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Quai, mur de soutènement, rampe et pont du Clapet (Pléboulle)

Dossier IA22009251 réalisé en 2006
Précision dénomination rampe
Appellations Rampe du Clapet
Dénominations quai, mur de soutènement
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Pléboulle

La rampe du lieu dit "le Clapet" a été construite au cours du 3e quart du 19ème siècle, vers 1855, entre la falaise proche de Crissouet et la digue, lors de la réalisation de la route Matignon-Erquy. La digue donnait l'occasion de récupérer les terrains des marais de Corbusson à condition de laisser s'évacuer les eaux venant de l'amont et d'empêcher les eaux de la mer d'y pénétrer. Pour cela, il a fallu boucher le pont de la digue au moyen d'un système approprié, un clapet qui a donné son nom à ce lieu. Les terrains gagnés sur la mer furent concédés à M. de la Motte-Colas, qui les cèda plus tard à Paul Durand pour ses pâtures. La croix au carrefour du Fournel, a été dressée pour que la digue tienne, parce que la 1ère digue n'avait pas tenu. C'est par cette rampe ou voie charretière, qui descend à la grève de la Fresnaye, que jadis, les agriculteurs de toutes les communes environnantes descendaient chercher la "marne" qui leur servait, et leur sert parfois encore, à amender leurs terres. Cette rampe est aujourd'hui très aménagée et remaniée. A côté de la rampe, une porte à marée a été édifiée dans la digue (avec un pont qui passe sur la route départementale n° 786), afin de canaliser les eaux douces et les eaux salées, tout en permettant un dégagement pour ce charroi. En 1865 est ouvert à Salines un lieu de dépôt à l'emplacement du restaurant de la Fresnaye. Il y avait déjà un dépôt au Clapet et deux autres dans la descente vers les Sablons. Le dépôt du Clapet était gardé par une vieille femme en échange de fagots (témoignage oral de Robert et Julie Rabardel). La marne était chargée à la main, avec une bêche ou une fourche à pierres et chargée ensuite dans des tombereaux ou des charrettes à casse. On y mettait 2 m3 (témoignage de François Durand). "Il nous a été appris", écrit l'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, "que dans la saison des marnes, on voyait de 40 à 50 voitures à 4 ou 5 colliers aller à la marnière, et y faire de 15 à 16 voyages par jour, pour effectuer des dépôts provisoires, soit moyennement 675 m3 que l'on dépose dans un jour. Et ce cube se répète souvent pendant 8 à 10 jours, ce qui rend les lieux de dépôt insuffisants, de là un encombrement sur les accotements de la route" (rapport N°A299, Ponts et Chaussées, 20 août 1865).

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle

La rampe est constituée d'une sorte de cale qui descend avec une faible déclivité vers la grève, pour servir de voie charretière. A l'origine, cette rampe était pavée (granite ou grès d'Erquy), elle est aujourd'hui recouverte d'un vaigrage en béton. Elle mesure 5 m de largeur et 25 m de longueur. Un mur de soutènement, construit en moellons de grès, de granite et de schiste, canalise les eaux vers une porte à marée, située dans la digue des marais (le long de la RN 786). A marée basse, on voit le dispositif qui permet aux eaux venant d'amont de s'écouler vers la mer ; par contre, la porte à marée (en bois) empêche les eaux de la mer de remonter vers les terres. On l'appelle "Clapet". C'est la pression des eaux de la mer qui plaque les panneaux de bois contre la paroi de la digue qui les supporte.

Murs ciment
grès
granite
États conservations bon état, remanié
Techniques maçonnerie
Mesures la : 500.0
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Témoignages oraux sur les usages littoraux : la marne, l'agriculture littorale, recueillis par Jean-Louis Duménil, publiés dans la revue "Pléboulle et la mer", avril 1999

    "La marne était chargée à la main, avec une bêche ou une fourche à pierres, pendant des journées entières. Pendant qu'on faisait la cherrée (charretée), les autres, avec le restant des chevaux sortaient de la grève les chargements terminés. Il y en a eu plusieurs à s'enfoncer ; on s'entraidait.

    On guettait, et si jamais il venait du goémon, on le chargeait. C'était fameux, ça ! " (François Durand).

    "Les gens qui venaient au Clapet tirer la marne de la grève, la laissaient en dépôt sur la plate-forme, juste à côté. Ils en confiaient la garde à ma grand-mère qui habitait là, et qui, en échange, devait recevoir des fagots. Mais il y avait des malhonnêtes qui oubliaient d'apporter les fagots". (R. R.)

    "Il y avait Paul Fournel qui avait des moutons, au moins une trentaine. La grande barrière qui est en face de l'ancien restaurant de la Fresnaye, c'était pour empêcher les moutons d'aller sur la route. Moi, j'habitais Corbusson. J'allais garder les trois vaches de maman, dans les pétrelles, parmi les moutons. En été, tous les jours où ma mère venait, j'allais au devant de la mer, je prenais mon bain, et je revenais avec la mer.

    J'allais aussi garder les vaches du côté des marais, le long de la route, où il n'y avait pas d'arbustes. Comme il y avait au restaurant des jeunes filles, Marie, Titine et Marcelle, on se rassemblait, et on passait des après-midi comme ça. On avait alors 12 ou 13 ans" (J. R.).