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Manoir de Kermerzit (Trémel)

Dossier IA22132304 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

A peu près en même temps que le chantier de la chapelle trèviale Notre-Dame-de-la-Merci (fin du 15e siècle - début du 16e siècle) s'ouvre à Trémel un autre chantier exceptionnel avec la construction d'un logis manorial par le puissant seigneur de Kermerzit, prééminencier principal de la chapelle. Déclassé en ferme au début du 19e siècle, ce remarquable ensemble manorial - inscrit au titre des Monuments historiques en 1927 - demeure dans un état sanitaire alarmant.

Destinations ferme
Parties constituantes non étudiées hangar agricole, dépendance, remise agricole
Dénominations manoir, dépendance, cour, portail
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Trémel
Lieu-dit : Kermerzit
Cadastre :

Le manoir de Kermerzit (ou "Kermerzic") a été fondé au début du 15e siècle par la famille Jourdrain (variantes orthographiques : Jourden, Jourdaen et Jourdran). Leurs armoiries sont "d'azur au croissant d'argent" avec la devise suivante : "servire Deo Regnare est". Dès le 10 mars 1463, le lieu est en effet cité dans un aveu de la Cour de Guingamp comme possession de la famille Jourdain. L'aveu est une déclaration écrite que doit fournir le vassal à son suzerain lorsqu’il entre en possession d’un fief (par achat, héritage ou échange). L’aveu est accompagné d’un minu ou dénombrement ou décrivant les biens composant le fief.

A la Montre de Tréguier en 1503 : Jean de Kergrist comparait "en robe" (c’est-à-dire avec l’habit civil) pour le dénommé Yvon Jourdain (Jourden), seigneur de Kermerzit (Kervezic) en qualité de curateur et parrain. Il lui est enjoint au premier mandement de fournir "deux archers en habillement suffisant" ce qui prouve des revenus relativement importants.

Au fil des siècles, la seigneurie de Kermerzit a appartenu successivement à :

- Robert Jourdain (mort en 1418), seigneur de Kermerzit et sa dame de Kermerzit de la famille Hélory, seigneur de Kermartin originaire de la paroisse du Minihy-Tréguier. Sa femme serait ainsi parente de Saint Yves (Yves Hélory de Kermartin né en 1253 et mort en 1303). Selon les archives de la Bibliothèque de Rosmorduc, une chambre du manoir portait le nom du Saint.

- Allain Jourdain (fils, né avant 1427), seigneur de Kermerzit ;

- Guillaume Jourdain (petit-fils mort en 1463), seigneur de Kermerzit dit "héritier et douarain de Robert" en 1459. Il a épousé Anne Le Rouge (fille de François Le Rouge, seigneur d'Ancremel et de Denise de Bégaignon) ;

- Yves (Yvon) Jourdain (arrière petit-fils, né avant 1463 - mort avant 1506), seigneur de Kermerzit ; il est marié à Marguerite Toupin, Dame de Lostanguern qui meurt en 1505.

- Yves (Yvon) Jourdain (né avant 1505), seigneur de Kermerzit ; son curateur est Jean de Kergrist, son parrain.

- Yves (Yvon) Jourdain (avant 1506 - 1557), seigneur de Kermerzit, de Lostanguen et du Plessis-Quinquis a épousé Anne de Lochrist. Il est mentionné comme "sergent féodé" de la cour de Guingamp en 1552, prévot de la cour en 1558.

Guillaume, son oncle mort en 1521 fut aumônier de la reine Anne et professeur au Collège de Tréguier. Sa pierre tombale à Saint-Louis de Paris fut gravée à l'effigie d'un prêtre et portait ses armoiries : "écartelé d'un croissant et d'un sautoir chargé d'une mâcle".

- Alain Jourdain, écuyer, seigneur et du Plessis devient seigneur de Kermerzit en 1557. Il a épousé Anne de Kergoët.

- Guyon (Guy) Jourdain (1556-1607), seigneur de Kermerzit (aveu de 1583) : prévôt féodé de la sénéchaussée de Guingamp au bailliage de Plougastel en Plestin (charge héréditaire), il a été inhumé dans son enfeu à l'église de Trémel.

- Philippe Jourdain (vers 1573 - 1649), seigneur de Kermerzit, de Kerahel et du Plessis, prévôt féodé. Il est l'époux de Anne de Kergrist (morte en 1618). Son fils Fiacre Jourdain devient seigneur du Plessis. Sa fille Marguerite Jourdain hérite de Kermerzit.

- Marguerite Jourdain (1613-1662 : ?), dame de Kermerzit hérite de la seigneurie et du Plessis. Elle a épousé Josias de Kerleau, seigneur de Goazanharant, de Lisle en Pédernec en 1633.

- Jean-Philippe de Kerleau (né en 1636), seigneur de Kermerzit et du Plessis, de Goasanc'harant ;

- François Le Rouge (né en 1606) fait aveu de la seigneurie de Kermerzit en 1665. C'est le fils de Jean, seigneur de Keranguen et de Jeanne de Kergroas, petit fils de Yves de Kergroas et de Vincente Jourdain de Kermerzit.

- Toussaint de Tuomelin (1630-1683), seigneur de Kerbourlon en Plestin, seigneur de Kermerzit en 1673. Il a épousé Jeanne de Quelen, dame du Guerjan (fille de Roland et de Anne le Sparler de Coatcaric).

- Renée de Tuomelin, dame de Kermerzit, de Kerbourdon, de Poulanvran a épousé François de Bizien, seigneur de Munchorre en Ploumagoar qui est lieutenant des maréchaux de France en 1734. Il fait aveu de Kermerzit en 1704.

En 1707, la métairie de Kermerzic est louée par Hervé Cariou et Françoise Guillou, sa femme. François de Bizien décide également de louer pour 7 ans (bail à ferme) les dépendances à Lazare et Nouelle, frère et sœur de Hervé Cariou. Le seigneur conserve cependant pour son propre usage les parties suivantes : le "manoir tant vieux que neuf", "la cour en dépendant, l'écurie sous la chambre blanche, la galerie et les chambres en haut de la touraille joignant la grande porte cochère, le jardin et le verger derrière le manoir, le colombier, le bois taillis [etc.]".

Le contrat passé à Plestin devant les notaires Aubry et Brigant, précise :

"Les preneurs seront tenus de fournir de paille la litière des chevaux du seigneur quand il sera à Kermerzic, car le fumier leur appartiendra ; de plus, le dit seigneur pourra cuire dans le four lorsque les métayers l’allumeront pour leur propre compte, en fournissant le bois de chauffage. Ils disposeront de l'emplacement du vieil étang et acquitteront pour le tout 435 livres payables en 2 termes ; le vieil étang sera clos du côté de l'avenue et mis en pré. Ils jouiront de même de la vieille ou de la nouvelle cuisine du manoir et des deux greniers dans le grand corps de logis, à l'option du seigneur, lequel s'oblige à la Saint-Michel prochaine de fournir 20 bêtes tant juments que bêtes à cornes, à commencer par la moitié de celles qui se trouvent en ladite métairie [occupée par les Cariou] à charge d'en rendre le même nombre à la sortie des preneurs".

- Jean-Marie Séverin de Bizien (fils), comte de Munchorre fait aveu de la seigneurie de Kermerzit en 1754. Elle lui vient de sa mère.

- Renée Rolande de Bizien (morte en 1755), sœur de Jean-Marie Séverin de Bizien : elle a épousé Gabriel Procope Corentin de Launay, seigneur de Lestang et en seconde noce Jean Bart du Parc, capitaine au régiment de Brie.

- Jean-Marie Gabriel Paul André, comte de Launay fournit aveu de la seigneurie de Kermerzit en 1772 pour le rachat à Jean-Marie Séverin de Bizien, comte de Munchorre.

- 6 juin 1796 : la citoyenne Marie-Mauricette de Crémeur (qui habite le château de Munehorre en Pabu) fondée de procuration spéciale du citoyen Roland Jules de Quélen de Kerprigent (il était marié à Renée Jeanne Marie Josèphe de Bizien) loue "la jouissance de la métairie et dépendances, la jouissance dudit Kermerzit et des objets" au citoyen Yves Guillou, veuf et à ses enfants majeurs pour la somme annuelle de 660 livres.

- en 1881, le manoir appartient à la comtesse Stéphanie Marie Thérése Renée de Quélen du Plessis, veuve de monsieur le comte Joseph Prosper Le Corgne de Launay, vicomte de Bonabry (propriétaire du château de Keréga à Plounérin). Elle loue pour 9 ans la "moitié distincte" du manoir de Kermerzit à Jean Marie Bivic et Marie Augustine Person son épouse. Le fermage est fixé à 900 francs annuel. "Les preneurs fermiers seront tenus de jouir de la métairie en bon père de famille, de faire les charrois de tous les matériaux nécessaires pour les grosses et menues réparations des édifices, de fournir des manœuvres et de nourrir les ouvriers qui seront employés pour les dites réparations ; ils feront en outre les réparations des pierres volantes, le tout gratis et sans indemnité à prétendre".

- en 1891, la comtesse Marie Louise Françoise du Dresnay, veuve de monsieur le comte Louis François Marie de Kersauson (Lanidy à Plouigneau) loue l'autre moitié du manoir devenu ferme à François Beuzic et Marie Jeanne Le Drein, son épouse.

En 1917, le vicomte Henri de Kersauson loue cette "moitié distincte" du manoir à Philippe Rivoalen et Marie Perrine Le Bris, sa femme. La location comprend outre des terres agricoles et le verger : "la maison d'en bas avec la chambre et le grenier au-dessus, la tourelle au couchant de cette maison, droit au puits, les deux chambres au-dessus de l'écurie de Riou [Le voisin qui loue l'autre moitié du manoir], l'écurie de tuile au couchant de la dite cour, la soue à porcs et les deux crèches à vaches à l'angle nord-est de la dite cour, la chambre au-dessus de l'une de ces crèches fréquentée par un escalier de pierre donnant sur la cour d'en haut, toute la cour au nord des maisons manoriales à l'exception d'une petite bande passée devant la maison - pièce de logement habitée par Riou et en face de la crèche sous genêts... laquelle bande est délimitée par un petit caniveau d'eau dans le pavé, toute la grange ainsi que l'aire au levant de cette grange. Communauté dans l'avenue de Kermerzit". Le prix annuel de fermage est fixé à 850 francs et 50 francs pour les terres de Penn an Allé.

Voici la description de l'autre moitié du manoir : "la maison d'en haut au midi de la cour avec chambre et grenier au-dessus telle qu'elle est actuellement occupée par les preneurs, écurie pavée ayant porte sur la cour, la loge à piler de l'ajonc, la crèche à vache au nord de la cour d'en haut ; une soue à porcs contre l'écurie, petite crèche sous la tourelle avec une auge en pierre, le tout d'une contenance de 7 ares 44 centiares".

Selon les archives de la Bibliothèque de Rosmorduc, la famille de Kersauson aurait donné l'autorisation de prélever des pierres de taille de granite au manoir de Kermerzit pour l'édification de la nouvelle église de Plounérin.

- en 1925, le manoir est vendu aux familles Prigent et Louédec.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle, 1ère moitié 16e siècle
Secondaire : 19e siècle, 2e moitié 20e siècle

Une longue allée venant du nord-nord-est et filant vers le sud-sud-ouest dessert cet important ensemble manorial. Si une fontaine est signalée immédiatement au nord des logis, la présence d'un étang est également mentionné dans les archives familiales. Au nord-est du manoir se dresse un colombier (datable du début 16e siècle). La mise en scène de l'entrée se fait par un portail au décor flamboyant percé d'une porte piétonne et d'une porte charretière surmontées d'armoiries. Ces portes permettent l'accès à la cour ouest dite "cour basse" fermée par un mur. A noter, que ce mur de forte épaisseur sert de pignon au logis est. Au sud de la cour se dressent deux logis construits à des périodes différentes : orientés vers le nord, ils font face à l'entrée monumentale.

Le manoir primitif

À l'ouest se dresse le logis primitif avec tour d'escalier en élévation antérieure. La façade nord est percée d'une porte tout comme la tour est percée à l'ouest d'une porte basse (aujourd'hui murée). Cette dernière est ornée d'un linteau à accolade. L'extrémité ouest du logis - figurant sur le cadastre de 1848 - a été détruite. Si la façade sud, à l'origine aveugle, a été percée par de multiples ouvertures dans la deuxième moitié du 20e siècle, la façade nord semble avoir été remontée à une date indéterminée (mais peut-être ancienne). L'analyse stylistique - linteau à accolade et arc de décharge en pierre debout – et la mise en œuvre soignée en pierre de taille de granite permettent de dater la tour de la fin du 15e siècle (1490-1500). La fenêtre de l'étage du logis semble plus ancienne que celle du rez-de-chaussée : il pourrait s'agir, à l'origine, d'un logis long ressemblant à celui du Launay à Ploubezre.

Le manoir secondaire

À l'est : un vaste logis secondaire couronné par deux lucarnes ; il est flanqué d'une tour d'escalier en élévation postérieure. La tour affecte un plan parallélépipédique puis circulaire : elle est percée de plusieurs fenêtres.

Au rez-de-chaussée, le logis comporte :

- à l'ouest une pièce à feu (à usage de cuisine) ;

- à l'est, une pièce froide (à usage probable de cellier) ;

- au centre, un couloir dont la porte est surmontée par un jour d'imposte dessert la tour et son escalier en vis.

Les deux pièces du rez-de-chaussée disposent chacune d'une porte débouchant au sud (le pied de l'élévation sud a été comblé sur une hauteur d'environ 1,5 m). Une porte relie la pièce ouest à usage de cuisine, à la tour d'escalier.

A l'étage (non visité), le palier comporte deux portes. D'après le propriétaire de l'une des deux parties du manoir, il s'agit de deux pièces à feu. A l'est, la chambre du seigneur avec son accès direct à la galerie et à l'ouest, une salle haute.

Au niveau des combles (peut-être prévus pour être habitables dans le projet initial), le palier comporte trois portes qui donnent, d'une part sur deux greniers séparés par un mur de refend et, d'autre part sur un petit escalier en vis secondaire donnant accès à une pièce haute. La partie supérieure de la tour a été arasée au 20e siècle : la pièce haute n'existe plus tout comme la partie sommitale de l'escalier en vis secondaire. Des désordres importants affectent la tour.

Les deux lucarnes du logis développent un répertoire gothique flamboyant : baies trilobées à meneaux avec linteaux à double accolade, colonnettes tores, choux frisés et fleurons. Les appuis saillants sont sculptés d'une frise représentant un lièvre et un chien mangeant des pommes de pin. Certains détails comme les crossettes des lucarnes – dont la forme perdure jusqu'au 19e siècle - semblent pourtant montrer une simplification relative du chantier. Ce grand logis est vraisemblablement datable des années 1500-1510, il se distingue par sa distribution particulière (corridor central) et la puissance qui se dégage des lucarnes ornées.

Une galerie sur arcades - aujourd'hui détruite, menait du logis principal à la tour au nord faisant corps de logis secondaire et flanquant l'entrée piétonne et charretière. Cette galerie desservait la chapelle (ou l'oratoire) dont on peut encore voir une magnifique fenêtre en arc brisé et une partie de son remplage orienté vers l'est.

Au premier étage de la tour, on peut observer les vestiges d'une petite cheminée. Il est probable que cette tour ait pu servir de logement à un chapelain affecté à l'office de la chapelle seigneuriale. Le rez-de-chaussée de la tour est percée d’ouvertures de tir pour des arquebuses (fente de visée et embrasure). Une console en pierre est fichée dans le mur est. Selon les cadastres anciens de Plestin et de Trémel, la galerie a été détruite entre 1818 et 1848 - date à laquelle elle ne figure plus sur le plan masse.

La cour haute (cour est)

La cour de la métairie se situe à environ 1 m de hauteur par rapport à celle du manoir. Le logis se dressait dans le prolongement de la tour nord : ce bâtiment est visible sur des photographies de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle. Sa construction semble contemporaine du logis secondaire daté du début du 16e siècle : on observe des linteaux droits surmontés d'accolade et la présence d'une lucarne ornées de choux et surmontée de fleurons. Un escalier extérieur permettait d'accéder à l'étage par deux portes. Celle de droite donne accès à une pièce chauffée dont la cheminée subsiste toujours (le plancher a disparu).

Au 19e siècle, un puits a été aménagé à proximité immédiate des deux manoirs devenus deux exploitations agricoles.

Murs granite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis avec jour, en maçonnerie
États conservations mauvais état, inégal suivant les parties
Techniques sculpture
Précision représentations

Gothique flamboyant.

État sanitaire très alarmant.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables manoir
Protections inscrit MH, 1927/06/03
Précisions sur la protection

Manoir de Kermerzit (cad. A 789, 791, 792, 794) : inscription par arrêté du 3 juin 1927.

Annexes

  • Les Montres militaires (Guillaume Lécuillier, 2016)

    Les nobles ont le privilège d'être exempts de certains impôts (comme les fouages : impôt extraordinaire perçu sur chaque feu ou foyer fiscal) mais ils doivent à leur seigneur suzerain le concours de leur personne en armes : c'est une sorte de "service militaire" qui s'exerce notamment lors des "montres" - rassemblement des nobles en armes - dont la fonction s’apparente à des revues militaires des périodes médiévale et moderne.

    Il s’agit également de s’assurer que les membres de la noblesse sont suffisamment bien équipés pour participer à la défense du duché de Bretagne. Dans le Trégor, on fait souvent référence à la montre de l'évêché de Tréguier en 1481 : les nobles présents sont classés par paroisse.

    Le seigneur pouvait convoquer son ban, c'est à dire ses vassaux immédiats, pour faire la guerre. L'arrière-ban est lui composé des vassaux convoqués par leur suzerain. Dans le système féodal, le suzerain est le seigneur qui octroie un fief à son vassal. La cérémonie de l'hommage a lieu à cette occasion.

    L'armement (couleuvrine à main, "escopette" ou arquebuse, arbalète ou "crannequin", arc et "trousse" ou carquois rempli de flèches, épée, lance, pertuisane, hallebarde ou jusarme...), l'uniforme ("harnoy" ou armure lourde, brigantine ou armure légère servant de cuirasse, salade ou casque simple dépourvu et mailles de fer, "palletoc" ou petite cotte de mailles recouvrant la tête et les bras), la manière de se déplacer (à pied ou à cheval qualifié de "bon et suffisant", seul ou en "troupe") sont réglés par mandement des Ducs de Bretagne en fonction du revenu annuel des vassaux et de leur "puissance". Une ordonnance du duc Pierre de Bretagne (1450-1457) fixe l'armement des nobles en 1450. Dans ce système, il est prévu des motifs d’exemption mais également des peines auxquelles s’exposent les nobles défaillants.

    Les montres sont aussi l'occasion de contrôler l'état de noblesse et des privilèges associés : on parle alors de "réformation" comme celle de 1426 à l'échelle du duché. Les nobles et leurs métayers (un par paroisse et par manoir) sont exemptés des fouages.

    Les montres médiévales se perpétuent aux 17e et 18e siècles avec la mise en place des capitaineries garde-côtes sur le littoral breton et le rassemblement de gens d'armes sous l'autorité de seigneurs locaux nommés "capitaines garde-côtes".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives de la famille Louédec (collection particulière).

Bibliographie
  • Archives de la Bibliothèque de Rosmorduc (collection particulière).

Liens web