Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Poste de projecteur : abri de combat et de jour pour un projecteur de 150 cm et usine électrique, Ilot du Diable (Roscanvel)

Dossier IA29001327 inclus dans Vestibule et rade de Brest : ensemble fortifié (19e siècle) réalisé en 2002
Dénominations abri, blockhaus, casemate, édifice logistique, poste d'observation, centrale électrique
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Roscanvel
Lieu-dit : Ilot du Diable
Cadastre : C 539

Fonction : défense de l'entrée du goulet de Brest contre une éventuelle prise à revers de la pointe des Espagnols.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Murs béton armé
Toit béton en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée
Couvertures terrasse
Énergies énergie électrique
produite sur place
moteur thermique
États conservations désaffecté, envahi par la végétation, mauvais état
Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler
Sites de protection site classé

Annexes

  • BATTERIE DE LA FRATERNITE ET ILOT DU DIABLE par Philippe Truttmann.

    Situation : sur la côte ouest de la presqu'île de Quélern, entre la pointe de Trémet et la pointe de Cornouaille[s], se trouve une petite crique avec une plage, constituant l'extrémité d'un talweg assez profond, entaillant la partie nord de la presqu'île.

    La batterie de la Fraternité est implantée sur un promontoire au Nord de cette crique, l'îlot du Diable constituant le promontoire sud.

    1. BATTERIE DE LA FRATERNITE

    HISTORIQUE SOMMAIRE

    On possède peu de choses concernant cet ouvrage : un plan du Génie de 1811 la représente construite dans son état actuel et armée de 6 pièces de 36 livres de balle sur affûts de côte, voisinant avec une batterie dite "batterie du Diable", implantée en fond de crique, armée de 4 pièces de 12 livres de balle, et aujourd'hui disparue. Une table-répertoire du Grand Atlas du Génie établie vers 1860 la désigne "construite en 1780 par l'Etat".

    Par recoupements, on peut admettre qu'elle a été construite un peu avant et sous la Révolution (d'où son nom), modifiée dans la seconde moitié du 19e siècle, et, qu'ayant perdu progressivement son importance, elle disparaît du dispositif défensif à partir de 1870.

    La mission de cet ouvrage était de battre la baie de Camaret et d'y interdire le mouillage aux navires ennemis, avec une mission annexe d'interdiction de la petite crique qu'elle domine.

    DESCRIPTION

    L'ouvrage est implanté au sommet d'un promontoire rocheux à parois à peu près verticales dominant la petite crique du Diable au sud, la baie de Camaret à l'ouest. Le terrain sensiblement horizontal à l'arrière, et vers l'intérieur des terres, s'incline vers la mer où il se termine sur l'à-pic de la falaise.

    L'ensemble est entouré d'une enceinte défensive à plan trapézoidale, se décomposant en une petite base très courte à l'est, faisant face à l'intérieur des terres deux branches tombantes assez longues fichant perpendiculairement à la côte où elles s'arrêtent, et une grande base libre constituée par le sommet de la falaise.

    A l'intérieur de cette enceinte, on trouve :

    - A l'est, sur la partie plane, les bâtiments à usage de la garnison et des munitions.

    - A l'ouest, au-dessus de la falaise, la batterie proprement dite.

    Ces deux éléments étant séparés par un massif en terre servant de parodos à la batterie et de masque protecteur au casernement.

    Enceinte : elle entoure la batterie sur les trois côtés accessibles (nord, est et sud), le quatrième, c'est à dire le rebord de la falaise étant laissé libre. L'enceinte est constituée par un mur défensif en maçonnerie de moellon, de schiste bruns, assez grossière, couronné d'un chaperon dépassant, à deux pentes, de même construction que le mur. Ce mur est percé de créneaux de fusillade disposés à intervalles réguliers.

    La face est, très courte (petite base de trapèze) est actuellement effondrée.

    Branche tombante nord (ou face nord) : tracé rectiligne. Elle comporte au milieu une partie exhaussée percée d'un portail à arc surbaissé à clavaux en gros appareil et montants harpés. A l'extrémité ouest, le mur comporte deux décrochements successifs afin de compenser la pente.

    Branche sud : identique à la branche nord à l'exception des détails suivants :

    - Portail partiellement muré et réduit à une simple porte pour piéton.

    - Portail flanqué par un décrochement du tracé.

    - Extrémité ouest inclinée parallèlement à la pente du terrain (par opposition à cette même partie de la branche nord tracée en gradins).

    Un petit corps de garde et une guérite en maçonnerie grossière sont adossés à l'intéreur du mur d'enceinte à droite du portail d'entrée.

    Bâtiments centraux : implantés dans la partie haute de l'ouvrage, c'est à dire la plus en retrait par rapport à la mer, ils constituent un ensemble à plan en T régulier, dont la branche nord-est / sud-ouest (orientée suivant le grand axe de l'ouvrage) est constituée par le magasin à poudre et la branche transversale nord-ouest / sud-est, parallèle au front, est constitué par la caserne.

    Magasin à poudre : petit bâtiment rectangulaire voûté en berceau (petit appareil de grès) et surmonté d'une toiture en bâtière, dallée en granite, avec corniche moulurée à larmier sur les murs latéraux. Porte à double feuillure, intérieure et extérieure, percée dans le pignon est. Murs latéraux percés de barbacanes d'assèchement [évents d'aération], à tracé chicané. Autour du magasin, enclos de sécurité avec mur d'enceinte rectangulaire exhaussé à l'est, et dont le côté nord-ouest est constitué par le mur de fond de la caserne. On pénètre dans cet enclos par une porte percée dans le grand côté nord.

    Caserne : bâtiment rectangulaire à un seul niveau, présentement ruiné constituant en quelque sorte la branche transversale d'un T dont le magasin à poudre serait le montant. Ce bâtiment est orienté face à l'ouest, c'est à dire parallèle au front de la batterie. Il borde la route de service traversant l'intérieur de la batterie et joignant les deux portails nord et sud. Il ne reste plus en place que des encadrements d'ouvertures et des pans de mur. Toutefois, le plan est encore lisible, il comporte :

    - Une grande pièce centrale délimitée par deux murs de refend sans ouverture avec cheminée dans l'axe du mur est.

    - Deux pièces symétriques recoupées dans leurs axes par deux murs de refend perpendiculaires, délimitant quatre pièces symétriques communiquant entre elles par une porte.

    - A chaque extrémité : deux couloirs allongés formant vide sanitaire, ouverts à l'ouest d'une sorte de meurtrière et à l'est, d'une porte.

    Ouvertures rectangulaires à linteau monolithe, piedroits harpés, feuillure extrérieure et intérieure pour les portes, toutes deux dotées de gonds (double-porte).

    A l'angle ouest, encore debout, est pratiqué une haute ouverture en forme de meurtrière, à feuillure, portant les traces de deux barreaux de fer perpendiculaires.

    Batterie proprement dite : elle occupe la partie ouest de l'ouvrage, au sommet de la falaise et en contrebas des bâtiments centraux. Fermée à l'arrière par une levée de terre rectiligne, qui forme parados, dans laquelle est ménagé un passage pour les mouvements du matériel, elle est constituée par :

    - Un terre-plein central.

    - Un parapet en terre tracé en redan obtus, à face inégales, soutenu par un mur de genouillère en maçonnerie de moellon de schiste. Ce mur comporte des évidements concaves correspondants au logement des têtes de lisoirs ou de châssis des affûts des pièces, dont les goujeons de pivot émergent encore de la plate-forme (armement type du milieu du 19e siècle).

    - Au centre du terre-plein central, se trouve un tas de décombres constitué par les ruines du four à boulets.

    Accès : on accède à la batterie par une route empierrée partant de la route stratégique Camaret-Pointe des Espagnols.

    Remarque : de l'examen des vestiges de la caserne, on trouve des similitudes avec le même bâtiment de l'îlot des Capucins.

    2. ILOT DU DIABLE

    Ilot rocheux bordant au Sud la petite crique.

    Accès : l'accès se fait par une petite route en lacets, partant de la route stratégique Camaret-Pointe des Espagnols. Cette route descend dans le talweg et franchit la grève de la crique par une chaussée en remblai soutenue de chaque côté par un mur en maçonnerie, puis sur un petit pont servant de palier inférieur à un escaler rectiligne taillé en tranchée dans le massif rocheux de l'îlot, à l'extrémité est de celui-ci.

    Organisation : l'îlot proprement dit a été organisé vers 1890 comme poste de projecteur électrique éclairant le vestibule du goulet et la rade de Camaret. On ne trouve aucune trace d'une occupation antérieure.

    Cette organisation consiste en une tranchée sensiblement est-ouest, pratiquée artificiellement dans le versant nord de l'îlot et conduisant à l'extrémité ouest au poste de projecteur, bâtiment léger en béton armé comportant un abri-remise pour le projecteur lorsque celui-ci n'est pas en service (voie ferrée étroite, avec plaque tournante, scellée dans le sol).

    A mi-chemin entre l'escalier d'accès et le poste de projecteur, la tranchée s'élargit en une plate-forme où sont implantées :

    - L'usine électrogène : bâtiment rectangulaire à un seul niveau et à toiture-terrasse en béton armé. Bâtiment en dur, mais sans protection réelle.

    - Les citernes : cuve parallélipipédique en béton armé.

    L'usine est protégée en fait par sa position défilée dans l'excavation, et vers l'avant par une traverse formant ponceau sur la tranchée, qui la garantit des coups du large.

    Au sommet de l'îlot : petit observatoire bétonné léger.

    3. ANCIENNE BATTERIE DU DIABLE

    Pour mémoire. Batterie en terre à ciel ouvert pour 4 pièces qui se trouvait sur un replat encore visible derrière l'îlot, au-dessus de la crique qu'elle prenait d'enfilade. La batterie a été rasée, probablement au milieu du 19e siècle.

    4. FOUR A CHAUX

    Encastré dans la contre-pente sud du promontoire portant la batterie de la Fraternité. C'est une tour tronconique construite sur embase parallélipipédique, le tout soigneusement maçonné.

    CONCLUSION

    Il s'agit d'un ensemble d'éléments sans grands rapports fonctionnels ou chronologiques entre eux mais disposés dans un site rocheux de grande beauté. La batterie de la Fraternité semble l'exemple même d'une erreur d'implantation tactique ou du moins d'un ouvrage d'importance disproportionnée avec une position tactique secondaire, sinon de médiocre intérêt. La sanction en a été un abandon rapide, surtout par comparaison avec les ouvrages voisins (par exemple : Cornouaille[s]) périodiquement refondus lors d'une longue vie active qui s'étend de Vauban au Mur de l'Atlantique. L'îlot du Diable n'est lui, qu'une organisation accessoire récente, sans possibilités de tir.

  • COUDURIER (l.), Brest et ses environs, De Brest au Conquet par le chemin de fer électrique, Brest, 1904, 336 p. (CRBC : D 5167).

    Toulbroc'h

    "Les travaux de fortifications qui ont été effectués ici depuis quelques années sont considérables. Le sol a été bouleversé. Ce ne sont partout que mystérieuses casemates, magasins de munitions, canons de toutes dimensions, les uns très vieux, les autres très modernes ; tranchées, abris cuirassés, instruments de destruction perfectionnés et agencés avec art.

    Malgré tout cet appareil guerrier, malgré ce formidable arsenal d'engins défensifs, on a, malgré soi, la sensation qu'il ne ferait pas bon de flâner derrière ces remparts, le jour où des escadres ennemies inonderaient Toulbroc'h de fer et de feu.

    Chaque mardi, une fois la nuit venue, les hautes falaises du voisinage s'inondent de lumière électrique. Les rayons d'énormes projecteurs surgissent de la masse sombre des batteries et s'en vont fouiller toutes les anfractuosités de la rade, cherchant le torpilleur silencieusement ancré au fond de quelque baie, ou rôdant, comme un rapide poisson vorace, à la recherche de sa proie.

    L 'électricité, fournie par un moteur soigneusement abrité, aveuglerait l'adversaire après l'avoir découvert, tandis que nos artilleurs, accourus à leurs pièces, enverraient des ouragans irrésistibles à l'ennemi assez audacieux pour s'aventurer dans ces parages.

    Nous n'avons ni le désir ni le droit de décrire cette forteresse, dont les travaux de construction furent marquées, il y a quelques années, par un drame assez bizarre :

    Un jour, au matin, un ouvrier maçon fut trouvé mort dans son lit. Le décès parut suspect. Le parquet de Brest ouvrit une enquête qui aboutit à l'arrestation du gardien de batterie, lequel fut ensuite relâché. L'affaire fit grand bruit à l'époque ; elle est oubliée aujourd'hui ; sauf à Toulbroc'h, où les marsouins des 5e et 6e compagnies du 6e régiment d'infanterie coloniale en parlent encore, le soir, à la chambrée, autour du poêle.

    Ces chambrées sont, comme celles du Minou, installées dans des baraquements assez sommaires et où, par les nuits de brise glaciale, on ne doit pas être précisément à l'aise. Nos braves coloniaux ne sont pas difficiles, mais il serait temps que l'on se décidât à loger un peu plus confortablement ces sentinelles d'avant-garde.

    En attendant, les marsouins s'arrangent comme ils peuvent. Les sous-officiers vivent en "popote", et la cantine tenue par mademoiselle Simon leur vend seulement le vins et les liquides variés.

    Le touriste altéré peut, au besoin, entrer dans le casernement, avec l'autorisation du caporal de garde. Mademoiselle Simon se fera un véritable plaisir de lui préparer une omelette et de lui verser un bon petit vin blanc.

    Il existe également au Toulbroc'h un auberge où l'on trouve, suivant la formule consacrée, "à boire et à manger"".

  • 20032901868NUCA : Archives Départementales, Finistère

    19702900066Z : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes

    19712902383NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902384NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Atlas des batteries de côte. Plan.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes
(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume