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Marais littoraux de Plurien

Dossier IA22004836 réalisé en 2005

Fiche

Dénominations espace littoral
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Pléneuf-Val-André
Adresse Commune : Plurien
Cadastre : non cadastré

Autrefois, le marais de l'Islet était d'un grand secours pour une vingtaine de ménages pauvres qui y faisaient paître vaches et moutons, dont ils tiraient lait, beurre et laine à carder. Les plantes du marais (jonc, obione) étaient utilisées comme litière et comme engrais vert. On venait aussi y prélever la marne et le goémon d'échouage. En 1827, un particulier, Challe de la Salle de Matignon, demandait la concession du marais pour y construire une digue et un moulin à marée. Cependant, il accusa un refus des élus locaux (Noël Gesrel, maire de Plurien), qui objectèrent de l'utilisation collective du marais, comme bien commun, et de l'existence de 5 moulins à eau et de 8 moulins à vent dans un rayon de 3 km. D'autre-part, du fait de la concession, la desserte du moulin de la Hunaudaye eut été empêchée pour une partie de la population. Le maire pouvait se plaindre au préfet avec les arguments suivants (extrait de la lettre du 29 décembre 1835) : Le moulin de la Hunaudais, où va la mer en grande marée, doit être desservi par le marais, tant pour les gens de Pléhérel que pour une partie de ceux de Plurien. Ce passage doit traverser le marais sur toute sa longueur d'ouest en est. Par ailleurs les gens d'Erquy et de Plurien circulent d'une rive à l'autre. Si le concessionnaire contient la mer par une digue, il est indispensable qu'il établisse un pont sur la rivière et une jetée pour la libre circulation des voitures. Le préfet suivit l'avis du maire et renouvela son opposition à une autre demande formulée en 1848. Le marais devait rester domaine public maritime et territoire de la commune de Plurien. Donner ce marais à un particulier, c'est exposer le gouvernement républicain à la désaffection d'une commune qui a toujours été renommée pour ses opinions avancées, dixit les conseillers municipaux en 1848. Le marais était en effet utilisé à cette époque pour le pacage, l'extraction de la marne, des joncs et du goémon pour engraisser les terres.

Période(s) Principale : Temps modernes
Principale : 19e siècle

Le marais du Minieu, encore appelé "marais de Sables-d'Or" couvre une surface totale de 7 ha 16, tout en domaine public maritime. Il est constitué d'une partie naturelle d'estuaire, d'un marais à herbus (obione et autres plantes marines) et d'une partie en vasière. La zone boisée contiguë est proche du rivage. Le marais est temporairement immergé selon les marées (hauteur d'eau). D'un grand intérêt botanique, il assure le lien d'une unité paysagère très remarquable. La concentration d'espèces animales et végétales et la dégradation sensible de l'écosystème par des activités agronomiques et domestiques en amont de l'estuaire, en détermine aujourd'hui la fragilité et une nécessaire gestion écologique (maîtrise de la qualité de l'eau dans le bassin versant, étude ethno-écologique).

États conservations bon état, état moyen, inégal suivant les parties

Le marais du Minieu mérite d'être étudié (étude ethno-écologique) pour ses usages éprouvés et la richesse de son biotope.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • La grève du Minieu

    Dans l´est du village des Hôpitaux, entre Fréhel et Erquy, existe un vaste estuaire traversé par une petite rivière, nommée La Bouche comme la rivière qui descend de Quélard vers la mer. Au milieu de ladite rivière on remarque un grand rocher que l´on nomme indistinctement « La roche du marais » ou « La Gravelle de Gargantua ». La légende rapport que « un jour que le géant passait par là, il sentit comme un gravier qui l´incommodait dans sa marche ; c´était le rocher en question qui s´était glissé dans son soulier sans qu´il s´en aperçut et qu´il jeta où nous le voyons maintenant ».

    La grève du Minieu qui s´étend sur près de 3 km entre Erquy et Fréhel, pénètre dans une vallée très accidentée, couverte d´un marais inondable.

  • L'estuaire de l'Islet

    Situé entre le Cap d'Erquy et le Cap Fréhel, point de contact entre les trois communes Erquy, Fréhel et Plurien, l'estuaire de l'Islet ou "bouche d'Erquy" est un espace naturel d'une grande beauté soumis au mouvement biquotidien des marées. En partie fermé au nord par une flèche dunaire et dominé par le Rocher légendaire du Marais (la marque de Gargantua, selon Paul Sébillot), cet estuaire d'environ 50 hectares est baigné par la mer à marée haute et traversé par l'Islet à marée basse. Il forme un ensemble de près-salés, encore utilisé pour le pacage des bovins et autrefois pour la récolte de la "pailleule".

  • 20052204988NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • AMIOT, Pierre. Histoire du Pays de Fréhel. Fréhel : Pierre Amiot éditeur, 1981.

    p. 402-404