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Moulin à papier de Traou Hi (Loguivy-Plougras)

Dossier IA22016969 réalisé en 2010

Fiche

Appellations Moulin Paper Izellan
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plouaret
Hydrographies Guic le
Adresse Commune : Loguivy-Plougras
Lieu-dit : Traou Hi

Moulins à papier de Coat Run en Loguivy-Plougras (ou Traou en Hy)

Les deux moulins de Coat-Run Izellan (« du bas») et Coat-Run Huellan (« du haut »), aussi appelés moulins de Traou an Hy, situés tous deux sur la commune de Loguivy-Plougras, ont sans doute été tous deux construits au début du XVIIème siècle, vers 1630. Ils sont tous deux propriété de Gilles Mauduit – La Verdure, puis d'Alain de la Mare qui fait l'acquisition de la seigneurie de Scojou (ou Scozou) en 1669. Les deux moulins changent de propriétaire en 1751 : Coat-Run Izellan est vendu à la famille Torquéau, Coat-Run Huellan aux Kergorlay. Les états des papeteries de 1772 et 1776 mentionnent deux moulins situés à Loguivy-Plougras, au lieu-dit Traou an Hy, sans donner d'éléments permettant de les différencier. Les différentes toponymes, les imprécisions des enquêtes de 1772 et 1776 ainsi que l'appartenance des deux moulins à un même propriétaire pendant près de cent ans, rend difficile l'attribution de certaines informations (propriétaires, exploitants, ouvriers...) les concernant.

1. Le moulin de Coat-Run Huellan

Le moulin de Coat-Run Huellan est aussi mentionné sous le nom de Traou an Hy n°2, Milin Creis (moulin du milieu).

En 1675, selon Y.-B. Kemener, ce moulin est exploité par Pierre Châtel, Jean Guédon et son épouse Jeanne Clouard, jusqu'en 1683. Les filles de ce couple, ainsi que leurs époux, y sont papetiers de 1687 à 1704. Les frères Alain et Noël Pihan, originaires de Brouains, près de Sourdeval en Normandie,fabriquent du papier à Traou an Hy à partir de 1678 (1686 pour Noël). Alain en est le fermier de 1683 à 1707. Rolland Homo l'exploite à partir de 1707. Il paie à cette date 60 livres de rente foncière aux héritiers d'Alain de la Mare. Ses fils y travaillent à sa suite, Rolland-Guillaume (de 1731 à 1746) puis Emilion (1748 à 1759). Jean Guinamant et son épouse Julienne y travaillent également jusqu'à leurdécès, lui en 1739, elle en 1763. En 1751, le moulin appartient à la famille Torquéau. En 1772, l'enquête sur l'état des papeteries mentionne Jean Le Maître comme fabricant. En 1776, on retrouve ce dernier fabriquant au Cosquer à « Plounevez-Belisle » (Plounévez-Moedec). Deux noms de fabricants sont mentionnés pour Traou ar Hy à cette même date : Pierre Faudet (sans doute pour Coat Run Izellan) et Julien Le Maître. La production de papier continue dans le moulin de Coat Run Huellan (du haut) jusqu'en 1789, avec le papetier François Chatel. À son décès, il est transformé en moulin à farine. Le moulin est aujourd'hui en ruines. Une meule à grains, rainurée, y est encore visible.

2. Le moulin de Coat-Run Izellan (moulin de Traou Hi et la cartonnerie Alexandre)

Sur le site où se trouve aujourd'hui un entrepôt de l'ancienne cartonnerie Alexandre, a existé un moulin à papier dès le début du XVIIème siècle. Le site est dénommé successivement de plusieurs manières, Coat Run Izella, Traou an Hy n°1, Traou an Ty, Moulin Izellan.

En 1669, ce moulin est saisi sur Gilles Mauduit - La Verdure par Alain de la Mare, seigneur du Scozou, marchand et banquier à Morlaix. De 1677 à 1699, Jacques Pain y est papetier. En 1686, Jean Aubry, originaire de Normandie épouse Marie Barbe à Loguivy-Plougras. Leur fille Marie travaille à Coatrun Izellan avec son époux Guillaume Le Moine, dont la famille, papetiers, est originaire de la région de Vire de 1712 à 1736. Jean Faudet y est papetier de 1702 à 1741. En 1725, il paie un fermage de 190 livres aux héritiers d'Alain de la Mare. En 1727, Jean Bocher, beau-frère de Faudet, en est également exploitant. En 1770, le moulin est tenu par Pierre Faudet, locataire. L'état des papeteries de 1772, pour la subdélégation de Morlaix, indique trois moulins à Traou an Hy. Celui tenu par Pierre Faudet produit 2 400 rames de papier, pour un poids total de 33 600 kg. Les deux autres moulins mentionnés à Traou an Hy sont tenus par Jean Le Maître (sans doute, le moulin de Coat Run Huellan et du Cosquer, Jean Le Maître étant mentionné comme fabricant de Cosquer dans l'enquête de 1776) et produisent chacun la même quantité de papier pour le même équipement que celui de Pierre Faudet, à savoir, une cuve et une roue. L'enquête de 1776 indique à Traou Hy deux moulins, équipés chacun d'une roue, d'une cuve et de cinq piles, et produisent chacun 3 300 rames de papier par an.

En 1792, Thomas Alexandre, puis Guillaume son frère tiennent le moulin. Ils y emploient 4 ouvriers. Le cadastre de 1834 indique l'emplacement du moulin là où se trouve aujourd'hui l'ancien entrepôt de la cartonnerie Alexandre. En 1828, le moulin est équipé de « 5 battants de 4 pilons » soit 5 piles à 4 maillets chacun, et produit 2 600 rames de papier à partir de 26 tonnes de chiffons. Trois ouvriers y travaillent. En 1841, la production atteint 2 920 rames. A partir de cette date, la famille Alexandre en sera l'exploitante, de père en fils. Thomas Alexandre fait travailler 10 ouvriers. En 1856, le frère de Thomas, Jean, en est le papetier. Le fils de ce dernier, Yves-Marie, prend la succession du moulin en 1881. Le moulin est nommé à cette époque « Traou an Hy n°1 ». En 1901 et jusqu'à la première guerre mondiale, « Moulin Izellan » est une fabrique de carton. Il produit également du coton-poudre pendant la guerre pour la fabrication d'explosifs dans les poudreries de Brest et de Pont-de-Buis.

Selon le propriétaire de Milin ar Gosquer ou Cosquer Uhellan, qui fut gérant de la cartonnerie de cet endroit jusqu'en 1992, l'entreprise Alexandre regroupait en 1901 les moulins de Cosquer Izellan, de Cosquer Uhellan et de Traou Hy, appartenant à Louis Alexandre. La société Alexandre Frères est créée en 1921 et dirigée par Albert, Émile, Yves et François Alexandre. Elle emploie neuf ouvriers. Albert et Émile Alexandre prennent la direction de la cartonnerie de Traou Hy, puis Albert prend avec un autre de ses frères, celle de la cartonnerie de Cosquer Izellan, en 1927. Émile reste seul à la direction de Traou Hy. On y produit du carton à partir de papier usagé, pour la reliure et la fabrication de valises. Le fils d’Émile prend la succession de son père à la tête de l'usine en 1964 et jusqu'en 1985. A cette date, il crée les Cartonneries Alexandre, qui fonctionnent jusqu'en 1994.

Au fil du Queffleuth et de la Penzé – enquête thématique régionale « les moulins à papier et papeteries industrielles de Bretagne » 2014-2015

Période(s) Principale
Dates 1630, daté par source
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • P. 255 :

    Le moulin de Traou Hi avec le moulin de Coat Run, situé juste en amont de celui-ci, appartenaient à la seigneurie de Scozou. Il s´agit de moulins à papier.

    Ils sont vraisemblablement construits au 17e siècle. Les archives de la seigneurie concernant les moulins à papier sont limitées, probablement dû au manque de rentabilité.

    Le papier pour l´imprimerie se vendait peu et s´exportait principalement. Le moulin de Traou Hi est construit par Mauduit La verdure probablement vers 1640, après avoir racheté le domaine de Coat Run vers 1600. En 1669, Jacques Allain, sieur de la Marre acquit les deux moulins. Le moulin de Traou Hi est racheté par les Kergolay après 1751. En 1791, Pierre Faudet y est maître papetier et commandant de la garde nationale de Loguivy (cf. Skol vreizh n° 13, Moulins à papier de Bretagne, et AN F1C III, C du N, 8.).

    Au 17e siècle, la famille Pain y habite. La famille Faudet prend la succession de Jacques Pain en 1699 pendant tout le 18e siècle. A partir de 1791, la famille Alexandre exploite les moulins à papier du secteur jusqu´à la moitié du 20e siècle.

    "En 1815, le moulin emploie quatre ouvriers, puis dix en 1841, lorsque Thomas Alexandre en est le maitre papetier. Pendant la Première Guerre mondiale, l'usine produit du carton-poudre pour la fabrication d'explosifs. Jusqu'en 1940, on y fabrique également des cartons très forts pour emballer les obus et les torpilles. Après la Seconde Guerre mondiale, la société des Cartonneries Alexandre produit toujours du carton, pour la reliure notamment. Le séchoir, qui occupe la partie supérieure des anciens bâtiments de la cartonnerie, n'est plus utilisé. Il comporte de nombreuses ouvertures permettant une constante circulation d'air. Les feuilles de carton transportées ici après la presse pouvaient donc y sécher rapidement".

  • 20102211420NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 3P131.

Références documentaires

Bibliographie
  • DUDORET, Louis. Seigneurs et seigneuries au pays de Beffou (15e-18e siècles), Editions de la Plomée, 2000, 403 p.

    p. 255
  • Topic Topos, les archives de la vie. Le patrimoine des communes de France : Loguivy-Plougras, cartonnerie Alexandre (http : //fr.topic-topos.com/cartonnerie-alexandre-loguivy-plougras).

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

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