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Présentation du canton du Faou

Dossier IA29000090 réalisé en 1996

Fiche

Dossiers de synthèse

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique

L'enquête et la méthode de recensement

L´inventaire topographique du patrimoine architectural et mobilier du canton du Faou (Le Faou, Lopérec, Pont-de-Buis-lès-Quimerc´h, Rosnoën), réalisé par le service régional de l´Inventaire et soutenu par le Conseil général du Finistère, a été réalisé entre 1995 et 1996. Il a été accompagné de plusieurs produits de valorisation :

ITINERAIRES PEDAGOGIQUES. « Architecture et mobilier religieux. Église paroissiale Saint-Audoën, Rosnoën ». Dossier et CD ROM. Ministère de la culture et de la communication et Centre Départemental de Documentation Pédagogique, Brest, 1997.

IMAGES DU PATRIMOINE. « Entre mer et fleuve. Le Faou et son canton ». Ministère de la Culture et de la Communication, Rennes, 1998.

EXPOSITION ITINERANTE retraçant les caractéristiques patrimoniales du territoire cantonal, 1998.

Dans le cadre du recensement du patrimoine architectural du P.N.R.A. (Parc Naturel Régional d´Armorique), structure à laquelle adhèrent les communes du canton, la mise à jour des dossiers - traitement des données, numérisation des images - et la présentation des données sous forme électronique, ont été réalisées en 2005.

Certains dossiers intègrent (sous forme de fiches pdf), des éléments issus de la documentation papier (dossiers verts) réalisés entre 1995 et 1996. Contenant notamment des indications bibliographiques, des annexes, des plans, des croquis ou encore des documents anciens, ils sont accessibles par simple clic : Annexes /INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES).

L´inventaire a porté sur l'ensemble des édifices bâtis avant 1920. Les dossiers qui suivent sont classés du général ou du thématique (dossiers collectifs), au particulier.

Parmi les 3253 immeubles recensés par l'INSEE en 1999, 627 ont été bâtis avant 1915. A l´échelle du canton, 71 sont documentés individuellement, et environ 530 collectivement, c´est-à-dire mentionnés et illustrés dans un dossier collectif.

Parmi les 598 objets ou ensembles d´objets mobiliers recensés et pour l´essentiel conservés dans les édifices religieux appartenant aux communes, 297 ont fait l´objet d´un dossier individuel et 301 ont été repérés. Ces données, non restituées dans le cadre de cette opération, sont consultables dans la base PALISSY (objets mobiliers) du ministère de la Culture.

Les oeuvres uniques ou au contraire représentatives, à valeur patrimoniale intrinsèque et revêtant un intérêt à l'échelon cantonal, sont traitées dans un dossier individuel. La restitution des données découle de la méthode d'analyse. A chaque élément sélectionné correspond une notice. Cependant, pour appréhender les familles d'édifices représentés en grand nombre (les maisons par exemple), il a été procédé à une sélection raisonnée d'unités à étudier, les caractères communs à chaque famille étant restitués dans un dossier collectif.

A l´échelle nationale, l´accès aux données est possible via les bases de données MERIMEE (architecture) et PALISSY (objets mobiliers) du Ministère de la Culture.

Généralités géographiques et administratives

Le canton du Faou s'étire sur un peu plus de vingt cinq kilomètres d'est en ouest, des monts d'Arrée à la rade de Brest qui lui donne son ouverture au monde atlantique ; son littoral s'étend du port du Faou au confluent de la Douffine et de l'Aulne, sur plus de vingt kilomètres. Le canton est délimité, au sud, par l'Aulne maritime et s'ouvre au sud-sud-est sur le bassin de Châteaulin. Le cours de l´Aulne reçoit, autre limite naturelle au sud-est, la Douffine à Pont-de-Buis et façonne, avec la ria du Faou, la presqu'île de Rosnoën qui prolonge vers l'ouest la crête des monts d'Arrée en direction de la presqu'île de Crozon. A l'est, rejoignant la Douffine, la rivière de Saint-Rivoal marque la limite avec le canton de Pleyben. La commune du Faou constitue, au nord du canton, entre la forêt domaniale du Cranou et le fond de l'estuaire, un étroit glacis à la limite du canton de Daoulas. La présence, en fond de rade, de nombreuses rias, soumises au régime des marées, a facilité, depuis toujours, le trafic et les échanges. Ce canton de 12 637 hectares, qui occupe une situation de premier plan entre le nord et le sud du département, est aujourd'hui constitué de quatre communes, Lopérec (Lopereg), Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h (Pont ar Veuzen-Kimerh), Rosnoën (Roslohen) et Le Faou (Ar Faou). Quelques fusions administratives et territoriales ont fait passer entre 1949 et 1971 le canton de sept communes à quatre. Pont-de-Buis, dont l´existence était liée au développement d'une poudrerie, est créé en 1949 au détriment de Quimerc'h et de Saint-Ségal (canton de Châteaulin) ; en 1965, les trois communes de Pont-de-Buis, Quimerc'h et Logonna-Quimerc'h fusionnent. En 1971, Rumengol est rattachée au Faou ; toutes les communes du canton ont adhéré au Parc Naturel Régional d'Armorique.

La densité de la population a peu évolué depuis la seconde moitié du XIXe siècle : en 1844, on compte 6837 habitants, en 1999, 6548. D'importants transferts s'observent cependant au bénéfice du chef-lieu cantonal et de la cité ouvrière du Pont-de-Buis ; les deux autres communes, Lopérec et Rosnoën, plus rurales et situées légèrement à l'écart des grands axes de communication, ont perdu des habitants. Le Faou continue d'attirer par ses commerces et le tourisme.

Le patrimoine architectural et mobilier : note de synthèse

Voies de communication et architecture du génie civil

Venant du sud et allant vers Brest, les routes et les chemins passent par Le Faou, carrefour fluvio-maritime et passage obligé en fond d´estuaire. Venant de la presqu´île de Crozon ou de Douarnenez, le voyageur emprunte, pour passer l´Aulne, le pont de Térénez. Le chemin de fer atteint Châteaulin en 1864, Brest en 1865. La ligne Châteaulin-Landerneau n´est achevée qu´en 1867 ; la complexité du relief et la concurrence des transports fluviaux et maritimes avaient retardé la mise en oeuvre.

Réalisation rare et exceptionnelle en Bretagne, le transfert du chef-lieu de la commune de Quimerc´h est autorisé par décret en 1875 ; le nouveau bourg, rapproché de la ligne de chemin de fer, est mis en place sous l´impulsion de la municipalité entre 1876 et 1888.

Parmi les ouvrages d´art important du canton, il convient de mentionner le viaduc de Meil-ar-Guidy qui enjambe de 40 mètres la Douffine sur plus de 220 mètres et le pont de Térénez (1925, 1951), ouvrage très moderne pour l´époque.

Le Faou : capitale d´une vicomté

A l´intérieur de la Cornouaille, constituée de pagi ou pays, le Poher ou Poucaër, s´étend au XIXe siècle, du pays de Quintin jusqu´à l´océan ; bordé des monts d´Arrée au nord des Montagnes Noires au sud, il englobe le pays du Faou.

Dès le XIe siècle, les vicomtes du Faou tiennent une position enviable entre le nord et le sud de l´actuel département du Finistère. Ils s´appuient sur les sites fortifiés du Faou, de Daoulas et de La Roche Maurice et contrôlent l´arrière-pays qui va de la rade des monts d´Arrée entre les estuaires de l´Aulne et de l´Élorn. Autour de 1400, la vicomté s´étend sur dix-sept paroisses, mais en 1682, elle n´en comprend plus qu´une dizaine. Les Richelieu cèdent la vicomté en 1736 aux Rohan-Chabot qui, à leur tour, la vendent aux Magon de La Gervisais en 1762. Sous ce nom, Le Faou est érigé en marquisat en 1765.

Le Faou : les aménagements urbains et portuaires

A travers le dynamisme de ses foires et marchés, la ville affirme son essor entre le XVIe et le XVIIe siècle. Parmi les onze villes et bourgs imposés en Cornouaille à la fin du XVIe siècle, le Faou figure au sixième rang, avant Douarnenez, Crozon et Carhaix.

La structure de ce site fluvio-maritime est identique à celle de l´Hôpital-Camfrout, distant de quelques kilomètres ; dans les deux cas, on observe non seulement la structure d´un village en forme de rue, sans développement en profondeur, mais aussi l´isolement et la mise en valeur de l´église bâtie au bord de l´eau.

Le paysage urbain s´étoffe peu au cours des siècles. Le projet de l´ingénieur Le Roy (1764) prévoyant la suppression de la quasi-totalité des maisons anciennes, n´a été que partiellement réalisé ; ce n´est qu´après le passage de Napoléon III, en 1858, évènement politique aux conséquences urbanistiques, que les crédits nécessaires se débloquent pour aligner, au moins le côté ouest de la Grand´Rue. Tout comme le démantèlement de l´enclos paroissial, le transfert du cimetière et la destruction de l´ossuaire, ces interventions drastiques dans le tissu urbain ancien correspondent à la mentalité de l´époque.

Par son trafic, Le Faou est, sous l´Ancien Régime, le troisième havre de la rade de Brest. Uniquement accessible à marée haute, le port d´échouage assurait le transport de bois d´oeuvre abattu dans la forêt du Cranou. Suite à la création de l´arsenal de la flotte du Ponant à Brest, l´activité portuaire s´intensifie considérablement à partir des années 1650, assurant surtout le transit du bois vers les chantiers de la Marine. A défaut de chemins terrestres commodes et directs, les bateaux à voile, et plus tard à vapeur, étaient un moyen de transport largement utilisé. La nécessité d´aménager des quais maçonnés apparaît dès le début du XIXe siècle. Commencés en 1835, les travaux sont menés à terme en 1882 ; avec le quai du centre, situé entre le quai de Quelen et la darse, s´achève un programme long et ambitieux devenu à son tour progressivement inadapté aux nouveaux enjeux économiques et commerciaux. Le transport de bois d´oeuvre et de sable décline après la Première Guerre mondiale.

Deux halles se sont succédées sur le même emplacement. La première existait en 1540 et abritait aussi l´auditoire et, temporairement, la salle du conseil municipal, l´école et les archives. Elle a été remplacée, en 1899, par un marché couvert qui, à son tour, a été démoli en 1946.

Le Faou : les maisons urbaines

Comme l´ensemble des bourgs anciens de Bretagne, Le Faou connaît deux fortes périodes de construction, les XVIe et XVIIe siècles et l´époque qui va de 1850 à 1914. Aujourd´hui, 16 maisons présentent encore un pan de bois en façade alors qu´une vingtaine d´autres, du même type, ont disparu.

L´emplacement en front de parcelle, l´encorbellement sur solives, l´essentage d´ardoise et un plan très allongé à deux ou trois pièces par niveau caractérisent la plupart des maisons anciennes du Faou. La forme de la parcelle sur laquelle s´élève une maison, large ou étroite, a des conséquences sur sa morphologie, le plan et les distributions intérieures ; les maisons du Faou ne dérogent pas à cette constante qui s´observe dans d´autres villes en Bretagne, à l´exception des matériaux de gros-oeuvre d´extraction locales et dont le contraste est saisissant entre la teinte dorée de la microdiorite et le gris mat et foncé de la kersantite.

L´architecture rurale

Dans ce secteur à forte activité rurale, les exploitations étaient souvent regroupées au sein de villages composés de plusieurs exploitations agricoles ; chacune d´entre elles disposaient de dépendances, de granges, d´étables et d´espaces ouverts communiquant parfois entre eux par un petit réseau de chemins. Cette organisation spatiale s´observe tout particulièrement dans la montagne, plus inhospitalière et isolée ; si l´occupation du sol y est moins dense qu´ailleurs, les écarts y sont plus développés. Un peu moins que la moitié des maisons à étage situées en secteur rural présentent des façades ordonnancées ou à trois travées. Les dates extrêmes relevées se situent entre 1630 et 1907 alors que ce type perdurera au-delà de 1920. Le volume croissant de l´étage entraîne, à partir de la première moitié du XIXe siècle, l´agrandissement des portes et des fenêtres. L´existence d´une dizaine de fours à crêpes, peu connue, représente une véritable découverte. Il s´agit d´un dispositif en maçonnerie couvert de deux dalles de granite ; évidées, elles recevaient des plaques en fonte circulaires qui, chauffées par des fagots, permettaient la cuisson des crêpes.

La « maison à avancée » est caractéristique d´une grande partie du Nord-Finistère. On observe des densités fortes à Pont-de-Buis-lès-Quimerc´h et Lopérec et une quasi-absence à Rosnoën. La partie orientale du canton du Faou se situe dans une zone limite de la maison à avancée bien que, contrairement à une idée reçue, l´Aulne, sauf dans sa partie maritime, n´a pas constitué une frontière naturelle à l´expansion du modèle.

Les 56 maisons à avancée - localement appelées maisons à apoteiz, ce qui serait en fait une « bretonnisation » du mot français appentis - représentant 12% de la totalité des maisons recensées par l´Inventaire.

Les manoirs et les châteaux

D´une quarantaine de manoirs construits aux XVe et XVIe siècles, neuf existent encore, mais très modifiés ou en état de vestiges. Plusieurs, comme Kerrec, le Parc et Toulancoat en Rosnoën, possédaient un moulin à eau ou à vent. Les manoirs, absents des terres pauvres et inhospitalières de la montagne, occupent, à Lopérec, qui en comptait une douzaine, les versants fertiles proches de la Douffine, des rives de l´Aulne ou de la rivière du Faou. La noblesse locale apporte non seulement son concours aux chantiers religieux mais fait construire, ou reconstruire, ses demeures de campagne au cours des XVIIIe et XIXe siècles, et plus particulièrement à Rosnoën (Kerrec, Toulancoat, le Prioldy).

L´architecture industrielle

D´un intérêt national, la fabrication des poudres et salpêtres, dangereuse et hautement surveillée, a, depuis la création de l´établissement en 1688, profondément marqué la mémoire collective de Pont-de-Buis et du pays environnant. Le site, avec un accès direct à la mer, fournissait les deux énergies nécessaires, l´eau et le bois. Au XVIIIe siècle, l´établissement couvre une superficie de presque quatre hectares. Nécessitant une main-d´oeuvre importante, la poudrerie connaît des transformations constantes dues à l´évolution des techniques aux XIXe et XXe siècles. Situé au confluent de la rivière du Faou et de l´Aulne, l´Île d´Arun occupe un site naturel et stratégique exceptionnel. En 1694, on y construit un grand magasin à usage militaire destiné à stocker et à protéger les poudres et explosifs avant leur transport par bateau.

Les églises et chapelles

Entre 1550 et 1680, la Cornouaille et le Léon connaissent ce fameux « âge d´or » où convergent élan économique, poussée démographique et envolée artistique. Les églises du canton du Faou, perpétuellement en chantier, reflètent l´évolution des mentalités et des pratiques religieuses à travers des concepts architecturaux et des formes décoratives qui se succèdent, se superposent ou se copient.

La longévité des formes gothiques est une constante et donne un air de famille à ces sanctuaires dominés par leurs clochers-murs. Les massifs occidentaux sont fidèles à un type largement répandu en Cornouaille : dans les proportions et les volumes, le mur-pignon associe largeur importante et hauteur faible, alors que le tout est couronné par le massif imposant de la tour portant la chambre des cloches et une flèche polygonale élancée et ajourée. Seul le clocher du Faou, stylistiquement proche de Saint-Houardon à Landerneau et de Notre-Dame de Châteaulin, délaisse le répertoire gothique au profit d´un couronnement en forme de dôme octogonal à deux niches ajourées. Les formes issues des vocabulaires gothique, Renaissance et classique sont partout et, sans se faire concurrence, simultanément présents. Érigés entre le XVe et le XVIIIe siècle, servant parfois de lieu de réunion aux membres du conseil de fabrique, les porches privilégient, en le monumentalisant, l´accès principal de l´église ; les structures changent peu, contrairement aux éléments ornementaux tels que l´encadrement de la baie, le couronnement du pignon ou encore les niches abritant des statues d´apôtres. Les cinq porches du canton présentent un éventail de formes décoratives qui va du gothique flamboyant à Rumengol à la seconde Renaissance à Lopérec et au Faou. A Quimerc´h et à Rosnoën, les colonnes baguées à la française, inspirées du traité d´architecture de Philibert Delorme, reprennent un motif particulièrement prisé dans l´architecture religieuse dans le Léon et le nord de la Cornouaille.

Les calvaires et les croix

Parmi une vingtaine de croix et de calvaires recensés et datant des XVe et surtout XVIe siècles, ceux de Rumengol, de Quimerc´h et de Lopérec se distinguent par la qualité de leurs sculptures. Dans l´état actuel des recherches, le calvaire du cimetière de Rumengol est un des plus anciens datés en Bretagne (vers 1433). Les parties sculptées en kersantite s´apparentent aux productions contemporaines issues des célèbres ateliers du Folgoët. Cette oeuvre majeure de la sculpture médiévale en Bretagne était, comme beaucoup de croix et calvaires, entièrement polychrome. Le calvaire de Lopérec daté 1552 est une monumentale réalisation en kersantite présentant des analogies avec le calvaire de Plougastel-Daoulas. Sauf à Rosnoën où le sculpteur Roland Doré exécute en 1649 « une nouvelle croix (...) à l´yssue du bourg » les calvaires, aux programmes iconographiques plus ou moins développés, s´élèvent à l´intérieur de l´enclos et dominent les cimetières. A la campagne, beaucoup de croix ont été déplacées ou abîmées lors de travaux routiers récents.

Le mobilier et le décor religieux

En ce qui concerne les objets mobiliers dont la synthèse patrimoniale figure ci-dessous, les données, non restituées dans le cadre de cette opération, sont consultables dans la base PALISSY (objets mobiliers) du ministère de la Culture.

L´application de la Réforme catholique après le concile de Trente (1545-1563) donne à l´Église un élan réformateur qui se base sur une pédagogie de la foi. La représentation des mystères de Jésus, de Marie et la vie héroïque des saints qui est somptueusement mis en scène dans les retables du canton, est à mettre en liaison avec les missions prêchées par le jésuite Maunoir à Hanvec en 1660 et avec la communauté des aumôniers jésuites qui s´établissent au port de Brest au milieu du XVIIe siècle. La création artistique dans ce monde rural prospère, si elle concourt à l´acte éducatif, est aussi issue de la demande laïque des paroissiens. Des sculpteurs excellents sont formés ou travaillent dans les ateliers de la Marine de Brest où transitent les modèles et les recueils ornementaux les plus novateurs de l´époque (retables de Rumengol et de Lopérec).

Au cours du XVIIe siècle, la mise en scène réservée au sacrement du baptême prend des formes diverses et particulièrement élaborées en Cornouaille. Rosnoën et Rumengol conservent des petites chapelles de fonts hors oeuvre. Ailleurs, clôtures ou baldaquins en bois abritent les cuves en marbre ou en granite (remploi d´une ancienne fontaine civile dans l´église du Faou) et des couvercles anciens en bois en forme de coquille ou, plus rarement, en plomb (Rumengol). Au XIXe siècle encore, un soin tout particulier est mis en oeuvre lors du remplacement de structures plus anciennes notamment à Lopérec et au Faou.

On réserve à la parole, à la musique et à l´enseignement de la doctrine chrétienne des supports variés et habilement traités par le savoir-faire des menuisiers, sculpteurs, facteurs d´orgues, peintres et verriers. Rumengol conserve un des 14 orgues existant dans le Finistère sur un total de 23 instruments en Bretagne. Thomas Dallam, membre d´une illustre dynastie de facteurs d´orgues originaire d´Angleterre, met l´instrument en place en 1671 ; le buffet date en grande partie de cette époque.

Deux chaires à prêcher fabriquées au XVIIIe siècle subsistent à Lopérec et à Rumengol.

Quant aux verrières anciennes, toutes disparues, elles ont été remplacées aux XIXe et XXe siècles ; on a fait appel à divers ateliers extérieurs (Lobin, Hirsch, Lorin, Clamens, Heinrich) pour mettre en scène la vie des saints et l´histoire légendaire de la Bretagne (Rumengol).

La statuaire

Sous l´effet de la réforme catholique du XVIIe siècle, un grand nombre de statues anciennes a disparu, surtout dans des sanctuaires en perpétuel renouveau. Ce sont des édifices plus modestes, comme, par exemple l´église de Logonna, qui conservent les oeuvres sculptées les plus anciennes (XIVe - XVe siècles). Les archives révèlent beaucoup de noms d´artistes et d´artisans et nous renseignent sur les dates et les coûts de leurs réalisations. Certains sculpteurs sont issus ou à l´origine de véritables dynasties : Yves Cevaër signe en 1615 les apôtres de Lopérec, René Lucas travaille en 1709 au maître-autel du Faou, Jean André conçoit dès 1717 les apôtres du Faou et reçoit en 1726, pour un retable à Lopérec, 223 livres. Majoritairement en bois, la statuaire du canton compte quelques pièces en kersantite de grande qualité, matériau qui se prête à merveille à la sculpture. Il est probable que les sculpteurs de la Marine de Brest sont les artisans de plusieurs oeuvres de qualité dont la statue d´un saint Jean (Rumengol).

L´orfèvrerie

Contrairement à d´autres régions françaises, la Basse-Bretagne a conservé une partie importante de ses objets sacrés antérieurs à la Révolution. Le canton du Faou n´échappe pas à la règle, et de grands noms d´orfèvres bretons y sont liés à certaines oeuvres majeures. Ainsi Benjamin Febvrier, très prolifique orfèvre landernéen de la seconde moitié du XVIIIe siècle, réalise pour la paroisse du Faou deux rares reliquaires en cristal de roche et argent et pour Rumengol un ostensoir et un calice. D´autres orfèvres finistériens ont également laissé des objets de qualité comme le quimpérois Fréron à Rumengol ou encore, au XVIIe siècle, le landernéen Guillaume du Perron à Lopérec.

Au XIXe siècle, les orfèvres parisiens tels Martin et Dejean, Poussielgue- Rusand ou Jamin et Chevron règnent en maître sur une production, souvent de série, destinée aux paroisses. On peut signaler quelques pièces raffinées, comme la très belle croix de procession de Rumengol dessinée par Pierre Paraud au début du XIXe siècle.

Conclusion

A la fois ouvert sur l´océan Atlantique et ancré dans le monde rural, le pays du Faou, composé de paysages contrastés, occupe entre le Léon et la Cornouaille une position centrale et depuis toujours propice aux échanges économiques et artistiques. L´essor de cette importante vicomté de basse Bretagne s´affirme, comme en témoigne un patrimoine très varié, entre le début du XVe et la fin du XVIIe siècle. Les maisons urbaines du Faou ou encore l´église de Rumengol sont bien connues, mais l´existence d´une poudrerie née au XVIIe siècle et sur laquelle se greffe une ville ouvrière, l´originalité de quelques traits de l´habitat rural ou de certains aménagements du XIXe siècle et, surtout, la qualité et la diversité de l´architecture et du mobilier religieux sont des aspects remarquables du patrimoine finistérien.

Sites de proctection site inscrit, parc naturel régional

Annexes

  • DOCUMENTATION

    Archives

    A.D. Finistère. Comptes de fabrique :

    - 63 G 13, Le Faou

    - 136 G 2, Logonna-Quimerc´h

    - 223 G 7, Quimerc´h

    - 234 G 234, Rosnöen

    - 235 G 567, Rumengol

    - Fonds Bigot

    - Cartes postales et photos.

    - 1 J (Le Faou, plan de la traversée de la ville, 1765).

    - 1 J (tableau d´assemblage pour l´ensemble du canton, 1851 (à l'exception de Rumengol)

    - 2 J 9, Album Breton

    - 34 J, Fonds Le Guennec

    - 49 J A 10/450, plan du port du Faou, vers 1820

    - Sous-série 97 J 1474 (Fonds Charles Chassé)

    - 2 O 30 (dossiers communaux, plans)

    - 1 Q (biens nationaux : Logonna-Quimerc´h, Quimerc´h, Rosnöen, Rumengol, Le Faou)

    - Sous-série 1 Q

    - 3 S 1310 (Rosnöen, le bac)

    - 4 S 1382 (Le Faou, port)

    - 4 S 46, 1382 (Le Faou, rivière)

    - 7 S 11 (rivières et ruisseaux, l´Aulne)

    - V Dépôt (Logonna-Quimerc´h, Rumengol)

    - Fichier Le Minor

    - A.E. Quimper, 8 L. Fonds Bigot.

    - Musée de Bretagne, Rennes. Fonds iconographiques (Le Faou, Rosnöen, Rumengol, Pont-de-Buis)

    - Archives de la Marine, château de Vincennes. DD ² 702/I, DD ² 704/II, (magasin

    à poudre de l´île d´Arun, 1758)

    - A. N. Fonds de la Marine, D ² 24, (magasin à poudre de l´île d´Arun, 1693).

    - A.N. Fonds de la Marine, D ² 23, DD ² 740, (magasin à poudre de l´île d´Arun, 1717).

    - A.N. Fonds de la Marine, D 47 (poudrerie de Pont-de-Buis).

    - Archives de l´Artillerie, service des poudres, château de Vincennes :

    - 4 h 13 b, carton 7

    - 4 w 5 89, et 803

    - 4 h 13 a, carton 2

    - 496 d, carton 3

    - 496 c, carton 3

    - 497 a, cartons 1, 2, 3 (poudrerie de Pont-de-Buis)

    Bibliographie

    - ABGRALL, J.-M. Livre d´or des églises de Bretagne. Rennes, 1896-1902.

    - ABGRALL, J.-M. Mottes féodales. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. XLII, 1975, p. 54-85, 76-77.

    - ABGRALL, J.-M. Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et les monuments du Finistère. Congrès archéologique de France, L X IIIe session, 1896.

    - ABGRALL, J.-M. Architecture bretonne, étude des monuments du diocèse de Quimper. Diocèse Quimper Léon. Bulletin de la Commission diocésaine d´Architecture et d´Archéologie de Quimper, t. II, 1902, p. 72-89.

    - BARROIS, Ch. Excursion de Châteaulin à Brest et à l´île de Térénez, la poudrière de Prioly, le moulin de mer. Bulletin de la Société géologique de France, 2ème série, t. XIV, 1886, p. 672-676.

    - BAYLE, Jeanne. L´architecte quimpérois Joseph Bigot (1807-1894). Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1977, p. 219-275.

    - BOURDE DE LA ROGERIE, H. Liste des juridictions exercées au XVIIe et au XVIIIe siècles dans le ressort du présidial de Quimper. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. XXXVII, 1910, p. 240-291 ; t. XXXVIII, 1911, p. 253-280.

    - BRAS, Patrick. Les enclos paroissiaux et l´argent. L´arrière-plan financier des réalisations artistiques en Cornouaille finistérienne aux XVIIe et XVIIIe siècles. Mémoire de maîtrise, Université de Brest, 1985.

    - BROUSMICHE, J.-F. Voyage dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831. Quimper, 1977.

    - CAMBRY, M. de. Catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère. Quimper, an III.

    - CAMBRY, M. de. Voyage dans le Finistère ou état du département en 1794 et 1795. Paris, 1799.

    - CASTEL, Y.-P. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Quimper, 1979.

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    - CHAURIS, Louis. Géologie et histoire de l´architecture : la provenance des pierres utilisées dans la construction des édifices religieux de la région morlaisienne. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXXII, 1993, p. 225-273.

    - CORNEC, J.-P. Inventaire provisoire des cadrans solaires du Finistère. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1984, p. 347-376.

    - COUFFON, René. Iconographie de la mise au tombeau en Bretagne. Mémoires de la Société d´histoire et d´archéologie de Bretagne, t. XXX VIII, 1958, p. 5-28.

    - COUFFON, R., LE BARS, A. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper, 1988.

    - DARNEY, Alain. La poudrerie de Pont-de-Buis, 1688-1988. Quimper, 1988.

    - DUCHATELLIER, Armand. Recherches statistiques sur le département du Finistère. Nantes, 1835.

    - DUVAL, Michel. La régie des forêts nationales dans le Finistère sous la Révolution (1789-1795). Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1990, p. 265-269.

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