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Prieuré du Manac'hty (Plufur)

Dossier IA22132435 réalisé en 2015

La présence des moines à Plufur

Au sud de la commune actuelle de Plufur, près du Yar, le lieu-dit Manac'hty, littéralement la "maison du moine" (manacʼh, le moine ; ti ou ty, la maison) était une possession de l'abbaye du Relecq (abbaye située dans la paroisse de Plounéour-Ménez dans l'évêché de Léon). L'abbaye du Relecq a été fondée vers 1132 par des moines "défricheurs" venus de l’abbaye de Bégard. Les revenus (désignés comme "le temporel") de l'abbaye du Relecq étaient composés de quatre membres (ou granges) dont chacun formait une seigneurie ecclésiastique possédant des terres réparties dans les trois évêchés de Léon, de Cornouaille et de Trégor. Le membre du Manac'hty-Plufur était voisin de l'abbaye de Bégard.

Un ancien prieuré

Le Manac'hty de Plufur était le siège d'un prieuré, c'est à dire d'un monastère. La seigneurie ecclésiastique du Manac'hty comprenait des biens en Plufur, Plounérin, Lanvellec, Trédrez, Ploumilliau, Guimaëc, Srignac et Berrien. Les moines possédaient à Plufur des quévaises (exploitations agricoles de type communautaire), un logis prieural ceint d'une enceinte fortifiée (figurant sur le cadastre ancien de 1848), des dépendances, au lieu-dit Milin Manac'hty, un moulin à eau, sa chaussée-digue et son étang alimenté par le Yar nommé à cet endroit "ruisseau de Bruillac" en référence à la seigneurie homonyme, des landes (du Manac'h) et un bois nommé Coat-Manach (qui n’apparaît déjà plus sur le cadastre de 1816).

Un mode spécifique d’exploitation des terres : la quévaise

La quévaise était le mode d’exploitation des terres dépendant des abbayes cisterciennes de Bégard et du Relecq. Sous forme de petites unités agricoles regroupées en hameaux, les terres, louées, sont exploitées en commun, à l’exception d’un courtil (jardin) et d’un demi-hectare directement rattaché à chaque ferme - une vingtaine à Plufur. C'est un système d'exploitation hérité du Haut Moyen Âge qui a favorisé les défrichements et la mise en valeur de terres difficiles comme ici, près de landes et terres incultes. Le seigneur dispose d'un droit de gerbe, prélevant en moyenne une gerbe sur huit après la récolte et d'autres droits plus ou moins lourds dont les corvées. Les quévaises favorisaient une véritable vie communautaire en habitat groupé, ce qui est rare en Bretagne. La quévaise était un type particulier de bail à domaine congéable (type de contrat entre propriétaire terrien et exploitant agricole).

Selon Jeanne Laurent (Un monde rural en Bretagne au 15e siècle. La quévaise, 1972), ce système de tenure est "l'expression d’une société démocratique de défricheurs". Elle est cependant peu à peu dévoyée à partir du 16e siècle : "les abbés laissèrent toute l'administration aux fermiers, qui pourvus de longs baux (les revenus de Plufur en 1591 sont affermés pour quarante ans) agirent en propriétaires, non en mandataires ; ils s'attribuèrent les quévaises tombées en commise ou en déshérence […]".

Identification des sources pour aller plus loin

Les Archives départementales des Côtes-d'Armor conservent des archives de l'Abbaye du Relecq relative à la seigneurie du Manac'hty et à ses dépendances :

H352. Droits de quévaises. [...] Seigneurie du Manach-Ty et ses dépendances : bail emphytéotique, aveu fourni au roi par le sieur Le Bervet de Toulalan, fermier pour 40 ans de la terre et seigneurie du Manach-Ty.

H353-360. Seigneurie du Manach-Ty et dépendences.

Le prieuré du Manac'hty : un site archéologique potentiel ?

Le tracé de la parcelle n° 589 du cadastre moderne dite Manac'hty montre le pourtour d'une enceinte fortifiée aux angles par des tours de forme circulaire (au nombre de deux). Les cadastres de 1816 et de 1848 nous livrent le plan masse de plusieurs bâtiments dont un logis avec tour en position centrale. Une inscription du site du Manac'hty comme site archéologique pourrait être souhaitable. Sur le terrain, nous avons pu observer les vestiges d'une petite enceinte et d'une tour circulaire (dominant l'emplacement de l'ancien étang) qui définissent une emprise trapézoïdale. Aucun bâtiment ne subsiste en élévation.

Dénominations prieuré, manoir, dépendance
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Plufur
Lieu-dit : Manac'hty, Adresse : ,
Cadastre :
Période(s) Principale : Moyen Age
Secondaire : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle
États conservations vestiges, envahi par la végétation, détruit

Site non protégé.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre site archéologique
Protections