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Moulin à marée du Petit Traouïero (Perros-Guirec)

Dossier IA22007121 inclus dans Port de Ploumanac'h (Perros-Guirec) réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénominationà marée
Parties constituantes non étudiéesdigue
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
AdresseCommune : Perros-Guirec
Lieu-dit : le Petit Traouïero
Cadastre : 895 D ; Domaine public maritime

Le moulin à marée du Petit Traouïero fut construit à la même époque que le moulin à marée du Grand Traouïero au 14ème siècle pour le seigneur Bryant de Lannion. La date mentionnée dans le document qui autorise le seigneur de Lannion à édifier les deux moulins est de 1375 (sources Archives Nationales, AD 22 série E 3049). Différents "renables" des moulins à mer vont s'échelonner de 1509 à 1764 et de 1672 à 1778, précisant les différents propriétaires et locataires des deux moulins et leurs successeurs, dont la seigneurie du Cruguil, citée en 1672, qui fut maintenue dans ses droits. De nombreuses et régulières réparations furent effectuées dans ces moulins compte tenu de leur fragilité à la pression des marées et de leur mauvais état quasi permanent. Le coût d'exploitation de ces moulins à mer était très important : ils étaient dits "ruineux" et étaient déjà considérés "en ruines " à la fin du 15ème siècle. Ces moulins à marée étaient appelés "les moulins à eau bleu" sous l'Ancien Régime. Le "milin Vor" (autre appellation en breton) est indiqué sur le cadastre napoléonien dés 1819. Il fut la propriété de Perrot en 1833, qui détenait un lais de mer de 1, 70 ha et de Pierre Geffroy, boulanger, en 1882. Il semblerait qu'il soit de nouveau reconstruit ou restauré en 1839. En 1887, il y est adjoint un appentis du côté sud-ouest (la terrasse actuelle). En 1888-89, le Domaine public maritime (DPM) est de nouveau aliéné pour la réalisation de l'annexe. La date plus tardive de 1889 et l'indication des noms du meunier et de sa compagne (particularité trégorroise et/ou de la meunerie), gravés sur le linteau de la porte principale du moulin, semble indiquer que le moulin fut de nouveau restauré à la date portée. Ce qui pourrait expliquer la qualité médiocre de la maçonnerie en moellons grossièrement taillés. A cette époque, le meunier était Jacques Perrot et sa femme Marie Derrien. En 1892, Abdank, châtelain de Costaeres utilisait Milin Ruz pour y faire fabriquer de la glace à l'aide d'une machine "Pictet", utilisant l'anhydrique sulfureux. Il pouvait produire 450 kg de glace par heure, ceci afin de conserver le poisson qu'il commercialisait dans son hôtel Bellevue et dans les marchés locaux. Cette activité périclita à la guerre 1914-1918. En 1904 et les années suivantes, les habitants protestèrent contre la pose de clôtures sur la chaussée, qui en interdisait le passage. En 1919-20, le moulin arrête de fonctionner. Le moulin du Petit Traouïero, avec l'étang situé à Lan-Toulaber, le lac et la chaussée du moulin (parcelles D 915, 921, 1285) est site classé le 14 mars 1943. En 1965, il fut question d'y construire une maison d'habitation, mais en 1968, le moulin était acheté par la commune. Les premiers travaux de rénovation sont conduits par l'architecte des Monuments de France Bideau, avec un projet de musée, tout en conservant la toponymie originale. Cependant, les travaux ne furent pas poursuivis. En 1982 fut opérée l'injection de béton dans la chaussée, lors des travaux effectués comme suite aux conséquences des "marées noires". Le moulin du Petit Traouïero est la propriété de la commune de Perros-Guirec.

Période(s)Principale : 14e siècle
Principale : 19e siècle

Les éléments bâtis du moulin : Le moulin du Petit Traouïero est un moulin du type trégorrois "à cage de bois", encore appelé moulin "à pignon découvert", avec un bâti de forme rectangulaire, surmonté d'un toit à deux pans au 19ème siècle, avec une couverture en tuiles rouges (couverture en chaume à l'origine). La toiture refaite en 1965 est à croupes aujourd'hui : toiture à 4 pans, couverte d'ardoises. Les façades est et ouest étaient fermées à l'origine par un essentage en bois (pour la ventilation de l'étage), en partie haute des murs pignons, perpendiculaire à la chaussée, avec une petite ouverture (fenêtre), (remplacée aujourd'hui par des baies vitrées sur les deux façades). Au niveau supérieur du moulin, deux portes d'accès au milieu de la façade sud, ouvre vers l'intérieur. L'étage sous combles de la façade sud était percée par deux lucarnes. Sur la face est, une porte haute de chargement des bateaux par haute mer est toujours visible. Le moulin est situé au 1/4 de la largeur de la chaussée et au 3/4 de sa longueur. Le bâti principal empiète donc très peu sur la chaussée, afin de ne pas l'affaiblir. Les murs porteurs regardent le large et la cage regarde la chaussée. Le moulin comprend un sous-sol, équipé d'un caveau central, qui reçoit les deux roues extérieures à double couronne et rosaces métalliques à 8 bras et la poterne avec un arc en plein cintre (qui permet d'introduire les mécanismes) et le canal de roue intérieure. Cet aménagement permet de canaliser l'eau de mer et d'ouvrir des passages pour que le flux puisse s'échapper facilement sans opérer trop de pression sur les fondations. Le moulin étant bâti à la fois sur une masse rocheuse, mais en s'arcqueboutant sur un substrat plus sablo-vaseux vers le large. Il est donc situé au niveau de la basse mer et régulièrement ennoyé. Le rez-de-chaussée, situé au niveau de la digue du moulin est appelé en réalité le "premier cours" ou premier étage du moulin. Celui-ci comprend une "zone basse", le "leur", qui reposait sur un dallage en granit pour accueillir directement les meules (sans estrade : une particularité de ce moulin), dominant les trains de roues et les jeux d'engrenage de l'espace inférieur. L'aire des meules repose sur les piliers et refends du sous-sol (particularité bretonne). La partie haute en partie recouverte d'un plancher, recevait le mécanisme de bluterie, le treuil de levage, la potence et la cage d'écureuil. Une échelle de meunier permet d'y accéder. La charpente complexe n'a pas pu été étudiée. L'architecture générale et ses contreforts : Le moulin du Petit Traouïéro, dispose de doubles contreforts sur chacun de ses pignons, en pierres de taille, dont le contrefort ouest, le plus volumineux et le plus imposant de par sa taille, de forme trapézoïdale, mesure 3, 30 m de hauteur et 4 mètres de largeur à sa base. Les deux contreforts qui encadrent la poterne centrale mesurent l'un et l'autre 1, 80 mètres de largeur, avec une disposition des pierres taillées en quinconce. La poterne ou porte d'aval, qui servait à rentrer ou à changer le mécanisme a un arc en plein cintre et dispose de 3 marches en granit pour accéder au caveau central. Elle mesure 3 m de hauteur et 1, 90 m de largeur. Les coursiers latéraux extérieurs mesurent environ 4 mètres de longueur 0, 70 m de largeur, leurs linteaux sont droits. Le coursier ouest est actuellement bouché par des pierres. Le moulin dispose de 2 canaux de décharge à l'ouest. Un escalier en pierre donne accès à la chaussée et au passage du moulin. Les murs intérieurs ont une épaisseur de 0, 66 m et sont percés de somptueuses arcades ogivales de près de 3 m de hauteur à la clef (1, 70 m de large et O, 65 m de section) ; ces refends incorporent de gros blocs parallélépipédiques servant à la fois de piédroits aux portes et de glissières aux mécanisme de trempure. Les ouvertures ou poternes sont en plein cintre pour laisser passer l'eau avec sur les trois côtés un linteau massif, pour soutenir le mur. Un 2ème mur dans la partie basse du moulin tombe de chaque côté : l'un extérieur est à 1, 50 m avec une ouverture en plein cintre, plus large et plus haute. Ces murs montent jusqu'au niveau de la digue et contribuent à la solidité du bâtiment. Ils servent aussi d'appui à des dalles de granit qui constituent le sol sur lequel reposent les meules. L'arbre et les roues extérieures Deux roues verticales de 5 mètres de diamètre en hêtre ou en chêne, avec des palettes en hêtre, entraînaient un arbre en chêne, long de 3 mètres, reposant sur deux paliers en granit. A remarquer que le moulin ne possèdait qu'une seule roue à l'ouest avec un escalier extérieur à l'est, qui permettait d'aller graisser l'arbre. Un rouet en bois engrenait avec une "lanterne". Un pignon en bois et en fer pouvait tourner sur un axe vertical en bois. Cet arbre reposait sur une poutre transversale, réglable en hauteur par un axe métallique, maintenu par un coussinet. Du côté est, cet axe entraînait directement la meule posée sur une dalle en granit pour moudre les céréales destinées au bétail. Chaque meule mesurait 1, 65 m de diamètre et 0, 30 m d'épaisseur : la gisante et la courante. Elles étaient plâtrées et cerclées. Du côté ouest, l'axe entraînait une grande couronne en fonte, conduisant 2 couronnes plus petites à 8 bras et rosaces métalliques, solidaires des axes des meules. Ces meules reposaient sur un chantier ou beffroy (poutres de chêne), qui les surélevait de 50 cm afin de recueillir la farine dans un grand bac, puisée ensuite par un élévateur à godets vers la bluterie à l'étage supérieur. Les coffres des meules ou archures étaient à huit pans. La "cage d'écureuil" (particularité bretonne) utilisée pour soulever la meule courante pour le rhabillage, reposait sur les paliers, au niveau des sablières. De grosses poutres supportaient l'étage de la bluterie.

Mursgranite
moellon
Toitardoise
Plansplan rectangulaire régulier
Couverturescroupe
Énergiesénergie hydraulique
États conservationsremanié

Le moulin du Petit Traouïero mériterait d'être restauré dans son état d'origine.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • 20062207749NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 218.

    20062207748NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 218.

    20062207750NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Bi.

    20062207847NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Bi.

    20062207850NUCB : Collection particulière

    20062207848NUCB : Collection particulière

    20062207849NUCB : Collection particulière

    20062207846NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Bi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor : E 3049, Liasse . Baronnie du Vieux-Chastel, seigneurie du Crugil.

Bibliographie
  • BOITHIAS, J.L. ; LA VERNHE (DE), A. Les moulins à mer et les anciens meuniers du littoral. Nonette : Editions Créer, 1980.