Logo ={0} - Retour à l'accueil

Maison, 21 place de la Libération (Vannes)

Dossier IA56005923 réalisé en 2007

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • écurie
    • jardin
    • enclos
    • portail
    • puits
Parties constituantes non étudiéesécurie, jardin, enclos, portail, puits
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonVannes
AdresseCommune : Vannes
Adresse : 21 place de la
Libération
Cadastre : 1844 K 132 ; 1980 CV 93

Avant 1860, la parcelle est un grand jardin appartenant au sieur Amédée Thubé, officier des subsistances militaires. Il le fait enclôre de murs et y planter des arbres dont certains subistent encore aujourd'hui. Or, en 1850, un nouveau projet d'alignement de la route d'Auray par l'ingénieur des Ponts et Chaussées de la Tournaie prévoit l'aliénation de 4 mètres de la propriété afin de planter sur le trottoir, une rangée d´arbres à la distance de 3m des propriétés voisines. Suite à la protestation de M.Thubé, ainsi que celle de son voisin, M. Caradec dont le pavillon est menacé, ce projet n'aboutit pas : ceci explique le rétrécissement actuel du départ de l'avenue Roosevelt côté sud et l'absence d'arbres. Par la suite, la parcelle est vendue par Amédé Thubé à Louis Léon de Treveret, receveur des contributions indirectes à Plouaret qui selon les matrices cadastrales fait construire sa maison en 1860, peut-être sur des plans de l'architecte Marius Charier. La maison figure sur le plan Bassac dressé en 1869. Les matrices cadastrales indiquent que la maison est imposée sur 31 portes et fenêtres. Dépendances et puits sont contemporains de la maison. Le pavillon d'entrée, édifié vers 1900 en bordure de place, est rattaché aujourd'hui de la maison voisine.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates1860, daté par source
Auteur(s)Auteur : Charier Marius architecte (?), attribution par analyse stylistique
Personnalité : Léon de Treveret Louis commanditaire attribution par source
Personnalité : La Haye de Silz de propriétaire attribution par source

La maison occupe le centre de la parcelle dans un jardin environnant clos de murs et planté de grands arbres dont certains remontent aux plantations effectuées par le propriétaire A. Thubé. De plan rectangulaire, la maison est double en profondeur. Elle possède un sous-sol comprenant les cuisines avec accès extérieur, un étage carré et un étage de comble percé de lucarnes. Le soubassement de la maison est en pierre de taille de granite. Les façades sont enduites. La façade sur rue est encadrée par des pilastres d'angle en calcaire. Les encadrements des ouvertures et la corniche sont en calcaire. Les entablements avec larmiers et consoles forment un décor de qualité, très soigné d'inspiration néogothique et néorenaissance composé de têtes d'animaux, de coquilles, de fleurs, de fruits et de chérubins et en travée centrale du symbole AM et d'une croix. Les ouvertures au rez-de chaussée sont séparées par des niches et à l'étage par des croix d'inspiration néogothique.

Mursgranite
calcaire
enduit
Toitardoise
Étagessous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
noue
pignon couvert
Escaliers
escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
Typologiesen retrait de rue, jardin environnant, maison de plan rectangulaire, double en profondeur, cheminée-fenêtre
Techniquessculpture
ferronnerie
Précision représentations

Encadrement des ouvertures de la façade sur rue en pierre calcaire sculptée de têtes d'animaux, de coquilles, de décor végétal, de fruits et de chérubins. Eléments de décors sculptés apposés sur la façade entre les fenêtres. Les fenêtres percées dans les conduits de cheminée au niveau du comble sont bordées d'un balcon en ferronnerie.

Par sa situation place de la Libération en face de la caserne de la gendarmerie, son implantation au centre de la parcelle, sa qualité en particulier dans le soin apporté au traitement de ses façades et ouvertures, cette très belle maison participe au caractère monumental de la place. Elle est à rapprocher de l'hôtel Caro 3 place Joffre et du 8 place Gambetta, tous deux construits sur les plans de Marius Charier.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Alignements de la RN 165, 1820-1880

    AD Morbihan. S 245. Alignements de la RN 165. 1820-1880.

    1850 Projet de rectification de la RN 165 de Nantes à Audierne à la sortie de la ville de Vannes près du champ de foire. (fig. 2288 à 2306, cadastre 063, 4047 à 4053)

    Plan du 11 juillet 1850 dressé par M. de la Tournaie, ingénieur des Ponts. (sur ce plan figure rue Hoche une maison avec des escaliers extérieurs pour laquelle plus tard on demandera un nouvel alignement) La commission d´enquête adopte le projet le 30 août 1850. Outre le prolongement des plantations déjà effectuées sur le RN 165, jusqu´au Champ de foire, le projet prévoit le nivellement du Champ de foire et le déblaiement des terres

    9 Août 1850. Lettre de Mr Taslé notaire pour son client Mr Thubé (qui doit se rendre au nouveau poste qu´il a au ministère de la guerre et confie ses intérêts au notaire Taslé) « le plan actuellement en vigueur donne à la route une largeur de 10m ; le nouveau projet donne à cette route une largeur de 16, 80M ; mais effrayé par de cette largeur démesurée, l´auteur du projet ne consacre à la circulation des voitures et des animaux que 8,80M., soit 1, 80 de moins que le tracé actuel et les 8 m. excédents sont destinés par lui à la partie ornementale de la route, c´est-à-dire à la création de deux trottoirs plantés de 4m chacun. N´est-il pas évident que cette disproportion entre la chaussée et les trottoirs n´est aucunement commandée par les besoins de la circulation et qu´elle n´a pour but que de donner un caractère grandiose à l´entrée de la ville dans cette partie... »

    Mr Thubé observe que bien qu´enfant de la ville, il ne voit pas pourquoi on lui imposerait « le sacrifice de sa propriété dans un but d´embellissement, que d'ailleurs les travaux de cette nature incombent exclusivement aux communes qui doivent en profiter et non à l'Etat dont la mission se borne à assurer la circulation sur les routes nationales.

    Mr l´ingénieur en chef propose de planter sur les trottoirs une rangée d´arbres à la distance de 3m des propriétés voisines. C´est là un embellissement complètement inutile pour la sûreté des voyageurs, notamment des piétons et très nuisibles pour les jardins voisins (..)

    Si l'auteur du projet avait été réellement convaincu qu'une largeur de 10 mètres était insuffisante, il pouvait facilement et sans imposer un sacrifice trop lourd aux riverains consacrer 8,80 m. à la chaussée et établir de chaque côté un trottoir d'1 mètre à 1 mètre 50 centimètres ; la largeur totale eut été de 11 mètres quatre vingt centimètres au maximum ; et en réduisant ainsi le sacrifice exigé des propriétés voisines, il eut assuré la circulation en ménageant à la fois les intérêts des particuliers et ceux du Trésor que le projet condamne à payer de lourdes indemnités...

    A l´époque où (Mr Thubé) fit l´acquisition de son jardin, il prit connaissance du plan d´alignement et dans la confiance que ce plan était définitif, il disposa la distribution et la plantation de sa propriété de telle sorte que le mur qui borde la grand-route venant à tomber, il put le relever sur le tracé déterminé par le plan actuel sans détruire les plantations ni la régularité de son jardin ».

    Lettre de M. Caradec, autre riverain, du 9 Août 1851.

    "Le soussigné, propriétaire d´un jardin avec une maison et un pavillon occupés par la veuve Georges et situés dans la traverse de Vannes à l´extrémité de rue d´Auray a l´honneur de joindre ses réclamations à celles de M. Thubé. Le pavillon qu´il est sur le point de perdre et qui fait le principal ornement de son jardin a été construit par son père sur l´alignement qui lui fut donné et qui est encore en vigueur. Il est éclairé par une croisée sur ses quatre faces, et si M. Caradec en faisait rebâtir un nouveau après l´expropriation, il devrait renoncer à pratiquer une ouverture au midi car une croisée dans cette direction donnerait nécessairement une vue droite sur une propriété particulière ce qui lui est interdit par la loi. Cette prohibition serait pour sa propriété une cause de grande dépréciation.

    Quelque soit le préjudice qui résulterait pour lui des innovations projetées, M. Caradec s´y résignerait sans sourciller si l´utilité publique était évidente. Mais il ne saurait reconnaître ce caractère dans des travaux purement de luxe, qui seraient avantageusement remplacés par des travaux beaucoup plus urgents sur nos routes nationales et même sur plusieurs points de la traverse dans l´intérieur de cette ville. La dépense alors deviendrait presque en entier profitable à la classe ouvrière, tandis qu´elle serait en grande partie employée en règlements d´indemnités si elle avait pour objet l´exécution d´une splendide avenue à l´entrée de la route d´Auray. (etc...)

    Vannes le 9 Août 1851. Signé Caradec".

  • Sources iconographiques

    20085605909NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 P 297/51.

    19985600195X : Archives municipales de Vannes

    20045605344NUCB : Archives municipales de Vannes, 9 Fi.

    20075601176NUCA : Archives départementales du Morbihan, S245.

    20045605159NUCB : Archives municipales de Vannes, 9 Fi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. M. Vannes. 1G59. Cadastre de 1844 répertoires.

    Archives municipales de Vannes : 1G59
  • A. D. Morbihan S 245. Alignements Vannes. 1820-1880.

    Archives départementales du Morbihan : S 245
Bibliographie
  • LAINE Claire, TOSCER Catherine. Vannes quartiers ouest. Edition ville de Vannes ; Animation du patrimoine. 2008.

    p. 18