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Présentation du mobilier de la cathédrale Saint-Samson

Dossier IM35004694 inclus dans Cathédrale Saint-Samson, place de la Cathédrale (Dol-de-Bretagne) réalisé en 1998

Fiche

Œuvres contenues

La cathédrale Saint-Samson ne renferme que très peu de mobilier ancien qui a été à deux reprises l'objet de destructions importantes ; la première fois en 1742, lorsque le chapitre décida de supprimer tous les tombeaux des évêques et de refaire le pavage du choeur ; la seconde fois en 1793. Un jubé séparait jusqu'à la Révolution la nef du choeur ; appuyés contre lui, du côté de la nef, "deux petits autels dédiés l'une à la Vierge, l'autre à saint Nicolas. Aux quatre coins du jubé étaient placées les statues des évangélistes, avec leurs emblèmes. Vers le milieu du 16e siècle, François de Laval l'avait fait recouvrir de boiseries. En vertu d'une délibération du général de la paroisse de Dol, du 17 juin 1792, confirmée par arrêté départemental du 20 juillet suivant, on procéda le 17 septembre à l'adjudication "à qui pour moins" de la démolition du jubé et de l'établissement d'une grille en fer provenant de l'église conventuelle de l'abbaye de la Vieuxville. Après divers débats, la démolition du jubé et l'établissement de la grille de fer restèrent à la charge du sieur Joseph Erambourg, exécuteur de basses-oeuvres, pour la somme de 200 livres" (d'après Gautier Toussaint, Cathédrale de Dol, 1858, cité par Patrick Amiot, Dol de Bretagne d'hier à aujourd'hui, tome 2, la cathédrale St-Samson, p. 86).

Le mobilier du 19e siècle est en grande partie réalisé par des artistes du département (Valentin, Augerie, Hérault...) et le plus souvent daté ; son étude permettra une meilleure connaissance de la production régionale.

L'autel consacré à sainte Anne, situé contre le mur est du bras nord du transept, exécuté en pierre et marbre par le sculpteur vitréen Augerie en 1899 a été démonté en 1975.

Il n'a été fait, lors de cette enquête (1998) aucun dossier de repérage sur les décors sculptés portés : bas-reliefs des portails, etc.

Les dossiers se rapportant aux cloches et aux dalles funéraires ont été rédigés à partir de la documentation rassemblée par Patrick Amiot (Dol-de-Bretagne d'hier à aujourd'hui, tome 2, La cathédrale Saint-Samson) et non à partir des observations de terrain.

HISTORIQUE ET RESTAURATIONS DES VERRIERES

La cathédrale de Dol, coeur de la cité devenue archiépiscopale au XIe siècle, a été rebâtie au cours du XIIIe siècle, après que l´édifice précédent eut été incendié en 1203. Ces travaux de reconstruction ont débuté par la façade occidentale, et la nef devait être achevée vers 1270-1275. Le chantier du transept et du choeur, commencé avant 1280 sous l´épiscopat de Jean Mahé, a été poursuivi activement pendant celui de son successeur Thibaud de Pouencé, et l´ensemble était terminé pour l´essentiel à la mort de celui-ci en 1301. Il convient de rappeler la rareté des vitraux du XIIIe siècle conservés en Bretagne : à Dol, tout un ensemble de baies, bien que complétées aux XIXe et XXe siècles, constitue le témoignage majeur de cette production. Les plus anciens vitraux de l´édifice sont trois grandes figures d´évêques, représentées en pied, frontalement, sous des dais architecturaux. Sans doute exécutées pour les fenêtres hautes de la nef, elles sont réutilisées dans deux baies orientales du transept (211 et 212) ; malgré leurs restaurations, on peut les rapprocher de certains vitraux de l´étage supérieur du choeur de la cathédrale du Mans, en particulier celui donné par Jean de Fresnay (Grodecki). Les baies hautes du transept et du choeur conservent nombre de panneaux de grisailles claires des années 1280 à 1300 (baies 213, 217, 218 et 220 du transept, baies 101, 102, 201, 203, 206, 207, 209, 210 du choeur ; selon L. Grodecki, motifs comparables à ceux du choeur de la cathédrale de Sées, commencée peu avant 1270) ; aucune composition entière n´en a survécu, mais toutes ont été complétées à partir des vestiges en place. Dans le parti initial, semble-t-il, seules les trois grandes baies éclairant le choeur et les deux bras du transept avaient des panneaux colorés. Les armes de l´évêque Thibaud (1280-1301), en remploi dans le mur ouest du bras nord (baie 21), ornaient, avant les modifications introduites en 1884-1887, la baie du pignon du bras sud (baie 216) avec quelques panneaux figurés disparus depuis (cf. Brune, 1849-50, p. 85 : « La grande fenêtre du pignon sud a conservé quelques lambeaux de mosaïques et de petites figures de prophètes tenant des banderoles ; Vierge à l´Enfant et donateur ? », etc.). Seule la grande baie orientale, très monumentale, conserve globalement son vitrage d´origine. Sans doute mise en place dans la dernière décennie du XIIIe siècle (Le Boulc´h, 1997), elle présente une riche iconographie. Dans les lancettes sont juxtaposées huit séries légendaires, soit 48 scènes placées sous un vaste tympan illustré d´un Jugement dernier. L´Enfance, la Vie publique du Christ et sa Passion occupent trois des lancettes centrales, près de la légende de saint Samson, évêque d´York et mythique fondateur de Dol dont il devint le premier évêque ; la suite qui lui est consacrée voisine avec des représentations de l´intronisation de ses successeurs. Enfin la présence des vies des saintes Marguerite et Catherine, comme celle d´Abraham, se trouve justifiée par les reliques qu´en possédait la cathédrale. Ces différentes séries, conçues simultanément par plusieurs artistes, sont unifiées par leur présentation formelle en médaillons de même échelle, disposés sur des fonds de mosaïques cernées de bordures.

Les fenêtres basses avaient reçu des vitraux au cours des XIVe et XVe siècles. Il n´en reste que quelques éléments, répartis dans la nef et les chapelles du choeur. A la dernière travée de la nef du côté nord (baie 33) subsiste une verrière ornementale faite de losanges teintés de jaune d´argent, largement recomposée au XXe siècle, mais à partir d´éléments originaux qui doivent dater au plus tard du milieu du XIVe siècle. Le Christ entouré du Tétramorphe qui occupe un quadrilobe dans la chapelle de la Vierge (baie 11) pourrait avoir été exécuté à la fin du même siècle ; des anges thuriféraires semblables à ceux qui l´accompagnent, également conservés dans les écoinçons de la baie voisine (9), montrent que ces vitraux, plus nombreux à l´origine, n´ont pas changé de place. Du côté sud, les tympans des baies 8 et 14 conservent des panneaux exécutés dans le premier quart du XVe siècle, un Christ entouré du Tétramorphe, un Jugement dernier, un concert d´anges, des anges munis de phylactères (ALLELUIA LAUDATE DOMINUM) et des têtes couronnées. Ces panneaux colorés surmontaient autrefois des « restes de grisailles avec petits anges, fleurs et oiseaux en ornements, très délicats » (André, 1878, p. 68). Au milieu du XIXe siècle, Brune évoquait, dans la chapelle absidale ajoutée peu avant 1400, la verrière centrale alors mutilée mais encore partiellement homogène (trois figures de grandeur presque naturelle, dont une Annonciation avec la Vierge sans tête et des inscriptions ; au tympan figuraient le Tétramorphe et les armes de Bretagne en plein). Ces vitraux ont totalement disparu quand Échappé a revitré la chapelle vers 1857. Enfin, un ange supportant les armes de Bretagne est placé dans l´oculus de la première baie du bas-côté de la nef (baie 23) ; fort complété par des restaurations successives mais de facture très élégante, ce panneau, habituellement daté de la fin du XVIe siècle, appartient plus vraisemblablement au troisième quart du XVe siècle ; il est difficile de dire s´il a bien été conçu pour son actuel emplacement ou s´il s´y trouve rapporté.

La grande baie orientale porte les marques d´une importante restauration ancienne qui, du reste, n´a touché que la partie inférieure de ses lancettes. Sachant que l´évêque Mathurin de Plédran (1504-1521) l´a fait réparer en 1509, les sept médaillons de style tardif repérés ont été attribués à cette intervention (Lillich, p. 121). Cependant la facture de ces panneaux incite à considérer que ces réfections ont plutôt été opérées au début du siècle précédent, en observant tout spécialement les rapports qu´ils présentent avec des enluminures des environs de 1400 ; la restauration de 1509, elle, n´a guère laissé de traces, de même que les travaux d´entretien documentés aux XVIIe-XVIIIe siècles (cf. Lillich, p. 121 et note 19, p. 358 : réf. doc. Archives ; mais observations erronées). Un vitrier nommé Mazot répare les verrières en 1807-1808 (ibid., note 20). Une inscription, datée de 1831 dans la baie 100, prouverait une autre intervention, par ? roulon (méfiance si c´est gravé à la pointe ; ce peut-être un maçon ou un charpentier qui passait par là...).

La première restauration fondamentale de la maîtresse-vitre depuis le XVe siècle est celle du peintre verrier parisien Oudinot en 1870, qui complète la composition en y introduisant un certain nombre de compléments modernes. Cette verrière, déposée en 1942, a ensuite été restaurée par J.-J. Gruber, qui l´a reposée en 1951 avec seize panneaux nouveaux, remplaçant certains de ceux ajoutés par Oudinot. Neuf de ces derniers sont, depuis 1978, présentés dans la sacristie, répartis dans les trois fenêtres (signature d´un atelier à revoir, date inscription ?). Nouvelle restauration en 1982-83 (par qui ?).

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le vitrage de la cathédrale devait être l´objet de modifications nombreuses, outre celles intervenues dans la grande baie axiale. Un important programme de création, commencé avec le nantais René Échappé dans la chapelle d´axe en 1857-59, a été poursuivi entre 1872 et 1876 avec Henri Ély, également installé à Nantes, dans les chapelles du choeur, la façade occidentale et la nef, puis avec l´atelier parisien Didron en 1882 dans la chapelle de la Vierge. En 1884, la grande baie du transept sud (216) est revitrée d´une verrière de saint Magloire par les manceaux Jacquier et Maurice Küchelbecker, commandités par l´archiprêtre sans l´autorisation du service des M.H. (ce qui devait faire disparaître les restes du XIIIe siècle). En 1887, le même sort est fait au bras nord (215), cette fois avec une verrière de sainte Anne, par les mêmes. 1890 : restaurations des grandes figures d´évêques, alors baptisés du nom de ceux qui se sont succédés à Dol au XIIIe siècle. La restauration des baies de la face ouest du transept est due à J.-B. Anglade, collaborateur des deux précédents en 1891 (quelques panneaux de grisailles laissés intacts).

Parties constituantes non étudiées lustre, lustre, lustre, clôture de choeur, ciboire, clôture de chapelle, chandelier d'autel, carrelage de sol, patène, pale, chandelier d'acolyte, navette à encens, encensoir, encensoir, encensoir, croix de procession, croix de procession, croix d'autel, bannière de procession, tableau, cadre, statue, croix de procession, croix d'autel, confessionnal, chandelier d'autel, statue, statue, confessionnal, chandelier d'autel, clôture de chapelle, clôture de chapelle, clôture d'autel, statue, statue, socle, croix, cénotaphe, fonts baptismaux, croix d'autel, chandelier d'autel, statue, statue, croix d'autel, autel, degré d'autel, dalle funéraire, cénotaphe, statue, chandelier d'autel, statue, statue, statue, verrière, dalle funéraire, tombeau, tombeau, dalle funéraire, dalle funéraire, dalle funéraire, dalle funéraire, dalle funéraire, verrière, verrière, verrière, calice, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, bas-relief, canne, tombeau, verrière, verrière, cloche, cloche, cloche, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, pavillon de ciboire, verrière, bassin à burettes, burettes, chaire à prêcher, croix d'autel, pavillon de ciboire, patène, ciboire, seau à eau bénite, seau à eau bénite, ostensoir, ampoule à saint chrême, coffret aux saintes huiles, ciboire des malades, patène, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, verrière, clôture de chapelle, peinture monumentale, statue, patène, calice
Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Dol-de-Bretagne
Localisation Commune : Dol-de-Bretagne
Adresse : place de la Cathédrale

Références documentaires

Documents figurés
  • Intérieur de la cathédrale. Estampe par Gaucherel et Montelier. In : TAYLOR, Jean, NODIER, Charles, CAILLEUX, Alphonse de. Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Paris : F. Didot, 1845-1846.

  • Cathédrale Saint-Samson, vue intérieure. Estampe, par Charpentier (La Bretagne contemporaine, Nantes, 1847), milieu 19e siècle. In : LEBRUN, François (dir.). L'Ille-et-Vilaine des origines à nos jours. Saint-Jean-d'Angély : Editions Bordessoules, 1984 (C.

    p. 119
Bibliographie
  • AMIOT, Patrick. Dol-de-Bretagne d'hier à aujourd'hui. Tome 2 : Regard sur son histoire religieuse à travers les siècles, La cathédrale St-Samson.. Dinan : Patrick Amiot, 1986.

    p. 43, 50, 73-75, 86, 132, fig.
  • POCQUET DU HAUT-JUSSÉ, Bertrand. Le mobilier religieux du XIXe siècle en Ille-et-Vilaine. Bannalec : Imprimerie Régionale, 1985.

    p. 26-27, 41, 93, 252, 361, 384, 391, fig.
  • COPY, Jean-Yves. Les tombeaux en Haute-Bretagne aux XIVe et XVe siècles. Th. 3e cycle : Hist. Art : Rennes 2, Université de Haute-Bretagne : 1981.

    t. 2, p. 21
  • TAPIÉ, Victor-Louis, LE FLEM, Jean-Paul, PARDAILHE-GALABRUN, Annik. Retables baroques de Bretagne et spiritualité du XVIIe siècle. Étude sémiographique et religieuse. Paris : P.U.F., 1972.

    p. 212
  • ROUAULT, Madeleine. Les Jubés en Bretagne. Th. : Hist. Art : Paris, École des Chartes : 1969.

    p. 2-3
  • POCQUET DU HAUT-JUSSÉ, Bertrand. Le Mobilier religieux en Ille-et-Vilaine de la Révolution aux premières années du 20ème siècle. Mém. maîtrise : Hist. Art : Rennes 2, Université de Haute-Bretagne : 1972.

    t. 1, p. 13
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine. Histoire - Archéologie - Monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929.

    t. 1, p. 67, 492, 496, 498
  • GUILLOTIN DE CORSON, Abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886.

    t. 1, p. 518, 522, 529-541 ; t. 4, p. 63