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Maison troglodyte de Zantig, Île aux Lapins (Trégastel)

Dossier IA22007364 réalisé en 2006
Dénominations maison rustique, abri sous roche
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
Adresse Commune : Trégastel
Lieu-dit : Île aux Lapins

L'abri de Zantig, sorte de maison sous un rocher, située sur la partie sud de l'île aux Lapins, a été construit au cours du 2ème quart du 20ème siècle par cet homme marginal, nommé "Zantig", (Alexandre Marie Lefebvre (1893-1968), dont la popularité nous a été transmise par différents témoignages, dont celui de Jean-Pol Orveillon et de Sylven Gourvil.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle

L'abri ou maison "troglodyte" de Zantig, s'appuie sur et sous un chaos granitique ; il est réalisé avec 3 murs, constitué de moellons de granite, de briques et de parpaings en ciment, maçonnés, avec une seule ouverture (fenêtre) et une porte d'entrée (huisseries en bois). Le coffrage pour le toit est en ciment. La couverture et la toiture sont formés par le bloc de rocher. L'ensemble occupait une surface de 12 m2, située sur la face sud du rocher. L'abri de Zantig en sol battu comportait comme mobilier : deux bancs, une table, un lit, un fourneau à 3 pieds.

Murs brique
moellon
parpaing de béton
États conservations désaffecté, vestiges
Techniques maçonnerie
Mesures l : 400.0
la : 300.0
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • L'histoire de Zantig Selon le témoignage oral de Sylven Gourvil

    L'histoire de Zantig Selon le témoignage oral de Sylven Gourvil.

    Celui qui fut appelé "Zantig" s'appelait en réalité Alexandre Marie Lefebvre, né au Havre le 24 mars 1893 de Marie Perrine Ropars, sa mère (originaire de Cavan) et son père Eugène Maximilien Lefebvre, marin de profession. Les enfants Lefebvre ont ensuite été élevés par le second mari de Mary Perrine, Michel Kradtzoff, d'origine russe, vivant à Pleumeur-Bodou. Il y a eu 4 enfants de cette union. L'un de ses frères était marin-pêcheur, un peu braconnier à Pleumeur-Bodou. Il fut à plus son jeune âge confié à une nourrice, habitant Trégastel. Il ne fut pas scolarisé et commença à travailler dès l'âge de 13 ans comme maçon, avant de s'engager à l'âge de18 ans dans la Légion étrangère. De cette expérience (affecté dans un bataillon disciplinaire), il conserva un tatouage intégral sur le corps ("le roi Barca" : le paon et le serpent). L'histoire et la renommée de "Zantig" sont davantage connues à partir du moment où il a habité une sorte de "maison troglodyte" sur l'Île aux Lapins (encore appelée "l'Île aux Croix, en référence à un naufrage), face à la Grève Blanche, entre les deux guerres. Zantig y avait construit un abri maçonné sous un rocher vers 1930, une sorte d'habitation, qui fut bientôt appelée et connue sous le l'appellation "Le rocher à Zantig". Zantig vivait de la pêche à pied et en bateau (à bord de son canot "Les Perdreaux", 4, 50 m, peint au coaltar), pêche qu'il vendait aux touristes et à la population locale. Ses états de service retrouvés auprès de l'ENIM, précisent qu'il recevait une pension de matelot de 6ème catégorie, pour une navigation côtière de 1929 à 1942.

    Il utilisait un va-et-vient pour relier l'île à la terre ferme proche. Il pratiquait aussi le petit élevage et braconnait volontiers la "sauvagine" avec un fusil à broche, datant de la guerre 1914-1918. On raconte qu'un coq blanc gardait son île en son absence. Il fut cependant chassé pendant la seconde guerre mondiale et dut se réfugier dans une maison abandonnée de la Grève Blanche. Il avait peu d'amis sauf celui que l'on appelait du surnom de "Loutre", qui vivait lui même dans un blockhaus, comme d'autres marginaux, le père Adam (qui habitait l'abri sous roches du "Père Eternel", Jean-Marie Even. Son décès survenu en 1968, fut aussi l'objet d'interprétations différentes : pour les uns, il serait décédé d'une pneumonie ; on l'aurait trouvé déshabillé et rasé de près sur son lit ; son corps fut transporté à l'église avec les honneurs d'un ancien combattant, et fut inhumé au cimetière ; pour les autres, la version diffère, décédé dans sa crèche, il aurait été transporté par les "gwénojen", sortes de lutins et enterré au cimetière de Trégastel.

    Zantig termina sa vie hors de son île auprès d'une femme qui habitait "Run Ruz" (maison de Ch. Le Goffic).

    Cependant, Zantig exerçait et exerce encore aujourd'hui une sorte de séduction et de fascination pour un personnage "en marge", très populaire, quoiqu'effrayant, à cause de l'ambiguïté de sa personnalité (sarcastique avec les "touristes", séducteur auprès des femmes (qu'il faisait passer dans sa barque sur son île), de ses extravagances ou de son excentricité. Zantig écrivait, chantait, exprimait ses idées avec un rire effrayant. Il fut autant diabolisé que redouté et estimé, peut-être à cause du fait qu'il représentait dans l'imaginaire local, un personnage "libre" de paroles et d'actes, vivant une forme d'insularité sauvage "rêvée", "fantasmée". D'autre part, on peut oser l'interprétation suivante : Zantig représentait juste après guerre et les bouleversements de la modernité sur un littoral peu aménagé, une forme de résistance et de provocation au changement et au "tout tourisme", une référence à une pluri-activité littorale vivrière, qui s'opposait à la recomposition sociale et professionnelle (sociologique) de la société littorale, à sa reconversion inéluctable. En effet, on peut retrouver la figure de ce type de personnage, qui a pu alimenter la littérature orale locale, sur d'autres littoraux armoricains.

    Zantig fit même éditer des cartes postales auprès des éditions Waron et Vallée de Trégastel, dans la collection "la Bretagne pittoresque", le représentant dans ses différentes attitudes et pratiques vers 1933, se jouant ainsi du regard des autres et mettant en scène son personnage et sa "représentation", en participant de la construction de sa "légende" et de sa popularité.

    La "légende" de Zantig a été racontée dans le film "Le Comptoir de Marie" sur Trégastel, et a fait le sujet du spectacle théâtral "Celui qui voulait voir passer Zantig", de l'association trégastelloise "Trégor, Jeunes Animations" et de la Cie de théâtre amateur "Une vie de chien", présenté au Centre des Congrès et de la Culture de Trégastel en mai 2002. Cette animation fut réalisée à l'initiative de Sylven Gourvil, professeur de Français, passionnée par l'histoire de ce personnage. La chanson de Zantig fut écrite et interprétée pour cette occasion par Norbert Guéguen. Les gens du pays disaient de Zantig "il faisait partie de notre vie". Nous avons pu vérifier auprès des anciens mais aussi des plus jeunes "trégastellois" la justesse et la continuité de cette affirmation.

  • 20072205761NUCB : Collection particulière)

    20072205762NUCB : Collection particulière

    20072205763NUCB : Collection particulière

    20072205764NUCB : Collection particulière

    20072205765NUCB : Collection particulière

    20072205766NUCB : Collection particulière

    20072205767NUCB : Collection particulière

    20072205768NUCB : Collection particulière

    20072205772NUCB : Collection particulière

    20072205769NUCB : Collection particulière)

    20072205770NUCB : Collection particulière

    20072205771NUCB : Collection particulière