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Moulin à vent de Crec'h Olenn, dit de Milin Awel, route du Yaudet, Crec'h-Olenn (Ploulec'h)

Dossier IA22002390 réalisé en 2004

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination moulin à vent
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Lannion
Adresse Commune : Ploulec'h
Lieu-dit : Crec'h-Olenn
Adresse : route du Yaudet
Cadastre : 1826 A2 604 ; 1987 A1 non cadastré ; domaine public

Moulin à vent datant probablement du 17ème siècle, en cours de restauration au début de l'année 2004. La pierre de construction provient de la carrière de Croas min, sur la commune de Ploulec'h (d'après information orale).

Période(s) Principale : 17e siècle , (?)

Moulin se présentant sous la forme d'une tour construite en grand appareil de granite, légèrement évasée à la base et pourvue d'un étage à surcroît en ressaut ajouré de deux fenêtres. L'édifice est ouvert d'une porte au nord et au sud.

Murs granite
grand appareil
Étages étage en surcroît
États conservations vestiges

Edifice dont la datation et les qualités architecturales appellent une étude. La restauration du moulin a commencé en l'année 2002 avec les bénévoles de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h. Le moulin était presque à l'état de ruine, envahi par la végétation. Les membres de l'association ont d'abord procédé au nettoyage du site, en déblayant les parties principales du moulin : ouvertures, cheminée, emplacement de l'escalier, de la terre et des pierres, qui les ensevelissaient. Ensuite, les uns et les autres se sont transformés en maçons, tailleurs de pierre, menuisiers et charpentiers pour restaurer la cheminée et son boisseau, pour mettre en place les poutres, sous le plancher supérieur, qui devra supporter les futures meules, pour construire un escalier en bois de circulation (l'ancien escalier en pierre avait été volé), pour réaliser les deux nouvelles portes. La seconde partie du chantier consistera ensuite à élever une sablière fixe avec une ceinture de béton, surmontée d'une sablière en chêne (chantier en cours). Le projet de l'association, après restauration du bâtiment, est de compléter son équipement, en remettant en place les meules et le dispositif de transmission, ainsi que les ailes du moulin. Le moulin pourra ainsi fonctionner et peut-être moudre des céréales.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • Sous le souffle d´Eole :

    - Moulin à vent contre pouvoir féodal

    Le moulin à vent fit une entrée remarquée dans le nord-est de la Bretagne au crépuscule du 12ème siècle. En 1191, un curé exerçant dans la région de Dol-de-Bretagne accusa un chevalier d'avoir construit un moulin dans la paroisse dont il était habilité à percevoir les dîmes. Mis en demeure de s'acquitter des sommes dues à l'occasion de la mouture des grains, le récalcitrant s'entêta et l'affaire fut portée jusqu'au Saint-Siège qui donna raison au plaignant et condamna le rebelle à payer sous menace de censure ecclésiastique. La nature des faits incline à penser que bien des hasards ont dû faciliter l'arrivée de ce dossier contentieux jusqu'à nous, mais, puisqu'il s'agit de dispute et de chicane, il est piquant d'observer qu'un des premiers à avoir su tirer parti d'une technique nouvelle pour contourner les pouvoirs établis et enfreindre les règles coutumières, fut un hobereau haut-breton.

    On s'accorde à penser que la Normandie fut le foyer de diffusion régional du procédé. Celui-ci « s'installe à la sauvette dans les fissures du droit » (C. Rivais) s'opposant à la banalité bien rodée des moulins de rivière. En référa-t-on à Dieu ? Comment pouvait-on en effet codifier l'usage de cette source d'énergie qui n'appartient à personne et dont le produit est par définition aléatoire, justifiant à l'avance toutes les irrégularités de rendement.

    - Le moulin : un vaisseau égaré dans les terres

    Tous les éléments paraissaient donc réunis pour que le moulin à vent se répandît telle une traînée de poudre par toute la Bretagne. Pourtant, son développement y fut visiblement plus lent et plus irrégulier qu'ailleurs, suivant comme partout dans ses grandes lignes le mouvement des plus fortes entreprises machinistes (moulins à foulon, à tan, à papier) et le noyau des grands fiefs nobiliaires. Cependant, le moulin à vent le réintègre rapidement. On ne compte pas en Bretagne les spécimens construits dans la dépendance des châteaux, élégantes élévations en pierre de taille soignée, quelquefois marquées aux armoiries du seigneur. Les moulins ont d'abord été aux mains de la noblesse qui en partageait les revenus avec l'Église (M. Gautier).

    Pourtant, au long de son histoire dans la province (un peu plus de sept siècles), il connut une singulière diversité de formes depuis les modestes ouvrages de bois tournant sur pivot, tenus pour des « biens meubles », dont on sait qu'ils étaient démontés et déplacés à la demande. On a maintes fois assimilé l'invention du moulin à vent à l'idée d'avoir renversé la mécanique de son antique prédécesseur à eau, le couple « rouet-lanterne » qui transmet le mouvement surplombant alors les meules qui broient le grain.

    Mais il est en même temps un vaisseau qui, pour s'être ancré au milieu des terres, n'en continuerait pas moins de faire force de voilure. Sur les bras du moulin, on déployait ou repliait les toiles des ailes, comme les focs sur le mât de beaupré, que l'on savait aussi orienter au gré de la brise. Ainsi a-t-on pu écrire que la technique du moulin à vent mariait les cultures de populations à la fois maritimes et continentales.

    - Une progression lente et chaotique

    De fait, c'est non loin des côtes que se font les premières implantations par le sud, via l'Anjou peut-être et la Vendée : Machecoul (1257), Bouin (1360). Mais elles sont sporadiques et sans suite. Il faut attendre le 15ème siècle pour qu'elles se répandent et se généralisent dans le pays de Retz et le Vannetais.

    Du Moyen-Age à la Renaissance, on peut estimer que la Bretagne n'a pas profité de son statut culturel original, mi-rural, mi-marin, pour étendre sur son sol le mode de production éolien. Aux débuts du 18ème siècle, aucun moulin à vent ne tournait encore à Brest ou à Saint-Brieuc ; en outre, les registres du commerce des toiles ne mentionnent pas de meunier au rôle des acheteurs.

    On s'est interrogé sur la diffusion apparemment incohérente du procédé. Si elle s'était faite par mer, de port en port, à l'occasion du cabotage, le littoral devrait présenter une ceinture homogène de moulins à vent, or le Léon et la Cornouaille en sont presque dépourvus tandis que le Trégor en compta plusieurs mais pas la baie de Saint-Brieuc. Que les monts d'Arrée et les hauteurs du Mené en soient exempts, voilà une aubaine pour s'en rapporter à l'austérité et l'aridité de leurs terres. Mais alors pourquoi y en eut-il autant sur les landes de Lanvaux, qui ne leur cèdent en rien au chapitre de l'infertilité ?

    L'hypothèse du vent comme énergie de substitution est au moins aussi hasardeuse. Certes, on note une étonnante densité de moulins dans la presqu'île de Crozon, dans le promontoire compris entre les pointes du Raz et du Van, dont l'arrière-pays est peu arrosé, les côtes périlleuses et insuffisamment protégées pour abriter beaucoup de moulins à marée. Mais, dans le golfe du Morbihan et l'estuaire de la Rance, l'équilibre entre les deux techniques est particulièrement frappant.

    La grande couronne nantaise, aux moissons abondantes par un climat plus doux, connut une grande densité de moulins à vent ; on y a récemment dénombré environ 600 vestiges ; celle-ci n'était pas fonction des cultures céréalières, car elle s'observe de même entre la presqu'île de Guérande et l'enclave de la Brière, périmètre aux eaux stagnantes s'il en fût. C'est que « l'on transportait plus volontiers le grain en excédent que la farine, plus fragile » (M. Gautier).

    En Bretagne insulaire, les moulins à vent sont monnaie courante ; il y en eut deux à Bréhat couplés avec un moulin à mer, quatre à Batz, huit à Croix et à Belle-Ile ; on s'aperçoit qu'ils correspondaient à une économie autarcique fondée sur les seuls besoins alimentaires des populations locales. Ce schéma pourrait bien aider à comprendre aussi leur diffusion par « essaims » dans certains petits « bassins de production », inégalement éparpillés à travers la péninsule.

    Au nombre des autres explications, il convient de mentionner les incitations administratives qui sont une constante dans l'histoire industrielle de la Bretagne : on considère ainsi que les agents ducaux ont contribué à diffuser les influences novatrices ; ceux du duché de Penthièvre imposaient au 18ème siècle la construction de moulins à vent en parallèle avec les entreprises de défrichement. On se plaît à en relever un petit groupe isolé de 5 unités en lisière de la forêt de Quénécan, au coeur du fief de la famille de Rohan. Assemblés à Rennes en 1744, les États de Bretagne recommandaient de « tâcher d'étendre l'usage d'une invention aussi utile dans un pays où il vente presque continuellement » (L. Durand-Vaugaron).

    - L'envolée du 19ème siècle

    Il faut noter au passage le terme d'« invention » pour qualifier une technologie plus de cinq fois centenaire. Sans doute préfigure-t-elle le phénomène le plus saisissant de toute cette séquence avec l'invasion massive des moulins à vent qui s'amorça dans une importante partie de la Bretagne à l'époque révolutionnaire et s'amplifia pendant la quasi totalité du 19ème siècle.

    L'abolition des droits féodaux facilita les nouvelles implantations, également débarrassées de toute tracasserie juridique ou conflit de voisinage, à mesure que le partage des dépouilles nobiliaires dispersées au hasard des ventes de biens nationaux achevait de transformer le paysage de la meunerie. En Bretagne intérieure, de l'extension des ensemencements en céréales obtenue par les amendements chimiques et notamment par le chaulage, c'est le moulin à vent qui profitera surtout (L. Durand-Vaugaron). Mais en définitive la propagation si remarquablement tardive de cette forme d'énergie dans l'ouest est peut-être due à la modicité de l'investissement qu'elle requiert, dans une économie qui restait dominée par le monde, les mentalités et les réflexes paysans, comme le suggère la typologie des ouvrages préservés.

    - Le « petit pied »

    Les plus anciens et originaux de ces moulins appartiennent au genre des moulins dits à « petit pied ». Ils pullulaient dans les régions par lesquelles le procédé a d'abord transité : Côte d'Émeraude et baie du mont Saint-Michel au nord, Morbihan méridional et alentours de Guérande au sud.

    Leur forme moyenâgeuse était typique de la région : reposant sur un socle généralement évasé, s'élance une étroite tour cylindrique percée de 2 portes peu élevées dont les piédroits sont souvent délicatement chanfreinés et les linteaux datés. Cette tour supporte un étage en encorbellement dont il arrive que l'évasement dessine une élégante corniche moulurée. Sur le ressaut intérieur prenait appui le plancher des meules jusqu'où une grande fenêtre permettait de hisser les sacs de grain à moudre, à l'aide d'un treuil. Le chapeau conique est revêtu d'essentes de chêne ou châtaignier.

    Dissymétriques, les ailes étaient taillées pour recevoir une voilure adaptée à la force du vent, détail apparemment non attesté ailleurs. La longévité étonnante de ce type architectural, alors que l'encorbellement disparaît des bâtiments militaires au 15ème siècle, la qualité et l'assemblage des matériaux s'expliquent par l'origine noble de la mouture au vent et sa normalisation en Bretagne.

    - Grosse tête et « moulin-tour »

    Lorsqu'au sortir de la guerre de 1870, les ailes Berton à lamelles de bois réglables envahirent l'ouest de la France, les constructions durent s'élever jusqu'à une quinzaine de mètres pour intégrer ce remodelage technologique. Les moulins qui furent alors bâtis de neuf perpétuèrent le souvenir séculaire du « petit pied » par un léger ressaut marqué au tiers de leur élévation.

    Les moulins à vent, tels ceux de Saint-Jacul (en bas) ou de Bréhat (en haut), apparaissent en Europe, à la suite des Croisades (13ème siècle). Les effets des Croisades se sont faits principalement ressentir en Europe où elles ont eu des conséquences sur l'architecture, avec l'utilisation des techniques bysantines.

    En Bretagne, leur aire d'extension est limitée aux pays nantais et vannetais jusqu'au 15ème siècle. Après la Révolution, on en compte plus de 3000 dans toute la péninsule armoricaine.

    D'après les recherches historiques effectuées par l'Association de sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h, en particulier les travaux de recherche de M. gautier.

  • 20042203165NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/43, Numplan 3.

    20042203446NUCB : Collection particulière

    20042203475NUCB : Collection particulière

    20042203652NUC : Collection particulière

    20042203468NUC : Collection particulière

    20042203453NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203452NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203450NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203454NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203624NUCA : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203451NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203456NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203457NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203458NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203464NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203459NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203463NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203467NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203455NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203461NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203462NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203465NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

    20042203460NUCB : Collection particulière (association pour la sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/43 (plans cadastraux parcellaires de 1826).

    Numplan 3, section A, 2ème feuille
Bibliographie
  • DURAND-VAUGARON, Louis. Le moulin à vent en Bretagne. In Annales de Bretagne et des pays de l´Ouest, tome LXXIV, n° 2, 1967. Rennes : Université de Haute Bretagne.

    p. 299-348
  • CHASSIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Editions Keltia Graphic.