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Maquette de bateau : 'Océanide'

Dossier IM22005977 réalisé en 2009

Fiche

Dénominations maquette
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Lézardrieux
Adresse Commune : Pleubian
Lieu-dit : l' Armor-Pleubian

Cette maquette de goélette fait partie de la collection d'oeuvres de modélisme, réalisées par l'ancien marin à la pêche et au cabotage Yves-Marie Croajou (1905-1992), de l'Armor-Pleubian, pendant le 3ème et le 4ème quart du 20ème siècle. En effet, Yves-Marie Croajou a construit de nombreuses maquettes de bateau, dont des maquettes navigantes, avec lesquelles il a remporté de nombreuses régates (avec son ami maquettiste Pierre Symoneaux). Parmi ces maquettes de bateaux de travail, la goélette 'a souvent eu sa préférence, en raison de ses navigations professionnelles, comme second à bord de ce type de navire au cabotage, dont la célèbre goélette 'Océanide' du capitaine Joseph-Marie Nicolas, appelé 'Job Crec'h (1880-1975), construite en 1910 au chantier Bonne de Paimpol. Ce navire faisait la traversée Roscoff-Cardiff en deux marées. Ce navire a souvent servi de modèle à Yves-Marie Croajou, pour ses performances à la voile, en particulier lorsque celui-ci régatait à bord contre la goélette perrosienne 'La Louisiane' du capitaine Kervizic. L'Océanide' a été vendue en 1939 aux Danois et s'est perdue un an plus tard sur ces côtes du Nord de l'Europe. La maquette étudiée est le sister-ship de la goélette 'Océanide' (28 mètres de longueur de coque, 9 mètres de largeur au maître bau, 10 pieds ou 3, 30 mètres de tirant d'eau à lège et 12 pieds en charge, 138 tonnes). De nombreuses autres maquettes de Yves-Marie Croajou sont la propriété privée de ses enfants et ses amis (comme la 'Paimpolaise'), mais aussi du Musée de la mer de Paimpol, du musée 'Mémoire d'Islande' de Ploubazlanec et du centre hospitalier de Paimpol.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Croajou Yves-Marie

La maquette de la goélette a été réalisée en bois plein, au couteau, selon les formes d'une goélette de cabotage. Ses caractéristiques de coque sont les suivantes : une quille longue et des formes creuses, mais avec un maître couple en 'v', des lignes d'eau pincées sur l'avant, le tableau avec une quête prononcée, sur une fine voûte arrière. Cette maquette est bien représentative des goélettes de cabotage du Trégor-Goëlo dans le 1er quart du 20ème siècle, aux derniers jours de la voile. La maquette mesure 122 cm de longueur hors-tout et 95 cm de tirant d'air (grand mât) et 84 cm pour le mât de misaine, portant un hunier. La coque seule mesure 89 cm de longueur et 21 cm au maître bau. Le gréement présente montre le gréement de goélette à hunier, avec un gréement à corne. Les voiles confectionnées en coton sont ferlées sur les espars. Le plan de pont est réalisé avec soin et précision. La maquette est peinte de couleur, rouge sous la flottaison et bleu clair pour les oeuvres vives. Le tableau arrière porte le nom de 'La Rosette' qui a été rajouté par la suite.

Catégories modélisme
Structures entièrement ponté
Matériaux bois
coton
Précision dimensions

l = 122 ; la = 21 ; h = 95

États conservations bon état
Précision état de conservation

Très bon état.

Cette maquette de goélette mérite d'être signalée pour sa belle facture et son intérêt documentaire.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre À signaler

Annexes

  • Synthèse du témoignage oral de Yves-Marie Croajou, Pleubian, 1989.

    Guy Prigent.

    Yves-Marie Croajou est né en 1906 près du sillon du Talbert à L'armor-Pleubian, où il a pris sa retraite à l'age de 55 ans après une vie de labeur sur les mers des côtes européennes et du Grand Nord, au cabotage, d'abord sur les derniers voiliers de travail et ensuite sur les cargos de la Caennaise, entre la Normandie et les pays scandinaves.

    Il a quitté son mât de hune à Paimpol en 1992 et nous laissé ses souvenirs consignés dans nos carnets de collectage. Sa voix, ponctuée d'un fort accent 'armoricain', qui roulait les 'r', résonne encore dans nos têtes et nos coeurs.

    L'enfant d'une fratrie nombreuse de 10 enfants, doit gagner très tôt sa vie entre garder les vaches et s'embarquer au bornage, dès l'age de 14 ans, comme mousse à bord du sloop 'La Rosalie', 14 mètres de long et jaugeant 50 tonneaux.. Ce navire fait les voyages de charbon, de grain et de bois entre Tréguier les ports de la côte Nord. C'est à bord de ce navire qu'il fait son apprentissage, qu'il est 'amariné', qu'il apprend à barrer un voilier de travail, sous le commandement de Le Scornet de Pleubian.

    Ce fut très vite ensuite une nouvelle expérience à bord de 'La Joconde', un ancien langoustier camarétois, transformé en caboteur et gréé en trois mâts, portant 45 tonneaux, et commandé par un de ses oncles, pour un armement franco-belge. Puis en 1920, il embarque sur un grand dundee, 'L'almée', armé pour le cabotage international, comme mousse puis comme novice, avec le capitaine Yves Marie Le Moullec de Pleubian. Il quitte ce navire au bout de 13 mois à cause des mauvais traitements du second pour tenter une nouvelle aventure sur la 'Jeanne', sloop à tape-cul, d'une portée de 65 tonneaux, appartenant à Hyacinthe Hernot, toujours de Pleubian. En effet, les capitaines et armateurs pleubiannais étaient très entreprenants entre les deux guerres dans l'armement au cabotage. Yves-Marie débarque de nouveau pour voguer sur un ancien dundee boulonnais, qui devait couler 9 jours après au Sud-Ouest de l'Île de Ré. Ses qualités de marin déjà reconnues lui permettent cependant de prendre des galons, comme second, sur le 'Météore', un dundee de 135 tonneaux, appartenant à Nicolas de Pleubian. Ce navire qui fait le trafic trans-Manche du charbon et des poteaux de mine, coule la nuit de Noël 1923 devant le port de Perros-Guirec. Les naufragés sont recueillis par des gens de Nantouar, en Louannec. C'est après ce naufrage que Yves-Marie achète le bateau de pêche, 'La Belle Eugénie' pour faire le goémon pendant quelques années à Pleubian, avant de servir dans la 'Royale', en qualité de quartier-maître de manoeuvre, durant son service militaire.

    Vient ensuite l'épopée sur les goélettes de cabotage entre 1927 et 1939. D'abord un premier voyage sur l'Araoc' à Henry de Lanmodez, puis sur la 'Sainte Anne', ancienne goélette islandaise, armée au transport du sel entre le Portugal et St-Pierre et Miquelon, avant de ramener la morue pour les sècheries de Bordeaux. Ces longues traversées avec des équipages pas toujours aimables l'amènent à débarquer et à se retrouver sur un ancien thonier 'Le Triton', qui fait le transport d'ardoises entre St-Malo et la côte anglaise. C'est à son bord qu'il apprend la noyade de son ami Hernot et qu'il est convié à le remplacer, en prenant le commandement de la 'Sainte Anne' entre 1928 et 1931. Il s'embarque ensuite après ces années de cabotage pendant 13 mois sur le trois mâts 'La Paimpolaise' et termine sa carrière à la voile, comme second sur la goélette 'Océanide' du trégorrois Joseph Nicolas, dit 'Job Crec'h'. Le navire de 128 tonnes et 33 mètres de long hors-tout est manoeuvré par un équipage de 4 hommes seulement (dont François Paranthoën de l'Armor, Roger Le Floch et Robert Pivaing de Lanmodez). Il fait des rotations hebdomadaires entre les côtes bretonnes et les côtes anglaises, transportant les 'Johnnies Oignons' au Pays de Galles. Le commerce à la voile décline, la guerre approche et le navire est vendu en 1939. Les Pleubiannais représentent à cette époque les derniers armateurs luttant contre le marasme ambiant de l'économie maritime bretonne. En 1937, ils arment encore 12 de ces navires. Yves-Marie poursuit sa carrière de marin pendant sept ans comme bosco à la compagnie 'La Caennaise'. Le marin prend sa retraite à 55 ans et poursuit sa passion des bateaux en construisant et en faisant naviguer des maquettes, avec lesquelles il gagne plusieurs championnats en France et en Europe.

    Ses nombreuses maquettes témoignent aujourd'hui des 'écraseurs de crabes', ces derniers voiliers caboteurs du Trégor-Goëlo.

Références documentaires

Bibliographie
  • LACROIX, Louis. Les écraseurs de crabes sur les derniers voiliers caboteurs. Nantes : Editions Aux Portes du Large, 1947.

Documents audio
  • CROAJOU, Yves-Marie. Les derniers voiliers de cabotage du Trégor.Témoignage audio, Pleubian : 1989.

    Témoignage audio