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Patrimoine maritime : architecture littorale et portuaire (Saint-Cast-le-Guildo)

Dossier IA22001036 réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

Dénominations sémaphore, port, corps de garde, poste d'observation, caserne, réservoir, mur de soutènement, digue, table d'orientation
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Saint-Cast-le-Guildo
Lieu-dit : port de la Bouvette pointe de l' Isle les Vallais Port Saint-Jean pointe du Châtelet le Guildo

La chronologie des oeuvres repérées s'étend du 2e quart du 17e siècle à la 1ère moitié du 20e siècle. Les datations par source ou portées sur les édifices sont les suivantes : 1638, 1862. Les noms d'auteurs répertoriés sont les suivants : Gallen et Tréal (entrepreneur de maçonnerie).

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : limite 17e siècle 18e siècle
Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Annexes

  • Jusqu´à la fin du 19e siècle, Saint-Cast-le-Guildo n´offre pas une façade maritime très hospitalière, hors la baie de la Fresnaye, protégée de la houle d´ouest, avec ses nombreuses petites criques, sans véritables ports, citées par le Chevalier Mazin en 1756 et l´ingénieur Pelaud en 1878, repris par le Pilote de Thomassin, la même année. Dans une échancrure de forme quasi-rectangulaire, entre la pointe de Saint-Cast et Fort La Latte, s´enfonçant jusqu´à 3 km sur une largeur de 1 km et demi, la baie de la Fresnaye disposent de deux ports d´échouage : Port Nieux et Port à la Duc, pour échapper au vent d´aval. La rade de la Fresnaye représente néanmoins une rade abri et l´avant-port de Saint-Malo depuis le 17e siècle, pour les navires marchands et de grande pêche escale (pour embarquer leurs équipages) ou en attente de vents portants. Certains ports n´en possèdent que le nom : Port Pérou, sous la pointe ouest de l´Isle et Port Saint-Jean au sud de la baie de la Fresnaye, qui marque la limite administrative maritime de Saint-Cast aujourd´hui (avec le ruisseau Kermitton). Les vestiges du port Saint-Jaguel ne sont visibles qu´à travers un muret littoral, en ruines, qui soutient une ancienne voie charretière pavée. Aucune infrastructure terrestre équipe ces ports, pour faciliter le transbordement. Toutes les manoeuvres se font à l´échouage, à l´aide de civières et de voitures à cheval. Des falaises d´hauteur moyenne alternent avec de longues plages, soumises au ressac. Cependant, en 1793, Saint-Cast devient le « havre Cast », dénomination qui ne doit rien au Port Jacquet, avec sa modeste cale submersible, havre médiocre ouvert aux vents du nord, mais à la volonté politique et maritime des Castins. « Qui n´arrête pas la mer, ne mérite pas la terre ».

    Les ports maritimes sont d´abord des lieux d´accueil et des organes de transit d´échanges entre la terre et la mer : le port du Vallais, aménagé au cours du 19e siècle, par la volonté des pêcheurs locaux et de la commune de Saint-Cast, fournit un premier rempart contre la mer. Le prolongement de la digue-jetée et la construction d´une cale facilitent l´échouage des bateaux de petite pêche et de bornage, le transport des marchandises (produit frais et platins des carrières de Besnault).

    Le port du Guildo à l´embouchure de la rivière de l´Arguenon se trouve dans des conditions nautiques qui en font un point d´atterrissage avantageux pour la navigation. C´est est un port de commerce actif depuis le Moyen-Age, pour l´exportation des céréales, puis des pommes de terre et des matériaux de construction jusqu´à une époque récente. Ses deux rives, aménagées au cours du 3e quart du 19e siècle (1871-1874), disposent de quais, de perrés et d´un véritable terre-plein, lieu de stockage et de livraison. La hauteur d´eau au pied des quais atteint 7 mètres en vive eau et 2 mètres en morte eau. Il en résulte que le port est accessible aux navires d´un fort tonnage. L´architecture littorale et l´habitat portuaire du Guildo ont conservé sur les deux rives un caractère patrimonial, avec des maisons, toutes construites en pierre de Saint-Cast et/ou en granite de Languebia, dont on peut redécouvrir les anciennes fonctions de résidence (capitaine au long cours et à Terre-Neuve : maison à 2 ou 3 travées, avec 1 ou 2 étages carrés, modestes maisons de marins-pêcheurs), et d´équipements portuaires : maison de passeur, de douanier, de négociant, grenier à sel. Ce port de caractère mériterait une protection d´ensemble pour sa reconversion en port de plaisance, si son activité commerciale continue de péricliter.

    Le fond de la rivière fournit la marne utile à l´amendement des terres et le chevlin, comme affare pour la pêche aux maquereaux. Les pêcheries envahissent ces larges estrans jusqu´à la fin du 19e siècle et fournissent une rente halieutique variable aux Castins « pêcheurs de mer et de pied et presque tous laboureurs entre le temps de la moisson et de la culture », cités par Lemasson du Parc en 1726. Aux siècles passés, les grèves sont davantage des espaces plus aisées à traverser que les chemins de terre, avec le balisage des perches. Les gués, à marée basse offrent des dessertes, relayées par les voies d´eau vers l´intérieur des terres, avant la construction de ponts fiables et l´arrivée du chemin de fer côtier en 1906. La rivière du Guildo conduit les gabares au port de mer de Plancoët, limite de salure des eaux.

    Aujourd´hui, la grève est devenue la plage, ouverte à de nouveaux équipements nautiques saisonniers. Les boulevards urbanisés avec leurs terrasses et leurs belvédères animent ces nouveaux espaces aqualudes et le front de port. L´architecture littorale, davantage balnéaire et touristique, participent de la banalisation des espaces littoraux. Cependant, les équipements portuaires de Saint-Cast restent peu importants. Ce qui pourrait justifier la préservation et la consolidation de certains vestiges portuaires comme l´ancien port Jacquet (escalier, quai) et le classement du port du Guildo, pour de nouveaux usages (sentier côtier, port d´échouage pour la plaisance).

  • 20022215188NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi.

Références documentaires

Bibliographie
  • PELAUD, M. Ports maritimes de la France. Notices sur les ports des baies de Saint-Brieuc et du Guildo et des parages voisins. Paris : Ministère des Travaux Publics : Imprimerie nationale, 1878.

    p. 10-13
  • MAZIN, Charles. La Côte de Bretagne depuis Lancieux jusqu'à Pordic. In Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, 1971, 99.

    p. 70-76