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Ouvrages fortifiés de la presqu'île de Crozon

Dossier IA29004186 réalisé en 2007
Aires d'étudesBretagne
Dénominationsouvrage fortifié

La presqu´île de Crozon, située à la pointe de la Bretagne, est limitée au nord par la rade de Brest et au sud par la baie de Douarnenez. Elle s´ouvre sur la mer d´Iroise, passage entre la Manche et au-delà entre les mers du Nord et Baltique, riveraines des îles britanniques et de l´Europe septentrionale, et l´océan Atlantique, qui mène à l´Europe du Sud et au Nouveau Monde. Cette position stratégique de la presqu´île de Crozon explique l´implantation militaire ancienne et importante. Elle se trouve par ailleurs à proximité du grand port militaire de Brest créé au 17e siècle. Dès le Moyen Âge, l´emplacement stratégique de la presqu´île de Crozon est exploité. En témoigne notamment la présence d´une motte féodale eu lieu-dit de l´Aber. A partir de la fin du 16e siècle, des troupes de garde-côtes, formées d'hommes levés dans les paroisses côtières et encadrées par des officiers garde-côtes, sont chargées de la surveillance des côtes. A cette époque, les débarquements espagnols, à l´instar de celui de la pointe des Espagnols en 1594, puis anglo-hollandais, comme celui manqué du 18 juin 1694 (bataille de Camaret), sont craints. Au 18e siècle, Crozon est le siège d´une capitainerie qui s´étend alors de la rive gauche de l´Elorn (Dirinon) au sud de la baie de Douarnenez (Kerlaz). Cette circonscription comprenait un bataillon de garde-côtes pour défendre le littoral. Ce système perdurera jusqu´à la Révolution Française, un corps de volontaires remplaçant ensuite les populations littorales. A la fin du 17e siècle, l´ingénieur Sébastien Le Prestre de Vauban, au service du roi Louis XIV, entreprend la construction d´un système défensif sur les côtes bretonnes. La Tour Vauban, à Camaret-sur-Mer, est notamment construite, entre 1693 et 1696 afin d'interdire à l'ennemi d'entrer en rade de Brest. D´autres ouvrages ont été bâtis sur la côte à cette époque, mais tous n´ont pas été conservés (ruines de la batterie de côte et du corps de garde de la Mort aux Anglais, corps de garde de Lostmarc´h, premier corps de garde de l´Aber, aujourd´hui détruit, batterie de la pointe du Toulinguet, aujourd´hui pratiquement disparue...). Au 18e siècle, de nouveaux ouvrages sont construits en remplacement d´installations détruites ou devenues obsolètes (corps de garde de Postolonnec ou de l´Aber, batteries des pointes du Kador, du Petit et du Grand Gouin, fortifications du Toulinguet) ou sur de nouveaux sites (corps de garde de Penhoat, de Rulianec, batteries de Kerbonn, poudrière de l´Île aux Morts...). Certains sont construits selon un plan-type que l´on retrouve sur d´autres sites de la presqu´île ou plus largement des côtes françaises (corps de garde crénelé type n° 2 de la circulaire de 1846 du Petit Gouin et de la pointe du Kador ou de type n° 3 pour le corps de garde de Rulianec). Durant la Seconde guerre mondiale, des ouvrages diversifiés seront également construits par l'occupant allemand (batterie du cap de la Chèvre, casemate de Rulianec, obstacles de la plage de Sainte-Anne-la-Palue...). Seuls les bâtiments situés à proximité immédiate du littoral et dont des vestiges subsistent ont été traités. Ainsi, les casemates (Trémaïdic) ou les batteries (Landouadec) situées à l´intérieur des terres n´ont pas été étudiées.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérés 125
étudiés 20

Annexes

  • Thème patrimonial : Défense militaire des côtes

    Intérêt de l'édifice ou de l'ensemble selon l'Observatoire du patrimoine maritime culturel : intérêt de mémoire ; intérêt technique ; intérêt paysager et pittoresque

    Précisions sur l'intérêt de l'édifice ou de l'ensemble selon l'Observatoire du patrimoine maritime culturel : L'ensemble de ces ouvrages fortifiés témoigne de la forte implantation militaire en presqu'île de Crozon et de son intérêt stratégique. La plupart des ouvrages ont été bien conservés et présentent un intérêt technique (ouvrages-types ou non).

    RECOMMANDATION DE L'OBSERVATOIRE DU PATRIMOINE MARITIME CULTUREL

    La conservation et la mise en valeur des héritages militaires sont difficiles en raison de leur isolement et étalement géographique, des problèmes d´accès et de sécurité, de l´état de conservation (beaucoup d´héritages dégradés ou en ruine), du manque de moyens des propriétaires (Marine nationale, communes, Conservatoire du littoral) ou de l´éventuelle dépollution pyrotechnique nécessaire avant leur valorisation. Il s´agit par ailleurs souvent de « petit patrimoine » ou d´héritages récents (Mur de l´Atlantique) dont les habitants ne discernent pas toujours la portée patrimoniale. Un problème moral peut également se poser sur la façon de valoriser des sites où des personnes se sont battues et ont perdu la vie, sans heurter les consciences suivant l´usage qui en sera fait.

    La localisation des héritages, souvent dans des sites naturels remarquables, d´intérêt écologique et paysager, oblige à s´interroger sur les conditions d´accès et la façon de concilier accès au plus grand nombre et protection du milieu et du bâti, notamment pour les sites gérés par le Conservatoire du littoral. Une utilisation pédagogique (parcours terrestres ou maritimes, panneaux explicatifs, manifestations culturelles) de ces héritages est à développer, à l´instar de la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007. Ces circuits de découverte pourraient être déclinés localement par des parcours pédestres.

    Plus largement, les fortifications de la rade de Brest et de ses abords constituent l´un des ensembles militaires les plus complets, sans doute plus que celui de la rade de Toulon, de par leur continuité géographique comme historique (depuis l´Âge du bronze jusqu´au 20e siècle) et leur variété. Il s´agira dans les années à venir de réfléchir à leur mise en valeur dans un cadre national et même européen.

  • Ce dossier électronique a été réalisé par l´Observatoire du patrimoine maritime culturel de Bretagne du laboratoire Géomer (UBO) dans le cadre d´une étude thématique régionale sur le patrimoine maritime culturel. Un autre dossier, complémentaire de celui-ci, a été rédigé dans le cadre d´une étude thématique régionale sur les fortifications littorales de Bretagne-nord :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2002-06 - Guillaume Lecuillier ; et notamment Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié (18e siècle) : .

Références documentaires

Bibliographie
  • TRUTTMANN, Philippe. Architecture miliataire. In La presqu´île de Crozon, L. Calvez (dir. par), Paris : Nouvelle Librairie de France, 1975.

    p. 345-362
  • BIGOT, Yannick. De Vauban...à Todt : Installations de défense côtière de l´entrée de Brest. Brest : Université de Bretagne Occidentale, Mémoire de maîtrise de géographie, 2 vol., 1996.

    173 + 129 p
Périodiques
  • BESSELIEVRE, Jean-Yves. Les lignes de Quélern (XVII-XX siècles) . Crozon : Avel Gornog, n° 13, 2005.

    p. 38-44
  • CADIOU, Didier. Les fortifications de l´anse de Morgat . Crozon : Avel Gornog, n° 14, juillet 2006.

    p. 25-28