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Manoir, Le Plessis (Langoëlan)

Dossier IA00008307 réalisé en 1967

Fiche

Entre remplois et restructuration, le manoir du Plessis suggère plusieurs interprétations quant à sa structure initiale. La première campagne pourrait remonter à la 2e moitié du 16e siècle, date à laquelle il appartient aux Rouxel : est-ce durant cette période, assez courte, qu’eut lieu la construction ? Le remaniement important intervient probablement après la vente de la sieurie en 1677 à Julien Le Goff recteur de Langoëlan : l’absence d’ordonnance de la façade nord plaide en faveur d’une reprise et non d’une reconstruction.

Le plan masse correspond aux plans en usage au 17e siècle, quoique la façade soit au nord, avec le logis encadré de dépendance non contemporaines : u 16e siècle, le logis se contentait de l'aile est des communs.

Le plan du logis bien que régulier parait être celui d’origine, mais les parties latérales devaient être à toiture à pignon, remplacées par des croupes au 17e siècle. La surface identique de la cuisine à l’est et de la salle à l’ouest, bien que rare n’est impossible.

Le problème de l’escalier n’est cependant pas résolu : l’escalier peut être du 16e siècle car il existe dès cette époque des escaliers à retours sur mur noyau, d’autant que les marches sont monoxyles. Seconde hypothèse, l’escalier d’origine, en vis, aurait été dans une tour hors-œuvre, ou dans-œuvre, au sud, l’un des murs de refends étant alors ajouté au 17e siècle : si l’on s’en réfère aux plans habituels du manoir, ce serait celui du salon actuel (pièce ouest), car l’accès à l’escalier se fait à partie de la salle : on retomberait alors sur les proportions salle-cuisine habituelles.

Un des clichés de 1967 montre adossé à la dépendance nord, un poulailler suspendu en tôle et bois reposant sur deux poteaux ce bois. Ce type de poulailler, très répandu dans la moyenne et haute vallée du Scorff a aujourd'hui pratiquement disparu, à l'exception de celui de Kerhenry à Berné et de celui refait de Kermarquer à Ploerdut. (C. Toscer)

Parties constituantes non étudiées puits, communs
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Guémené-sur-Scorff - Guémené-sur-Scorff
Adresse Commune : Langoëlan
Lieu-dit : le Plessis
Cadastre : 1937 G4 533

Manoir 17e siècle ; puits porte la date 1709. (1975)

Le manoir du Plessis est signalé dès 1427 dans la réformation de la noblesse, appartenant à Typhaine de Coeteven (ou Coëtmeur ?), puis jusqu'à la réformation de la noblesse de 1536, où il appartient à René Fraval ; entre 1541 et 1575, Louis Rouxel sieur de Menezengal (ou Menegal en Guilligomarc’h) lui succède. Dès 1580, il revient à Adelice de Baud, dame de Kermerrien. Le manoir n'est pas mentionné dans la réformation de 1666, mais la vente de la sieurie le 21 juillet 1677 par Hyacinthe de Cosnoal, seigneur de Saint-Georges (en Nostang), à Julien Le Goff recteur de Langoëlan correspond sans doute aux travaux intervenus au 17e siècle.

L'édifice apparait comme une construction du 17e siècle, mais il s'agit en réalité d'un manoir du milieu du 16e siècle comme en témoignent la cheminée à consoles obliques de la pièce ouest au rez-de-chaussée, la cheminée à colonnettes de la chambre est à l'étage, la présence de latrines extérieures en pignon, les portes en anse de panier de la façade principale, ainsi que la fenêtre à appui mouluré de la chambre est côté sud ; il serait alors oeuvre des Rouxel.

Le manoir est "rhabillé" dans la 2e moitié du 17e siècle pour Julien Le Goff : les façades sont reprises et régularisées en travées, avec adjonctions de lucarnes et de bandeaux marquants les niveaux sur la façade nord, le toit est doté de croupes. Un doute subsiste quant à la datation de l’escalier rampe sur rampe axial, de la 1ère campagne du 16e siècle ou de la seconde au 17e siècle.

Des modifications ont affecté certaines fenêtres sur la façade sud au cours de la 2de moitié du 20e siècle : ouvertures de grandes baies au rez-de-chaussée et réouverture de fenêtres bouchées à l'étage des pièces latérales secondaires, modification en porte-fenêtres des fenêtres des pièces principales au rez-de-chaussée

Les communs est sont contemporains du manoir, du 16e siècle, tandis que ceux de l'ouest qui ferment la composition datent du 17e siècle et du 19e siècle.

Le puits dans la cour porte la date de 1709. (C. Toscer)

Période(s) Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 1er quart 18e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates 1709, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Rouxel Louis, propriétaire, commanditaire, (?), attribution par travaux historiques
Personnalité : Le Goff Julien,
Julien Le Goff

Recteur de Langoëlan.


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commanditaire, (?), attribution par travaux historiques

L'édifice se développe selon un plan en U autour d'une cour ouverte au nord dont le côté sud est occupé par le logis dont la façade principale, à travées non ordonnancée, s'ouvre au nord.

Construit en grand appareil de taille de granite au nord, en moellon sur les façades latérales, en petit appareil au sud, le logis est édifié sur un plan allongé divisé par quatre mur de refends, aucun ne montant de fond. Ils définissent quatre pièces de surface différentes, celles du centre, principales, encadrant un escalier à retours sur mur noyau à marches monoxyles. Les pièces extérieures plus petites correspondent à un cellier ou dépense au rez-de-chaussée, à des garde-robes à l’étage : sur l’une d’entre elles se voient les vestiges de latrines. Les murs de refends latéraux portent les cheminées à chaque niveau. La distribution entre l’escalier et les pièces latérales se fait côté nord au rez-de-chaussée.

Au rez-de-chaussée, la pièce est, éclairée au nord et au sud par une fenêtre, correspond à la cuisine avec cheminée à piédroits largement chanfreinés et consoles en quart de rond chanfreiné ; le chœur est creusé de deux niches carrées. A droite de la cheminée, placard mural carré à feuillure qui devait avoir un volet de bois. Plafond à poutres chanfreinées et solives. La porte donnant sur l’escalier est rectangulaire moulurée en doucine.

La salle à l’ouest est chauffée par une large cheminée à piédroits largement chanfreinés et à consoles en pyramide incurvée renversée ; elle communique avec le cellier ( ?) par une porte en plein cintre chanfreinée, avec l'escalier par une porte à linteau mouluré en accolade. Plafond à poutres chanfreinées et solives.

A l’étage, la chambre ouest est chauffée par une cheminée adossée à piédroits saillants en pilastres, consoles en pyramide renversée moulurée à droite, plus imposante à gauche, linteau monolithe sur sommiers obliques et hotte oblique à arc de décharge. Elle jouxte la porte en anse de panier chanfreinée côté sud qui conduit à la garde-robe.

La seconde chambre à l'est est chauffée par une cheminée adossée à piédroits à colonnettes à base et chapiteaux baguées, consoles carrées moulurées, linteau monolithe et hotte droite à arc de décharge. A gauche (nord) de la cheminée, une porte rectangulaire chanfreinée conduit à la garde-robe. Au sud, un placard mural à feuillure recevant un vantail de bois semble aujourd’hui dissimulé. Sur les poutres chanfreinées des deux chambres repose le plancher du comble.

Le grenier n’est pas divisé : seuls les conduits de cheminées le traversent. Fermes à entrait retroussé et poinçon moisé ; étrésillonnement longitudinal en croix de Saint-André.

Les deux dépendances sont différentes : celle de l’est, ouverte vers l’ouest est construite en gran appareil de pierre de taille, avec deux portes chanfreinées en anse de panier, un ancienne fenêtre côté sud transformée en porte. Côté nord, la seconde porte en anse de panier voisine avec un jour chanfreiné ; deux ouvertures en vis-à-vis sont bouchées : il est possible que cette dépendance ait comporté un logement quoiqu’on y voit pas de trace de cheminée.

La dépendance ouest, en moellon en rez-de- chaussée couverte en ardoise ou en tôle, se compose de trois parties : au centre, la plus ancienne s’ouvre sur la cour par une succession de portes en plein cintre.

Murs granite
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en charpente
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Le Plessis, manoir. Dossier inventaire 1967

Références documentaires

Bibliographie
  • LE MENÉ, Jean-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, 1891-1894. Reéd. Coop Breizh, 1994.

    p. 395 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 278-280
  • Le patrimoine des communes du Morbihan. Paris : Flohic éditions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 419
  • Inventaire général de monuments et richesse artistiques de la France. Vallée du Scorff : Bretagne. Images du Patrimoine, n°196 , Rennes, APIB, 2000.

    p. 54
Périodiques
  • GALLES, Louis. Les arrières-fiefs de la seigneurie de Guémené. in : Bulletin de la société polymathique du Morbihan, 1867.

    p. 139
(c) Inventaire général (c) Inventaire général - Pavis-Hermon - Ducouret Jean-Pierre - Tanguy-Schroër Judith
Judith Tanguy-Schroër , né(e) Tanguy
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- Toscer Catherine