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Pont (Lézardrieux)

Dossier IA22014293 réalisé en 2009

Fiche

Précision dénomination pont routier
Dénominations pont
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Lézardrieux
Adresse Commune : Lézardrieux
Cadastre : 1983 C non cadastré ; domaine public

Le premier pont suspendu qui remplaça les bacs peu sûrs et incommodes ('confiteor') fut inauguré 10 juin 1840 et ouvert quelques jours plus tard à la circulation. Il fut remplacé 82 ans plus tard, en 1924-25, par un pont métallique, immortalisé à son neuvage par un toile de Signac. Ce pont suspendu était très exposé au vent et a valu un dicton local : ''Fenoz ne vo ket brav mont da cheñch roched war bont Lezardrev'. En février 1882, la circulation des véhicules de plus de 4 tonnes (PTC) fut interdite ainsi que les voitures attelées de plus de 3 chevaux. En août de la même année, l'ensemble de la suspension fut remplacé, en raison de la fatigue de l'ouvrage. Le projet initial 'tendant à l'édification d'une travée routière sur le bas Trieux' fut le fait d'une proposition de Ozou, entrepreneur, qui avait déjà réalisé à Tréguier le premier pont du Département (le 'Pont Canada'). En 1833, les conseils municipaux des communes de Paimpol et de Lézardrieux, dans un intérêt commun, décidèrent du cahier des charges du projet de 'pont suspendu et à péages'. Cependant, ce pont pouvait concurrencer le port de Pontrieux, plus en amont, qui ne pourrait plus recevoir des navires de commerce, portant haut leur gréements, sous le faîtage du pont. Néanmoins, le nouveau pont conçu par Ozou laissait le passage suffisant aux 'navires de 150 tonneaux à condition qu'ils franchissent le 'Trou-au-Feu' par basse mer, à l'étale'. Une ordonnance du Roi Louis Philippe, en date du 23 mai 1836, autorise la construction d'un pont suspendu sur la route départementale n°1 de St-Brieuc à Morlaix pour remplacer le bac du Goëlo. La concession du pont à péage est adjugée pour 26 ans à la société des frères Seguin, associée à Ozou de Tréguier. Les travaux commencèrent en 1836 et le pont fut inauguré en 1840. Le pont de Lézardrieux est un pont routier construit lors de l'aménagement de la voie ferrée d'intérêt local de Tréguier à Paimpol. Le nouveau pont fut construit en 1924 par les Ateliers de Bordeaux et les Ateliers du Temple à Cherbourg, sans interrompre la circulation, puisque la technique consistait à construire le nouveau tablier sous l'ancien (relevé de 1 mètre pour l'occasion), dont la chaussée était en bois. Ce nouveau pont, du type 'pont Cantilever rigide' fut l'œuvre de Gaston Leinekugel Le Coq, polytechnicien, ingénieur hydrographe de la Marine, après un premier projet de l'ingénieur des Ponts Harel de la Noë en béton de 1913. Il fut inauguré le 5 juillet 1925. Une fois l´ouvrage suspendu construit, l'ancien pont fut démonté. La voie du petit train fut supprimée en 1972. Entre 1988 et 1993, un important programme de rénovation de l'ouvrage avait été engagé par le Conseil Général des Côtes d'Armor. Le Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement fit au milieu des années 1980 un diagnostic très détaillé du pont de Lézardrieux, en observant la qualité de l'acier. La corrosion avait atteint la peinture et les structures métalliques. La remise en état de l'ouvrage débuta en 1987-1988 par la réparation de l'haubanage, le changement d'un câble et la peinture. En 1989-90, le système d'ancrage des haubans sur les premiers piliers en béton fut modifié. En 1990-91, on procéda à la peinture des pylônes et à la réparation du tablier métallique. Le chantier fut achevé en 1993.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Dates 1840, daté par travaux historiques
1924, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Vignon, architecte,

Le premier pont de Lézardrieux mesurait 152, 20 mètres de long entre les piles-culées et 4, 20 mètres de large pour le tablier, entre garde-corps. Le tablier était en sapin, soutenu par six câbles d'acier (composés par 304 brins en fer). Il était retenu par des tiges verticales espacées de 1, 20 mètre. Le pont surplombait de 30 mètres le niveau des marées ordinaires. A l'origine, ce tablier supportait une chaussée pour voie routière de 5 mètres, une voie ferrée métrique et un trottoir de 1, 45 mètre. Le nouveau pont utilise la technique à haubans, un peu différente du pont suspendu. En effet, dans le pont suspendu, les câbles qui soutiennent le tablier sont verticaux et sont eux-mêmes soutenus par un câble jeté d'une pile à l'autre. Dans le système par haubanage, le tablier est soutenu par 96 câbles, qui sont liés directement par les gougeons d'articulation aux extrémités du tablier sur les culées. Ils forment donc des diagonales. Cette dentelle de fer subit néanmoins l'érosion marine. Le pont mesure hors-tout 160 mètres de longueur et 11 mètres de largeur. La travée centrale mesure 111, 85 mètres entre les axes des piliers en béton armé et le noyau central vide. Les deux travées de rives qui bordent la travée axiale, ont chacune, 21, 37 mètres de longueur de tablier, compté de l'axe des pylônes à leur extrémité sur les culées. On a donc au total 164, 60 mètres de longueur. Les pylônes métalliques sont montés sur rotules. La hauteur du pont offre toujours un tirant d'air de 18 mètres au-dessus de la cote 12 mètres des plus hautes mers. Les paries basses du tablier sont à la cote 30, 17 mètres au-dessus du Trieux. La largeur du tablier est à l'intérieur des deux corps de garde en fer forgé est 10, 65 mètres.

Murs granite
schiste
acier
moellon sans chaîne en pierre de taille
béton armé
Typologies pont suspendu
États conservations bon état, restauré
Techniques maçonnerie

Le pont de Lézardrieux est à signaler pour sa qualité architecturale et son originalité.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Les bacs et passages du Trieux

    Nicole Chouteau (extrait)

    Sur le Trieux, trois bacs assuraient le passage et le transport des hommes, des bestiaux et des marchandises. L'un joignait les rives de Bodic à Ploubazlanec, par le lieu dit Pors Guen (rive gauche du Trieux) ; le deuxième, au passage du Goëlo, suivait le trajet du pont de Lézardrieux. A l'ombre de la chapelle, saint Christophe sur la rive gauche et saint Julien, sur la rive droite, veillaient à la sauvegarde des passagers. Le troisième bac partait de Pleudaniel, au lieu dit 'le Passage' et rejoignait Plourivo à 'Toull an Houillet', au pied de la chapelle de Lancerf. Un ultime passage enjambait le Leff à Frynaudour, où l'actuel pont de chemin de fer traverse cet affluent du Trieux.

    Après la Révolution, le Département reprit à son compte le service des bacs, avant sa disparition. Certains passages étaient encore assurés par des passeurs privés. Le bac de Lézardrieux disparut le premier en 1840 pour laisser place au nouveau pont, dont il fallait acquitter un droit de péage pour l'emprunter. Il fut remplacé en 1922 par un pont plus moderne.

    Yves Petibon fut l'un des derniers passeurs du Trieux.

  • Descriptif du pont actuel

    Patrick Pichouron.

    Le pont de Lézardrieux est un pont suspendu à haubans de 154 mètres de portée franchissant le Trieux en amont du bourg et du port de Lézardrieux, au passage dit de Goëlo, là où la rivière se resserre en raison d'un étranglement rocheux. L'ouvrage d'art, remanié depuis sa construction, reçoit un tablier métallique dont les extrémités reposent sur des arches en maçonnerie s'appuyant sur chaque culée en rive. Deux piles en béton armé supportent des pylônes métalliques (rapportés) accueillant les câbles porteurs ou de retenue.

  • ' Le 10 juin 1840, l'évêque de Saint-Brieuc bénissait, en présence d'une affluence considérable de spectateurs, le magnifique pont suspendu de Lézardrieux, sous lequel passent à pleines voiles les navires d'un fort tonnage. Ce même jour le préfet des Côtes-du-Nord le livrait à la circulation, et, sur la demande de l'architecte, M. Vignon, les dames patronesses de Lézardrieux et de Plounévez [sic] se faisaient péagères jusqu'au soir dans l'intérêt des pauvres de ces deux communes, auxquels cette journée rapporta 148 fr. 55 c. Les premiers travaux de ce pont avaient été commencés en juillet 1838. Depuis cette époque, Lézardrieux communique facilement et sans danger avec Paimpol, sans être obligé comme autrefois de traverser le bras de mer qui les sépare sur des bacs peu sûrs et fort incommodes ' (Jollivet).

  • 20092206444NUCB : Collection particulière

    20092206305NUCB : Collection particulière

    20092206441NUCB : Collection particulière

    20092206429NUCB : Collection particulière

    20092206565NUCB : Collection particulière

    20092206438NUCB : Collection particulière

    20092206422NUCB : Collection particulière

    20092205779PB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 2363.

    20092205648PB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 2338.

    20092206417NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 39Fi 171.

    20092206415NUCB : Collection particulière

    20092206425NUCB : Collection particulière

    20092206424NUCB : Collection particulière

    20092205826NUCB : Collection particulière

    20092206427NUCB : Collection particulière

    20092205647PB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 2339.

    20092206439NUCB : Collection particulière

    20092205999NUCB : Collection particulière

    20092206421NUCB : Collection particulière

    20092205777PB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 19 Fi 173.

    20092205768PB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 19 Fi 172.

    20092206416NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 19Fi 171.

    20092206426NUCB : Collection particulière

    20092206420NUCB : Collection particulière

    20092206399NUCB : , Henrard 26 Fi 192190.

Références documentaires

Bibliographie
  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, IV.

    p. 67
Périodiques
  • MOULY, Robert. Un inconnu à Lézardrieux : Gaston Leinekugel. In Les cahiers de la Presqu'île n° 13, Pleubian, 2008.

    pp. 3-18