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Manoir, Brimblin (Chauvigné)

Dossier IA35049575 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Appellations Manoir de Brimblin, ou de Punblin
Parties constituantes non étudiées four à pain, chapelle, dépendance
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Antrain
Adresse Commune : Chauvigné
Lieu-dit : Brimblin
Cadastre : 1937 C2 833

Le manoir de Brimblin constitue un ensemble très intéressant pour le patrimoine de la commune de Chauvigné de par sa qualité architecturale et la présence d´éléments anciens. Au 14e siècle, il était rattaché à la seigneurie de la Louayrie (supposée être l´actuel lieu-dit les Roiries) comme le cite M. OGÉE dans son Dictionnaire Historique et Géographique, de la province de Bretagne paru en 1845. Après observation du cadastre napoléonien, il est possible de lire la forte influence de ce manoir sur le reste de la commune. Situé à proximité d´un cours d´eau, la rivière Minette, le manoir de Brimblin était le chef-lieu de nombreux hectares de terre. Les bois aux alentours ainsi qu´un moulin à papier, une chapelle et des dépendances étaient rattachés au manoir. L'ouvrage de Paul Banéat de 1929 liste les familles ayant occupé Brimblin : en 1414 et 1427 : famille de Brimblin ; en 1482 et 1513 : le Sénéchal ; 1529 : Poupart, seigneurs de la Rouerie ; 1593 : passe par alliance aux Rouxel, seigneurs de la Rouerie ; 1668 : passe par alliance aux de la Bintinaye ; puis Thérèse du Fresne, veuve donataire de Pierre de la Motte de Lesnage seigneur de Bonnefontaine. Sur une des photos prises lors d´une première campagne d´inventaire en 1977, apparaissent nettement les armoiries avec les cinq fusées en bande sur une des cheminées. La consultation de l'armorial de Bretagne permet de les attribuer aux le Sénéchal, dont le blason est ainsi décrit "de sable à cinq fusées d'argent, accolées en bande, accolées de six besants de même, trois de chaque côté". On remarque toutefois une différence : à Brimblin on ne voit pas les besants (ronds) de part et d'autre des fusées. Il est à noter qu'un seigneur du nom de "le Sénéchal" régnait au Rocher-Portail dans la paroisse de Saint-Brice-en-Cogles. Cependant, ses armes sont tout à fait différentes. Avec ces éléments, il est possible de faire remonter la construction du manoir à la limite des 15e et 16e siècles (entre 1482 et 1529) et l´attribuer aux le Sénéchal. Les éléments architecturaux anciens encore visibles vont également dans le sens de cette datation. Ainsi, la façade principale, bien que remaniée au cours des siècles, présente une porte dont le linteau est en anse de panier et sculpté d´un blason aujourd´hui muet. La tour sur la façade postérieure est ronde et comporte un escalier à vis en pierre qui dessert tous les étages. Une cheminée se tient dans un cabinet de retrait au sommet de la tour. Elle présente les caractéristiques des cheminées de la fin du 15e siècle, avec un décor de baguette le long des piédroits et une hotte droite. La corniche à modillons située au niveau des arases hautes des murs de la tour et de l´aile en retour se rencontre généralement dans les manoirs du 16e siècle. L´intérieur conserve lui aussi des éléments typiques de cette époque. Les cheminées du rez-de-chaussée présentent toutes une hotte droite, des jouées obliques ornementées et des consoles en courbe et contre courbe typiques du 16e siècle et qui ont perduré pendant plus d´un siècle. Enfin, d´après l´acte de vente du manoir de 1782, la description de l´agencement de l´édifice faite par les notaires royaux nous permet de confirmer davantage cette datation. La salle de vie principale du rez-de-chaussée est plus longue que large, la cheminée de celle-ci se situe sur le mur pignon sud, elle est ornementée de blasons. Cette disposition de cheminée sur pignon n´apparaît qu´au 15e siècle et va se généraliser au cours du temps. La salle principale commande la distribution horizontale et verticale du manoir puisque toutes les pièces du rez-de-chaussée s´ouvrent sur elle ainsi que l´escalier à vis, cette caractéristique perdurera jusqu´à la fin du 16e siècle. De plus « La porte extérieure est toujours située à une extrémité de la salle. Face à l´entrée, on aime à grouper les portes dans les angles, quitte à utiliser un piédroit central commun à la porte d´escalier et à celle qui fait communiquer les pièces du rez-de-chaussée. » Citation issue de l´ouvrage Le manoir en Bretagne 1380-1600. C´est aussi le cas au manoir de Brimblin. Il ne reste pas de trace de la chapelle dédiée à sainte Apolline mais celle-ci est mentionnée, en ruine, dans le Pouillé historique de Rennes daté de 1884, "construite au milieu d'un bois", et dans l´ouvrage de Paul Banéat de 1929 en ruine également, "dans un bois". L'étable qui prolonge le logis vers le nord a été construite, selon des souvenirs de famille, en 1897 ou 1898.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle

Le manoir de Brimblin est élevé en moellon de granite, ses chaînages d´angles et encadrements d´ouvertures sont en pierre de taille de granite. La toiture est couverte d´ardoise. Le bâtiment présente un plan en "L". Un premier corps de logis de plan rectangulaire, orienté à l´ouest, est surmonté d´un toit à longs pans. Il est flanqué sur sa partie orientale d´un pavillon carré couvert d´un toit à croupe se terminant par un coyau. Dans l´angle formé par ces deux éléments se trouve une tour d´escalier semi hors-oeuvre. Cette tour devait être couverte d´un toit en poivrière à son origine. Aujourd´hui un toit à croupe la couvre. La façade principale, à l'ouest, a subi de nombreux remaniements au fil des siècles. Peu d´ouvertures sont d´origine, on remarque ainsi que certaines ont été percées et d´autre emmurées. La façade compte deux portes, dont une, probablement d´origine, est en anse de panier avec un linteau sculpté d´un blason. Aucune armoirie n´est lisible sur ce blason. Sur la façade postérieure, la tour d´angle contient un escalier à vis en pierre qui dessert l´étage et les greniers. La particularité de cette tour est qu´elle est pourvue sur sa partie haute d´un cabinet de travail. Afin de chauffer cette petite pièce circulaire, une cheminée a été aménagée. Ses piédroits sont ornés sur leur partie antérieure d´une fine baguette plate et sa hotte est droite. On peut observer une corniche à modillons sur le haut de la tour d´escalier et sur la partie sud du pavillon en retour. Le pavillon carré comprend une cuisine au rez-de-chaussée et une chambre à l´étage. Il a été remanié mais conserve des éléments architecturaux anciens tels que les ouvertures à appuis saillants et la corniche à modillons sur sa partie sud. A l´intérieur de l´édifice, sept cheminées permettent de chauffer toutes les pièces. Deux d´entre elles portent des armoiries, un blason orné de cinq fusées en bande, que l´on retrouve également sur une pierre tombale à l´église de Chauvigné. Fait surprenant pour un édifice de cette qualité est l´absence de latrines, que l´on pourrait s´attendre à voir aménagées dans la tour comme cela se voit généralement.

Murs granite
moellon
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
pignon couvert
croupe
noue
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour
Techniques sculpture
Représentations armoiries
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20123505938NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

    t. 1, p. 401
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 1, p. 401
  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

    p. 171-180
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1883, 1884, 1886.

    t. 4, p. 415
  • POL POTIER DE COURCY. Nobiliaire et armorial de Bretagne. Joseph Floch Editeur, Mayenne, 1970.

    p. 124
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 54