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Maquette de l'ancienne gare de Perros-Guirec

Dossier IM22005392 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations maquette
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
Adresse Commune : Perros-Guirec
Lieu-dit : Landerval

La maquette représente la gare de Perros-Guirec vers 1930 dans son environnement portuaire avec le chemin de fer qui longe les quais et le bâti littoral en front de port (hôtels, commerces, phamarcie, bazar, épicerie) et les équipements de l'époque. On peut remarquer en autre bâtiment, l'ancienne poste à cheval (la "patache"), aménagée en 1906, la gendarmerie et les douanes. Cette maquette a été réalisé par Pierre Symoneaux en 2004. L'ancienne gare de chemin de fer fut mise en exploitation sur le front de port de Perros en 1906 pour l'arrivée du train en provenance de Lannion. Le projet initial devait permettre de poursuivre la ligne de chemin de fer jusqu'à Trébeurden, en suivant le tracé de la route de la Corniche, le long de la côte de Granit Rose. Sa réalisation avortera, malgré la volonté communale. Après 1945, le train ne s'arrête plus à Perros-Guirec.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Pierre Symoneaux, auteur

La maquette représente la gare de Perros-Guirec à l'échelle de 1/100ème. Elle a été réalisée en bois découpé.

Catégories modélisme
Matériaux bois
Précision dimensions

l = 220 ; la = 80

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • La gare de Perros-Guirec » : 1906-1947 (rédaction du texte : Pierre Symoneaux) :

    La gare de Perros-Guirec fut inaugurée en 1906 après une conception longue et très discutée qui a débuté aux environs de 1880. Le Dr. Pierre Symoneaux est maire alors que se construit la ligne de chemin de fer Paris-Brest passant par Saint Brieuc ; Guingamp ; Morlaix avec un écartement des voies à 1,54 ML (ou 5 feet ou pieds), dites voies normales.

    La Bretagne est alors la région française le plus excentrée, quasi déserte ; où les routes sont des chemins, et où seul le cheval tire voyageurs et marchandises. Par contre, les matériaux lourds et non « urgents » circulent facilement par la mer. Le cabotage et les ports font florès. Dahouet, Le Légué, Binic, Paimpol, Tréguier, Perros-Guirec, Toul an Hery, reçoivent des bateaux de 40 à 200 tonneaux. Bois, ciment, charbon y débarquent ; pommes, pommes de terre, céréales, poteaux de mine en partent. Les côtes du Trégor représentent la « Ceinture dorée » du Trégor.

    Il est normal qu´ait germé dans l´esprit des édiles l´idée de relier les ports à la voie ferrée axiale Paris-Brest.

    Mais comment réaliser un tel projet ?

    C´est la naissance du principe d´un train départemental à la voie étroite métrique qui couvrirait tout le département des « Côtes du Nord » : de Lamballe à Pléneuf, Saint Brieux à Carhaix, Guingamp à Paimpol et Tréguier par Pontrieux, Plouaret à Lannion et Perros et pourquoi pas Saint Brieuc à Morlaix par la côte. L´idée fait son chemin. On en fait les plans. On cherche des financements. Simultanément surgissent les difficultés, les trafics d´influences, les divergences de vue ou d´intérêt, les atermoiements, les retards.

    A Perros-Guirec, le maire prévoit le ligne Lannion à Perros avec une « patte d´oie » à Petit-Camp vers Tréguier, et retour à Lannion par Trégastel et Trébeurden.

    Là aussi les problèmes s´accumulent : passera-t-on sur les routes départementales, sur le domaine maritime ou sur le domaine privé ? On discute, on s´oppose, on traîne les pieds. Le Dr. Pierre Symoneaux va même donner le terrain à Pont Couennec. De guerre lasse, il démissionnera en 1886. Les travaux vont quand même commencer. Dès avant 1900, on remblaie le fond du port ; on achète des terrains ; on ébauche la trouée de Trestignel et celle qui sera le rue Foch ; on invente une chaussée qui créera une chasse d´eau pour drainer la jetée du Linkin. Enfin en 1906, le « Petit Train » arrive à la Rade, mais il n´ira pas plus loin, faute de crédits. Le chemin, pourtant tout tracé pour lui, deviendra le corniche et profitera des ouvrages d´art dessinés par Harel de la Noé, ingénieur des Ponts et Chaussées à Saint Brieuc : les Arcades du Linkin comme le Pont de "Lanneg Pont Mein" à Ploumanac'h. Le terrain, acquis au bourg pour y faire la gare et devenu inutile, verra s´y construire le mairie en 1934.

    La gestation de la gare aura duré 26 ans.

    Son exploitation durera 40 ans.

    Dès 1925, on compte 4 hôtels, 2 pharmacies, la poste principale, un notaire, un camionneur, des fiacres, 2 agences de location, 2 marchands de bois, charbons et matériaux, un bazar, une épicerie, un coiffeur, un grand café : « La Terrasse » avait une salle de billard et une grande salle de réunions pour noces et bals ; avec un piano mécanique qui fonctionnait avec une pièce en bronze de deux centimes ‘souvenir personnel avec mention de mon premier abus de boisson alcoolisée en 1824 lors du mariage de Félix Le Rolland avec Marie Le Briquir.)

    Les « promoteurs » du petit train ont fait quelques erreurs. La principale est d´avoir posé les rails trop loin des quais du Port. Un bateau qui décharge doit vider son chargement dans des tombereaux, puis les transborder dans les wagons : une manutention trop chère qui empêchera tout lien commercial entre le port et le train, à l´arrivée comme au départ. Une autre erreur est d´avoir « ignoré » le progrès, et l´arrivée du moteur diesel en particulier, vulgarisé par la Grande Guerre. Le moteur va concurrencer à mort la marine à voile, augmenter le tonnage des navires et ruiner les ports à échouage.

    Ainsi le « Petit Train » et notre gare verront-ils leur apogée vers 1930. Ensuite les chemins de fer départementaux régresseront partout. L´arrivée à Perros du charbon du Nord sera freinée par les frais du transbordement, l´expansion du camionnage et l´amélioration des routes.

    Notre petit train aura sa pleine activité durant la 2ème guerre mondiale, s´essoufflera... et s´arrêtera en 1945.

    En 1947, on enlèvera des derniers tronçons de voies.

    En 1961, la mairie de Perros « rasera » la gare, dont heureusement nous sauverons la Salle des Pas Perdus, devenue officiellement en 1972 le « Foyer des Plaisanciers ».

    Sic transit. Terminus !

Références documentaires

Documents audio
  • SYMONEAUX, Pierre. Témoignage sur la vie maritime à Perros-Guirec. Perros-Guirec : 28 juillet 2006.

    Témoignage audio