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Manoir, Vaugarny (Saint-Étienne-en-Coglès fusionnée en Maen Roch en 2017)

Dossier IA35048972 réalisé en 2010

Fiche

Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Saint-Brice-en-Coglès
Adresse Commune : Maen Roch
Lieu-dit : Vaugarny
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Saint-Étienne-en-Coglès

Le site de Vaugarny est très ancien, la proximité de la rivière Loysance sur le domaine explique cette implantation ancienne. Des stèles, dont une a été remise debout, ainsi que des silex datés (75 000 avant JC selon le CNRS Beaulieu Rennes I) ont été retrouvés par le propriétaire lors de plantations ; un dé Gaulois en os de la même façon. Les premières notes écrites sur l´histoire du manoir du Vaugarny proviennent du travail du Chanoine Guillotin de Corson qui a recensé au travers d´actes anciens le patrimoine des communes de Haute-Bretagne au fil des siècles. La première note remonte au 14e siècle et correspond à un acte mentionnant que Guillaume de la Vieuville en 1390, seigneur du Frétay, est propriétaire du manoir du Vaugarny en Saint-Etienne-en-Coglais. L´étymologie du lieu Vaugarny ne révèle que peu de surprise : « Vau » signifie vallon, lieu particulièrement fertile et d´un grand intérêt stratégique autant que commerciale, constituant un point obligé pour le franchissement d´un relief, « garny »peut être considéré comme un mélioratif, indiquant que le vallon est particulièrement bien doté par la nature, que la terre était fertile et le gibier abondant. L´analyse architecturale du bâti par la présence d´éléments plus anciens confirme que le manoir est daté du 14e siècle et qu´il fut repris au 17e siècle. L´édifice est remanié au 17e siècle par Eusèbe de Bregel, seigneur de Mesguérin, en effet l´acte de 1668 décrit le manoir dans son état actuel. Le manoir du Vaugarny compte deux métairies, l´une située dans sa cour et l´autre mentionnée comme ferme du Haut Vaugarny sur le cadastre napoléonien et remontant au 18e siècle. Cette ferme possède deux linteaux historiés (cheminée et porte) portant cette inscription : M. P.G. du Pontavice du Vaugarny Madame de Poilley son épouse 1777. Il s´agit des propriétaires à l´époque du manoir et de la métairie. Notons la présence d´un puits et de la rivière La Loisance non loin du manoir.

Période(s) Principale : 17e siècle
Secondaire : 14e siècle

Le manoir du Vaugarny est construit en moellon de granite excepté la façade principale qui est élevée avec un bel et grand appareil régulier de granite. Cette façade est au niveau de sa base saillante et ornée d´une plinthe sculptée dans le granite. Les chaînages d´angles et les encadrements d´ouvertures sont en pierre de taille de granite. Les ouvertures sont sobres et ne présentent que peu de décor. En effet, seules une baie de la façade postérieure et une petite ouverture de la façade antérieure qui fut réduite ont un encadrement chanfreiné, celle de la façade postérieure possède de plus un appui saillant mouluré et celle de la façade antérieure une accolade sur le linteau. Le pignon sud est débordant et une corniche court sous le toit. Ce dernier est à longs pans couvert en ardoise, sa pente a été redressée lors de la réfection de la toiture et de la charpente. Il devait être beaucoup plus pentu et être brisé par un coyau à l´origine. Le manoir possède deux lucarnes en granite, l´une d´elles est ornée d´un fronton triangulaire, d'un encadrement avec saillies et d'un appui festonné. La salle actuelle est tronquée par la réalisation d´un escalier rampe sur rampe postérieure à la construction de l´édifice. A l´origine, la salle était donc plus imposante. Cette salle faisait également office de cuisine. La cheminée monumentale et le vaisselier avec pierre d´évier font partie des éléments de confort du manoir. A gauche du vaisselier, se trouve le côté d´une auge en pierre encastrée dans le mur qui se trouve sous l´escalier. Cette auge servait peut être de réserve d´eau. On trouve également au niveau du sol une petite niche. La porte du manoir du 14e siècle existe toujours au niveau de la salle, tandis qu´une porte donnant sur l´arrière a été condamnée. Une fenêtre et une baie pourvue de grille à l´origine éclairent la salle. L´étage se compose de deux chambres, dont l´une, la plus soignée, possède des latrines et une pierre d´évier avec vaisselier, ainsi qu´une cheminée à hotte pyramidale témoin de sa grande ancienneté. L´escalier rampe sur rampe à volée droite est mentionnée en 1668 sur un acte, mais sa construction est postérieure aux éléments du 14e siècle. Dans l´alignement du manoir se trouve l´ancien pressoir. Il est construit en petit et moyen appareil régulier de granite tandis que ses ouvertures sont en grand appareil régulier de granite. Sa fenêtre porte une grille. Dans la cour, se trouve également une métairie constituée autrefois d´un logis et d´une étable dans un bâtiment au sud et d´un fournil au nord qui a aujourd´hui disparu.

Murs granite
pierre de taille
Toit ardoise
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Archives municipales de Fougères. Extrait du terrier de Fougères. Réf. CCI

    Déclaration du 20 août 1638 fournie par Noble Homme Jan de Bregel, sieur de Vaugarny, propriétaire du dit lieu qui consiste en : «Un grand corps de logis servant à salle, cuisine au bout, et à côté dépense et cellier, deux chambres sur le tout et un sollier, une rangée de maisons servant à logis du métayer consistant en une bouge, étables, celliers, écuries et fagoterie, pressoir, four, cour et jardins contenant le tout ensemble un journal 40 cordes ; une pièce de terre nommée le Jardin à Monsieur 2 journaux ; le courtil de la Tannière 6 cordes ; la grande prée du dit lieu 10 journaux ; la prée des Noës 2 journaux ; la pièce de la Tannière 7 journaux ; la pièce de la Grande Porte 4 journaux ; la pièce des Samollières 12 journaux ; le douaire des Chesnots 9 journaux, le domaine du Milieu 11 journaux, le douaire des Escholles 6 journaux ; la prée des Trois-Cormiers 3 journaux ; les deux champs Blancs 14 journaux, la Petite Huberdière 1 journal et demi et les Grande et Petite Roches 4 journaux et demi».

    « Le dit héritage noble est néanmoins chargé de 20 boisseaux d´avoine menue, mesure de Fougères avec la suite et dizain deniers payables par chacun an au sergent féodé de Coglès pour en faire l´acquit à la recette de Fougères».

  • Extrait de partage de 1668 au décès de Eusèbe de Bregel seigneur de Mesguérin (Guyonne Pouriel son épouse) propriétaire du manoir de Vaugarny

    "Un grand corps de logis consistant en une salle dans laquelle à présent demeure le fermier dudit lieu, allée au bout où sont des escaliers de pierre de taille pour parties desquelles il y a un petit cabinet, deux autres cabinets en l´autre bout de ladite salle, étant en côté les uns des autres séparés d´un lambrissage de terre.

    Deux chambres par haut étant sur la dite salle et cabinets dépend d´un escalier et deux greniers surélevés aussi séparés d´un escalier, le dit logis maçonné par le devant de taille et couvert d´ardoises et tuiles, contient de long 59 pieds.

    Autre logis du bout et plus bas étage dans lequel il y a une extrainte et pillage, de persoue, sur lequel pillage il y a un fenail à double rouet, iceluy logis maçonné et couvert d´essentes, contient de long 33 pieds et demi.

    Une rangée de maisons du côté de la cour vers midi servant à quatre étables et à bouges qui est au milieu d´icelle, aussi maçonnée et couverte d´essentes, contient 93 pieds et demi.

    Autre maison au haut de la cour, proche le jardin de la Chambre servant de fouret fenil où il y a cheminée maçonnée, et le dit fournil couvert d´essentes, contient ledit fournil de long de 22 pieds et demi, le fonds du tout des dites maisons, cour devant et en bas d´icelle, le jardin à choux derrière, les dites étables et bouges, une donne étant au pignon d´une des dites étables et une fontaine au proche, le jardin à choux appelé le jardin de la Chambre et le courtil du Bois au proche, contient le tout par grand (mesuré au plus grand de sa capacité), y compris la terre de derrière du dit grand logis et celui où est ledit peursoueu, un journal 38 cordes, prisé fonds, superficie et à revenu annuel, et considéré les ustensiles dudit peursoue et le plien à cidre, étant lesidts jardins, 110 livres ; et deux étables et greniers en superficie aussi dépendant (...)".

  • Les nobles propriétaires du manoir de 1390 à 1861, d´après (Cartons du chanoine Guillotin de Corson, Grandes Seigneuries de Haute-Bretagne, TII, p. 353 - Archives départementales d´Ille-et-Vilaine) :

    En 1371, le manoir appartient à Hamon du Vaugarny.

    En 1390, le manoir appartient à Guillaume de la Vieuville seigneur du Frétay, époux de Stephanie de Beaumont.

    En 1411, il appartient à Alain de la Vieuville, seigneur du Frétay, leur fils.

    Entre 1427, il appartient par héritage à Jean de la Bouxière seigneur du Frétay. En 1456, le manoir appartient à Charles de Montecler.

    En 1470, il appartient à Jean Pinel seigneur de Chaudeboeuf, en 1513 à François Pinel seigneur de Chaudeboeuf son fils. Ils jouissent d´un droit de Haute justice. Jean Pinel seigneur de Chaudeboeuf rendit aveu en 1460 à la baronnie de Fougères. En 1483, le Duc François II le choisit Chevalier chargé de défendre la ville de Fougères. En 1484, son fils Pierre Pinel seigneur de Chaudeboeuf est l´un des défenseurs du château de Saint-Aubin-du-Cormier pendant la guerre civile entre les Francs et les Bretons. Dans la chapelle du château de Chaudeboeuf, on peut voir les armoiries de la famille Pinel seigneurs de Chaudeboeuf. Sur une pierre tombale à l´extérieur de l´église de Saint-Sauveur-des-Landes, on peut y lire "Ici gît François Pinel, Chevalier de l´Ordre du Roi, seigneur de Chaudeboeuf, décédé le 1 décembre 1574".

    En 1533 le manoir du Vaugarny appartient à Guillaume Tuffin seigneur de la Rouairie par son mariage avec Barbe Pinel, fille du seigneur de Chaudeboeuf. En 1546 Guillaume Tuffin, seigneur de la Rouairie, rendit aveu au baron de Combourg pour sa seigneurie de la Rouairie. En 1572, Guillaume Tuffin seigneur de la Rouairie est Chevalier de l´Ordre du Roi et Gentilhomme de sa Chambre. En 1586, Gille Tuffin, fils de Barbe et Guillaume Tuffin, Vicomte de la Rouairie se marie avec Louise de Kermeno, fille du Baron de Baud. En 1587, à la mort de son père Gille Tuffin, seigneur de la Rouairie, est propriétaire du manoir du Vaugarny. Il se marie en 1590 avec Anne de Langan, fille du seigneur du Boisfévrier. Devenu vicomte de la Rouairie, il rendit aveu en 1621 pour cette terre et mourut en 1628. A ces obsèques à Saint-Ouen-la-Rouairie, on distribua beaucoup d´argent et de cierges noires aux pauvres de la paroisse. Sa veuve fonda une Lampe en l´église Saint-Ouen, par son testament du 8 juillet 1635. Les Tuffin de la Rouairie possédent 6 seigneuries sur 9 paroisses, celle du Vaugarny en Saint-Etienne-en-Coglais, des Portes en Bazouge-la-Pérouse, celle du Teillay en Saint-Sauveur-des-Landes, le Chesnay en La Fontenelle, le Vauhullin et le Cour des Landes en Saint-Ouen-la-Rouairie. Les seigneuries relevaient pour moitié de la baronnie de Fougères (bailliages en Tremblay, Antrain et Saint-Etienne-en-Coglès) et l´autre au Comte de Combourg (château de la Rouairie et bailliage en Saint-Ouen-la-Rouairie).

    En 1635, à la mort de Anne de Langan, veuve de Gille Tuffin Vicomte de la Rouairie, le manoir du Vaugarny est vendu par Jacques Tuffin, leur fils, seigneur des Portes, à Guy Pouriel, seigneur de Chapifeu et Françoise Choquet son épouse.

    En 1653, Guyonne Pouriel, leur fille épouse Eusèbe de Bregel, seigneur de Mesguérin, qui devient par cette alliance propriétaire du manoir du Vaugarny. Il appartient par succession à Jean de Bregel, seigneur de Mesguérin, leur fils, avocat, marié en 1669 à Marie Lagogué. A sa mort en 1679, Paul de Bregel, seigneur de Mesguerin, hérite du manoir. Guyonne de Bregel sa fille se marie en 1722 à François du Pontavice, seigneur de Saint- Laurent-de-Terregaste.

    François du Pontavice, seigneur de Saint-Laurent-de-Terregaste devient propriétaire du manoir du Vaugarny par alliance à la mort de son beau-père Paul de Bregel en 1723.

    En 1774, le manoir appartient à Pierre Guy du Pontavice, leur fils, marié en 1763 à Maguerite de Poilley. Selon les descendants actuels des du Pontavice résidant à Versailles, Pierre Guy du Pontavice et son épouse auraient émigré en Angleterre à la révolution en 1789. Le manoir passe par succession à Louis Guy du Pontavice leur fils, époux de Andrée de Vallois de Villiers qu´il laissa veuve en 1825, laquelle mourut en 1861.

    Dans le livre – Notes Archéologiques –Pouillé - p634, il est mentionné que Le Prieuré de Notre Dame du Château de Fougères au 17e siècle possédait la métairie du Vaugarny (en 1790, affermée 624 livres).

  • 20103510826NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20103503079Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, Bande59.

    20103503080Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, Bande60.

    20103503081Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, Bande60.

    20103503082Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, Bande60.

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • ROUSSEL, Manuel. Le manoir du Vaugarny, Saint-Etienne-en-Coglès, Bretagne. 14e-17e siècles. Notes descriptives. Bulletin et mémoires du club javenéen d'histoire locale.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).