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Manoir, le Chesnay (La Fontenelle fusionnée en Val-Couesnon en 2019)

Dossier IA35050052 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées four à pain, dépendance
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Antrain
Adresse Commune : Val-Couesnon
Lieu-dit : Le chesnay
Cadastre :
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de La Fontenelle

L’ancien manoir du Chesnay est situé au sud du village actuel de la Fontenelle. Le nom Chesnay évoque un lieu planté de chênes.

Ce manoir dépendait de la vicomté de la Rouairie de Saint-Ouen-la-Rouërie. Au début du 16e siècle (1513), il appartenait aux de Langan, seigneurs du Bois Février à Fleurigné. A la fin du 16e siècle, en 1598 exactement, le manoir de la Chesnay passe par alliance aux Tuffin, seigneurs de la Rouërie. En 1701, il est vendu aux Tiron par la famille Tuffin, toutefois, à la fin du 18e siècle, les Tuffin des Portes en étaient propriétaires.

Le bâtiment actuel témoigne encore de cet ancien manoir, bien qu’il ait été transformé et qu’il ait perdu cette vocation de manoir depuis fort longtemps ainsi qu’en témoigne le premier cadastre communal réalisé en 1823. En effet, à cette époque, sur ce document, le bâtiment n’est déjà plus mentionné comme un manoir. Par ailleurs, sur ce document, les bâtiments annexes « traditionnels » du manoir que sont les pigeonniers ou encore les chapelles n’existaient déjà plus.

Ainsi, Le mot « manoir » viendrait de « manere » ou de « manerium » qui implique une idée de résidence ; le manoir est donc un bâtiment qui répond, prioritairement, à une exigence d'habitation. Dans le manoir, il existe quatre programmes principaux : l´habitat, la défense, l´exercice de fonctions féodales et l´exploitation agricole. Les manoirs sont constitués de plusieurs bâtiments, chacun répondant à l´un de ces programmes. Le manoir se distingue du château fort par le fait que l´aspect résidentiel est privilégié par rapport à l´aspect défensif. Toutefois, le manoir se différencie de la simple ferme par les quelques éléments défensifs qu´il possède, par le décor, le soin et le confort accordés à son logis. Un nombre de pièces important distingue également les logis de manoirs des simples logis de fermes dans lesquels il existe en général une seule pièce à feu.

Dans le cas du Chesnay, il existe plusieurs pièces à feu au rez-de-chaussée ainsi qu’à l’étage, l’existence d’un escalier en vis en granite logé dans l’angle sud-ouest de la salle en témoigne. Les éléments de confort sont également plus nombreux dans les logis de manoirs que dans les logis de fermes, ainsi, dans ces logis, il existait parfois des fenêtres à coussièges (petits bancs en pierre aménagés dans l'ébrasement d'une fenêtre et destinés à l'observation de l'extérieur, à la lecture...). Dans de nombreux logis manoriaux, il existait également des latrines.

Les vaisseliers, éviers ou lave-mains sont aussi des aménagements fréquents dans les logis de manoirs. Un équipement exceptionnel de ce type existe encore ici au Chesnay puisque cet élément sert dans ce cas à la fois de vaisselier, d’évier et de lave-mains. Par ailleurs, le caractère exceptionnel de cet équipement repose également sur son décor qui est très élaboré (fleur de lys) et qui évoque une scène de chasse (animaux, motifs végétaux…). Un vaisselier du même type existe dans la commune voisine de Tremblay, à la Bolandais.

Période(s) Principale : 16e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 20e siècle

Matériaux de construction :

Ce bâtiment présente la particularité d’être élevé en matériaux mixtes : granite et schiste. En ce sens, il reflète tout à fait la nature du sous-sol de la commune de la Fontenelle qui est composé de granite au nord et de schiste au sud. Les parties les plus soignées sont traitées en granite : encadrements de baies, chaînages d’angles. Les toitures sont couvertes d’ardoise.

Élévation et plan :

Le bâtiment possède un plan quadrangulaire et s’élève sur trois niveaux : un rez-de-chaussée, un premier étage et des combles.

Façade sud :

La partie est de la façade sud est percée des baies aux encadrements les plus soignés. En effet, il existe des portes jumelées en plein cintre au rez-de-chaussée ainsi qu’un jour d’éclairage de la cheminée, une fenêtre dont le linteau est décoré d’une accolade éclairant la salle et une petite fenêtre grillée avec encadrement chanfreiné à l’est. A l’étage, deux des fenêtres possèdent des appuis saillants en granite. La partie ouest de la façade est percée d’une porte et d’une fenêtre à encadrement chanfreiné en granite au rez-de-chaussée. La fenêtre de l’étage possède un linteau en bois.

Façade nord :

La façade nord témoigne de deux baies. Celle du centre a été percée postérieurement à la construction. La plus à l’est possède un linteau décoré d’une accolade sous laquelle se trouve une fleur de lys.

Rez-de-chaussée :

Le rez-de-chaussée est composé d’est en ouest, d’un ancien cellier, d’une salle et d’une seconde pièce à feu. La salle possède encore une cheminée monumentale en granite sur le mur ouest. Les corbeaux de cette cheminée sont à double ressauts et les piédroits sont chanfreinés. Dans l’angle sud-ouest de la salle, se trouve un escalier en vis en granite. Sur le mur opposé à celui de la cheminée, il existe un exceptionnel évier-vaisselier, composé de plusieurs niches avec étagères destinées au rangement de la vaisselle. Un évier se trouve au centre, il est décoré d’une fleur de lys. Cet évier est percé et l'écoulement de l’eau se faisait au sol vers une pierre de granite légèrement creuse probablement percée à l’origine pour que l’eau s’évacue. La partie supérieure des niches est décorée d’animaux qui évoquent une scène de chasse. La partie ouest du rez-de-chaussée est occupée par une pièce à feu possédant une cheminée sur le mur ouest. Elle possède des corbeaux en granite à double ressauts, toutefois son décor est plus simple que celui de la cheminée de la salle. Au nord de cette pièce à feu, se trouve un ancien cellier.

Distributions :

Un escalier en vis en granite logé dans l’œuvre (angle sud-ouest de la salle) desservait la pièce située au-dessus de la salle. Un second escalier en bois se trouve dans la partie nord-ouest de la construction et donne accès à la pièce de l’étage de la partie ouest du bâtiment.

Premier étage :

A l’étage, se trouvent deux anciennes pièces à feu, la première au-dessus de la salle et la seconde au-dessus de la pièce à feu ouest du rez-de-chaussée. Une autre cheminée a été aménagée sur le mur nord de la partie située au nord de la partie ouest du bâtiment à l’étage.

Toiture :

Les toitures sont à longs pans ; la partie est présente une pente plus accentuée que la partie ouest.

Parties annexes :

Un puits ainsi qu’un bâtiment de dépendances se trouvent dans la cour, au sud-ouest.

Murs granite pierre de taille
schiste moellon
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
pignon couvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations animal
Précision représentations

Décor porté sur un vaisselier et lave-mains

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 2, p. 19