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Quartier : café, quais, maisons, tannerie puis parc et "jardins famillaux de Brest", Kervallon, Rive Droite (Brest)

Dossier IA29001882 inclus dans Edicules, édifices ou ensembles d'édifices emblématiques du vieux Brest réalisé en 2005
AppellationsKervallon ou Maison du corsaire
Destinationsmaison
Dénominationsquartier, café, caserne, jardin, maison, tannerie, quai
Aire d'étude et cantonBretagne Nord
HydrographiesPenfeld la
AdresseCommune : Brest
Lieu-dit : Rive Droite
Adresse : Kervallon
Période(s)Principale : 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates2008, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Jean-François Riou sieur de Kerhalet ou Kerhallet
Jean-François Riou sieur de Kerhalet ou Kerhallet
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personnage célèbre attribution par travaux historiques
Mursgranite
schiste
enduit
moellon
Toitardoise
Plansplan régulier en L
Couverturestoit à deux pans
États conservationsmauvais état, désaffecté

Depuis 1987, l'ancien remblais de Kervallon situé au-dessus des rives de la Penfeld a été réhabilté et est devenu un parc sur près de trois hectares.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablessecteur urbain

Annexes

  • Des corsaires à Kervallon par P. Floc'h (L´écho de St-Pierre Quilbignon, n° 44, juin 1992, édité par l'association Maison Pour Tous de Saint-Pierre, 12, rue Victor Eusen 29200 Brest. Tél 02 98 45 10 92. Email : mpt.stpierre@wanadoo.fr)

    "A l´occasion de BREST 92, la Penfeld va retrouver dans son estuaire le rassemblement de plusieurs voiliers, qui nous permettra de prendre la mesure de l´activité de l´avant-port à son apogée. Sans atteindre les performances du trafic de Morlaix et de Saint-Malo aux 17e et 18e siècles, les armateurs et négociants brestois, dont Riou-Kerhallet, armaient en course. Cet intérêt devient plus vif au début de la guerre d´indépendance américaine.

    Il est possible à toute personne fortunée (sauf aux magistrats et officiers du port qui arrivent toutefois à prendre des parts sous des noms d´emprunt) d´acquérir des intérêts dans l´armement. Ainsi M. de Bordenave, directeur le l´arsenal, dirige l´armement de plusieurs navires, Mme de Montespan elle-même prend des action à Brest, devancée en 1696 par le prieur de l'abbaye de Daoulas avec une plus modeste mise de 250 livres. Ces armements se faisaient sur des navires de 30 à 200 tonneaux. Leurs noms : l´Espérance, le Hasardeux, l´Heureux Retour, le Succès, la Roue de la Fortune, laissaient à penser que les aléas de l´aventure hantaient les esprits.

    Opportuniste et clairvoyant, Jean-François Riou-Kerhallet déjà armateur et négociant, réputé millionnaire, avait amassé une fortune considérable. Il achète en 1788 la propriété du marquis de Fayet, située dans l´anse de Kervallon qui était à l´époque le lieu de résidence des notables brestois.

    Il y crée un vrai port avec cales, chantiers de construction et d´importants magasins que l´on voyait encore il y a quelques années. Il évite ainsi l´encombrement de l´avant-port et la longue attente pour accéder aux quais. Il dispose d´une tannerie et de deux moulins. Le commerce avec la Marine lui donne une occasion supplémentaire de s´enrichir. Au cours d´une de ses course annuelles, un des ses "corsaires" capture 4 bâtiments, dont la vente de cargaison atteint 1,2 million de francs. Après les traités de 1814 et 1815, les corsaires désarment, mais Jean-François Riou-Kerhallet prétend conserver ses aménagements et continuer à pouvoir traverser le port militaire. Sur le premier point, il gagne en 1830 un procès contre la Marine, grâce à une interprétation équivoque sur la notion de "rivage de mer". La prétention de l´armateur sur le deuxième point lui est refusée, et en 1835 la Marine acquiert à grands frais l´emplacement convoité.

    Né le 29 / 12 / 1746, Jean-François Riou-Kerhallet était le 9ème enfant des 12 issus du second mariage de son père François Riou, marchand de vin, né à Chateauneuf-du-Faou vers 1696, avec Marie-Anne Jacquette Le Bescond de Coatpont.

    Il se marie à Recouvrance en 1790, et au bas de l´acte de mariage, signe Riou ci-devant Kerhallet ; particule qui évolua par la suite ! Il mourut en 1858. Un de ses fils, Jean-Michel Armand, négociant à Kervallon est élu maire de Saint-Pierre de 1830 à 1831. Il était le 1er inscrit sur la liste des électeurs municipaux de Brest, et 2ème sur la liste à la contribution foncière, précédé par sa soeur, épouse du baron espagnol Guzman Kindelan. Un Philippe de Kerhallet, Lieutenant de Vaisseau commandait en 1844 le brick-goélette l´Alouette.

    Qui soupçonnerait de nos jours que ces rivages paisibles désormais consacrés à la promenade et quelque peu dépoétisés du fait de la présence militaire, renferment les secrets les plus romanesques de la flibuste, étrangement associés à ce qui constituait l´intérêt et la prédilection de la respectable" bourgeoisie locale" ? ".

  • La saga des Riou-Kerhalet par M. Baron (L´écho de St-Pierre Quilbignon, n° 166, octobre 2004, édité par l'association Maison Pour Tous de Saint-Pierre, 12, rue Victor Eusen 29200 Brest. Tél 02 98 45 10 92. Email : mpt.stpierre@wanadoo.fr)

    "L´évocation du hameau de Kervallon est indissociable du souvenir de la famille des Riou-Kerhalet. La renommée de cette famille commence avec Jean-François Riou (1746 -1825), fils d´un marchand de vin aisé de Châteauneuf-du-Faou qui vint à la fin du 18eme siècle chercher aventure à Brest. Entreprenant et dynamique il rêvait d´arrondir sa fortune en développant le négoce à partir du port du Ponant et satisfaire ainsi une demande croissante de consommation.

    A la tête d´un petit capital il fit, avant la Révolution, l´acquisition du domaine de Kervallon, afin d´y construire un port et d´y armer des bateaux corsaires, à l´instar de Saint-Malo, Morlaix et Nantes. Ce port comprenait des cales, des quais, des débarcadères, des chantiers de construction de bateaux et des magasins. Devenu riche armateur, Jean-François Riou acheta sur la rive gauche de la Penfeld, le domaine de Kerhalet. Dès cette époque, il prit l´habitude de se faire appeler Jean-François Riou sieur de Kerhalet ou plus simplement monsieur le ci-devant Riou-Kerhalet, Révolution oblige. Bien que bourgeois aisé, Jean-François Riou-Kerhalet fut l´un des rédacteurs du cahier de doléances émanant du Tiers État de la ville de Brest. Ce cahier, comme tant d´autres se plaignait des privilèges accordés à la noblesse et réclamait de nouveaux droits pour l´élite bourgeoise, inspiratrice de la Révolution. Prudent et effacé durant la Terreur, il revient aux affaires politiques, sous le Directoire, le Consulat et l´Empire, notamment en qualité d´officier municipal de la Mairie de Brest.

    En 1790, Jean-François Riou épousait, histoire de rester dans le négoce, mademoiselle Edern, fille d´un marchand de vin aisé de Recouvrance. De cette union naquirent deux filles et un garçon, Anne-Émilie, Élisabeth-Adèle et Jean-Michel-Armand. Anne-Émilie épousa en 1820, en premières noces, l´amiral François-André Baudin, né en 1774, qui devint en 1810 baron d´Empire. Ils eurent un fils, Charles Baudin qui devait décéder en 1863. A la mort de l´amiral survenu en 1842, Anne-Émilie épousa, en secondes noces, le baron Menu du Mesnil. Ils n´eurent pas de descendance. Anne-Émilie devait décéder en 1856 à Riec de l´Odet.

    Élisabeth-Adèle épousa en 1823, un baron espagnol qui fut aux côtés de son père (le général Dom Juan de Kindelan) un allié de Napoléon. Il s´agissait du colonel Ferdinand Gusman de Kindelan, décédé à Brest en 1837, à l´âge de 45 ans. Ils eurent quatre enfants, Dom Pédro Maria de los Dolorés, décédé à Montpellier à l´âge de 29 ans, Sébastienne-Marie-Anna, décédée à l´âge de 12 ans, Marie-Joséphine-Émilie, décédée à l´âge de 1 mois et Adeline, morte à Laval à l´âge de 13 ans. Élisabeth-Adèle devait décéder à Rennes à l´âge de 49 ans, peu avant son fils Pédro.

    Jean-Michel-Armand qui devait décéder en 1858 laissait pour héritier un fils, Jean-Joseph-Auguste, né en 1929. Venu au pouvoir dans la foulée des Trois Glorieuses de 1830, Jean-Michel-Armand fut de 1831 à 1832 le maire éphémère de Saint-Pierre-Quilbignon. Jean-Joseph-Auguste fit de brillantes études, notamment en se classant troisième de l´École Polytechnique. A sa sortie, il fit le choix d´une carrière d´ingénieur aux Ponts-et-Chaussées.

    A la mort de Pédro Gusman de Kindelan, les descendants indirects Charles Baudin et Jean-Joseph-Auguste Riou-Kerhalet héritèrent de la branche Kindelan. A sa mort prématuré en 1861, à l´âge de 31 ans, Jean-Josehp-Auguste, dernier de la lignée des Riou-Kerhalet, laissait Charles Baudin comme seul héritier indirect.

    Charles Baudin qui devait décéder deux ans plus tard en 1863, à l´âge de 36 ans, laissait à son épouse, née Marie-Ludovica-Caroline Paulinier, le soin de gérer seule la fortune des Riou-Kerhalet. Le remariage de Marie-Ludovica-Caroline avec le Général de division d´artillerie, Laurent Dard, permit de transmettre l´héritage à une descendance non issue de Jean-François Riou-Kerhalet.

    Ainsi va le monde, où celui qui amasse du bien le fait souvent au profit des autres".

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume