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Port du Vallais (Saint-Cast-le-Guildo)

Dossier IA22001032 inclus dans Patrimoine maritime : architecture littorale et portuaire (Saint-Cast-le-Guildo) réalisé en 2002

Fiche

Appellations Le Vallais
Parties constituantes non étudiées cale, jetée, quai
Dénominations port
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Saint-Cast-le-Guildo
Lieu-dit : les Vallais
Cadastre : 1983 AC non cadastré ; Domaine Public Maritime

Le port du Vallais est le premier port "moderne" de Saint-Cast, après le havre de Port Jacquet, utilisé communément depuis la fin du 17e siècle, par les embarcations de pêche côtière et surtout les navires marchands, qui commercent avec Saint-Malo, transportant le poisson frais, les huîtres, les productions agricoles et surtout les platins de Saint-Cast, pour la construction de la ville de Saint-Malo. Le port du Valais relève de l'inspection des douanes de Saint-Servan. Un poste des douanes, situé au-dessus de la cale Jacquet, près du baromètre, surveille la côte et contrôle le trafic portuaire. En 1830, le port de Saint-Cast reçoit la visite de 170 navires totalisant 11.443 tonneaux. Des navires de 50 tonneaux viennent s'échouer régulièrement dans l'anse de la Vache, à quelque centaines de mètres de la carrière. Un projet de jetée ou brise-lames servant de débarcadère et de digue-abri jusqu'au rocher de la petite Feuillâtre, serait nécessaire pour améliorer l'accostage des bateaux, pouvoir augmenter leur tonnage, accueillir une station de pilotage, apporter les engrais minéraux utiles à l'agriculture. Une petite cale de 1 m de hauteur et de quelques mètres de longueur subsiste à l'est du projet initial. Les délibérations du conseil municipal vont se succéder en vain de 1860 à 1877, date à laquelle le Conseil Général des Côtes du Nord entend les doléances des Castins et demande la réalisation d'une jetée insubmersible de 80 mètres de longueur. Mais les deux avant-projets seront refusés par l'Etat, car jugés trop coûteux. Une seconde proposition plus modeste est projetée en 1882 au fond de l'anse entre la pointe du Vallais et la pointe sud de Fort-La-Lande, où la commune se propose d'établir un chemin vicinal de l'Isle St-Cast à la cale, et de fournir les pierres de construction, disponibles dans la carrière toute proche. Les latins de la carrière de Besnault (village de Lesrot) sont transportés à l'aide de civières par les ouvriers appelés perriers ou perrayeurs jusqu'à l'anse proche de la vache, où les bateaux viennent échouer sur des fonds d'herbier. Un argument nouveau vient relayer la requête de la commune, après la sécurité maritime, la création d'une station balnéaire. Mais les tergiversations vont encore durer entre la commission nautique locale, les représentants du Conseil général et des Ponts et Chaussées, avant qu'un compromis soit enfin trouvé en 1885. L'adjudication des travaux a lieu en septembre 1886 à la grande satisfaction des 160 pêcheurs de Saint-Cast, qui arment 30 bateaux. L'entrepreneur Lesaux peut commencer les travaux. Le plan définitif de la cale-débarcadère du Vallais jusqu'au rocher de la petite Feuillâtre (qui sera en partie dérasé pour l'occasion) prend forme sous le dessin de l'ingénieur ordinaire de la DDE Chicoineau en 1890. 5 aqueducs seront disposés pour permettre le mouvement des eaux à l'intérieur de la cale. Le chemin de l'Isle à la cale, large de 6 m est classé par la commission départementale en P.V. (petite vicinalité). Les marins-pêcheurs apportent leur contribution sous forme de journées de prestations volontaires. le projet définitif prolongera le quai sur une longueur de 47 mètres, avec un escalier de pierre, réalisée dans la roche, et un sentier pour faciliter le débarquement par mer calme, avant que la cale ne soit accostable. En 1892, le conseil municipal souhaite un nouvel équipement portuaire, soit une cale de radoub, s'appuyant sur un quai, pour faciliter le débarquement des marchandises (engrais marins et galets), entre son enracinement et la cabine des Ponts et Chaussées et des douanes (actuelle maison des plaisanciers). La nécessité d'un perré avec terre-plein au nord de la cale complètera au début du XX° siècle (1902-3) ce dispositif portuaire, pour accueillir les marchandises en transit (charbon). En 1925, la cale est en triste état et devra être restaurée maintes et maintes fois, en attendant la réalisation de la digue insubmersible de la pointe de l'Isle en 1970 et les enrochements de consolidation de l'anse à la Vache. En 1938, le conseil municipal projette de nouveau de rallonger la cale jusqu'au rocher de la grande Feuillâtre et de Bec Rond, en vain. En 1949, un projet de grand port est proposée par Ange Fromont, président du syndicat des marins pêcheurs de la cale du bateau de sauvetage, à la pointe de l'Isle jusqu'au rocher de la grande Feuillâtre, pour ceinturer la baie. Ce projet, qui préfigure un port en eau profonde sera repris 50 ans plus tard. Le plan régional d'équipement nautique de 1960 aura cependant permis les aménagements portuaires et les grands travaux tant attendue les années suivantes : la cale en béton du Vallais, le prolongement du terre-plein autour de la future "Maison des plaisanciers", la création d'un parking automobile, les locaux de l'école de voile et les aménagements du nouveau port, sous la conduite de l'architecte Mr Coulombeau : enrochement de l'anse à la Vache, route du sémaphore, dérochage de la plage de la Fresnaye, digue, jetée insubmersible, cale de mise à l'eau, terre-plein. Mais la tempête de 1987 allaient anéantir une bonne partie de ces efforts d'aménagement du nouveau port à échouage. Un projet de port en eau profonde pour la pêche et la plaisance est aujourd'hui en projet pour la première décade de l'an 2000 : une digue devrait enfin relier les rochers de la Feuillâtre et de Bec Rond, avec un seuil, pour ceinturer le port et assurer un meilleur abri aux bateaux. Cependant, le port du Vallais est toujours utilisé par les marins-pêcheurs et les plaisanciers, pour caréner leur bateau, effectuer une réparation, ou utiliser les commodités d'un échouage, à l'abri de la digue, ou encore pour remonter sur la cale des embarcations de moindre tonnage. Aujourd'hui, l'appellation courante de port du Vallais englobe le nouveau et l'ancien port, avec une rue principale qui longe l'ensemble des équipements portuaires.

Période(s) Principale : 18e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 19e siècle

La morphologie du port de l'Isle, ouvert au nord, protégé par une longue digue d'enrochements, de la houle de nord-ouest, et par deux petits îlots, qui freinent l'entrée des vagues, abrite l'ancien port du Vallais. Le port du Vallais est constitué d'une jetée de 120 mètres de long et de 3,50 mètres de large, accessible des deux côtés, avec une pente de 10%, s'appuyant sur le rocher du Boulou, surmonté d'un perche de balisage. Cette digue (appelée "baste" en Gallo local) est perpendiculaire à la côte, ouvrage typique de la Manche et de l'atlantique, dans une mer à marée, parcourue par des sables et des galets et les courants de nord-ouest, longeant la côte. Elle protège l'entrée du port des vents et courants dominants, en particulier en conférant à l'ouvrage, une certaine inclinaison. La plus grande hauteur de cette digue est à sa base de 14 mètres. Elle est constituée de trois parties dans le même prolongement, qui forment un dénivelé progressif : une première partie longue de 30 m, une seconde de 15 m, avec le plus fort dénivelé, une troisième de 70 m environ. Cette jetée est réalisée en pierre de Saint-Cast et en granite gris et jaune. Trois échelles en fer, situées à l'est la desservent. Cette digue est complétée par un quai et une cale abri plus pentue (20%), en granite, longue de 50 mètres, recouverte de béton, et tenue par des murs en pierre de Saint-Cast et en granite, qui soutiennent le terre-plein ou môle. Le quai insubmersible en pierre de taille mesure 5 m de large sur 12 m de hauteur. La maçonnerie est en mortier de ciment de Portland. Les fondations sont assises sur les rochers, avec des moëllons bruts de parement (sable de Rance). A l'intérieur, la maçonnerie est en pierres sèches. Le nouveau quai fait un angle de 82° avec la jetée. On peut remarquer l'ébauche du quai sur les documents photographiques du 1°quart du 20e siècle. Les bateaux de service, de plaisance, de pêche et de cabotage débarquent à marée basse au niveau du rocher, à l'extrémité de la digue, où une sentier aménagé entre les roches, permet de cheminer. Ces embarcations peuvent aussi venir à quai d'un côté ou l'autre de la digue ou jetée. Le jour des régates, le quai est "noir de monde". Une navette régulière en bateau à vapeur assure le trafic entre Saint-Malo et le port de Saint-Cast dès la fin du 19e siècle. Sur la partie est du quai, en contre-bas de la maison des plaisanciers, une nouvelle cale a été aménagée en béton, avec des blocs de soutènement cylindriques.

Murs granite
schiste
Plans plan allongé
Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • 20022215309NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Série S Suppl. 152.

    20022215234NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Série S Suppl. 152.

    20022215235NUCB : , Coll. Part.

    20022215198NUCB : Saint-Cast-le-Guildo, Coll. Part.

    20022215224NUCB : Saint-Cast-le-Guildo, Coll. Part.

    20022215232NUCB : Saint-Cast-le-Guildo, Coll. Part.

    20022215233NUCB : Saint-Cast-le-Guildo, Coll. Part.

    20022215328NUCB : , Coll. Part.

    20022215329NUCB : , Coll. Part.

    20022215347NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Série Fi, fonds Raison du Cleuziou.

    20022215348NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Série Fi, fonds Raison du Cleuziou.

Références documentaires

Bibliographie
  • AMIOT, Pierre. Histoire de Saint-Cast-le-Guildo des origines à nos jours. Bannalec : Imprimerie Régionale, 1990.