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Moulins à papier, Brimblin (Chauvigné)

Dossier IA35131128 réalisé en 2014

Fiche

Dénominationsmoulin à papier
Aire d'étude et cantonBretagne - Ille-et-Vilaine
Hydrographiesla Minette
AdresseCommune : Chauvigné
Lieu-dit : Brimblin

Selon Jacques Duval, deux moulins à papier ont existé sur la commune de Chauvigné, au lieu-dit Brimblin.

Le premier, appelé également moulin de la Sourde en Chauvigné, (pour le différencier des moulins situés de l'autre côté de la Minette, sur la commune de Saint-Christophe-de-Valains) existe dès le XVIIIe siècle. Il s'agit d'un moulin à papier seigneurial, qui fonctionne par contrats de ferme avec des papetiers professionnels.

Le premier document mentionnant explicitement ce moulin comme moulin à papier est un bail consenti en 1721 par Louis Leroy, seigneur de Brimblin et propriétaire du moulin à papier, à Denis Chatel et Julienne Houitte, son épouse. Ce document mentionne des réparations à effectuer au moulin, ce qui indique que celui-ci existait avant cette date, mais avait une autre destination puisqu'il est précisé que le "battans" du moulin, c'est-à-dire les piles et les maillets, seront réalisés par des charpentiers que l'on fera venir de Normandie. la roue, les cuves, la presse seront réalisés par des charpentiers locaux.

Lors de l'enquête de 1729, le subdélégué d'Antrain y mentionne une production annuelle de 200 rames, production assez faible.

Dans les années 1780, à la suite du décès de Michelle Leroy (qui a hérité de Louis Leroy au décès de celui-ci en 1742), Anne Anger, veuve de Julien-François Guérin, avocat au Parlement et sénéchal des baronnies de Chauvigné et Bonnefontaine, achète un huitième de la terre et seigneurie de Brimblin. Ce lot comprend les moulins à papier et à grain de Brimbllin. Les minutes du notaire A.-F. TYson mentionnent le procès-verbal de la prise de possession du moulin à papier par cette dame, et une description assez précise des lieux, où il est mentionné "cinq pilles et la roue et arbre qui (font) mouvoir les pilons pour piler la matière à faire du papier(...)", une cuve et une presse à vis situés dans une pièce à l'arrière des piles à maillets, deux étendoirs à sécher le papier, une salle à encoller le papier, et des équipements hydrauliques (vannes) dont le bon fonctionnement est vérifié à cette occasion.

L'achat de ces biens par Anne Anger est contesté par Anne du Fresne, propriétaire de la terre et baronnie de Chauvigné, acquisitrice du moulin à blé de Boismine situé à 500 mètres en aval du moulin à papier. Celle-ci exerce son droit de retrait féodal et obtient sans doute gain de cause puisque deux ans plus tard, c'est elle qui cède par perpétuel féage roturier le moulin à papier de Brimblin à Michel Morcel. L'acte mentionne la rente annuelle payable par Michel Morcel à Anne du Fresne, ainsi que toutes les conditions auxquelles celui-ci devra se plier : droit d'attache du moulin à la rivière, à payer à la seigneurie de Belinaye, obligation de faire moudre sa farine au moulin seigneurial, obligation de pourvoir aux réparations nécessaires au moulin...

Michel Morcel reste quinze ans au moulin, puis le vend à Jean Morel en l'an VI. L'affaire semble bien marcher puisque six ans aprè-s l'acquisition du moulin, Jean Morel et sa femme Michelle-Louise Rimasson achètent deux maisons et de nombreuses terres. L'inventaire réalisé au décès de celle-ci, en 1807, s'élève à environ 3700 francs, et comprend en plus du moulin de la Sourde en Chauvigné, le moulin des Forges en Saint-Christophe de Valains, qui se situe juste en face, de l'autre côté de la rivière.

Jean Morel se remarie et continue d'exploiter le moulin de la Sourde en Chauvigné, dont il est toujours propriétaire en 1823 lors de l'établissement du cadastre. Sa fille Guyonne Morel prend sa suite. Les matrices cadastrales relèvent une démolition partielle en 1843, puis une mutation à Jean Bouvet, meunier, l'année suivante.

Le moulin est aujourd'hui transformé en maison d'habitation.

Le deuxième moulin à papier de Brimblin est construit en 1823-1824 par René Martin Pichot Champfleury, médecin demeurant à Antrain, sur l'emplacement de l'ancien moulin à grains de Brimblin. Cependant, dès 1854, les matrices cadastrales mentionnent une mutation du moulin, puis une démolition en 1875, le moulin étant à cette date, inoccupé depuis plusieurs années. Il n'en reste pas trace aujourd'hui.

Période(s)Principale : 1er quart 18e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques , (détruit)

le moulin à papier de Brimblin ou de la Sourde en Chauvigné est aujourd'hui transformé en maison d'habitation.

Le moulin est composé de deux corps de bâtiments formant un plan en L, à un étage carré et étage de comble. Il est construit en moellons équarris de granite, à chaînages de granite en pierre de taille.

Les ouvertures du rez-de-chaussée sont de petite taille. Sur la façade sud, plusieurs ouvertures semblent postérieures à la maçonnerie initiale, notamment deux grandes baies à petits carreaux. L'ensemble est assez remanié, la destination ancienne du bâtiment est peu lisible.

Les aménagements hydrauliques (biefs, vannes de décharge) sont encore en place.

Mursgranite moellon

Toitardoise
Couvrements
Couverturestoit à deux pans
États conservationsremanié

Références documentaires

Bibliographie
  • DUVAL, Jacques. Les moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle - les papetiers et leurs filigranes en Pays de Fougères. L'harmattan. Paris, 2006. 314p.

  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1