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Manoir puis maison de maître, le Haut Sévigné (Cesson-Sévigné)

Dossier IA35028031 réalisé en 2003

Fiche

Parties constituantes non étudiéeslogement, colombier, ferme
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonIlle-et-Vilaine - Cesson-Sévigné
AdresseCommune : Cesson-Sévigné
Lieu-dit : Haut Sévigné
Cadastre : 1985 ZL
Le premier château : Le domaine du Haut Sévigné appartient à la famille de Sévigné du 11e siècle à 1715. Les édifices actuels occupent l´emplacement du château médiéval, démoli en 1484 sur ordre du duc de Bretagne. Ce château possédait une chapelle et une motte appelée Motte-à-Madame ; il avait aussi une fuie « bastie en tour et voûtée de pierre » dans la pièce de la Grée. La seigneurie avait un auditoire et un droit de haute justice à Noyal-sur-Vilaine ; ses fourches patibulaires se dressaient sur le pâtis de la Justice, en Noyal. Une maison de retenue : Mme de Sévigné (1626-1696) y a peut-être logé brièvement au cours de l´un de ses cinq séjours en Bretagne. Un logis datable de la fin du 17e siècle est actuellement en place. Ce dernier présente une disposition particulière due au dénivellement de terrain. La façade principale sur jardin est en rez-de-chaussée tandis que la façade sur cour présente un étage de soubassement abritant les communs. Un escalier central en bois, rampe sur rampe, mène au grenier. Il peut s´agir d´une maison de retenue qui a été transformée par la suite en maison de jardinier lors de la construction du nouveau logis. Une nouvelle maison de maître : Ce nouveau logis de plan rectangulaire régulier a été édifié en plusieurs étapes. La partie centrale, autrefois composée de trois travées, remonte avant la Révolution. Elle est agrandie d´une travée supplémentaire à gauche en 1818, puis de deux nouvelles travées, à droite avec galerie en rez-de-chaussée vers 1854 1856. De cette époque date vraisemblablement le belvédère central qui est aujourd´hui déposé dans le parc. La famille Veron qui l´habite à cette période aménage également une chambre supplémentaire à l´étage avec un décor de lambris rehaussé à la feuille d´or. Selon les renseignements donnés par les propriétaires actuels, le parc aurait été dessiné par les frères Bulher. Il a été agrandit lors de la construction de la voie de chemin de fer. Il conserve de beaux arbres tels que des cèdres et des tulipiers géants. La métairie : La ferme est mentionnée sur le cadastre de 1820. Elle est composée d´un bâtiment principal, avec logis et parties agricoles accolées. Des nouvelles étables indépendantes sont édifiées dans la 2ème moitié du 19e siècle et ont été récemment réhabilitées en logement. D´autres modifications sont attestées également dans la 2ème moitié du 19e siècle, Le logis est accolé d´une nouvelle pièce en retour d´équerre. Le colombier : Privilège de la noblesse, le colombier du 17e siècle ou du 18e siècle est le seul conservé sur le territoire communal. Il a été transformé au 19e siècle et les trous de boulins ne sont plus visibles aujourd´hui.
Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Dates1818, porte la date

Logis principal de plan rectangulaire composé de 6 travées en façade. Les encadrements des baies sont en pierre de taille de granite. Logis secondaire en moellons de schiste recouvert d'un enduit. Les encadrements des baies sont en bois ; La ferme, logis et parties agricoles en moellons de schiste. Les encadrements de baies sont en bois.

Mursschiste
enduit
moellon
Toitardoise
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Notice extraite du site web de Cesson-Sévigné sur le patrimoine de la ville.

    Un haut lieu de l'histoire locale :

    La famille de Sévigné, d'origine gallo-romaine (Savignus ou Sabinius) est une noblesse très ancienne. Elle possédait " de temps immémoriaux des terres nobles et la seigneurie des Sévigné, à deux lieues de Rennes, dans la paroisse de Cesson. " Les Sévigné interviennent au XIVème siècle dans les affaires du Duché de Bretagne en la personne de Guillaume III de Sévigné, qui est écuyer du Duc de Bretagne, Jean IV. Guillaume V de Sévigné est l'un des huit chambellans du Duc Jean V qui l'autorise en 1440 à porter bannière.

    Guillaume V devient donc Chevalier Banneret. Dans la hiérarchie de la noblesse bretonne, après le Duc, viennent les barons (une quarantaine à l'époque) puis les seigneurs bannerets au nombre de 45 sous Jean V, dont les Sévigné, suivis des chevaliers de second rang puis des écuyers (les de la noblesse).

    Guillaume de Sévigné lève une petite armée au service du Duc (une centaine d'hommes d'armes) et participe à la dernière phase de la guerre de Cents ans. Jean de Sévigné à la tête de ses hommes d'armes participera avec le contingent breton à la dernière bataille de cette guerre à Castillon, près de Bordeaux, en 1453.

    1484 sera une année sombre pour les Sévigné : Guillaume VI de Sévigné ayant conjuré avec une quarantaine de nobles bretons contre Pierre Landais, Trésorier Général du Duché de Bretagne, qui préparait une rupture du Duché avec la France, est poursuivi par le Duc François II comme criminel de lèse-majesté. Le château des Sévigné est rasé.

    En 1485, retour de fortune : François II pardonne aux conjurés et reconnaît avoir été abusé par Pierre Landais qui finit pendu au gibet de Nantes. Une enquête est menée pour évaluer les dommages subis par les Sévigné. Guillaume VI de Sévigné est indemnisé à hauteur de 15 700 livres, somme considérable pour l'époque, mais ne juge pas opportun de faire rebâtir un château à Cesson. Les Sévigné vont désormais résider aux rochers près de Vitré.

    Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné

    Henri de Sévigné épouse en 1644 Marie Rabutin-Chantal qui devient Marquise de Sévigné. A l'issue de leurs premières rencontre, la future Marquise écrivait : " le soir M. de Sévigny vint après souper voir mon père. Il est beau et cavalier bien fait et paraît avoir esprit. " La veille de son mariage, Henri de Sévigné a une querelle avec un noble breton Hay du Chatelet sur le Pont-Neuf qui se termine en duel. Henri de Sévigné est blessé à la cuisse et doit repousser son mariage de deux mois.

    Une fille naît de leur union en 1646 à Paris, Françoise Marguerite, future comtesse de Grignan puis un garçon en 1648, Charles de Sévigné. En 1645, Henri de Sévigné obtient la lieutenance de Fougères. Mais le ménage " bat de l'aile ". Le marquis dilapide l'argent, préfère les gourgandines à sa femme. Un autre duel l'oppose au Chevalier d'Albret au cours duquel " le marquis exécute avec son épée des moulinets si extravagants et si désordonnés qu'il finit par s'embrocher lui-même ", il décède le lendemain du duel à l'âge de 28 ans.

    Mme de Sévigné, jeune veuve, mène une vie mondaine à Paris entourée de prétendants illustres tels que le Maréchal de Turenne, le surintendant Fouquet ou le Prince de Conti. Elle choisit de ne pas se remarier et de se consacrer à ses enfants. La Fontaine dédiera à Françoise-Marguerite, la fille de Mme de Sévigné, une de ses fables : " le lion amoureux ". Le 6 février 1671 commence la célèbre correspondance presque quotidienne de Mme de Sévigné avec sa fille qui vient d'épouser le Comte de Grignan. De 1671 à 1689, Mme de Sévigné fera cinq séjours en Bretagne avec de nombreuses visites à Cesson. Elle meurt en 1694 âgée de 70 ans. Charles, le fils de Mme de Sévigné, sera le dernier marquis de Sévigné et se marie à 36 ans à Jeanne-Marguerite de Bréhant de Mauron. Il décède en 1713.

    Confisqué à la Révolution, le domaine de Sévigné est vendu comme bien national à un dénommé Triboulet. La famille des actuels propriétaires du manoir du Haut-Sévigné l'a acquis en 1911.

Références documentaires

Documents figurés
  • Cesson. Le Haut Sévigné, côté est. Carte postale, Rennes : E.Mary-Rousselière édit. (A. privées).

Bibliographie
  • DECENNEUX, Marc. Notes sur quelques aspects des manoirs gothiques bretons. Arts de l'Ouest. Etudes et Documents. Rennes : Centre de Recherches sur les Arts Anciens et modernes de l'Ouest de la France, 1980.

    p. 107
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927.

    p. 281 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Le patrimoine des communes d´Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000, (Le Patrimoine des Communes de France).

    p. 308
  • PELERIN, Joseph, REMY, Sophie. Voyage dans le temps. Cesson-Sévigné. Dinard : éditions Danclau, 1996.

    p. 94-95