eu que 35 à 40 hommes de blessés, parmi lesquels se trouvent deux officiers dont l'un pourra mourir [l'ingénieur Traverse perdit un bras dans l'attaque]".

    A Barbezieux, Vauban compta le 21 juin une anecdote truculente : "Nos milices qui étaient très mal armées se sont fort accommodées de leurs armes et de leurs habits. On ne voit plus que bonnets de grenadiers parmi nos troupes, fort beaux, et où les noms des colonels et leur armes sont en broderie. Il y a tel paysan, qui était à demi nu, qui a présentement des plumes sur la tête avec des habits rouges galonnés. C'est la plus plaisante figure du monde à voir...".

    Dix jours après la bataille, Vauban écrivait de nouveau au Roi : "Je visitais hier les endroits de la descente de Camaret où les ennemis mirent pied à terre qui ne pouvaient être mieux choisis [...]. Plusieurs coups de canon des canonniers ennemis donnèrent dans la tour et batteries de Camaret, même tout autour, et dans les embrasures, sans y avoir blessé que deux hommes. Tout ce dommage est réparable pour moins de 10 écus. Ils n'ont rien fait ou fort peu aux retranchements". Aujourd'hui, le lieu-dit : "Mort-Anglaise" désigne la pointe de rocher où débarqua à l´abri le lieutenant général de la flotte anglaise Talmack avant d'être touché mortellement.

    Grâce au savoir-faire de Vauban à la fois poliorcète : "preneur de villes" et défenseur, c´est une déroute anglo-hollandaise. Durant l´été, la flotte ennemie remonte la Manche bombardant au passage les ports de Dieppe (22 juillet), le Havre (26-31 juillet), Dunkerque (20 septembre) et Calais (27 septembre)... Quittant Brest fin octobre, Vauban, longeant les côtes, achève son inspection des places maritimes de Normandie, Picardie et Flandre jusqu'à Dunkerque où il arrive, épuisé, à la fin de l´année - il a alors 61 ans ! Un brin agacé par ces voyages, Vauban écrit à Pontchartrain : "J'aurais tout le temps de souffler à mes doigts et de faire provision de rhume pour la moitié de l'année à mon ordinaire [...]". L'année suivante, il était de nouveau chargé par le roi de la défense de Brest.

  • 20062904010NUCA : Archives Départementales, Finistère

    20062904011NUCA : Archives Départementales, Finistère

    19672900846Z : , Bande n° 406.

    19672905013Z : , Bande n° 406.

Références documentaires

Périodiques
  • CADIOU (D.) - KERDREUX (J-J.) - SNELL (P.), "Vauban (1633-2007) et la presqu'île de Crozon" in Avel Gornog, Crozon, 2007, n° 15.

    p. 145-149
  • CADIOU (D.) - KERDREUX (J-J.) - SNELL (P.), "Trez Rouz et "la Mort Anglaise"" in Avel Gornog, Crozon, 2007, n° 15.

    p. 149-151
  • CADIOU (D.) - KERDREUX (J-J.) - SNELL (P.), "Le "simetière des Anglois"" in Avel Gornog, Crozon, 2007, n° 15.

    p. 151-152
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