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Moulin à papier de Saint-Fiacre, puis usine de blanchiment dite de Fumi-coton, puis distillerie de la Société des Alcools et Levures de l'Ouest, puis minoterie et usine de produits pour l'alimentation animale Le Men, actuellement maison (Quintin)

Dossier IA22002298 réalisé en 2003

Fiche

  • Carte postale ancienne, 1917.
    Carte postale ancienne, 1917.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • bâtiment d'eau
    • logement patronal
    • bief de dérivation
    • salle des machines
Appellations moulin à papier de Saint-Fiacre, puis usine de blanchiment dite de Fumi-coton, puis distillerie de la Société des Alcools et Levures de l'Ouest, puis minoterie et usine de produits pour l'alimentation animale Le Men
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bâtiment d'eau, logement patronal, bief de dérivation, salle des machines
Dénominations moulin à papier, usine de blanchiment, distillerie, minoterie, usine de produits pour l'alimentation animale
Aire d'étude et canton Arrondissement de Saint-Brieuc - Quintin
Hydrographies Gouët le
Adresse Commune : Quintin
Lieu-dit : Moulin de Saint-Fiacre
Cadastre : 1816 C 137 à 139 ; 2001 D 194, 208 à 210

Un premier moulin à papier éponyme est attesté sur le site de Saint-Fiacre dès le 18e siècle. En 1826, il appartient à la famille Choiseul et produit, deux ans plus tard, 2000 rames de papier blanc et 1000 rames de papier gris ou bleu. Après avoir fabriqué au 18e siècle du papier à base de chiffons ramassés dans les environs de Lanfains (22), le moulin à papier du 19e siècle utilise les pâtes produites aux moulins du Bras-d'Argent, situés juste en amont, pour fabriquer des papiers d'emballage. En 1881, l'établissement est agrandi et il est vendu dix ans plus tard à M. Simonet qui le transforme, en 1895, en usine de blanchiment (destinée à préparer les cotons pour la fabrication des poudres blanches de guerre). L'usine est agrandie en 1899 avant d'être reconstruite en 1902. Appelée couramment usine de Fumi-coton, elle comprend alors deux grandes parties : la première dans laquelle les cotons sont traités par le sulfure de carbone ; la seconde est affectée aux diverses opérations et se compose des moteurs hydrauliques et à vapeur nécessaires à la marche générale de l'usine. En 1905, l'entreprise devient une succursale de la Société Anonyme des celluloses cotons pour poudres blanches de guerre et celluloïd de Landerneau (29), fournisseur des Poudreries de Pont-de-Buis (29) ; la famille Robert en prend la direction avant la Première Guerre mondiale, jusqu'en 1920. Durant la guerre de 1914, l'entreprise travaille pour la Défense Nationale. Elle importe du coton brut de Russie et reçoit aussi les déchets des filatures du Nord. Une fois blanchi, ce coton est expédié aux Poudreries de Pont-de-Buis et du Vert Galant. L'usine se compose alors de plusieurs cuves appelées "raques" dans lesquelles le coton est mis à tremper avec une solution de soude caustique et de chlore chauffé à la vapeur. Ce coton est ensuite sorti des cuves, puis lavé, rincé, essoré et passé dans un séchoir cylindrique chauffé à la vapeur. Une fois séché, le coton arrive sur un tapis grillagé où il est trié et libéré de ses graines. La mise en balle à la presse est la dernière opération avant leur expédition vers les Poudreries ; il s'agit de balles pesant de 60 à 80 kg. La cheminée d'usine, haute de 25 à 30 m, n'existe plus. Après la Première Guerre mondiale, l'usine cesse sa fabrication de coton et est convertie en laverie pour le nettoyage et la désinfection des tenues de soldats américains jusqu'à la fin de l'année 1919, époque de la fermeture définitive de l'usine et du départ de la famille Robert. A partir de 1920, le site est fortement remanié et une grande partie des bâtiments est démolie. Devenu la propriété de V. Galaud, négociant à Paris (75), ce dernier le vend en 1922 à la Société des Alcools et Levures de l'Ouest. Une distillerie de grains avec rectification d'alcools et fabrication de levures pour la boulangerie, est implantée sur le site et fait édifier un grand bâtiment destiné à accueillir la colonne de distillation. Elle ne fonctionnera que quelques mois, avant de laisser la place à une minoterie en 1923, d'abord dirigée par P. Cotrel, puis par G. Le Men qui la rachète en 1929. Deux ans plus tôt, elle est agrandie. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de M. Le Men fils, l'activité de la minoterie est conjuguée à celle de la fabrication d'aliments pour le bétail. En 1946, G. Le Men fait construire une maison à la place d'un ancien magasin. En raison de son extension commerciale, l'usine de produits d'alimentation animale prend le pas sur la minoterie qui cesse définitivement son activité en 1965. Dans l'impossibilité de se développer sur ce site enclavé entre le Gouët et le flanc de la vallée, l'entreprise Le Men cesse son activité en 1976 et déménage dans la zone industrielle. La plupart des bâtiments industriels a été détruit en 1990, seuls subsistent les logements de contremaître et patronal, un ancien magasin transformé en maison, la partie basse de la minoterie et la salle des machines. En 1827, l'usine fonctionne avec trois roues hydrauliques verticales. A cette date, la famille Névo, qui exploite la papeterie, a le projet de réduire ce nombre en remplaçant les deux roues situées en amont par une seule ; celle placée en amont resterait en place. Le 5 août 1896, M. Simonet déclare deux chaudières à vapeur pour sa papeterie : une de forme multitubulaire issue de Paris (F. Fouché), et une provenant de la papeterie Marnay, en Indre-et-Loire (37). Au début du 20e siècle, l'usine de Fumi-coton emploie cent cinquante salariés environ.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1881, daté par source, daté par travaux historiques, daté par tradition orale
1895, daté par travaux historiques
1899, daté par travaux historiques
1902, daté par travaux historiques
1913, daté par travaux historiques
1922, daté par travaux historiques
1927, daté par travaux historiques
1946, daté par travaux historiques

Du site de production, ne subsistent plus que quelques vestiges : deux logements, la partie basse de la minoterie, la salle des machines et un ancien magasin transformé en maison ; l'ensemble a été très remanié. Le logement de contremaître et un ancien magasin, auquel il est accolé, ont été réunis pour former une grande maison à un étage carré, édifiée en petites pierres de taille (côté magasin) et en moellons (côté logement de contremaître) en granite, la partie basse étant recouverte d'enduit sur le corps principal ; elle est surmontée d'un toit à longs pans à demi-croupes, en ardoises. L'ancienne minoterie, en partie arasée, et la salle des machines, en rez-de-chaussée, sont édifiées en moellons de granite. L'ancien logement patronal, recouvert d'enduit, compte un étage carré et un étage de comble couvert d'un toit à longs pans en ardoises.

Murs granite
enduit
moellon
pierre de taille
petit appareil
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
produite sur place
produite sur place
achetée
Typologies moulin de type artisanal, de plan allongé, abritant souvent le logement du meunier à son extrémité (type A1), minoterie dite à l'américaine comptant au moins deux étage carrés (type D4)
États conservations établissement industriel désaffecté, remanié, vestiges
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20032206757NUCB : Mairie de Quintin, Non coté.

    20032206761NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 5 M 41.

    20032206763NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 84 S 55.

    20032206772NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 23 S 1 (9).

    20032206830NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 23 S 1 (9).

    20032206767NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 23 S 1 (9).

    20032206771NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 84 S 59.

    20032206770NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 84 S 59.

    20032206967NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 84 S 55.

    20032206783NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 84 S 55.

    20032206801NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 23 S 1 (9).

    20032206762NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 5 M 41.

    20032206758NUCB : Mairie de Quintin, Non coté.

    20032206765NUCB : Collection particulière

    20032206764NUCB : Collection particulière

    20032206779NUCB : Collection particulière

    20032206773NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 84 S 59.

    20032206861NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 23 S 1 (9).

    20032206778NUCB : Collection particulière

    20032206777NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série M ; sous-série 5 M 41. Administration générale et économie (an VIII-1940). Santé publique et hygiène. Etablissements dangereux, insalubres et incommodes, de Pléhérel à Rostrenen, 1821-1931.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 267 (7). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Quintin, matrice des propriétés foncières, 1823-1860.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 23 S : 23 S 1 (12). Service hydraulique. Versant de la Manche. Bassin du Gouet. Le Gouet (ruisseau de Kerfolben, dans le cours supérieur), an IX-1934.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 81 S 3 (7). Service des Mines. Appareils à vapeur : contrôle des appareils placés sur la terre ferme. Déclarations de machines à vapeur, 1894-1908.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 84 S : 84 S 57 (24). Service hydraulique. Versant de la Manche. Bassins côtiers entre le Gouessant et le Gouët. Le Gouët (ruisseau de Kerfolben, dans le cours supérieur), 1834-1960.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 84 S : 84 S 59. Service hydraulique. Versant de la Manche. Bassins côtiers entre le Gouessant et le Gouët. Le Gouët (ruisseau de Kerfolben, dans le cours supérieur), 1861-1972.

Bibliographie
  • GICQUEL, Laurent. Quintin et ses moulins. Le Quintinais, 1991, p. 26.

  • KEMENER, Y.-B. Moulins à papier de Bretagne. Une tradition séculaire. Skol-Vreizh, juillet 1989, n°13, 84 p.

  • LE SAUX, Yves. Les moulins. Le Quintinais, 1979, p. 18.

  • LE SAUX, Yves. L'usine de fumi-coton. Le Quintinais, 1979, p. 16-17.

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1