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Mine de plomb argentifère de Pont-Péan

Dossier IA35048361 réalisé en 2008

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées puits d'extraction, fonderie, port, cale
Dénominations mine
Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Bruz
Hydrographies Seiche la
Adresse Commune : Bruz
Mine de plomb argentifère concédée le 21 février 1730 au riche négociant malouin Danycan de l'Epine qui fonde la Compagnie des Mines de Bretagne et du Bourbonnais. Cette mine avait été découverte un siècle auparavant par le baron et la baronne de Beausoleil sans être exploitée. En 1740, l'extraction s'organise plus rationnellement et le traitement métallurgique s'effectue sur place, mais il faut attendre les années 1760 pour que l'exploitation fonctionne régulièrement. La mine est confrontée à un problème récurrent lié à la nature du site en plaine dans des terrains régulièrement inondables situés à proximité de la Seiche. Il en résulte des menaces constantes d'effondrement des galeries obligeant à un soutènement important, ainsi qu'un coût élevé de dépenses réalisées pour assurer une fourniture correcte en énergie et de bonnes capacités d'exhaure. Malgré différentes interventions, dont celle de l'ingénieur Laurent à l'origine d'aménagements hydrauliques spectaculaires ayant permis d'atteindre 120 m de profondeur en 1794, l'exploitation se trouve une nouvelle fois confrontée à l'incapacité à résoudre ce problème technique. La mine ferme ses portes vers 1796. Après une interruption de près de cinquante ans, elle repart difficilement sous l'impulsion d'un ingénieur anglais, J. Hunt, en 1844. De 1854 à 1879, les travaux sont menés par la société en commandite pour l'exploitation de la mine de Pont-Péan. En 1880, sous l'impulsion d'E. Le Bastard et de l'ingénieur belge C. Heloy, directeur de la mine, elle se transforme en société anonyme. Ses bons résultats et la qualité des membres du conseil d'administration permettent de drainer vers la société l'épargne de nombreux actionnaires. Jusqu'au début du 20e siècle, la mine de Pont-Péan est le principal site d'extraction de plomb argentifère du territoire avec une production atteignant 200 000 t de métal. Elle cesse son activité en 1905. En 1876, les anciennes machines d'épuisement anglaises sont remplacées par une machine Cornwall de 220 chevaux et une machine Cockerill de plus de 1000 chevaux. En 1893, mention de dix-huit machines à vapeur de 20 à 1500 chevaux actionnées par vingt et une chaudières à vapeur. A la fin du 19e siècle, la mine emploie en permanence quelque neuf cents ouvriers. Le château de Carcé, acheté par Danycan, fut le siège de la direction pendant tout le 18e siècle. De ce fait, Danycan devint prévôt féodé de l'évêque de Rennes, seigneur de Bruz. Non loin de là se trouve la Fonderie entre les deux bras de la Seiche, où furent construits les premiers fours. Longuement brossé, le minerai était ensuite transporté à cette fonderie. Un port à Carcé fut également mis en place pour envoyer le minerai aux fonderies anglaises, belges ou nantaises, car à partir de 1850 celui-ci n'est plus transformé il est envoyé brut. La société possédait une dizaine de péniches qui nécessitait un port. La rivière la Seiche fut canalisée et détournée de son lit au nord pour les besoins de la mine vers 1755, ce qui entraîna la suppression des moulins de Carcé, la Barre et Saint-Armel. Ce canal montre l'ampleur des travaux entrepris par l'ingénieur Laurent pour maîtriser les eaux, à la fois pour empêcher l'inondation des installations et alimenter les machines. Long de 1600 mètres, large de 20 mètres et profond de 5 mètres, il permit d'éloigner le lit de la Seiche du site de la mine. Laurent fit aussi approfondir, redresser et élargir le lit de la Seiche jusqu'au Confluent avec la Vilaine : opération fort délicate qui doubla la capacité de son lit et abaissa son niveau en aval. Les pompes, ainsi que les machines d'extraction et d'épuisement, étaient actionnées par d'énormes engins hydrauliques en bois, une roue de 11 mètres de diamètre au Puits du Chapelet, de plus de 5 mètres aux Puits de Bicêtre et de la Nouvelle Mine, dont la machinerie fut jugée assez ingénieuse pour qu'ils fussent cités et dessinés dans la Grande Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Au siècle dernier, les péniches chargeaient à la cale de la Rivière-Bizais le minerai apporté par les wagonnets sur une voie étroite de Decauville. Le puits des Députés creusé au début de la Révolution descendait à près de 120 mètres au moment de la liquidation de 1797. Le puits du Chapelet et la carrière se trouvaient à Luzard.
Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1730, daté par source, daté par tradition orale, daté par travaux historiques
1890, daté par tradition orale
Auteur(s) Auteur : Laurent, ingénieur, attribution par travaux historiques
Auteur : Hunt J., ingénieur, attribution par travaux historiques
Auteur : Heloy C., ingénieur, attribution par travaux historiques

Site désaffecté dont il ne subsiste que quelques bâtiments sur la commune de Pont-Péan. Quelques sites de cette mine se trouvent sur Bruz. On y a recensé au moins quatre puits d'extraction : le puits du Chapelets, le puits de la Nouvelle Mine, le puits de Bicêtre et le puits des Députés. La fonderie, le port de Carcé, la cale de la Rivière Bizais, et le château de Carcé sont également sur Bruz et ont participé à l'histoire de la Mine. Voir la fiche de la mine sur la commune de Pont-Péan pour compléter les informations.

Données complémentaires architecture IP35

SCLE1 2e quart 18e siècle ; 4e quart 19e siècle
IAUT typicum
ICHR typicum
IESP typicum
ICONTX intégré
SEL étudié
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • 20083507938NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20003520230X : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9M 18.

    20023519341NUCB : Collection particulière, Non coté.

Références documentaires

Documents figurés
  • Bruz. Section D de la Chaussairie en 2 feuilles, 2e feuille Par Mrs Vauquetin et Villartay (1812), échelle 1/2500e (A. D. Ille-et-Vilaine).

  • Mine de Pont-Péan prise du Puits des Députés avec vue du Puits de la République et des nouvelles laveries, vue panoramique. Photographie, vers 1897. (A.D. Ille-et-Vilaine : 9M 18. Contrôle de diverses industries : mines de plomb argentifère, Pont-Péan).

Bibliographie
  • BRULE, A. Paysage minier dans le bassin de Rennes, Pont-Péan : la mine de plomb argentifère (1843-1904). Mémoires d'Ille-et-Vilaine, juin 1987, 7, p. 11-18.

  • GARCON, A.-F. La mine de plomb argentifère de Pont-Péan au XIXe siècle : 1827-1904. Mém. maîtrise : Hist. : Rennes 2, Université de Haute-Bretagne : 1982.

  • LODIN, A. Notice historique sur l'exploitation des mines de Pont-Péan. Annales des mines, 1908, 14.

  • LODIN, A. Notice historique sur l'exploitation des mines de Pont-Péan. Annales des mines, 1911, 20.

  • MENARD, E., LE BASTARD. Mines de Pont-Péan. Rapport, Rennes, 1877, 1 broch., 8.

  • MORIN, E. L'eau source d'industries, Découvrir le pays de Rennes. Guide écomusée de la Bintinais, Paris : ministère de la Culture, 1990, p. 30-35.

  • SEE, H. Les origines de la société minière de Pont-Péan. MSHAB, 1924, 5, p. 151.

  • SEE, H. Quelques nouveaux détails sur la société minière de Pont-Péan. Mémoires de la société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, 1927, 8/2, p. 308-316.

  • Pont-Péan, une mine, une histoire, un guide. Rennes : Association Galène, 1998. 32 p.