Logo ={0} - Retour à l'accueil

Maisons et fermes sur la commune du Faou

Dossier IA29000061 réalisé en 1996

Fiche

Voir

Aires d'étudesParc Naturel Régional d'Armorique
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Faou (Le)
Cadastre : 1845 ; 1986

L´étude de terrain s´est déroulée en été 1996. Ont été retenu, aussi bien en secteur urbain qu´à la campagne, des édifices construits entre le 16e siècle et les années 1930. Lorsque cela a été possible, les intérieurs et les parties communes (communs, cours, jardins, dépendances) ont été visités. Sur un total de 868 immeubles, 96 sont antérieurs à 1914 (chiffres INSEE). Il est apparu que la quasi totalité des maisons avait subi des altérations très importantes, surtout depuis le début du 20e siècle, affectant profondément l´authenticité du bâti en général et la lisibilité des structures d´origine en particulier, même si l´emprise parcellaire, le volume et le gabarit avaient été conservés. Ainsi, sur un total de 27 maisons urbaines du Faou protégées au titre des Monuments Historiques, seulement 8 ont été retenues pour étude. 11 maisons protégées ont été repérées et 4 maisons, pourtant inscrites à l´inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, mais trop modifiées, reconstruites in situ, voire même disparues, ne font pas partie du recensement. 34 maisons et fermes datent des 16e et 17e siècles, 9 maisons du 18e siècle, 10 maisons de la 1ère moitié du 19e siècle, 79 maisons ont été construites entre 1850 et 1914, 9 maisons après 1920 (recensement non exhaustif) . Dates portées : 1661, 1676, 1688, 1692, 1739, 1764, 1833, 1854, 1909, 1914, 1919, 1930. L'étude porte essentiellement sur les maisons urbaines de la commune. Les maisons rurales ont été traitées dans le dossier collectif cantonal.

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle
Typologiesmaison en front de parcelle, tour d'escalier postérieure, tour d'escalier à pièce haute, maison d'angle, cheminée sur gouttereau, encorbellement sur solives, pan de bois en façade, pleine parcelle, 3 travées, 4 travées, évier
Toitsardoise
Mursschiste
granite
kersantite
granite
enduit
essentage d'ardoise
moellon sans chaîne en pierre de taille
pierre de taille
pan de bois
Décompte des œuvres bâti INSEE 868
repérées 141
étudiées 13

Annexes

  • CONDITIONS DE L´ENQUETE

    Les observations suivantes concernent exclusivement les maisons urbaines du Faou. Les maisons et fermes de Rumengol, bien que figurant à la fin du tableau de recensement, n´ont pas été traitées ici. Leurs caractéristiques sont celles des autres maisons rurales du canton ; elles ont été prises en compte dans le dossier collectif cantonal.

    L´étude de terrain s´est déroulée en été 1996. Ont été retenu des édifices construits entre le 16e siècle et les années 1930. Lorsque cela a été possible, les intérieurs et les parties communes (cours, jardins, dépendances) ont été visités.

    Il est apparu que la quasi totalité des maisons avait subi des altérations très importantes, surtout depuis le début du 20e siècle, affectant profondément l´authenticité du bâti en général et la lisibilité des structures d´origine en particulier, même si l´emprise parcellaire, le volume et le gabarit avaient été conservés. Ainsi, sur un total de 27 maisons protégées au titre des Monuments Historiques, seulement 8 ont été retenues pour étude. 11 maisons protégées ont été repérées et 4 maisons, pourtant inscrites à l´inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, mais trop modifiées, reconstruites in situ, voire même disparues, ne font pas partie du recensement.

    Une ZPPAU a été définie en 1990 pour la totalité de la commune qui, faisant partie du de site (inscrit) des Monts d´Arrée et du Parc Régional d´Armorique, est affiliée à l´association nationale des Petites cités de caractère et fait partie du Parc Naturel Régional d´Armorique.

    I. CARACTERES HISTORIQUES

    Les maisons portant leur date de construction sont rares ; seulement 6 chronogrammes ont pu être relevés : 1654 (50, rue du Général de Gaulle, construite pour la famille L´Haridon dont les armoiries figurent sur la cheminée de l´étage), 1670 (6, rue de Rosnoën), 1673 (15, place des Résistants et Fusillés), 1688 (18, rue de la Grève, maison construite pour Charles Jullou, gabarrier), 1692 (8, place Saint-Joseph, maison construite pour le maître charpentier de marine Jean Kersivien), 1764 (1, place aux Cendres). C´est l´analyse des formes parcellaires et des caractéristiques architecturales (plan, matériaux, mis en oeuvre, distribution et décor porté) qui permet, pour l´essentiel, une approche morphologique et historique de la demeure urbaine dont les limites sont évidentes à cause de la faible authenticité du bâti en place.

    Pour arrêter les dates principales d´une construction, le choix s´est porté sur les indices architecturaux (extérieurs et intérieurs) majoritairement représentés ; ainsi, l´époque du 17e siècle a été retenue pour une maison qui a gardé l´essentiel de ses particularités même si des modifications sont intervenues au cours des siècles.

    Parmi une centaine de maisons recensées, une trentaine a été construite aux 16e et 17e siècles, une demi douzaine seulement remonte au 18e siècle, une demi douzaine à la première moitié du 19e siècle et une cinquantaine a été bâtie entre 1850 et 1914. Les densités sont donc particulièrement élevées aux époques extrêmes, 16e/17e siècles et entre le second Empire et la Première Guerre mondiale. Ceci reflète non seulement les essors successifs de la ville mais correspond également aux tendances observées ailleurs en Bretagne.

    Le recensement des maisons construites après 1920 n´est pas exhaustif ; il concerne surtout une famille d´édifices construite, en dehors du noyau médiéval, à la suite de la loi Loucheur (1927) en faveur de la politique d´accession à la propriété populaire, suivant des plans types et des volumes qui s´inspirent du régionalisme architectural.

    La mise en place de la vicomté du Faou, avec droit de haute justice sur un territoire d´une douzaine de paroisses, remonte au 11e siècle et entraîne le développement d´une place forte. La toponymie et le cadastre de 1845 gardent la mémoire d´un château fort qui, se substituant à une motte féodale, existait à l´emplacement de la mairie actuelle, au lieu dit de la Motte. La position stratégique du havre situé au fond d´une ria alimentée par la rivière du Faou et soumis aux rythmes des marées permettait la surveillance du fond de la rade de Brest ; étant à la fois lieu d´échange et passage obligé entre Quimper et Landerneau, l´agglomération naît entre la fortification et la rivière.

    L´essor de la ville qui s´affirme surtout au cours des 16e et 17e siècles, est lié au dynamisme et à la réputation de ses foires et marchés. La configuration spatiale de la ville se met alors définitivement en place. Sur l´autre bord de la rivière, le quartier de Saint-Joseph se développe autour des moulins et de l´activité portuaire spécialisée dans le transport du bois d´oeuvre de la forêt du Cranou (Rumengol et Hanvec) à destination des chantiers et ateliers de la Marine à Brest. En Cornouaille, Le Faou compte en 1593 parmi les onze « villes clozes, gros bourgs et bourgades » soumis à l´imposition. La prospérité du lieu attire, lors de guerres de la Ligue, les troupes de La Maignane qui, en 1595, pillent la ville et les environs.

    A la suite de la création de l´arsenal de la flotte du Ponant à Brest décrété par Louis XIII en 1631, l´activité maritime augmente considérablement ; les retombées financières sont partiellement investies dans l´architecture (église et maisons urbaines).

    Au 18e siècle, même si Le Faou conserve un rôle administratif et commercial important, peu de maisons sont construites au reconstruites. La ville garde intact son aspect d´origine, au moins jusqu´en 1764, date du premier plan d´alignement dressé par l´ingénieur Charles Le Roy qui préconise l´élargissement de la rue principale qui est en même temps un axe de passage intense. Lors de travaux partiels, les façades en pan de bois de plusieurs maisons disparaissent.

    En 1803, « on compte à peine 120 maisons au Faou. Une halle très commode, un pont de 150 mètres. On y voit point de promenade publique.Le Faou compte 975 habitants en 1844.

    A partir du milieu du 19e siècle, l´aménagement de quais et la démolition d´une partie des maisons le long de la rue principale modifient la physionomie de la ville et font disparaître des témoins précieux de l´habitat urbain en Bretagne.

    II. CARACTERES ARCHITECTURAUX

    1. Situation

    La majorité des maisons repérées ou sélectionnées se situe le long de l´artère principale, autour de l´ancienne place des Halles et dans le quartier Saint-Joseph. Ce dernier forme, autour d´une place jadis partiellement occupée par une chapelle et une fourche de voies de communication, un tissu plus irrégulier. Mais l´essentiel de la structure urbaine du Faou réside dans la forme très simple d´une « rue-village » qui, sans développement en profondeur, descend au port. Un seul îlot s´est formé, contourné par les routes de Quimper et de Rosnoën qui convergent sur la place des Halles. Quant à l´église, son emplacement, certes pittoresque, mais excentré au bord de la grève et à proximité de terrains instables, n´était pas propice à un développement spatial.

    La quasi totalité des maisons à pignon sur rue dispose de cours et de jardins situés à l´arrière ; des escaliers extérieurs, encore marqués sur le cadastre ancien, desservaient des corps de bâtiments annexes.

    Malgré un parcellaire extrêmement serré, les maisons ne sont pas nécessairement mitoyennes ; le cadastre ancien fait état des dispositions d´origine où la distance entre les murs gouttereaux ne dépasse guère 10 ou 20 cm. Ceci est encore visible, notamment sur l´alignement formé par quatre maisons situées entre le 44 et le 50, rue du Général de Gaulle. Lorsque cet espace est plus large (3, place des Résistants et Fusillés ou impasse des Jardins), il autorise l´accès aux cours et jardins, sans pourtant aboutir à un maillage de chemins. Ce système de corps de passage continue à être adapté pour les maisons reconstruites dans la seconde moitié du 19e siècle dans la partie ouest de la rue principale (rue du Général de Gaulle).

    Le parcellaire dans la partie sud de la place des Halles et le long de la rue de Rosnoën est plus large, dénotant une emprise foncière plus tardive qui a permis le développement de façades plus larges, ce qui a entraîné des morphologies de maisons différentes.

    Pour la quasi totalité des maisons en front de parcelle, les élévations principales donnent directement sur la rue, tant pour les parcelles étroites que pour les parcelles larges. Une seule maison, conçue dans la perspective d´un élargissement non réalisé, se situe en retrait par rapport à la rue (40, rue du Général de Gaulle). Quelques maisons d´angle présentent deux façades sur rue, avec toutefois un traitement prioritaire pour une d´elle - 6, rue du Général de Gaulle, 2, rue de la Rive ou encore 2, place des Résistants et Fusillés.

    2. Composition d´ensemble

    Liés à la structure parcellaire, on peut distinguer deux types d´emprise au sol. Pour les maisons construites sur des « parcelles étroites » issues de la première occupation des terrains, la faible largeur sur rue est compensée par une profondeur marquée ; c´est le cas pour la majorité des maisons du Faou. Les « parcelles larges » se situent à la périphérie du noyau ancien ou correspondent à un comblement tardif des vides. Dans les deux cas, les entrées se font directement à partir de la rue ou de la place, le rez-de-chaussée servant, dans la plupart des cas, de boutique avec étal. Quelques maisons d´angle disposent, en plus, d´un accès latéral - 6 et 50, rue du Général de Gaulle ou 1, place des Résistants et Fusillés.

    3. Matériaux et mise en oeuvre

    Le tableau de recensement fait apparaître avec force les caractéristiques du bâti tardif, donc numériquement sur-représenté. Ainsi, presque la moitié des maisons a une façade en moellon enduit. Le chiffre élevé s´explique par la densité de maisons construites entre 1850 et 1914, époque à laquelle l´enduit était la règle. Or, les maisons les plus anciennes ne sont pas concernées par ce traitement des façades.

    Des matériaux très variés et des mises en oeuvre remarquables confèrent à l´habitat urbain du Faou un aspect à la fois original et nuancé qui résulte aussi de la richesse et de la variété géologiques locales et d´une mise en oeuvre habile.

    Trois matériaux se dégagent avec force : la kersantite, la microdiorite de Logonna et le bois (caché par l´essentage d´ardoise).

    Les carrières proches dont le rayonnement dépasse largement le territoire étudié ainsi que la proximité du massif forestier du Cranou en facilitaient le transport et l´usage. L´emploi du granite, roche non locale importée de la région de Locronan, est secondaire, sauf pour l´encadrement des baies des constructions postérieures à 1850. Le granite est également utilisé, sous forme de moellon et associé au schiste, pour les élévations secondaires ou les façades enduites.

    Les importantes carrières de kersantite, situées à L´Hôpital-Camfrout au lieu-dit de Kersanton, fournissaient depuis le 15e siècle une belle pierre de teinte grise foncée facile à travailler. Un autre gisement de kersantite à grain moins fin et de teinte plus claire, existait à l´ouest du Faou, au bord de la rivière, au lieu-dit les Salles en Rosnoën ; il fut exploité, dans des proportions plus modestes, jusqu´à la fin du 18e siècle.

    La forte présence d´une pierre de couleur dorée, légèrement rousse et parfois mordorée, la microdiorite, confère aux édifices de la ville un aspect inhabituel. Transporté par mer comme la kersantite, il a été largement utilisé depuis l´ouverture, au début du 16e siècle, des carrières de Rosmorduc en Logonna-Daoulas. Ceci conforte le constat qu´aucune maison actuellement conservée et construite (entièrement ou en partie) en microdiorite est antérieure à cette date.

    Les deux matériaux ont souvent, et simultanément, été mis en oeuvre à des fins esthétiques évidentes, mettant en valeur leurs teintes contrastées ; c´est le cas au 8, rue de la Rive ou encore au 11, rue du Général de Gaulle.

    Chronologiquement, la kersantite est présente dans l´ensemble des constructions, mais son emploi est généralement réservé à l´encadrement des portes et fenêtres ou encore, puisqu´elle se prête parfaitement à la sculpture, aux armoiries et marques de marchands, par exemple aux 5 et 21, place des Résistants et Fusillés. Quelque peu délaissée entre la fin du 17e et le milieu du 19e siècle, la kersantite réapparaît dans la seconde moitié du 19e siècle, employée surtout pour l´encadrement des baies et les chaînes d´angle. Deux maisons seulement ont été entièrement construites, vers 1865, en grand appareil de pierre de taille (31 et 40, rue du Général de Gaulle).

    Traitée également avec un grand soin de mise en oeuvre (18, rue de la Grève, datée 1688), la microdiorite de Logonna est présente dans quelques maisons qui comptent parmis les plus intéressantes (21, place des Résistants et de Fusillés, 1, place aux Cendres). Les élévations y sont entièrement construites en pierre de taille.

    Un des aspects de l´habitat urbain du Faou n´a pas été, par le passé, suffisamment mis en évidence. Toutes les façades des maisons les plus anciennes en front de parcelles et à pignon sur rue n'étaient pas construites en pan de bois avec essentage d´ardoise. Les documents anciens, surtout les photographies de la fin du 19e siècle, font état d´une série de maisons aujourd´hui disparues dont le pignon sur rue, souvent découvert et à crossettes, était entièrement construit en pierre, surtout dans le quartier Saint-Joseph (voir dossier VILLE). Une seule façade de ce type et datée 1692 subsiste au 8, place Saint-Joseph. Une autre maison de la même époque, mais n´ayant pas pignon sur rue, existe au 16, rue du Général de Gaulle.

    Le pan de bois

    Lorsqu'il y a une mise en oeuvre du pan de bois, seule la partie supérieure de la façade est traitée ainsi ; flanquée de murs gouttereaux en pierre et en encorbellement, elle repose sur un premier niveau en maçonnerie. En témoignent les documents anciens (voir dossier VILLE) qui reflètent ces parties avant les modifications récentes. Des dispositions anciennes sont encore relativement intactes aux 44 et 50, rue du Général de Gaulle ainsi qu'au 11, place des Résistants et Fusillés.

    Les encorbellements sur solives, souvent modifiés aux cours des siècles, semblent être plus accentués dans les constructions les plus anciennes remontant au milieu ou à la seconde moitié du 16e siècle (6, rue du Général de Gaulle, 1, 5 et 11, place des Résistants et Fusillés.) D'après des photographies anciennes, l'encorbellement était généralement plus faible pour quelques maisons (aujourd'hui défigurées) à parcelles larges situées le long de la rue principale ; un bel exemple du 17e siècle subsiste néanmoins au 21, place des Résistants et Fusillés.

    Aucune façade se présente actuellement avec un pan de bois apparent. Or, l'essentage d'ardoise ne remonte pas à l'origine de la construction mais correspond à une manière de faire plus tardive, elle-même liée aux contraintes de conservation, le bois étant exposé aux intempéries du climat maritime.

    Quelques observations confirment l'hypothèse selon laquelle la mise en place d'un revêtement d'ardoises sur la paroi verticale cachant le bois est un procédé apparu, comme ailleurs en Bretagne, au 18e siècle et s´est généralisé au 19e siècle. Ainsi, pour la partie supérieure de la maison située au 1, place des Résistants et Fusillés, on note l'absence d'un lattis de hourdis indispensable à la fixation des ardoises ; une gravure de 1846 montre un pan de bois apparent et largement protégé par une série d'aisseliers portant un auvent. Dans cette même maison, en travaux lors du recensement, la mise à nu du pan de bois (à l'intérieur) ainsi que la mise en oeuvre des décharges en croix-de-Saint-André confortent, au regard de la gravure, l'hypothèse de l'existence d'un pan de bois apparent sur toute la façade. De même, au 5, place des Résistants et Fusillés et 6, rue de la Rive (dossier), les toits à fermes débordantes et aisseliers courbes coiffés respectivement d'une demi-croupe et d'un auvent à croupe ronde, plaident en faveur d'un pan de bois apparent qui semble ainsi avoir été suffisamment protégé contre l'humidité et le ruissellement des eaux pluviales.

    Créant un effet de décor, l'ardoise est parfois posée en frise en pointe ou en écaille, voir en trèfle (21, place des Résistants et Fusillés). Les documents anciens prouvent que ce procédé qui a pu être observé, pour les toitures, dans quelques maisons rurales des environs (Pont-de-Buis-lès-Quimer'ch, Goazanou, daté 1837), était fort répandu pour l'essentage des maisons urbaines avant de tomber progressivement en désuétude.

    4. Structure et élévations

    La structure de la maison urbaine du Faou dépend de la forme parcellaire qui définit deux types d'édifices, le TYPE 1 correspondant à la parcelle étroite et le TYPE 2 correspondant à la parcelle large.

    Des 11 maisons retenues pour étude, 8 correspondent à la première catégorie qui est largement majoritaire.

    A la parcelle étroite correspondent les constructions les plus anciennes qui s´alignent essentiellement le long de l´artère principale. Lors des reconstructions de la seconde moitié du 19e siècle, deux parcelles étroites ont parfois fusionnées en une seule ; ainsi, la quasi totalité des élévations issues de cette occupation du sol développent une façade en largeur.

    On constate l´absence de maisons sans étage dans le centre du village. Une très large majorité, environ 86% des maisons recensées, toutes époques confondues, ont un étage carré. Les seules exceptions sont trois maisons construites tardivement sur l´emplacement d´édifices détruits lors de l´élargissement de la route (21, 29 et 31, rue du Général de Gaulle) ; avec leurs boutiques et corps de passage au rez-de-chaussée et appartements occupant les deux étages, elles s´apparentent aux immeubles de rapport, tout comme l´immeuble situé au 15, rue de la Rive, apparemment lié à l´activité portuaire (entrepôt et logements). Quant à la maison hors gabarit située au 3, place des Résistants et Fusillés, elle n´a été que tardivement, vers 1900, rehaussée d´un étage supplémentaire.

    On note une quasi absence de décor figuré. Au 1, place des Résistants et Fusillés, sur la sablière du rez-de-chaussée sont représentés des personnages en relief saillant alors qu´une frise d´entrelacs orne celle de l´étage.

    Au 6, rue de la Rive, un mur latéral en encorbellement porte une pierre sculptée figurant des animaux.

    5. Couvertures

    La quasi totalité des maisons est pourvue de toitures à longs pans. En cas de façade en pan de bois à pignon sur rue, les toits à fermes légèrement débordantes et parfois à aisseliers courbes ou sous-arbalétriers, sont pourvus d´un essentage d´ardoise. Vu l´ampleur des modifications, il est difficile de dégager une typologie de ces pignons qui remontent, pour l´essentiel, à la seconde moitié du 16e siècle.

    Les toits à croupe brisée qui permettent l´aménagement d´un espace habitable supplémentaire au niveau des combles, apparaissent au 17e siècle, par exemple au 5, place Saint-Joseph ; ils existent aussi dans quelques maisons reconstruites peu après le plan d´alignement de 1764 (18 et 39, rue du Général de Gaulle), plus rarement à la fin du 19e siècle (15, rue de Général de Gaulle).

    En ce qui concerne les charpentes, les difficultés d´accès et les remaniements successifs n´ont pas permis de recueillir des informations pertinentes. Au 39, rue du Général de Gaulle, la charpente (toit brisée, seconde moitié 18e siècle), est d´un type courant : les jambes-de-force, reposant sur l´entrait formant plancher, portent l´entrait supérieur, renforcé par des aisseliers, poinçons et jambettes, suite à la restauration, sont actuellement apparents. Au 21, place des Résistants et Fusillés, construit au 17e siècle, la jonction de trois corps de bâtiments, logis, aile de retour et tour d´escalier, fait apparaître un système de charpente complexe et modifié. On y distingue pourtant encore la disposition d´origine : la tour d´escalier, initialement indépendante et probablement coiffée d´un toit en pavillon, a été ultérieurement, probablement au 18e siècle, englobée sous un seul versant de toit. C´est aussi la seule maison du Faou qui abrite, au dessus de la cage d´escalier, une pièce habitable avec cheminée.

    Suivant une information orale, la charpente de la maison située au 1, place des Cendres (1764) conserverait sa charpente d´origine en bois d´orme ce qui est exceptionnel dans une région où l´emploi de chêne ou de châtaignier est la règle.

    6. Distribution intérieure

    La distribution est intimement liée à la structure du plan, lui-même issu des deux types définis plus haut.

    TYPE 1 (parcelle étroite)

    L´espace intérieur se divise, en fonction d´une surface plus ou moins profonde, en deux ou trois pièces par niveau. Aucune maison ne possède une cave. Au rez-de-chaussée, la partie sur rue était souvent réservée à l´usage commercial. Même si aucun escalier d´origine ne subsiste, certaines traces archéologiques permettent de situer leur emplacement, généralement au centre du mur gouttereau et dans-oeuvre. Il s´agissait de vis en bois de faible envergure desservant l´étage et donnant accès à deux ou trois pièces d´habitation. L´emplacement hors oeuvre sur façade latérale semble avoir été exceptionnel car il supposait la non-mitoyenneté d´un côté. Un tel escalier a du exister au 50, rue du Général de Gaulle ; les traces d´arrachement, les baies bouchées et le cadastre ancien en témoignent.

    La maison située au 44, rue du Général de Gaulle, connue pour avoir servi de relais de poste, conserve des éléments précieux puisque disparus ailleurs : la cheminée monumentale et l´évier surmonté d´une armoire murale au rez-de-chaussée et trois pièces à feu à l´origine séparées par des cloisons en bois à l´étage. Des distributions analogues devaient exister au 1, place des Résistants et Fusillés ainsi qu´au 50, rue du Général de Gaulle. Les surfaces habitables varient globalement entre 60 et 90 m2, les combles à usage de grenier exclus.

    TYPE 2 (parcelle large)

    Si cette forme parcellaire permet des aménagements intérieurs plus diversifiés et moins contraignants que la précédente, sa fréquence plus faible et la non-représentativité des configurations rencontrées ne permettent pas de généraliser les observations faites à partir des rares exemples retenus qui sont, en fait, des unicums. La maison située au 21, place des Résistants ou Fusillés présente un plan assez élaboré avec couloir central et quatre pièces par niveau ; l´étage est desservi par un escalier à volées droites en pierre, le seul de ce type conservé au Faou (17e siècle). L´originalité de la maison située au 2, rue de Rosnoën réside non seulement dans le double accès et l´aménagement d´une écurie dans l´aile sur cour, mais aussi dans la conservation d´un escalier en vis en bois (16e siècle).

    Pour les maisons construites à partir du milieu du 19e siècle, les distributions se font à partir d´un couloir central qui donne accès à l´escalier tournant et dessert deux ou quatre pièces par niveau ; c´est, par exemple, le cas au 40, rue du Général de Gaulle.

    III. NOTE DE SYNTHÈSE

    L´étude des maisons du Faou, à cause de l´état souvent altéré des témoins subsistants, ne peut que livrer des résultats partiels et nécessairement limités ; malgré ces réserves, les particularités de ces maisons s´inscrivent dans l´évolution et la morphologie générales de l´habitat des petites villes ou bourgs de la région.

    Parmi une centaine de maisons recensées, 11 ont fait l´objet d´un dossier individuel, sans y intégrer toutes les maisons protégées au titre des Monuments Historiques dont certaines s´avéraient être trop dénaturées.

    Parmi les édifices retenus pour étude, la majorité a été construite entre 1550 et 1700, à une période qui correspond à l´essor du village. Le choix s´est délibérément porté sur les témoins les plus anciens, et cela pour deux raisons : ils contribuent massivement et prioritairement à l´originalité du tissu urbain et ils étaient et sont, hier comme aujourd´hui, particulièrement fragilisés. Une documentation iconographique assez riche et diversifiée (plan d´alignement de 1764, dessin des années 1776, aménagement portuaire du 19e siècle, cadastre de 1845, photographies depuis les années 1880) indique l´ampleur des interventions irréversibles ou peu respectueuses des qualités intrinsèques du bâti.

    Comme pour l´ensemble des villages anciens de Bretagne, les fortes périodes de constructions (les 16e et 17e siècles, puis entre 1850 et 1914) se confirment au Faou, tout comme les ralentissements notables, surtout tout au long du 18e siècle et durant la première moitié du 19e siècle.

    Les travaux routiers du 18e siècle et surtout l´élargissement de la rue principale à partir de 1860 sont à l´origine de la défiguration ou la disparition d´au moins une vingtaine de maisons anciennes dont la plupart avait une façade en pan de bois ; au regard d´une agglomération aux dimensions modestes, cette densité de maisons en pan de bois est remarquable.

    Quant au recouvrement tardif et généralisé des pans de bois par les essentages d´ardoises, il occulte probablement l´aspect d´origine de cette mise en oeuvre où le bois en façade, comme les découvertes récentes l´ont démontré, pouvait être coloré.

    Un autre résultat inattendu résulte du fait de trouver, dans le quartier Saint-Joseph, quelques rares édifices du 17e siècle qui, fidèles à l´héritage du passé, conservent une structure de façade à pignon sur rue, mais délaissent le pan de bois au profit d´un parement en pierre de taille. Les documents anciens font défaut pour savoir si certaines maisons disparues de la grande rue avaient des aspects semblables ; de telles maisons subsistent à Quimper et à Landerneau.

    Alors que dans des villes plus grandes, les maisons urbaines comptent deux, voire trois étages habitables, les élévations dans les villes plus petites ne dépassent pas un étage carré. Ce phénomène qui s´observe aussi à Josselin et dans le Trégor (Lanvollon, Paimpol, La Roche-Derrien), est récurrent au Faou.

    Une des caractéristiques tangibles et immédiatement perceptibles de l´habitat urbain du Faou est la spécificité des matériaux utilisés, notamment la microdiorite de Logonna dont la teinte dorée s´oppose d´une manière assez spectaculaire au gris foncé de la kersantite.

    Quant à la morphologie des maisons, la parcelle large (type 2) peut engendrer de nombreuses variantes au niveau des plans et des distributions intérieures ; à cela s´ajoute non seulement la rareté des témoins observés au Faou mais aussi la difficulté d´affiner une typologie et une manière de construire qui dénotent une parenté évidente avec l´habitat rural, notamment le logis de ferme ou de petit manoir. Par contre, le plan et la distribution des maisons élevées sur un fond foncier extrêmement serré (type 1), parcellaire urbain par excellence et absent en milieu rural, ne diffèrent pas des cas observés dans la région.