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Nappe dite carrelet

Dossier IM22005081 réalisé en 2002

Fiche

Dénominations nappe
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Saint-Cast-le-Guildo
Lieu-dit : le Guildo

Le carrelet est un type de filet, utilisé depuis la préhistoire des pêches pour capturer des poissons et des petits crustacés depuis la rive, à pied ou à bord d'une embarcation, dans un plan d'eau protégé, fluvio-maritime. Ce type d'engin de pêche est cité par Lemasson du Parc, dans son enquête de 1726 sur les côtes de Bretagne Nord, et relevé dans le "Traité général des Pêches" de Duhamel du Monceau (1769-1777). Mais on le retrouve encore sur la côte Atlantique, en particulier en Charente maritime. C'est un engin de pêche, semi-passif et mobile, qui peut être fixé au sol par un bras, appelé "bout-dehors" dans la vallée de la Rance et de l'Arguenon, être embarqué à bord d'une embarcation appelée "bateau carrelet", que l'on retrouve exclusivement en Rance, dans la rivière de l'Arguenon et dans celle du Trieux en Bretagne. Il peut être manipulé du bord par un pêcheur à pied, à l'aide d'une simple perche, sans l'aide d'un treuil. La forme carrée de la nappe a peut-être inspiré l'appellation de carrelet pour cette forme de filet, soutenue et tendue par quatre bras ou gaules en bois ou en métal (bras appelé alarme par Léon Batard). D'autres techniques de pêche au filet en estuaire sont très proches de cette technique : la pibole pour la pêche à la civelle est constituée d'une nappe tendue sur et par un cadre cerclé ou rectangulaire. Elle se manipule au bout d'un long manche, à la main. Ce dernier engin de pêche est aussi utilisé par les pêcheurs embarqués pour pêcher la civelle dans l'estuaire du Guildo, de la Rance et de la Vilaine. Dans ces conditions, les nappes sont plus grandes, actionnées par un treuil mécanique. Cette pêche embarquée, très réglementée est aujourd'hui interdite dans la rivière du Guildo à cause de la raréfaction de la ressource. La pêche au carrelet a été réintroduite dans l'Arguenon par Léon Batard, "pilote" occasionnel du port du Guildo, marin pluri-actif, originaire des Charente. Celui-ci est venu dans les années 1960-70, avec les premiers "boucholeurs", mettre en culture la baie des Quatre-Vaux, en huîtres et en moules d'élevage. Au début du 20e siècle, les carrelets fixes étaient nombreux sur les rives de l'Arguenon et pouvaient gêner le passage des gabares. Le carrelet du pont du Guildo a été installé par Léon Batard en 1970 sur ce qui correspondait à un ancien quai, près du chemin de halage, sur la rive gauche de l'Arguenon, près du pont du Guildo. Cette technique de pêche était aussi présente en Charente, de même que la pibole et les hottes en osier (aujourd'hui en plastique ajouré), ou bourolles, appelées encore "bournes" par les Charentais, pour pêcher les anguilles. Léon Batard pêche des moules et des huîtres dans les fosses de l'Arguenon. Il pêche encore au filet, à la senne dans l'Arguenon, à la foëne, les plies, bars, mulets. Cependant, la ressource diminue et le carrelet pêche davantage de mulets que de poissons nobles. Léon Batard a épousé la petite fille du capitaine Bon, Terre-neuvas, qui a commandé le "Zazpiakbat", surnommé le "Zaza", dernier quatre mâts goélette en acier, avec 80 marins à bord, dont de nombreux Castins, mais aussi d'autres navires, dont voici la liste : le trois mâts goélette "Yolande", 1918, la goélette cap-hornier "Gardenia", 1916-1917, le trois-mâts "Léon Belle-Ile" de Binic, 1919, le trois-mâts "Le Navarin", Terre-neuvas de 1920 à 1922, le trois-mâts latin "Emile Carry", 1926, le ketch "L'Arguenon", 1925, le sloop "Vas zy", 1932-1939. Ce qui montre bien la diversité des commandements du capitaine Bon. Le capitaine Bon (1883-1973) habitait une demeure, à l'emplacement du pont métallique du Guildo. Elle fut détruite, avec le rocher attenant pour construire le nouveau pont sur l'Arguenon.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Batard Léon, maître d'oeuvre

Le carrelet correspond à un ensemble technique constitué d'une nappe ou filet de pêche, de 300 x 300 cm, confectionnée à la main avec des mailles crochetées de diamètre 20 mm, tendue sur une armature métallique, de forme carrée, suspendue par un cordage, fixé de façon mobile (par un clan) à un mât en bois ou "bout-dehors", long de 300 cm, lui-même tenu en équilibre et amarré par de multiples cordages à la rive. Les alarmes en cordage tiennent le filet ouvert. Le carrelet est articulé et manié par un treuil à double manivelle et un palan simple. L'ensemble mât et filet est accessible par une passerelle en bois d'environ 400 cm de long, qui repose sur la rive et des pilotis en bois. Le treuil métallique repose à sa base.

Catégories patrimoine fluvio-maritime
Structures inclinable
Matériaux matériau textile
bois
métal
Précision dimensions

l = 300 ; la = 300. Les dimensions sont celles de la nappe. L'ensemble du dispositif mesure 400 cm de long du treuil jusqu'au mât.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • PRIGENT, Guy. Pêche à pied et usages de l'estran. Rennes : Apogée, 1999.

    p. A VOIR