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Moulin à papier et à foulon de Guémain, puis moulin à farine, puis minoterie de Guémain, actuellement hôtel restaurant (Vieux-Vy-sur-Couesnon)

Dossier IA35000541 inclus dans Écart, Moulin de Guémain (Vieux-Vy-sur-Couesnon) réalisé en 1998

Fiche

  • Vue générale sud-ouest du moulin
    Vue générale sud-ouest du moulin
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • logement patronal
    • bâtiment d'eau
    • bassin de retenue
    • bief de dérivation
    • entrepôt industriel
    • transformateur

Á rapprocher de

Le moulin de Guémain est situé, sur le Couesnon à Vieux-Vy, près d'un ancien gué romain sur la route de Corseul à Jublains. Il tient son nom de Main 1er, comte de Bretagne, chargé d'arrêter les invasions normandes. En 1734, il y a, à Guémain, deux moulins dans 2 corps de bâtiments jointifs, l'un à papier, l'autre à foulon. Le propriétaire est probablement Julien Barbe qui doit exploiter le moulin à foulon avec ses fils. Ses filles se marient avec des papetiers. A cette date, Michel Dupré et son épouse Françoise Chatel en sont les fabricants le temps d'un bail, avant d'aller au moulin de Pont-Brard.

Charles Aubrée, maître-papetier épouse en 1735, Jeanne Barbe et succède à Michel Dupré. Dès 1737, il prend par bail à son beau-père, la direction du moulin à foulon. En 1737, Pierre Jean Roussin du Val en devient le fermier jusqu'à son départ aux Grands Moulins en 1745. La succession est assurée en 1747 et jusqu'à son décès en 1761, par Jean François Chatel et Renée Damy. Il a également, pendant cette période, acquis la pile de Jeanne Barbe et exploite comme fermier celles de Anne et Pierre Barbe ainsi que celle de Marguerite Morel, veuve de René Barbe. Six cents rames de papier grand raisin et bâtard fin y sont fabriqués en 1756. Après le décès de ce papetier, le moulin est repris à ferme par Jean Louis Roussin.

Le rapport de 1772 du subdélégué d'Antrain, donne 600 rames de production de papier pour emballage des fils de couleur et autres merceries vendus sur les marchés environnants. En 1776, le moulin a 5 piles, ou plutôt 4 piles à maillets ferrés et une pile à affiner. L'enquête indique un seul propriétaire, Julien Morel époux de Julienne Barbe. Le moulin produit alors 800 rames, sur 6 mois dans l'année. Celui-ci le tient jusqu'à son décès en 1791. Ses enfants lui succèdent. Ceux-ci sont indiqués comme propriétaire du moulin à papier sur le cadastre de 1824 (parcelle B 498).

Puis le moulin à papier est cédé en 1839 à Pierre Baudry qui l'exploite en 1840. Le moulin à fouler appartient, à cette date, à Julien Barbier. Celui-ci devient propriétaire de l'ensemble en 1845 et demande en 1857 l'autorisation d'installer un second moulin à foulon à plusieurs piles, actionné par une roue hydraulique. La fabrication du papier par les descendants de Julien Barbe a donc pris fin vers 1856. Les bâtiments sont alors pourvus, l'un de deux paires de meules servant à la mouture des céréales, le second comporte un broyeur à chiffons pour la fabrication du papier. Le moulin à grain est signalé en 1860, le site comprend deux vannages de décharge et un déversoir. En 1885, dans un procès-verbal de recollement, il est précisé que le moulin principal, qui était pourvu de deux paires de meules, n'existe plus, seul le broyeur à chiffons est en activité. Le travail du papier a repris de 1875 jusqu'à 1887 environ. Les Frères Radigois déjà propriétaires des Grands Moulins à Vieux-Vy, y font fonctionner un broyeur à chiffons. Le moulin est, en 1888, la propriété de Monsieur Jolivet, maire de Vieux-Vy.

En 1932, s'y installe une minoterie qui fonctionne jusqu'en 1995. De nos jours les bâtiments, après avoir été transformés en hôtel-restaurant, sont devenus le siège d'une société de motoculture de plaisance.

Au fil du Queffleuth et de la Penzé – enquête thématique régionale « Les moulins à papier et papeteries industrielles en Bretagne » 2014-2015

Destinations restaurant
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, logement patronal, bâtiment d'eau, bassin de retenue, bief de dérivation, entrepôt industriel, transformateur
Dénominations moulin à papier, moulin à foulon, moulin à farine, minoterie
Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Saint-Aubin-d'Aubigné
Hydrographies Couesnon le
Adresse Commune : Vieux-Vy-sur-Couesnon
Lieu-dit : Moulin de Guémain
Cadastre : 1983 B2
Les moulins de Guémain sont mentionnés en 1756, mais leur existence est antérieure. A cette date, le moulin à papier de Guémain fabrique annuellement six cents rames de papier, du grand raisin et du bâtard fin. En 1840, l'usine se compose d'un moulin à papier appartenant à M. Baudry et d'un moulin à foulon, propriété de Julien Barbe. En 1857, afin de satisfaire les nombreuses demandes qui lui sont faites, J. Barbe sollicite l'autorisation d'établir sur le Couesnon un second moulin à foulon actionné par une roue hydraulique et comprenant plusieurs piles. En 1860, le site comprend deux vannages de décharge et un déversoir. En 1875, le moulin, appartenant à M. Radigois, fabricant de papier à Vieux-Vy-sur-Couesnon et propriétaire de deux autres moulins à papier, se compose de deux bâtiments dont l'un est pourvu de deux paires de meules servant à la mouture des céréales et le second composé d'un broyeur à chiffons pour la fabrication du papier. Le régime hydraulique est réglementé par arrêté préfectoral du 28 septembre 1875. En 1885, le procès verbal de récolement précise que le moulin principal, qui était pourvu de deux paires de meules, n'existe plus, seul le broyeur à chiffon étant en activité. En 1932, la minoterie, alimentée par une simple chute d'eau, écrase quotidiennement 45 q de blé, puis 100 q en 1934 grâce à l'adjonction d'un moteur diesel. En 1995, elle cesse de fonctionner. Aujourd'hui, les bâtiments abritent un hôtel-restaurant. En 1860, le moulin à papier Barbe possède une roue hydraulique verticale qui mesure 3,20 m de diamètre, tandis que le moulin à grain Barbier fonctionne grâce à deux roues hydrauliques verticales mesurant chacune 4,60 m de diamètre. En 1934, mention d'un moteur gasoil à huile lourde de type RTO, d'une capacité de 35 ch, utilisé comme force complémentaire. En 1936, la minoterie comprend une roue hydraulique Sagebien qui actionne deux paires de meules, deux broyeurs à cylindre, deux convertisseurs, un plansichter et quatre bluteries hexagonales. En 1948, installation d'une turbine hydraulique de type Teisset-Rose-Brault, développant une puissance de 25 ch avec une vitesse de rotation de 80 tours/mn. La roue hydraulique à aubes, toujours en place, mesure 5,20 m de diamètre sur 1 m de large et développe 10 ch avec 1,80 m de hauteur de chute.
Période(s) Principale : Temps modernes
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1857, daté par source, daté par tradition orale, daté par travaux historiques

La minoterie est implantée au-delà d'un petit pont en maçonnerie à une arche en plein cintre qui chevauche le Couesnon et permet d'accéder à la cour de l'usine. De l'autre côté de la chaussée, se répartissent les logements et autres dépendances. La minoterie construite en granite, à l'origine composée de deux moulins, a conservé les deux corps de bâtiment formant un plan en L. Le corps principal, l'atelier de fabrication, compte un étage carré et un étage de comble à surcroît couvert d'un toit à croupes en ardoises percé de trois lucarnes passantes. Un petit bâtiment d'eau, de construction plus récente en béton armé, abritant la turbine hydraulique, relie la minoterie au second moulin situé en retour d'équerre. Ce dernier a un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble à surcroît. Sa façade latérale, qui longe le Couesnon, est flanquée du coursier et de la roue hydraulique à aubes planes toujours en place. De l'autre côté de la rivière s'organisent le logis patronal composé de deux corps de bâtiment au même droit, l'un à un étage carré couvert d'un toit en pavillon, le second à un étage de comble à surcroît couvert d'un toit à longs pans en ardoises, ainsi qu'un entrepôt industriel en essentage de tôle. Les différents ouvrages régulateurs du régime hydraulique sont toujours en place : le déversoir et le vannage de décharge situés en amont et les vannes motrices.

Murs granite
béton
essentage de tôle
moellon
béton armé
Toit ardoise

Données complémentaires architecture IP35

HYPOI sans objet
HYPOE éclaté
MURS1 granite ; moellon ; essentage de tôle ; béton ; béton armé
SCLE1 Temps modernes ; 3e quart 19e siècle
IAUT sans objet
ICHR typicum
IESP typicum
ICONTX intégré
SEL étudié
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 19983504860NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Ille-et-Vilaine. 2 per 2966. Annuaire officiel d'Ille-et-Vilaine : administratif, industriel et commercial (1939).

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série S : Travaux publics et transports. Fonds préfecture. Service hydraulique, moulins et usines : réglementation, prises d'eau, travaux (1840-1888) : 7 S 57.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série C : Administrations provinciales. Fonds de la Commission intermédiaire : moulins à foulon. Requête des afféagistes des moulins à foulon situés sur la rivière du Couesnon contre les fermiers normands d'une carrière de Landéan dans laquelle se trouve une terre servant à enduire les étoffes à fouler (1776) : C 3929.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série M : Administration générale et économie du département. Subsistances et ravitaillement. Enquête sur la meunerie : capacité d'écrasement des moulins (mars-mai 1936) : 6 M 927.

Documents figurés
  • Moulin de Guémain, carte postale ancienne, DAGNET, A. Sur les bords du Couesnon. Rennes : Rue des Scribes Éditions, 1995, 75 p.

  • Moulin de Guémain, profil en long et en travers puis élévation du moulin et des ouvrages d'art, AD Ille-et-Vilaine 7 S 57. Fonds préfecture. Service hydraulique, réglementation (22 juillet 1875).

  • Moulin de Guémain, plan des lieux et du moulin, AD Ille-et-Vilaine 7 S 57. Fonds préfecture. Service hydraulique, réglementation (22 juillet 1875).

Bibliographie
  • DAGNET, A. Sur les bords du Couesnon. Rennes : Rue des Scribes Éditions, 1995, p. 41.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    p. 966
  • Vieux-Vy-sur-Couesnon d'hier à aujourd'hui. Association socio-culturelle de Vieux-Vy-sur-Couesnon, sl, 1990.

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • DUVAL, Jacques. Les moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle - les papetiers et leurs filigranes en Pays de Fougères. L'harmattan. Paris, 2006. 314p.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1