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Outils de fabrication des lignes : rouets

Dossier IM22005757 réalisé en 2008

Fiche

Dénominationsmatériel professionnel
Appellationsrouet
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Ploubalay
AdresseCommune : Saint-Jacut-de-la-Mer

Le premier rouet étudié appartient à l'ancien marin pêcheur Pierre Aubin. Cet outil lui permettait de confectionner des lignes à maquereaux (pour le maquereau d'affare) avec du crin de cheval de couleur différente (blanc ou noir). Ces lignes de préférence gréées avec 2 torons, pouvaient gréer des lignes de fond (cordes) ou être utilisées pour la pêche au mulet (le pêcheur à la ligne, perché sur une pointe rocheuse). Selon la tradition locale, la ligne flottait mieux en deux pontées plutôt qu'en trois. Le second rouet a été confectionné par le père de Désiré Frelaux, au début du 20ème siècle, à partir du bois d'épave du navire "Aimée-Hilda", naufragé sur la côte de St-Cast-Le-Guildo le 18 novembre 1905.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle

Les deux rouets étudiés sont des rouets à 4 fuseaux pour nouer des lignes en chanvre ou crin de cheval, à 4 torons ou "pontées", utilisées pour la pêche au maquereau ou pour gréer les empis des lignes de fond. Le premier rouet est constitué dun cadre en bois de 32 cm de longueur et de 15 cm de hauteur, dans lequel tournent 4 fuseaux en bois où s'enroulent les lignes, maintenues au rouet par un crochet, et suspendues à un poids ( Fig.3). Le second rouet mesure 67 cm de long et 20 cm de hauteur pour le cadre (Fig.9-10). Il a été confectionné avec du bois d'épave, assemblé par tenons et pointé.

Catégoriespatrimoine maritime
Structuressuspendu
Matériauxbois
matériau textile
Précision dimensions

l = 32 ; h = 15

États conservationsen état de marche
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvreÀ signaler

Annexes

  • Technique de pêche aux lignes en crin de cheval

    Technique de pêche aux lignes en crin de cheval

    Témoignage oral de Pierre Aubin.

    Les empis sont commises (noués) en deux torons auquels on grée un hameçon en broc d'épine (épine noire) avec 2 demi clés. Chaque ligne de fond est équipée de 300 hameçons. Les poissons peuvent être pris à se toucher, à la file, "broc à broc". Les cordes étaient "masées", enfouies avec des paillons ou une touffe de goémon dans la vase, ne dépassait que l'empis avec son hameçon afin qu'il ne remonte pas. Les lignes pouvaient aussi être confectionnées avec du fil de carré en chanvre.

    Quelques termes de pêche recueillis :

    Rentrer une ligne : remonter la ligne à bord jusqu'au plomb. Si on la 'tourne' sur son touret, en fin de pêche, on dit qu'on serre la ligne.

    Rouabler : faire 2 demi-clefs aux becs d'hameçons d'une corde pour éviter que les empis s'embrouillent.

    Plonée : lest de plomb d'une ligne de pêche ou d'un bas de filet.

    Poil de messie : déformation de 'poil de Messine' ou crin de Florence, boyeau de ver à soie utilisé comme bas de ligne (empis), avnt qu'apparaissent les 'guttes' synthétiques.

    Piole : moment où les maquereaux, en bancs, mordent abondamment.

    Maser : fixer une corde sur la grève en entourant de place en place autour de la ligne une petite 'broussée' (touffe) de goémon qu'on enfonce dans la vase avec une bêche.

    Empis : avançon, bas de ligne

    Equerper : à la pêche à l'afarre, lancer les lignes en les écartant les unes des autres pour éviter qu'elles s'emmêlent. Ce verbe signifie aussi pêcher la ligne à la main à partir d'une roche.

    Floge : flotteur en liège d'un filet de pêche.

    Flurette : fine languette découpée sur la peau du dos d'un maquereau servant à bouéter les lignes de traîne ou à l'afarre, associée à une petite pinoche.

    Haims ou hains ou encore brôs, synonyme des hains : hameçons.