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Manoir

Dossier IA35048930 inclus dans Le village de Saint-Germain-en-Coglès réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Saint-Brice-en-Coglès
Adresse Commune : Saint-Germain-en-Coglès
Lieu-dit : La Ville-Eon

En 1833, lors de la réalisation du premier cadastre communal, ce lieu était mentionné comme le "Village de la Ville Eon". Outre les bâtiments de l'ancien manoir, il y existait au minimum trois autres bâtiments, vraisemblablement des fermes. Bien qu'il ne soit pas mentionné parmi les anciens manoirs de la commune de Saint-Germain-en-Coglès, il ne fait aucun doute que ce bâtiment abritait un logis manorial. Certains éléments comme l'existence de quatre pièces à feu au minimum, la présence d'un étage, d'une tour contenant l'escalier en vis ou encore d'équipements tels que des vaisseliers ou des latrines attestent du fait que ce bâtiment a été construit par un propriétaire noble. Ce bâtiment a vraisemblablement été construit au cours de la seconde moitié du 16e siècle, le décor de la porte en façade ouest ou encore celui de certaines cheminées témoigne de cette époque de construction. Le bâtiment présente un plan en "L" composé de deux corps de logis élevés perpendiculairement l'un par rapport à l'autre. A l'intersection des deux corps de logis, s'élève une tour carrée qui contient l'escalier en vis en granite qui dessert les pièces de l'étage. Ce type de plan en "L" avec une tour d'escalier à l'intersection des corps de logis, est également très fréquent sur les manoirs construits durant la seconde moitié du 16e siècle. Le bâtiment est orienté est-ouest, ce qui est peu fréquent, la majorité des logis est en effet orientée nord-sud, ce qui permet de profiter d'un ensoleillement important et d'une luminosité abondante en façade sud. Dans le cas présent, la façade principale était la façade ouest. Les éléments de cette façade principale évoquent également l'époque de construction du manoir et particulièrement le style architectural de la Renaissance. En effet, le décor de la porte de la salle utilise un répertoire décoratif inspiré de l'Antiquité : porte encadrée de pilastres surmontés de chapiteaux, linteau de porte surmonté d'un entablement, lui même surmonté d'un fronton triangulaire. Des traces de gonds en fer autour des baies de cette façade témoignent de l'existence de grilles. La composition de la façade (emplacement et taille des ouvertures) témoigne de l'organisation intérieure. Ainsi, dans cette partie, il existait une salle au sud et une vraisemblable cuisine au nord. La salle est identifiable en façade car les baies qui l'éclairent sont de taille et de qualité (décor) supérieure aux baies de la partie nord de la façade. De plus, les dimensions de cette pièce sont plus importantes que celles de la pièce nord et la cheminée témoigne d'un traitement d'une qualité supérieures à celle du pignon nord. Enfin, le fait que cette pièce soit dans la partie sud du bâtiment est un autre élément qui permet de l'identifier comme la salle. En général, dans la majorité des manoirs, la salle est associée à une cuisine au rez-de-chaussée et les étages sont réservés aux chambres. Ici, la pièce située au nord de la salle du rez-de-chaussée était donc probablement la cuisine, d'autant que cette pièce est beaucoup moins soignée que celle du sud ; sa qualité de pièce de "service" explique ce traitement différent. Sur le mur nord de cette pièce, existe une ancienne niche qui pourrait être un ancien vaisselier. Dans l'aile est du bâtiment, la pièce du rez-de-chaussée était une pièce sans feu dotée d'un vaisselier et d'un évier ; cette pièce servait peut-être de cellier. La tour qui se trouve à l'intersection des deux corps de logis abrite un escalier en vis accessible depuis l'extérieur du bâtiment directement par une porte percée dans la façade Est de la tour. Il existe également un accès depuis l'intérieur puisque deux portes, la première dans la salle et la seconde dans la cuisine, y donnent accès. Dans la montée de l'escalier en vis, il existait des meurtrières. L'époque de construction de ce bâtiment correspond à la période des Guerres de Religion ; ainsi, durant cette époque de conflits entre catholiques et protestants, ce genre d'équipements se développe sur de nombreux manoirs et maisons bourgeoises. D'autres meurtrières existent sur les anciennes latrines qui se trouvent dans une petite tour carrée, accolée en encorbellement au nord de la tour d'escalier. Il n'existait vraisemblablement de latrines qu'à l'étage ; elles étaient accessibles depuis la montée de l'escalier ce qui permettait de les isoler des chambres de l'étage. A l'étage, il existait au minimum deux chambres, la première se trouvait au-dessus de la salle et la seconde, dans l'aile sud-est, au-dessus du "cellier". A l'origine, il existait peut-être une troisième chambre au-dessus de la cuisine. Une photographie ancienne du bâtiment, vraisemblablement prise au tout début du 20e siècle, témoigne, malgré sa mauvaise qualité, de l'état du bâtiment à cette époque. Sur cette photographie, nous pouvons voir que le comble était percé de lucarnes en granite surmontées de frontons triangulaires et que la tour d'escalier postérieure était couverte d'un toit en pavillon très pentu dépassant en hauteur celui du logis.

Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle

Ce bâtiment d'une très grande qualité est construit en moellon de granite ; les encadrements de baies, les chaînages d'angles ainsi que la corniche sont traités en pierre de taille de granite. Les toitures à longs pans des deux corps de bâtiment et la toiture en pavillon de la tour sont couvertes d'ardoise ; les pignons sont débordants et possèdent des crossettes. Il existe plusieurs gargouilles en granite en façade est. Le bâtiment possède un plan en "L" ; deux corps de bâtiment perpendiculaires l'un par rapport à l'autre composent en effet ce logis, la distribution se fait grâce à un escalier en vis en granite logé dans un tour carrée hors-oeuvre située en façade est, à l'intersection des deux corps de bâtiment. La façade ouest est percée de baies quadrangulaires à encadrements chanfreinés. La porte de la salle possède un décor Renaissance : porte encadrée de pilastres à chapiteaux sculptés et surmontée d'un entablement au-dessus duquel se trouve un fronton triangulaire. La porte de la cuisine présente également un encadrement mouluré. Les baies de la façade est sont plus simples ce qui est normal puisqu'il s'agissait de la façade postérieure ; elles présentent simplement un encadrement chanfreiné. A l'intérieur, le rez-de-chaussée est composé de deux pièces à feu, l'une au nord, l'autre au sud et d'une pièce sans feu au sud-est. La pièce à feu du nord possède un accès indépendant en façade ouest et à l'est, une porte donne accès à l'escalier logé dans la tour. La cheminée se trouve sur le pignon nord, elle est relativement simple : corbeau à doubles ressauts, piédroits chanfreinés. La pièce du sud, la salle, possède des dimensions plus importantes que la pièce du nord. Cette pièce est équipée d'une cheminée monumentale en granite sur le pignon sud ; le linteau et la hotte de la cheminée sont surmontés de corniches, il existe un écu lisse au centre du linteau et les corbeaux en quarts de ronds sont très bombés. Les piédroits portent un décor végétal. Cette pièce sud possède également un accès indépendant en façade ouest et, sur le mur est, une porte donne accès à l'escalier en vis et une autre porte permet d'accéder à la pièce sud-est. Cette pièce est sans feu ; il y existe un vaisselier/évier sur le mur est. A l'étage, il existe une cheminée en granite sur le pignon sud : les corbeaux sont à doubles ressauts, le linteau est surmonté d'une corniche et les piédroits en forme de colonnes sont ornés d'un réglet en partie centrale. La cheminée située sur le pignon sud-est est de taille plus réduite et le décor, bien que très proche (piédroits en forme de colonnes, corniche au-dessus du linteau), est traité plus simplement.

Murs granite
moellon
Toit ardoise
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20103505135Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 273_35_75_bande114.

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Références documentaires

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