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Magasin de commerce Le Péchon, quai des Terre-Neuvas (Pléneuf-Val-André)

Dossier IA22002178 inclus dans Ancien écart dit port de Dahouët, actuellement quartier et port de Dahouët (Pléneuf-Val-André) réalisé en 2003

Fiche

Dénominations magasin de commerce
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Pléneuf-Val-André
Adresse Commune : Pléneuf-Val-André
Lieu-dit : Dahouët
Adresse : quai des Terre-Neuvas
Cadastre : 2003 H 651, 788

Ce plan de 1871 exécuté suite à la demande de la veuve Le Péchon pour clôturer un terrain situé sur la voie publique (quais rive droite du port de Dahouët), montre les magasins de l'armateur Le Péchon. En 1849, Jean-Pierre Le Péchon avait fait l'acquisition d'un ancien magasin avec chambre au-dessus, cours et terrain attenant, d'une superficie de 4 ares, situé sur l'emplacement de l'ancien grenier de la dame de Villerouët en 1785. Cette vieille maison fut démolie et c'est sur son emplacement, en réutilisant les pierres que fut construite en 1852 la maison familiale actuelle (avec une couche de fagots au fond des tranchées du sous-sol pour garantir l'assise des fondations). Au temps de la grande pêche, la maison Le Péchon s'appelait Ty Braz (Grande Maison en Breton). Elle comportait à l'étage deux salles réservées à la réception et aux réparations des voiles (taillées auprès de la société Bessonneau d'Angers). Trois autres propriétés se jouxtant ensemble furent acquises par la famille Le Péchon pour construire des magasins sur les quais. Sur l'autre rive fut construit en 1890 le "Magasin gris". Le grenier à sel fut aussi édifié au milieu du 19e siècle avec le concours de la municipalité et d'un autre armateur Rubin de Ray. Le grand magasin qui était devenu le bureau de l'entreprise fut repris par Jean Le Péchon, qui le loua en 1963 à la première école de voile de Dahouët, avant sa nouvelle implantation en 1974 sur le plateau de la Guette. Jean Le Péchon transforma alors le local en une salle d'exposition-vente, puis en galerie de peinture en 1983, tout en souhaitant voir s'y réaliser un musée de la mer. En l'an 2000, les héritiers de Jean Le Péchon poursuivirent son oeuvre et ses projets en faisant l'inventaire de ses collections et en ouvrant au public un lieu d'exposition, une galerie d´art, avec des ouvrages, des peintures, des sculptures et des objets témoins de l'histoire maritime de Dahouët, ainsi qu´un café-restaurant.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1871, daté par source

Edifice à plusieurs corps juxtaposés : le bâtiment principal dispose à l'étage d'une terrasse couverte sous charpente, avec un ouverture non fermée, donnant vue sur les quais et un grenier avec une ouverture sur la terrasse et un escalier donnant accès à une cour intérieure fermée. Deux autres bâtiments servant d'entrepôt pour l'un et de commerce restaurant pour l'autre, sont surmontés d'un grenier.

Les anciens magasins Le Péchon ont été en partie re-fonctionnalisés et restaurés par la famille pour être transformés en café-restaurant librairie et galerie d'art. Cependant, les pièces à l'étage et une partie des entrepôts ont conservé leur état et aspect d'origine. Ces bâtiments mériteraient d'être étudiés du point historique et associés à un plan d'interprétation du port de Dahouët, dans le cadre d'une ZPPAUP.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • Descriptif des magasins Le Péchon

    Le grand magasin du quai pouvait recevoir au rez-de-chaussée les bouteilles de spiritueux. Au fond de la cour se trouvait le chai aux alcools avec les fûts et les foudres, encore visible aujourd'hui.

    Dans la cour, une écurie pouvait abriter trois chevaux et un garage, recevoir trois chars à banc, dont un char à banc est encore en bon état, aujourd'hui remisé.

    Au fond, à droite, la brasserie où étaient fabriqués les sirops et autres boissons gazeuses, l'eau de Seltz et où s'effectuait la mise en bouteille de la bière reçue de Rennes en fûts.

    Le magasin, adossé au pignon est de la maison recevait les matériaux de construction : chaux et ciment au rés-de-chaussée et à l'étage : boiseries, avec une terrasse qui servait de support aux ardoises. Enfin, ouvrant sur le quai, un petit bureau était loué aux services de la Douane et des Contributions indirectes.

    Sur l'autre rive de la Flora, le "Magasin Gris" recevait en plus des denrées liquides les pommes de terre et le blé. Le transport pour le commerce de ces multiples denrées s'effectuait en voiture à cheval et plus tard en camion sur une centaine de km autour de Pléneuf.

    Des succursales furent ouvertes à Lamballe et à Yffiniac pour se rapprocher du chemin de fer pour les expéditions. Pendant la guerre, l'entreprise familiale Le Péchon inventa de nouvelles tâches pour conserver son personnel (une vingtaine de personnes) : c'est ainsi qu'en accord avec la municipalité, fut entrepris l'assainissement du marais des Mielles et la plantation d'arbres, la préparation de bois de chauffage pour la population civile et la fabrique de charbon de bois pour les camions à gazogène de la guerre. En 1968, en prenant sa retraite, Francisque le Péchon cèda la "Société Le Péchon" et cessa toute activité.

    Le grand magasin qui était devenu les bureaux de l'entreprise furent repris par Jean Le Péchon, qui transforma alors le local en une salle d'exposition-vente, puis en galerie de peinture en 1983, tout en souhaitant voir s'y réaliser un musée de la mer.

  • La famille Le Péchon

    La famille Le Péchon commença son implantation à Pléneuf avec Louis-Vincent, qui s'installa comme laboureur-propriétaire sur le domaine de Quinrouet à la fin de l'Ancien Régime. Un de ses fils Hyacinthe fut notaire et le second Jean-Pierre lui succèda après son décès. Marié à la petite fille d'un armateur briochin, celui-ci s'intéressait aux activités maritimes de la baie de Saint-Brieuc et en particulier au renouveau de la pêche à la morue.

    Déjà en 1826, son frère Hyacinthe avait armé pour cette pêche morutière un trois-mâts de 248 tonneaux, la "Reine des Anges" avec René Guinard comme capitaine. A son tour Jean-Pierre allait faire construire en 1844, au nom de son épouse, la "Philoména", une goélette de 95 tonneaux au port de Dahouët. Abandonnant son étude, il s'associa plus tard à Rubin de Ray, futur maire de Pléneuf et lança cinq autres bâtiments de 1851 à 1869, trois-mâts, goélettes et caboteurs :

    La "Marie-Victoire", l"'Amélie", la "Reine des Anges", la "Marie-Suzanne" et le Saint-Guillaume". Pendant 30 ans, l'armement Le Péchon compta six bateaux faisant chaque année campagne à Terre-Neuve et à Islande.

    Son fils Francisque 1er lui succèda et fit construire en 1872 le "Jeune Auguste" de 100 tonneaux armé pour le cabotage. Son fils Francisque II prit à son tour le relais en 1890 et donna à la maison Le Péchon un nouvel essor et d'autres orientations.

    Il lança le "René" en collaboration avec un Lamballais Jobert et le "Notre Dame de la garde", une goélette armée pour la pêche à Islande. Mais la perte du "Saint-Marc" fit sonner le glas de cette pêche lointaine, pleine de risque.

    La seule activité maritime après 1900 fut assurée par deux petits caboteurs : le "René" et "l'Audacieux", capitaine Paranthoën, pour apprivisionner les ports du Légué et de Saint-Malo.

    Cependant, le développement de la station balnéaire du Val-André allait offrir de nouveaux débouchés au commerce maritime : la construction des villas, des hôtels allait permettre à la maison Le Péchon de se lancer dans l'importation et la vente de chaux hydraulique, de ciment, d'ardoises, la commercialisation de bois du Nord. Le sable enfin et le maërl allaient aussi occuper les quais.

    L'exportation des pommes de terre vers le Portugal et l'importation de sel allait développèrent une forme de commerce triangulaire.

    La fabrication et la vente du cidre étaient déjà avant la Guerre 1914-1918 une activité de la maison Le Péchon, qui organisa ensuite le commerce du vin de Bordeaux, des alcools forts et des eaux gazeuses fabriquées sur place.

    Le charbon arrivé par cargo de Cardiff offrit un autre débouché au négociant Le Péchon après le rachat du fond de commerce de Ernest Durand, surtout pendant la 2e guerre mondiale.

    Enfin en 1937, l'entreprise se lança dans la commercialisation d'engrais et de produits du sol sous la marque des "Trois Coquilles", avant d'abandonner quelques années plus tard cette activité très concurrencée.

  • 20032205293NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 11 S 5 (31).

    20032205846NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032205844NUCB : Collection particulière

    20032205727NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032205726NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032205725NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032205754NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032205784NUCB : Collection particulière

    20032205786NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032205930NUCB : Collection particulière

    20032205787NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

Références documentaires

Bibliographie
  • GUIGOT, André. Dahouët, port de Bretagne. Tome 2. Saint-Brieuc : Breizh-Compo, 1990.

    p. 90-102