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Moulin à marée du Hézo, actuellement habitation, route de Saint-Armel (Le Hézo)

Dossier IA00114266 réalisé en 1988

Fiche

  • Façade aval
    Façade aval
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • vanne
    • étang
    • digue
Précision dénominationmoulin à marée
Appellationsdit Moulin du Hézo
Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesvanne, étang, digue
Dénominationsmoulin, maison
Aire d'étude et cantonBretagne - Vannes Est
AdresseCommune : Hézo (Le)
Lieu-dit : Adresse : route de
Saint-Armel
Cadastre : 1809 A 1 1079 ; 1844 A 2 604 ; 1950 A 2 390

Moulin à marée signalé dès 1475, puis en 1640, dépendance du prieuré du Hézo. Au 19e siècle il était lié au moulin à vent dit du Hézo, construit entre 1810 et 1844, aujourd'hui détruit. Base du moulin peut-être 15e siècle. Partie haute peut-être du 18e siècle. Remaniements des ouvertures au 20e siècle. [Jean-Jacques Rioult] [Catherine Toscer]

Le moulin du Hézo est signalé en 1475 mais est assurément bien antérieur. Selon Pierre Beunon de l'association La Maison Forte et le patrimoine de Rhuys, il fait partie de ces moulins à marée très anciens de la presqu'île de Rhuys qui remontent à une période comprise entre l'an Mil et le XIIIe siècle (Le Hézo donc mais aussi Pen Castel, Le Lindin, Ludré, Le Hézo, voire Banastère, Caden ainsi que celui de L'Epinaye sur la commune de Surzur aux marges de la presqu'île).

Cette précocité semble directement liée à la présence de seigneuries puis d'une abbaye puissantes sur la presqu'île de Rhuys. Concernant le moulin du Hézo, toujours selon Pierre Beunon, c'est l'abbé de Saint-Gildas de Rhuys qui en est à l'origine. Il restera sous l'égide de religieux et notamment du prieuré du Hézo jusqu'à La Révolution.

Grâce à un état dressé le 22 juillet 1640, on sait que ce moulin payait de ferme 46 perrées de seigle et de froment (petite mesure alors en usage à Vannes et ses alentours), ce qui est modeste et bien loin des montants payés un siècle plus tard pour les moulins du Lindin et de Pen Castel (14 tonneaux et 5 perrées pour le premier, 15 tonneaux et 5 perrées pour le second). Comme ailleurs, le meunier devait en outre assurer l'entretien du moulin.

A La Révolution, le moulin est confisqué puis vendu le 29 décembre 1792 à un certain M. Charrault, en même temps que d'autres biens (l'église, la maison prieurale, un jardin, des vignes, des terres et des landes), pour un montant total de 27 000 livres.

Reconstruit sur ses bases en ce XVIIIe siècle, le moulin à marée du Hézo sera au siècle suivant couplé à un moulin à vent érigé entre 1810 et 1844. Au cours de ce XIXe siècle, il subit de nombreuses dégradations, notamment suite à un ouragan en 1884 puis à un accident survenu sur sa digue en 1896.

D'après une enquête de 1910 menée par le Service hydrographique des Ponts et Chaussées du Morbihan à propos de la puissance d'une vingtaine de moulins à marée et minoteries du département, on constate que celui du Hézo affiche la force brute de loin la plus faible. Celle-ci était de seulement 5 CV, alors que les autres se situaient dans une fourchette comprise entre 10 et 15 CV pour les moulins à marée et jusqu'à 80 et 120 CV pour les minoteries (Ludré et Pont-Sal). Malgré une faible chute d' 1,2 mètre (contre 1,5 à 2,2 mètres pour la plupart des moulins morbihannais étudiés par J.-L. Boitias et A. de La Vernhe), le moulin du Hézo faisait toutefois partie des rares moulins (3) à afficher un rendement de 100 %. Aussi présentait-il une force utile équivalente ou très proche à celle de deux autres pourtant deux fois plus puissants (Moulins du Pont à Baden et de Pen Castel à Arzon).

Pendant l'occupation allemande, des habitants du Hézo et de Saint-Armel venaient au moulin à marée du Hézo se ravitailler en farine, ce qui n'était pas toujours possible en cette période de pénurie. Joseph Petit, un habitant de Saint-Armel qui était enfant dans les années 1940, rappelle qu'il y accompagnait sa mère munie d'une brouette. Ils étaient parfois obligés de prolonger leur parcours jusqu'à Ambon à une dizaine de km. Le dernier Meunier, un certain Le Ridant était alors à la tête de ce moulin qui tournait 8 heures par jour et qui a fonctionné jusqu'à sa mort en 1953. Il effectuait ses livraisons en charrette tirée par un cheval sur un secteur comprenant Le Hézo et les communes voisines (Saint-Armel, Noyalo, Surzur, Le Tour du Parc et Sarzeau). Il pouvait charger jusqu'à une tonne de marchandises. Sa clientèle se composait de boulangers ainsi que de paysans pour la nourriture de leurs bêtes.

Alors que de nombreux meuniers avaient remplacé le cheval par un camion ou une camionnette au début des années 1940, celui du Hézo conserva le cheval jusqu'en 1950 faute de moyen. Selon, Émile le Ridant, le fils du dernier meunier, l'activité s'était en outre bien ralentie les dernières années. En 1950, à 23 ans, lui qui avait aidé son père une dizaine d'années, fut en effet contraint de partir travailler dans la meunerie à Paris avant de très vite changer de métier. [Ewan Sonnic]

Période(s)Principale : 15e siècle , (?)
Principale : 18e siècle , (?)

Base en pierre de taille, partie haute en moellon de granite sauf façade principale est, enduite.

[Jean-Jacques Rioult] [Catherine Toscer]

Le moulin du Hézo se situe entre un bras de mer du golfe du Morbihan et l'étang du Hézo à la limite de la commune voisine de Saint-Armel. Il est placé à l’extrémité d'une digue courbe de 145 mètres qu'il flanque en aval. Sa retenue, à l'origine d'une superficie de 8 à 9 hectares a été scindée en deux étangs, remblayée en partie et la digue remaniée, ce qui ne permet pas d'identifier la place de la porte mer.

Le moulin est organisé selon un plan rectangulaire de 9,7m x 6,5m. Sa façade aval compte deux éperons très peu prononcés dont le point haut commence à la limite entre les fondations en pierre de taille et le reste des murs en moellons. Il comptait deux roues extérieures sur chacune de ses façades Nord et sud dont témoignent les deux poternes en plein cintre qui accueillaient les arbres des roues.

Sur une ancienne carte postale qui n'est pas datée mais où le moulin à vent est encore visible et le site très pauvre en végétation, on aperçoit la façade amont qui est déjà enduite.

La façade Sud accueille une cheminée qui témoigne de la fonction d'habitation du moulin pour le meunier. La façade Nord accueille un fenestron. La façade aval a été fortement remaniée notamment par l’insertion d'une baie horizontale. Le moulin est surmonté d'un toit à croupe en ardoise dont la rénovation a été l'occasion d'y insérer un chien-assis sur la façade aval.

[Claire Nadolski]

Mursgranite moellon enduit
pierre de taille
Toitardoise
Étagesen rez-de-chaussée
Couverturestoit à longs pans croupe
Énergiesénergie hydraulique produite sur place roue hydraulique verticale
énergie thermique
Typologiesmoulin à marée
États conservationsremanié

La Bretagne présente une concentration exceptionnelle de moulins à marée. Il s'agit pourtant d'un patrimoine méconnu. Par sa très longue histoire caractéristique des moulins de la presqu'île de Rhuys, le moulin du Hézo constitue un témoignage remarquable de cette histoire locale et régionale. Cependant, son caractère privé peut rendre difficile sa mise en valeur patrimoniale.

Statut de la propriétépropriété privée
Protections

Références documentaires

Bibliographie
  • BOITHIAS, J.-L., VERNHE, A. De la. Les moulins à mer et les anciens meuniers du littoral : mouleurs, piqueurs et moulageurs. Nonette : éditions Créer, 1989.

  • La Maison Forte et le Patrimoine de Rhuys, Rhuys. Ses familles, ses terres sous le règne d'Anne de Bretagne à partir du Rentier de 1506-1510, Ed. Riveneuve, 2013, 694 p.

Périodiques
  • GUILLET Jacques, Les moulins de la mer. Le chasse-marée, n°5, p.42-57

    Bibliothèque de Rennes Métropole
  • PALMER V., Le moulin à vent de Querlo, Prozat, Le magazine des armélois, avril 2017 n° 108, p. 14-15,

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) GRIEF EA7465 - ENSAB - Rioult Jean-Jacques - Toscer Catherine - Sonnic Ewan
Ewan Sonnic

Chargé de recherche (ENSAB-GRIEF EA 7475)


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- Nadolski Claire
Claire Nadolski

Chargée d'étude (GRIEF EA7465 - ENSAB)


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