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Maison, 11 place des Lices (Vannes)

Dossier IA56006772 inclus dans Place des Lices, anciennement place Réunion réalisé en 2010

Fiche

Maison qui reste difficile à attribuer malgré les recherches effectuées. Les maisons construites dans le bas des "Lisses" sont difficiles à situer d'après la déclaration et le dénombrement des propriétaires, établis en 1677. Albert Dégez classe la façade de cette maison dans le type III dit gothique (milieu 15e siècle).

La disposition du terrain en fort contrebas sur la place du Poids public au sud contribue à une distribution complexe.

Parties constituantes non étudiées boutique
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Vannes
Adresse Commune : Vannes
Adresse : 11 place des Lices
Cadastre : 1807 I3 1122 ; 1844 K8 1896, 1889 ; 1980 BS 69, 70

Maison construite vraisemblablement dans la deuxième moitié du 15e siècle et signalée dans le rentier de 1455 comme appartenant à Regnault Desboys. Elle est mentionnée dans un document d'archives de 1677 qui l'attribue à noble homme François Jacques le Quinio, sieur de Kerdavy. Le procès-verbal dressé en 1781 pour la maison voisine (n°13) appartenant au sieur de Montigny attribue à Sévère Le Mintier la propriété de celle-ci. Le plan d'un projet d'alignement pour régulariser la place de la Réunion dressé en 1807 signale à cet emplacement le nom de Larsillon. Les matrices cadastrales de 1844 attribuent à Tilleman de l'Isle la propriété de l'édifice ; ce dernier est aussi propriétaire d'une maison place du Poids Public.

L'inscription de la tour d'escalier en 1931 sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques mentionne monsieur Ruault propriétaire qui, domicilié à Ploermel, possède aussi la maison ancienne située rue Noé (parcelle K8 1889) avant sa reconstruction.

La façade sur rue montre des transformations importantes effectuées au 19e siècle : avancement du rez-de-chaussée de la maison sur la place mis à l'aplomb sans doute de l'encorbellement du premier étage, déplacement de la porte d'entrée vers la tour d'escalier et transformation de l'entrée d'origine en fenêtre, agrandissement des ouvertures, suppression de l'encorbellement et modification du pan de bois. L'encorbellement est encore en place mais essenté d'ardoise en façade postérieure. On distingue également sur la façade postérieure les vestiges d'une petite avancée latérale disparue pouvant correspondre aux anciennes latrines. Sans doute construite à l'origine sur une parcelle traversante entre la place des Lices et la place du poids public avec une cave en contrebas qui ouvre sur cette dernière, la maison montre au niveau de la cave des transformations : reprise des ouvertures et élévation d'un mur divisant la partie en retour de la cave. La maison a été désenduite. L'essentage en ardoise du dernier étage qui est non daté n'est pas encore en place sur les cartes postales les plus anciennes.

Période(s) Principale : 15e siècle
Secondaire : 18e siècle
Auteur(s) Personnalité : Desboys Regnault, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Le Quinio François Jacques, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Larsillon, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Ruault, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Le Mintier Sévère, propriétaire, (?), attribution par source

Maison construite en alignement de rue mais en dénivellation ou en contrebas de la place du Poids Public pour ses parties postérieures. De plan massé simple en profondeur avec un retour sur l'arrière en appentis, elle montre 2 étages carrés sur sous-sol desservis par une tour d'escalier en vis en maçonnerie demi hors-oeuvre couronnée d'un dôme rectangulaire essenté d'ardoises et éclairée par des jours. C'est une maison qui montre actuellement le deuxième étage en pan de bois avec brins de fougères. La façade laisse apparaître entre les deux sablières (basse et haute) les abouts de solives de l'encorbellement d'origine. Le soubassement est en pierre de taille de granite. La façade ne montre pas de décoration. Cependant, la restauration du rez-de-chaussée a fait apparaître la cheminée masquée et la présence d'hermines sculptées sur les corbeaux des piédroits.

Murs granite moellon
essentage d'ardoise
pan de bois
granite pierre de taille
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
dôme rectangulaire
appentis
noue
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
Typologies en retrait de rue, double en profondeur, pan de bois, brin de fougère
Techniques sculpture
Représentations animal
Précision représentations

Hermines sculptées sur les corbeaux des piédroits de la cheminée du rez-de-chaussée.

Maison qui reste difficile à attribuer malgré les recherches effectuées. Les maisons construites dans le bas des "Lisses" sont difficiles à situer d'après la déclaration et le dénombrement des propriétaires, établis en 1677 car la construction de l'hôtel de Francheville après cette date modifie le parcellaire, la disposition et la communication des maisons entre elles. Albert Dégez classe la façade de cette maison dans le type III dit gothique (milieu 15e siècle).

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection secteur sauvegardé
Protections inscrit MH
Précisions sur la protection

La tour d'escalier est inscrite sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 17 avril 1931. L'arrêté la mentionne comme "l'ancienne tour du château de l'Hermine sise place des Lices à Vannes (Morbihan)".

Annexes

  • Rentier du domaine ducal, 1455-1458

    A. D. Loire-Atlantique. B 2339. Rentier du domaine ducal à Vannes, parchemin, 1455-1458. Folio 17v.

    Item lameson que tint autreffoiz Raoul boschier et dempuis henry dequelen et Caden et tienne[n]t ap[rese]nt Regnault desboys et safe[m]me joignant dun costte alameson precedante et dautre alameson et appa[n]tiz qui furent a olive leute Et que tient ap[rese]nt guill[aum]e baud Et doit par an ausd[its] termes V s[ous].

  • Déclaration et dénombrement, 1677

    A. D. Loire-Atlantique B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement sur terres et héritages que noble homme François Jacques Le Quinio sieur de Kerdavy et de Lestay paroisse d'Ambon, possède sous le Roi notre sire sous son domaine de Vannes et Muzillac aux charges et devoirs ci après déclarée laquelle le dit sieur de Kerdavy fournit et présente au Roi devant Messire Jacques...

  • Procès-verbal, 1781

    A. D. Morbihan B 497 : 9 juillet 1781 : procès-verbal suite à la requête présentée par L´an 1781, le lundi 9 juillet, messire Marie François de Montigny chevalier seigneur de Kerisper.

    L´an 1781, le lundi 9 juillet, nous messire Charles François Le Gros sénéchal et lieutenant général de police de la ville et faubourg de Vannes savoir faisons qu´aux fins de notre ordonnance du 26 juin dernier au pied de requête à nous présentée par messire Marie François de Montigny chevalier seigneur de Kerisper nous nous sommes transportés de compagnie avec messire Pierre Toussaint Houet de Chesnevert procureur du roi au siège de police en une maison près la chapelle des Lices avons fait assigner à ces jours lieu et heure monsieur le chevalier Le Mintier de Fougères à son château de Boisnouault paroisse de Saint Sauveur des Landes pour être présent si bon lui sembloit au PV qui va être rapporté de l´état de la maison où nous sommes actuellement, de l´appentis derrière et des autres dépendances de cette maison et avant tout au serment que le Sr Jean Détaille de Keroyant ingénieur des Ponts et Chaussées de la province demeurant en cette ville, expert par nous nommé d´office par notre susdite ordonnance. Le PV aura surtout attention de donner pour assuré si oui ou non la dite maison doit servitude quelconque à celle de monsieur Le Chevalier Le Mintier à cet effet permettre au dit Sr Détaille de visiter de tous les côtés et du bas au haut les murs qui séparent les deux maisons et qu´enfin il nous plut sur les conclusions de monsieur le procureur du roi permettre au dit Sr de Montigny d´élever sa dite maison et son dit appentis au niveau ou plus haut que celle du dit Sr Le Chevalier Le Mintier et cela particulièrement afin de parer aux incendies que les cheminées de la maison du dit Sr de Montigny font craindre dans l´état actuel des choses, vu que les dites cheminées ont leurs têtes immédiatement au-dessous du feste de la maison de monsieur Le Chevalier Le Mintier, et que de ce côté-là le pignon de la maison de M. Le Chevalier Le Mintier n´est qu´en colombage couvert d´ardoises, au moins dans la partie qui s´élève au-dessus de la maison du dit Sr de Montigny et a ce dernier signé avec son procureur.

    A l´évocation est comparu Me Pierre Joachim Perret procureur de messire Sévère Le Mintier chevalier de l´ordre militaire et royal de Saint Louis habitant la maison du Sr Le Mintier son neveu et faisant comme bienveillant pour lui, lequel a demandé que l´expert nommé d´office ait à donner pour appuré que le bas du mur du pignon de la maison de M. Le Mintier côté de celle de M. de Montigny est en pierres jusqu´à la hauteur de la première saillie ou encorbellement et que la partie supérieur est en colombages couverte d´ardoises, lesquelles ardoises il est nécessaire de réparer de temps à autre et par conséquent qu´il reste de la distance nécessaire à pouvoir le faire, qu´un des greniers de la maison de mon dit Sr Le Mintier a une fenêtre dans le dit pignon côté de la maison de monsieur de Montigny et ce qui donne du jour au dit grenier que la dite fenêtre est à peu de hauteur du plancher du dit grenier que la dite fenêtre est à peu de hauteur du plancher du dit grenier, que la cuve des latrines qui est du côté de la maison de monsieur de Montigny est commune et sert aux latrines de la maison de M. Le Mintier, c´est ce qu´il est absolument essentiel d´appurer et a le dit Me Perret signé.

    Auquel a plaidé le dit Sr de Montigny répliquant par son procureur que le dit Sr Sévère Le Mintier n´ayant aucune propriété dans la maison où il demeure et n´ayant point été assigné est absolument sans qualité pour assister au présent, pourquoi le dit Sr de Montigny a demandé que sans avoir égard au plaidé du dit me Perret il soit donné défaut vers le Sr Le Mintier de Fougères et au surplus passé outre à la réception du serment du dit Sr détaille.

    De tout quoi attendu que le dit le Mintier ni procureur pour lui à l´assignation lui donnée et décerné acte de la présence de Jean Détaille lequel a prêté serment.

    Et procédant à la visite et aux appurements requis le dit Sr Détaille nous a fait voir et avons vu que la façade de la maison du levant au nord où se trouve la porte d´entrée sur la place des Lices et près la chapelle, porte de longueur 31 pieds 6 pouces hors œuvre et de largeur aussi hors œuvre 22 pieds 2 pouces et de hauteur sous couverture 24 pieds 6 pouces et de hauteur du comble 12 pieds et du faîte de cette maison jusqu´à celui de la maison voisine appartenant au dit Sr Le Mintier 15 pieds. Que la teste de la souche de la cheminée donnant au pignon de la maison du dit Sr le Mintier est élevée de deux pieds 9 pouces au dessus du feste et à la distance par le bas de six pouces et par le haut de 10 nous a fait voir et avons vu que le pignon de la dite maison est distinct et séparé de la maison du dit Sr le Mintier, que dans la partie inférieure ils se touchent sans toutefois aucune liaison et que dans la partie supérieure il se trouve un vide d´un pouce et demi, que le premier étagé de la maison du dit Sr Le Mintier est construit en maçonne et excède d´un pied la hauteur des longères de la maison du Sr Montigny.

    Montés tous de compagnie en un grenier de la maison du dit Sr le Mintier, côté de celle de monsieur de Montigny, le dit Sr Détaille nous a montré que le dit grenier est divisé en deux par un pan de bois ou colombage, que la partie du devant est éclairée par une fenêtre donnant sur les Lices et que l´autre partie séparée par le dit colombage et sous la couverture de la dite maison est éclairé par une fenêtre à verre mort obliquement pratiquée dans le colombage du pignon donnant sur le pignon du dit Sr de Montigny, le dit jour figuré en losange, élevé au-dessus de la terrasse de deux pieds, 10 pouces et portant deux pieds de hauteur sur un de largeur entre deux écharpes.

    Descendus tous de compagnie dans un appentis entre cette maison et une autre appartenante aussi au dit Sr de Montigny de son acquêt des Srs Gillot et consorts, le dit expert nous a fait voir que le dit appentis porte de face 8 pieds 6 pouces et de profondeur y compris l´épaisseur du mur de face 18 pieds que dans le fond de l´appentis se trouve une fosse d´aisance dépendant de la maison côtière, que le mur de la dite fosse d´aisance est distincte et séparée du celui qu´on nous a dit estre le mur de la fosse d´aisance de la maison du dit Sr Le Mintier et qu´il ne se trouve aucune communication entre les dites fosses d´aisance, que sur le dit appentis il existe un mur sur lequel est construit une goutière partie en ardoises et partie en plomb servant à l´écoulement des eaux de la maison du Sr de Montigny donnant sur les Lices et portant l´écoulement des dites eaux dans la cour d´une maison voisine appartenant au Sr du Guernic, et qu´au surplus la maison du dit Sr Le Mintier n´a aucun écoulement ni d´égoût d´eau sur les maisons et appentis du dit Sr de Montigny.

  • Sources iconographiques

    19985600421XB : Archives départementales du Morbihan, 1 FI 88/1.

    20105606557NUCA : Archives départementales de Vannes, 3 P 297/22.

    19975601199XB : Archives municipales de Vannes

    20105606558NUCA : Archives départementales de Vannes, 3 P 297/53.

    19985600214XA : Archives municipales de Vannes

    20015600299XA : Archives départementales du Morbihan, 2 Fi 5.

    20005603898NUCB : Fonds privé

    20045606403NUCB : Fonds privé

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Loire-Atlantique. B 2339. Rentier du domaine ducal à Vannes, parchemin, 1455-1458. La transcription du rentier a été réalisée par Marion Mauvais. Ce travail de transcription a fait l'objet de son master 1 sous la direction de Marie Casset (Lorient : Université de Bretagne sud. 2012). Dans un travail complémentaire en master 2 "La topographie de Vannes au 15e siècle, à partir des données du livre rentier de 1455-1458" Marion Mauvais a appliqué les données du rentier aux surfaces cadastrales de la ville émanant du premier cadastre de 1807-1809. Elle figure à ce titre comme enquêteur dans l'opération d'inventaire du secteur sauvegardé.

    Folio 17v Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2339
  • A. D. Loire-Atlantique B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement sur terres et héritages que noble homme François Jacques Le Quinio sieur de Kerdavy et de Lestay paroisse d'Ambon, possède sous le Roi notre sire sous son domaine de Vannes et Muzillac aux charges et devoirs ci après déclarée laquelle le dit sieur de Kerdavy fournit et présente au Roi devant Messire Jacques.

    Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2340
  • A. D. Morbihan B 497 : 9 juillet 1781 : procès-verbal suite à la requête présentée par L´an 1781, le lundi 9 juillet, messire Marie François de Montigny chevalier seigneur de Kerisper.

    Archives départementales du Morbihan : B 497
Documents figurés
  • A. D Morbihan. 1 Fi 225. Plan d'un projet d'alignement pour régulariser la place de la Réunion par Philippe Brunet-Debaines, 1807.

    Archives départementales du Morbihan : 1 Fi 225
  • A. D. Morbihan 2 Fi 5. Le coin de la place des Lices par J. Le Roch, 1859.

    Archives départementales du Morbihan : 2 FI 5
Bibliographie
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 52
Périodiques
  • DEGEZ, Albert. Le colombage vannetais. Essai de classification et de datation des maisons en pan de bois à Vannes. Vannes, Impr. Galles. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. 1980, tome 107.

    p. 60
  • MARTIN, Etienne. Vannes aux XVIIe et XVIIIe siècles. Places, promenades et autres lieux de récréation ouverts au public. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan Vannes : imprimerie Galles, 1920.

    p. 22