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Manoir du Quartier (Noyal-sous-Bazouges)

Dossier IA35049583 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiéesétable, four à pain, puits, pressoir
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonPays de Fougères - Antrain
AdresseCommune : Noyal-sous-Bazouges
Lieu-dit : le Quartier
Cadastre : 1942 B2 423

Situé à environ 500 mètres au sud-est du village, le manoir du Quartier était une baronnie qui avait droit de haute, moyenne et basse justice. On lui connaît des occupants de familles nobles, dès le début du 15e siècle. Voir annexe 1. Le manoir est confisqué peu après la Révolution et vendu comme bien national en 1793, comme de nombreux autres monuments à cette époque. C´est Monsieur Anger de la Loriais qui en fait l´acquisition pour la somme de 18ooo livres. Il achète également dans ce contexte le château de Beauvais. Le premier cadastre de la commune, dressé en 1823, nous révèle un ensemble assez proche de ce que l´on voit encore aujourd´hui. Organisé autour d´une cour en U, le Quartier se compose d´un corps de logis sur la partie est, d´une métairie sur la partie ouest et d´une grande dépendance au sud. On reconnaît également sur ce document une petite construction au milieu de la cour qui semble correspondre à une soue à cochons, ainsi qu´un autre petit bâtiment excentré au nord-ouest. Le manoir Le manoir est le bâtiment dont la façade est aspectée à l´ouest. Il est composé de deux parties contemporaines, qui constituaient autrefois deux logis, comme on le voit encore en 1823 sur le cadastre ancien. La partie noble est celle qui possède un étage habité. L´autre partie, sur un niveau, pouvait être la première métairie. Quoi qu´il en soit, la façade arrière de ces deux parties montre bien une homogénéité dans la mise en œuvre, ce qui prouve leur contemporanéité. Les éléments de noblesses que l´on peut voir sont : la présence d´un étage chauffé, les coussièges aménagés dans l´encadrement des fenêtres à l´étage et au rez-de-chaussée, la tour extérieure desservant l´étage et la présence de trous de boulins sur les murs extérieurs. Le manoir est assez modeste. Il était constitué à l´origine de deux pièces à feu, une au rez-de-chaussée, à usage de salle et cuisine, et une à l´étage servant de chambre. Une porte extérieure, dont l´accès se faisait autrefois par un escalier, permet un accès indépendant à l´étage. Les cloisons qui séparent aujourd´hui ces pièces en deux ont très probablement été aménagées ultérieurement. La porte en plein cintre dans la pièce du bas est très large et semble avoir été aménagée plus tardivement. Par ailleurs, il paraît peu logique qu´il faille traverser une pièce froide pour accéder à l´escalier. S´il y avait eu quatre pièces dès l´origine, l´escalier aurait plutôt été centré sur la façade de façon à desservir toutes les pièces, comme cela se voit généralement. De même, il est peu commun de trouver des coussièges dans des pièces froides. La position sur la façade postérieure de la tour d´escalier est atypique pour un manoir. Il est rare qu´elles se trouvent à l´extrémité d´une pièce. Quand on regarde la tour de l´extérieur, on remarque les vestiges d´anciennes latrines. Les latrines, élément de confort que l´on trouve souvent dans les maisons nobles, étaient la plupart du temps installées dans une tour d´escalier. C´est le cas ici. Aujourd´hui, le trou des latrines est bouché par des palis. La tour ronde n´est pas représentée ainsi sur le cadastre ancien. Il y avait en effet en 1823 une extension de forme carrée. Cette partie a donc été remaniée au cours du 19e siècle ou du 20e siècle. La régularité dans l´appareillage du mur nord montre bien que la tour ronde est d´origine, cependant, elle surmontait auparavant une pièce de plan carré. Il reste des vestiges de cette extension à la base de la tour. La présence de trous de boulins sur le manoir atteste d´une occupation noble. Les trous servaient à l´installation des échafaudages lors de la construction et aussi pour l´élevage des pigeons. Or, l´élevage de pigeons était réservé sous l´Ancien Régime à la noblesse, qui utilisait les fientes pour fertiliser les terres et consommait les pigeons. Le nombre de trous de boulin est relatif à l´importance du domaine. Le logis noble présente des caractéristiques architecturales propres aux constructions de la deuxième moitié du 16e siècle. Il en est ainsi de l´appareillage en pierre de taille sur la façade principale, des décors d´accolade au niveau des ouvertures, des fenêtres à grille, de l´appui saillant -bien que remanié- se trouvant sur la façade postérieure. De même, à l´intérieur, les deux cheminées du manoir présentent des décors typiques de cette époque : les corbeaux sont à double ressaut au rez-de-chaussée, tandis qu´à l´étage la cheminée porte des baguettes plates sur la partie avant, un corbeau de forme convexe et concave, une corniche saillante et une hotte de forme pyramidale. Les cheminées des parties privées, des chambres notamment, sont généralement plus soignées que dans les espaces communs. Ainsi, même si l´on sait que le manoir du Quartier était occupé dès le 15e siècle, tout laisse à penser que ces familles ne vivaient pas dans l´édifice que l´on voit aujourd´hui mais dans une construction plus ancienne qui a été remplacée à la fin du 16e siècle par un nouveau manoir en accord avec son temps. Aucun élément de décor ne fait en effet référence au 15e siècle. On sait qu´une chapelle se tenait dans l´enceinte du domaine. La porte de cette chapelle est visible aujourd´hui au château de Beauvais où elle a été déplacée. Son décor la fait remonter au 15e siècle. La partie méridionale du manoir, dans le prolongement de celui-ci, présente des éléments anciens remontant de la même façon à la deuxième moitié du 16e siècle : la cheminée en granite, la forte pente du toit et la continuité de la mise en œuvre de la façade postérieure. Cependant, la façade principale a été remaniée. Les ouvertures ont été élargies, probablement à la fin du 18e siècle ou au début du 19e siècle. La communication entre les deux logis est également récente. La métairie De l´autre côté de la cour se trouve une métairie. Elle reprend une typologie commune aux petites fermes rurales du début du 17e siècle : la porte est en plein cintre à double rouleau, la fenêtre porte un décor d´accolade et la pièce de vie est unique et accolée à un bâtiment d´élevage, l´étage servant de grenier. La cheminée porte des corbeaux à double ressaut. La construction de cette ferme a pu remplacer la première métairie se trouvant dans le prolongement du manoir, à moins que les deux fermes n´aient été contemporaines. Le cadastre de 1823 montre en effet une division des bâtiments en trois parties. On voit, sur le cadastre ancien, une extension sur la façade occidentale de la métairie qui n´existe plus aujourd´hui. En outre, le four à pain à l´entrée du domaine n´est pas indiqué sur le cadastre ancien ce qui signifie qu´il a été construit au cours du 19e siècle, voire au début du 20e siècle.

Période(s)Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 19e siècle

Le manoir du Quartier est constitué d´un manoir et d´une métairie. Le logis noble est construit sur un plan rectangulaire et comporte trois parties, de plus en plus basses du nord au sud. Une partie de la façade principale est construite en pierre de taille de granite, le reste est en moellons de granite et de grès. Le traitement de la façade principale est beaucoup plus soigné que la façade postérieure, où l´on trouve un mélange de moellons de schiste, de grès et de granite, tout cela étant à l´origine caché par un enduit. Les toitures à double pan sont couvertes d´ardoises et présentent un coyau sur la partie basse, c'est-à-dire que la pente du toit est adoucie afin que l´eau de pluie soit rejetée loin du mur. Les pignons sont débordants et ornés de crossettes en granite. Le chaînage d´angle, réalisé en pierre de taille de granite reprend un motif typique du Pays de Fougères, où les pierres sont disposées en quinconce, formant un damier. La partie nord comprend une pièce au rez-de-chaussée et une pièce à l´étage. Ces deux pièces sont séparées par des cloisons en pierre et possèdent chacune une belle cheminée en granite. L´accès à l´étage se fait par un escalier à vis inscrit dans une tour hors-œuvre. Une porte en plein cintre, visible sur le pignon nord, permettait également l´accès à l´étage mais l´escalier extérieur qui y menait a disparu. Dans le prolongement de ce logis, une grande pièce à feu est éclairée par de grandes ouvertures. Sa cheminée en granite reprend des décors classiques de son époque. L´étage fait usage de grenier. Le bâtiment situé au sud de la cour fait office de dépendance. Il est construit en moellons de granite, schiste et grès. Ses ouvertures ont été en partie remaniées et agrandies et portent pour certaines des montants chanfreinés. Le toit est couvert d´ardoise. La métairie à l´ouest de la cour offre sa façade à l´est. La partie sud qui servait de dépendance a été rénovée et tient lieu aujourd´hui de logement. L´ancienne maison de fermier au nord est restée tout à fait authentique. Une belle cheminée en granite à double ressaut chauffe une pièce unique au-dessus de laquelle se trouve un grenier. La porte en plein cintre est à double rouleau, la fenêtre aux bords chanfreinés est surmontée d´un décor d´accolade. On trouve à deux endroits sur cette façade des pierres de remploi ornées soit d´un écu muet soit d´une fleur de lys et d´une sorte de damier. Cette deuxième pierre est disposée à l´envers près d´une ouverture ce qui montre bien qu´elle n´est pas à son emplacement d´origine. Sur l´ensemble des constructions, aucune date n´est visible.

Mursgranite
schiste
grès
Toitardoise
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Historique des familles ayant occupé le manoir du Quartier (Extrait du livre Noyal-sous-Bazouges, Ille-et-Vilaine de Théodore Chalmel paru en 1939)

    Historique des familles ayant occupé le manoir du Quartier

    (Extrait du livre Noyal-sous-Bazouges, Ille-et-Vilaine de Théodore Chalmel paru en 1939)

    « Les possesseurs du Cartier furent :

    En 1430 : Jehan du Cartier ; 1461 : Jehan du Cartier fils ; en 1470 : Bertrand du Cartier ; 1513 : Guyon du Cartier ; en 1540 écuyer Jacques du Cartier ; en 1551 : n. h. Jean du Cartier ; en 1590 : baron d´Arvilliers, marié à Jeanne du Cartier ; en 1594 : n. h. Raoul du Cartier ; en 1603 : écuyer Jean du Matz, marié à Charlotte d´Arvilliers ; en 1608 : écuyer François-René du Matz, baron de Bain, de Bonnefontaine et du Cartier, marié à Guillonne de la Marzellière ; en 1622 : n. h. Pierre du Châtaignier, sieur de la Thébaudais, marié à Hélène du Matz, veuve remariée à écuyer Froiçois de Guyon, sueur de Launay-Commatz, veuve remariée en 3e noce à écuyer Charles du Matz, marquis du Brossays ; Marie-Vincent-Clarice du Matz du Brossays, venderesse à écuyer Pierre-Joseph de Gouyon, sieur de Launay-Commatz mort en 1751 ; à écuyer François de Gouyon, Jean de Gouyon, comte de Beaufort, chevalier des ordres, époux d´Aubine Louise de Gouyon, émigrés en 1972, leurs biens confisqués le 18 prairial an II, vendus nationalement 18869 livres par le Gouvernement à M. Anger de la Loriais, acquéreur de Beauvais ».

Références documentaires

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 2, p. 508-510
  • CHALMEL, Théodore. Monographie de la commune de Noyal-sous-Bazouges, Anciennes familles. Rennes, Imprimerie Simon, 1908.

  • CHALMEL, Théodore. Noyal-sous-Bazouges, Ille-et-Vilaine Rennes, 1939.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1883, 1884, 1886.

    p. 357 à 361
  • L'architecture traditionnelle dans le canton d'Antrain. Association pour la Promotion du Patrimoine d'Antrain et de son Canton, 1985.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 63