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Phare de l'Île Harbour (Saint-Quay-Portrieux)

Dossier IA22009120 réalisé en 2007

Fiche

Dénominationsphare
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
AdresseCommune : Saint-Quay-Portrieux
Cadastre : Domaine Public maritime

L'Île Harbour, est appelée "Insula Herbora", selon les deux interprétations suivantes : pour l'une, seule île recouverte de végétation de la baie, pour l'autre, elle prit le nom de son ancien propriétaire, une famille de pêcheurs : "l'île à Rebours". Le site d'implantation du phare appartient au domaine maritime. Il y avait à l'origine trois constructions dont deux furent détruites. La fonction de ce phare est de signaliser le danger des écueils des roches de Saint-Quay et l'entrée de la rade de Portrieux. Le feu devait éclairer la passe étroite qui sépare les îles St-Quay du continent, qui représente la seule voie maritime praticable de la baie pour les navires qui se rendent aux ports de Portrieux, Binic, St-Brieuc, Dahouët et Erquy, en passant entre ces îles et les rochers des grands et petits Léjon. Ce furent les armateurs de la baie de St-Brieuc, qui firent l'avance des sommes nécessaires à l'administration pour achever la construction dans les meilleurs délais. En 1890, un rapport mentionnait que "le feu fixe de 5ème ordre de l'île Harbour ne présente qu'un intérêt secondaire pour la navigation depuis surtout l'allumage des feux de Portrieux et du Grand Léjon. Cependant, à raison de sa situation isolée en mer, il nécessite des dépenses élevées pour son entretien qui est confié à trois gardiens. Ces dépenses paraissent hors de proportion avec les services rendus". Ce fut la raison pour laquelle, on décida de faire l'essai d'un feu fonctionnant automatiquement, de façon permanente de jour et de nuit. La tentative s'avéra concluante, ce qui permit d'étendre ce dispositif à d'autres feux, dont Binic et Portrieux. Le feu des îles de St-Quay, au sommet nord-ouest de l'île Harbour, a été édifié en régie par le service des Phares et Balises entre 1847 et 1850, allumé le 6 mai 1850. Le feu fonctionnait au gaz de St-Marcet à l'origine. La maison-phare fut gardienné jusqu'en 1891 ; il est aujourd'hui automatisé. Considéré à l'origine comme un feu de 5ème ordre, il fut transformé en feu permanent en 1891. En 1928, les marins du "Syndicat des marins de Sous la Tour" à Plérin, réclamèrent sans succès, que la portée du feu soit plus faible, afin de ne pas le confondre avec les feux de terre. Le feu fonctionnait à cette époque au gaz d'acétylène dissous. Le feu fonctionne aujourd'hui grâce à l'énergie éolienne et à l'énergie solaire. Jean Dufour, menuisier de profesion, fut l'un des gardiens du phare au début du 20ème siècle. Selon la tradition orale, il aurait aménagé l'enclos en jardin potager et commencé à décorer les murets de motifs géométriques avec des coquillages.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1850, daté par travaux historiques

L'île Harbour est un îlot rocheux situé à 1, 8 km du rivage de Saint-Quay-Portrieux, face à la pointe de Saint-Quay encore appelée la pointe du sémaphore. Cette île, surmontée d'un feu datant de 1850 marquant l'archipel des îles Saint-Quay, est la plus haute de son archipel et la seule à abriter de la végétation. L'îlot a une superficie d'environ 25 ares. Le fanal de St-Quay est situé sur l'îlot Harbour, au large de St-Quay-Portrieux, à 1 mille et demi de la côte (2 km), au milieu de la chaîne de récifs portant le nom de 'Îles de St-Quay, protégeant les trois anses de la station balnéaire. Le fanal se compose d'une tourelle octogonale engagée dans un petit bâtiment de forme carrée de 7 m sur 7 m., comportant 3 ouvertures principales au sud (2 fenêtres et une porte) et 2 petites ouvertures à l'est et à l'ouest (fenêtres). Le bâtiment dispose d'un sous-bassement de 1 m de hauteur en pierres taillées de granite gris, avec 5 marches. La tour supportant la lanterne est entourée d'une balustrade. La maison accolée était destinée au logement du gardien. L'ensemble de l'édifice a un plan au sol globalement carré. La tourelle surmonte le faîtage de la maison sur sa façade postérieure. La hauteur de l'édifice au niveau du sol est de 13 m. A l'Ouest du phare, un enclos (autrefois jardin) de 25 m de côté est aujourd'hui en friches. La tour carrée a été construite en maçonnerie de pierres apparentes (granite gris), encastrée sur un bâtiment rectangulaire, avec chaînes d'angles. La maison-phare et sa tourelle sont peints en blanc pour la partie inférieure, avec partie supérieure rouge. On peut remarquer l'inscription en rouge sur fond blanc "Harbour" sur la façade Nord et le dessin d'une étoile peinte de couleur rouge sur la façade ouest (avec une seule petite ouverture). La lanterne peinte de couleur rouge est située sur la tourelle. Le feu domine de 5, 50 m le niveau des plus hautes mers, mais un écrêtement, nécessité par la forme irrégulière du rocher, a abaissé ce niveau de 1 m, de sorte que le pied de l'édifice se trouve à 0, 50 m. Remarques : les gardiens ont décoré avec des coquillages incrustés dans le ciment les murets et les escaliers extérieurs. Les deux pilastres en granite rose, au bout de la rampe d'accès, sont sculptés avec une ancre de marine et l'étoile du service des phares. La rampe d'accès est réalisée en moellons de granite avec un chapeau plate en pierre taillées (granite). Les murs de soutènement le l'enclos Est mesurent 5 m de hauteur. L'ancien kiosque a disparu. Le belvédère sud-est, où étaient situés les atelier, mesure environ 3 m sur 4 m avec un muret de 0, 80 m de haut. La cale débarcadère est construite en moellons de granite, avec un revêtement en ciment. Elle mesure 35 m de long, 3 m de large et 2, 50 m de hauteur avec une pente de 5%.

Mursgranite
béton
moellon
Toitciment amiante en couverture
Plansplan carré régulier
Couverturestoit à deux pans
Énergiesénergie solaire
énergie éolienne
États conservationsbon état
Techniquesmaçonnerie

Le phare de l'Île Harbour mérite d'être signalé comme une architecture littorale faisant partie du patrimoine des Phares et Balises. Aucune transformation architecturale n'est intervenue sur ce fanal depuis sa construction au siècle dernier. Cette maison-phare mériterait aujourd'hui de trouver une fonction complémentaire à son usage de signalisation, afin que le bâtiment puisse être habité et entretenu régulièrement, et servir doublement les navigateurs (gîte marin pour les randonneurs côtiers).

Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Exécution des travaux du phare (synthèse d'après recherches en archives ; sources : AD 22, S. Suppl. 588).

    Les travaux furent réalisés en régie par le Service des Phares, parce qu'aucun entrepreneur n'accepta l'adjudication des ouvrages à exécuter. Ils débutèrent en 1847. Les maçonneries du fanal étaient terminées en février 1848. Il ne restait qu'à réaliser les planchers, la couverture et les travaux d'aménagement intérieur ainsi que la mise en place de l'appareil.

    Cependant, le projet qui comprenait l'établissement d'un logement et d'une tourelle carrée destinée à porter l'appareil d'éclairage s'avéra, en cours d'exécution beaucoup moins économique que ce qu'on avait prévu. On s'aperçut qu'on n'avait pas tenu suffisamment compte, dans l'évaluation des dépenses, des difficultés et des sujétions que présente un travail en mer. Des augmentations considérables de crédits furent nécessaires et les travaux se ralentirent. Mais les armateurs de la baie de Saint-Brieuc, impatients de jouir de l'amélioration que devait leur apporter ce feu, firent l'avance des sommes nécessaires pour achever la construction.

    Transformations architecturales

    En 1890, les ingénieurs du Département proposent la construction d'un magasin aux huiles au phare de l'île Harbour ainsi qu'au phare de Portz-Don. Ce projet ne sera pas accepté pour le premier phare car à la même époque le service central faisait l'étude d'un procédé d'éclairage pour ce phare rendant inutile la cnstruction d'un bâtiment pour magasin aux huiles.

    Aucune transformation architecturale n'est intervenue sur ce fanal depuis sa construction au siècle dernier.

    Modification d'éclairage du feu

    L'appareil d'origine consistait en un fanal catadioptrique alimenté à l'huile minérale.

    En 1890 un rapport mentionnait que "le feu fixe de 5ème ordre de l'île Harbour ne présente qu'un intérêt secondaire pour la navigation depuis surtout l'allumage des feux de Portrieux et du Grand Léjon. Cependant, à raison de sa situation isolée en mer, il nécessite des dépenses élevées pour son entretien qui est confié à trois gardiens. Ces dépenses paraissent hors de proportion avec les services rendus". Aussi, après étude, on décida de faire à l'île Harbour, pour la première fois, l'essai d'un feu fonctionnant de façon permanente nuit et jour. L'essai de ce feu automatique eut lieu en 1891. C'est la proximité de la terre et la possibilité d'accostage presque en tout temps qui ont fait choisir ce point pour un essai de feu permanent en mer. Tentative concluante qui va faire penser que l'opération pouvait être étendue à d'autres feux sur la côte, par souci d'économie de personnel.

    Le Feu permanent à l'huile de pétrole de l'Île Harbour fut allumé à titre provisoire le 23 août 1891 et définitivement en 1893. Caractéristiques : feu fixe blanc, permanent, fonctionnant à l'origine au pétrole, de 1891 à 1893. En 1899, on établit, à la demande des marins, un secteur rouge pour mieux signaler les passes des "Hors" et de "Caffa", dangereuses pour les bateaux louvoyant pour rentrer au port du Légué ou celui de Binic, ainsi que pour ceux allant dans la rade des îles St-Quay. En 1911, le feu fut renforcé par l'éclairage à incandescence par l'acétylène dissous. En 1935, le feu fixe blanc, avec secteur rouge de l'île Harbour a été transformé en feu à occultations groupées par deux toutes les 8 secondes, alimenté par le gaz propane.

    En 1977 : installation d'un aérogénérateur sur la tourelle, qui alimente des accumulateurs. Le dispositif d'alimentation est complété par un générateur solaire photovoltaïque.

    Description de l'édifice : isolé en mer sur un écueil.

    Situation d'approche : latitude nord : 48'40'02", longitude ouest : 2'48'32".

    Architecture du bâtiment (Plan masse) :

    Le fanal se compose d'une tourelle octogonale engagée dans un petit bâtiment. La tour supportant la lanterne est entourée d'une balustrade. La maison accolée était destinée au logement du gardien. L'ensemble de l'édifice a un plan au sol globalement carré. La tourelle surmonte le faîtage de la maison sur sa façade postérieure.

    Dimensions principales de l'édifice :

    Hauteur de l'édifice au dessus du niveau du sol 13 mètres. Hauteur de l'édifice au dessus du niveau des plus hautes mers 18,70 mètres. Hauteur du foyer au dessus du niveau du soi : 10,50 mètres. Hauteur du foyer au dessus du niveau des plus hautes mers : 16,20 mètres.

    Elévation et distribution intérieure par niveau

    Le bâtiment ayant servi au logement du gardien a 7,10 mètres de longueur sur 6,45 mètres de profondeur. Sa hauteur est de 4,40 mètres mesurée du sol au sommet de la corniche. Les murs de fondation ont été construits à 0,30 mètre en dessous du niveau du sol et s'élèvent verticalement de 0,90 mètre, hauteur où ils font retraite à l'intérieur. La maçonnerie s'élève ensuite jusque la corniche pour les longs pans et jusqu'au sommet de l'édifice pour les pignons. La tourelle supportant la lanterne est engagée au milieu du long pan de la façade postérieure. Elle présente une saillie de 0,30 mètre sur la maçonnerie du long pan.

    La tourelle globalement de forme carrée est composée d'un mur de fondation de 0,30 mètre de hauteur à base carrée de 2,70 mètres de côté, d'un socle de 0,60 mètre de hauteur formant un rectangle à la base de 2,40 mètres sur 2,45 mètres, d'un fût de 6,80 mètres de hauteur formant à la base un carrée de 2,40 mètres de côté tronqué sur les deux arêtes extérieures, d'une corniche de 0,40 mètre de hauteur et faisant une saillie de 0,30 mètre sur les maçonneries inférieures. Cette corniche est surmontée d'une plate forme entourée d'une balustrade ayant 0,80 mètre de hauteur et supportant le soubassement de la lanterne constitué par un cylindre droit à base circulaire de 1,65 mètre de hauteur. La tour est pleine jusqu'à une hauteur de 1, 10 mètre. A partir de ce niveau elle présente un vide intérieur cylindrique de 0,70 mètre de rayon contenant l'escalier d'accès à la plateforme. Celui-ci possède un noyau plein de 0,20 mètre de diamètre formé par le prolongement des marches.

    La maison s'élève sur deux niveaux. On accède au premier étage par l'escalier contenu dans la tourelle. Le rez-de-chaussée est composé de deux pièces principales placées en avant et deux autres identiques plus petites situées en arrière et séparées par la tour. Le premier étage est formé d'un grenier plafonné. Il comprend deux pièces et un petit vestibule où débouche l'escalier.

    Circulations et ouvertures :

    L'escalier de la tourelle met en communication les différentes parties de l'édifice. Il comprend 39 marches et est formé de trois révolutions.

    Quatre fenêtres éclairent les trois pièces du rez-de-chaussée, deux sur la façade principale orientée au sud ouest, deux autres plus petites sur la façade postérieure située dans le nord est, façade où est engagée la tourelle. Les deux fenêtres de la façade sud-ouest encadrent la porte d'entrée de la maison à laquelle on accède au moyen de trois marches.

    Chacune des deux pièces du premier étage est éclairée par une fenêtre rectangulaire pratiquée dans chacun des pignons de l'édifice.

    Deux fenêtres placées l'une au-dessus de l'autre éclairent l'intérieur de l'escalier situé dans la tourelle. Elles sont ouvertes du côté de la façade postérieure.

    Commentaires pour la mise en œuvre :

    Les matériaux utilisés dans la construction sont la pierre de taille de granit et des moellons smillés. Toutes les pierres employées proviennent des rochers de l'île. La tourelle a été entièrement réalisée en pierres de taille ainsi que l'escalier qu'elle contient. Les quatre murs verticaux de la maison sont en pierres de taille depuis le niveau des fondations jusqu'au rez-de-chaussée. Leur partie supérieure est en moellons smillés à l'exception des chaînes d'angles, de la corniche, des appuis, linteaux et montants des ouvertures et du petit perron extérieur réalisés en pierres de taille.

  • 20072207884NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207889NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207898NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207900NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207899NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207897NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207896NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207895NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207894NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207893NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207892NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207891NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207901NUCB : Collection particulière

    20072207890NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207888NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207887NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207886NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207883NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 588.

    20072207990NUCB : Collection particulière

    20072207992NUCB : Collection particulière

    20072207991NUCB : Collection particulière

    20072207882NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S Art. 550.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série S art. 588. Fanal de l'Ile Harbour : plan de la rade de Portrieux, premiers plans 1846-1851.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série Supplément 588. Plan : phare de l'Île Harbour (1897) et fanal de Portrieux (1846-1851).

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : Fi, non coté, fonds Barat : collection de vues du Portrieux, photographies noir et blanc, datées de la fin du 19ème siècle à 1920 par Jean-Baptiste Barat, photographe, né en 1855.

Bibliographie
  • AMICEL, Corinne. Inventaire des phares et fanaux des Côtes d'Armor. Rennes 2 : Université de Haute Bretagne, maîtrise d'histoire, sous la direction de Jean-Yves Andrieux, 1995.

  • FICHOU, Jean-Christophe, LE HENAFF, Noël, MEVEL, Xavier. Phares, histoire du balisage et de l´éclairage des côtes de France. Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée/Armen, 1999.

  • PELAUD, M. Ports maritimes de la France. Notices sur les ports des baies de Saint-Brieuc et du Guildo et des parages voisins. Ministère des Travaux Publics : Imprimerie nationale, 1878.